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Editions de l`Hèbe


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pgremaud
  25 janvier 2019
L'adieu à Saint-Kilda de Eric Bulliard
Peut-on imaginer un endroit aussi perdu que cette île de St-Kilda ? C’est une terre tellement éloignée et inhospitalière qu’on se demande ce qui a pu pousser des hommes à s'y installer !

C'est un peu comme pour certains villages isolés de montagne, je pense par exemple à Derborence. Mais, en montagne, malgré tout, on peut quand même essayer de redescendre en plaine quand on se sent oppressé par le poids des sommets ! A St-Kilda, pas de possibilité de fuir puisque l'île n'est visitée par un bateau que deux fois par an.

Pourtant des familles vivent ici depuis des générations, soumises à l'autorité d'un lord écossais lointain, mais qui rappelle régulièrement son pouvoir, et du pasteur qui régit leur vie quotidienne. Elles survivent plutôt, se nourrissant des maigres produits de la terre, de l'élevage des moutons et des œufs des oiseaux de mer. A part quelques individus, personne ne pense que c'est peut-être mieux ailleurs.

Cela change à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle. En 1852, une trentaine de St-Kildiens partent en Australie. Malgré des passages de touristes, personne ne s’installe sur l’île dont la population baisse. En 1930, lors d'une réunion, miss Barclay, l’infirmière installée depuis quelques années, convainc les habitants qu’il serait préférable de quitter l’île. Le 31 mai, les trente-six derniers habitants écrivent donc une lettre au gouvernement pour pouvoir partir de St-Kilda.

C’est cette scène que nous présente le narrateur pour ouvrir le roman. Puis la narration fait de fréquents allers-retours entre cette année 1930, notre époque et différents moments de la vie de St-Kilda, avant de se clore au moment où les habitants quittent définitivement l'île trois mois après la scène du début.

Nous pouvons donc assister à différents épisodes de la vie de la communauté sur place, avec souvent des moments très durs ou avec la présence forte et contraignante des pasteurs. Nous suivons des habitants de l'île qui essaient d’émigrer vers l’Australie et qui parfois reviennent. Nous accompagnons le narrateur et sa compagne qui font partie d’un visage touristique sur l’île et qui découvrent les témoignages de sa vie passée.

Puis nous revenons à St-Kilda en 1930 pour suivre les préparatifs du départ des habitants et quand nous refermons le livre, comme eux, nous gardons une dernière image, celle d’un “doux adieu sans fin, jusqu’à ce que l’île, là-bas, tout au fond, ne soit plus qu’une tache, puis un point,, une poussière, puis s’efface derrière l’horizon d’un bleu sans pitié.” Finalement, nous sommes peut-être devenus des St-Kildiens... et nous avons de la peine à quitter "notre" île !
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CharlesEdouard
  05 mars 2018
Le guide de la fuite de Frédéric Ploton
Comme je l'ai écrit dans ma présentation, je ne sais pas tenir en place"

et la lecture m'aide à m'évader, car avant je m'évadais en voyageant.

Est-ce une fuite de soi ou le plaisir de voyager..

C'est donc avec plaisir que j'ai découvert ce livre qui nous explique comment fuir, mais pour mieux se retrouver

Ce qui me fait penser au roman : "l'homme qui voulait vivre sa vie" de Douglas Kennedy.
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Ignifuge
  07 avril 2017
L'adieu à Saint-Kilda de Eric Bulliard
Ce roman donne un bref aperçu de l’histoire des habitants de St-Kilda, principalement l’émigration d’une trentaine de personnes en Australie en 1852 et l’évacuation des derniers habitants de l’île en 1930. J’ai trouvé que l’auteur présente bien les enjeux et les difficultés auxquels sont confrontés les habitants de cette île, que cela soit dans leur quotidien, dans leur relations avec le monde extérieur ou dans les deux situations citées précédemment. J’ai pu avoir de l’empathie pour les personnages grâce aux multiples émotions que l’on peut retrouver dans le livre. Celles-ci sont souvent exprimées de manière détournée comme, par exemple, la phrase suivante qui exprime la tristesse (les larmes) de Finlay Gillies suite à la décision des habitants de quitter l’île (p. 18) : « Ses yeux asséchés par les fumées de tourbe n’y ont pas résisté ». Il faut avouer que me plonger, le temps de ce livre, dans l’histoire de cette population qui avait son propre mode se vie m’a remuée bien plus que je l’aurais pensé.

Au niveau du style d’écriture, la ponctuation m’a paru un peu singulière au début : une phrase a parfois beaucoup de virgules (ce qui m’a fait en relire plusieurs avant d’en comprendre le sens), mais cela donne un certain rythme à la narration (ce qui est une bonne chose, non ?). Autre particularité à relever : une phrase (ou un mot) est parfois répétée plusieurs fois dans un chapitre et cette répétition m’a donné la sensation d’entendre sonner le glas.

Pour finir, je dois avouer que la lecture de ce livre est liée à certains mots ou certaines images qui ont une emprise presque "magique" sur moi. Peut-être que vous, aussi, avez déjà vécu cela : lorsque vous croisez quelque chose (ou quelqu’un) que vous connaissez (ou semblez reconnaître) et que, le temps d’un souvenir ou d’une nostalgie, tout semble s’arrêter d’un coup et votre esprit vous emmène ailleurs. C’est ce qu’il se passe pour moi quand je "vois" St-Kilda. Mon cerveau a dû intégrer un radar naturel qui attire mes yeux vers tout objet portant le nom ou ayant des images de cette île. Je n’y suis jamais allée et, pourtant, mon esprit s’obstine à s’accrocher à ces falaises. Comme l’a écrit l’auteur dans "L’adieu à Saint-Kilda", c'est « Le voyage d’une vie ». Une phrases qui permet des interprétations multiples : Est-ce le voyage qu’entreprend un touriste une fois dans sa vie ou, pour les St-Kildiens qui ont quitté l’île en 1930, le voyage qui laisse derrière lui l’histoire de toute une vie ?
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