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Dernières critiques
Louiset
  24 février 2021
Combattant du vercors de Gilbert Joseph
La face cachée de la tragédie du Vercors par un résistant. Oubliez l'histoire officielle et l'héroïsation de cet épisode de la Deuxième guerre mondial. Gilbert Joseph nous raconte sa résistance à hauteur d'hommes… Et ceux-ci perdent de leur superbe: officiers incompétents, rivalités internes, mobilisation par la force des jeunes habitants, etc. Un livre sans concession, à l'amer goût de vérité, qui accuse plus qu'ils n'excuse.
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merveille
  10 janvier 2021
Le Déserteur et autres récits. de Giono Jean
L'éditeur Lausannois René Creux commande à Jean Giono un récit pour accompagner les œuvres du Déserteur Charles-Frédéric Brun. Ce déserteur s'installe à Nendaz et y restera 20 ans. Il y vivra misérablement, il laissera de son passage des ex-voto , images pieuses et autres portraits. dans toute la région. D'où vient-il ? Pourquoi le nomme-t-on le déserteur ? C'est ce que Giono va mettre en lumière dans ce roman, qu’on peut qualifier de biographie imaginaire. L'histoire racontée par Giono se passe dans le Chablais valaisan, et en Valais Central à Haute-Nendaz et dans le Val d'Hérémence. On pourrait croire que Giono a visité cette partie du Valais, il parle de raccard, de mayens, mais ce n'est pas le cas. Jean Giono n'est jamais venu en Valais. Il se base sur la documentation remise par son éditeur.

En 2021 à Haute-Nendaz sont prévues des festivités pour commémorer la mort du déserteur.

Lire l'article «Le Déserteur», cet inconnu énigmatique paru dans le journal letemps.ch du 24.11.2020

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SZRAMOWO
  25 décembre 2020
Le Déserteur et autres récits. de Giono Jean
Je découvre cette nouvelle de Giono à l'occasion de la sortie de la BD de Varenne et Simon, mettant en scène et en images la vie de Charles-Frédéric Brun.

Question mise en scène et images, Giono n'a rien à craindre de personne. Il détaille par le menu les paysages que Charles-Frédéric, en rupture de ban, traverse à la recherche de la paix qu'il finira de trouver dans le Valais. On ne sait pas pour quoi cet homme a choisi de fuir, ni ce qu'il fuit. Son unique moyen de communication avec les humains est sa peinture. Accueilli par le Président du village Jean-Baptiste Fragnière, il en est accepté par tous ses habitants après qu'il ait peint un portrait de la femme du Président.

Il faut comme le fait Giono se replacer dans le contexte de la France du XIXème siècle, où l'on voyageait peu, où les habits, l'accent, la posture, le cal ou non sur les mains, trahissaient l'étranger, et justifiaient le recours aux gendarmes qui avaient tôt fait de régler son compte au trimard, au vagabond, à l'étranger porteur d'étrange.

Charles Frédéric va échapper à tout cela. Comme par miracle. Une vieille femme lui propose de tenir le coin de son tablier et le guide ainsi à travers le brouillard, car il n'a rien d'un montagnard et risque de se perdre. le curé de Salvan ensuite l'autorise à s'abriter dans l'église. Et enfin le Président de Haute-Nendaz.

En échange d'une hospitalité dont il fixe les règles, il refuse d'être hébergé chez les habitants, préférant occuper une grange, un appentis ou un raccard, il refuse toute nourriture conséquente, surtout le vin, il peindra la vie des saints en leur donnant les traits de ceux qui l'accueillent et qu'il fréquente.

Il met en scène la vie à la campagne, béatifiant ceux qui refusent de voir qu'ils sont les saints du siècle.

Ses voyages dans la société et sur la route lui enseignent aussi toutes sortes de savoir-faire qu'il utilise pour apaiser les maux et les angoisses. Secret des plantes, agilité des mots qui rassurent et surprennent, le voyageur s'instruit malgré lui de ce que les immobiles sédentaires ne peuvent qu'ignorer.

Giono nous montre comment la marge, la route ou le trimard joue un rôle social dans l'évolution de la société, la diffusion des légendes et l'appropriation de l'étranger.

Il faudra attendre le XXème siècle et la guerre pour que la société s'ouvre enfin à l'autre.

Charles-Frédéric mourra dans la misère et le froid, "(...) son délit n'est amnistié par aucune loi : c'était le délit de misère, son crime était d'être misérable."
Lien : https://camalonga.wordpress...
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