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Éd. le Tour


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Zebra
  21 juin 2015
Poésies d'Ombre pâle de Rémi Mogenet
Je passais en ce début d'été 2015 quelques jours à Samoëns (Haute-Savoie) quand j'ai découvert un petit fascicule de poésies de Rémi Mogenet. Édité en mars 2007 aux Éditions Le Tour, de Marc Mogenet (éditeur en pays de Savoie), « Poésies d'Ombre Pâle » est un recueil de 61 poèmes écrits par Rémi Mogenet, le fils de l'éditeur.



Très vite, le lecteur sera surpris par la pudeur et la discrétion du poète : le recours au « on » permet apparemment à l'auteur de ne pas s'ériger en censeur, de ne pas violer l'intimité ou de forcer les convictions du lecteur.

Puis, celui-ci sera surpris par l’omniprésence de la nature (toute puissante et sauvage), de la faune (« le cri affreux des rapaces »), de la flore (« un tapis de fleurs ») et des roches, toutes alpines (cristal, améthyste, plomb, émeraude, etc.). La nature y est dépeinte comme forte et imprévisible avec ses astres (cf. « Visions Interstellaires », « Le Berceau Des Astres », « La Guerre Des Étoiles », etc.) mais aussi ses divinités et ses légendes.

Viendront ensuite d'autres impressions, plus ou moins fugaces. D'abord un subtil mélange entre réalité et magie onirique (« des fleurs de lys à face humaine », « des sabres de lumière ») puis une très solide proximité tant historique que géographique : Rémi Mogenet honore par sa poésie son village, les galets du Giffre, les récoltes (cf. ma citation extraite de « Chant de conjuration des taupes »), l'hiver (cf. « L 'hiver dans mon village »), le Léman, Genève et tous autres lieux ou personnages de mémoire de la Savoie. Enfin, le lecteur notera un peu de tristesse (« des espoirs bleus partis en fumée »), de la nostalgie (« où sont donc ces jours tendres ») et du regret -liés à une histoire personnelle douloureuse ?- (« j'étais seul dans la nuit », « une fée aux yeux purs que j'ai trop délaissée », « je revis la femme que j'aimais mais l'âge avait passé »).

Au fil des pages, se rajouteront quelques surprises visuelles, colorées et odorantes à la fois (cf. « Souvenirs au Cameroun »), quelques incursions dans le domaine du mystico-religieux (des dragons, des démons, l'Enfer, le Saint Prophète, l'Archange Michaël, l'Apocalypse, des sylphes, le Commandeur des Justes, etc.), puis une profonde haine de la violence et une admiration à peine dissimulée pour Kafka et Teilhard de Chardin (celui-ci, pour sa lucidité et son humanité).

Le lecteur notera une certaine innocence et une foi assez modérée en l'avenir (viendront-elles à bout du dégoût du poète pour « l'ère hideuse » dans laquelle il évolue ?), une aspiration indiscutable pour la liberté, le tout sous la forme d'un long rêve éveillé que cachent une évidente posture face à la fatalité et un fol amour pour la Savoie, pays ancré dans ses spécificités.



Les poèmes sont courts (de la forme sonnet, avec deux quatrains et deux tercets). L'écriture, simple, fait preuve de rythme, de lumière (opposition fréquente entre l'or et les ténèbres) et de conviction, le tout produisant des images fortes et du mystère. Je mets quatre étoiles. A découvrir.
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gavarneur
  15 mai 2015
Alpage de mon enfance de Guy Chatiliez
Description de la vie paysanne en Haute-Savoie vers le début du XXe siècle.

Le récit est intéressant, émouvant et parfois drôle, entrelardé (c'est le cas de le dire) de recettes de cuisine.
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Vance
  11 avril 2010
Poésies d'Ombre pâle de Rémi Mogenet
[...] Au travers de ces sonnets qui voient défiler les éons, les héros ponctuent le Temps qui scande leurs exploits : c’est un peu leur geste que chante Rémi Mogenet, les décrivant parés d’attributs quasi-divins, de véritables « seigneurs de lumière » (cf. le très beau roman du homonyme de Roger Zelazny) défiant l’Ombre et l’Inconnu. Dans cette tâche insensée, ils se savent aidés par une entité voilée, brumeuse, qui sait pourtant se nimber d’or et se révéler avant de se retirer du monde : c’est cet Ange qui hante presque chaque poème, tour à tour Lucifer cultivant sa déchéance ou Agent des dieux (voir le 3e Sonnet d’Apocalypse : cet « aigle d’or » à l’aile « de flamme », ce « phénix était aussi un ange »).



[...]



Pour finir, Rémi Mogenet dépeint en des strophes aériennes quelques hauts lieux de sa région (la Savoie, Samoëns et Genève) et n’oublie pas de rendre hommage à David Lynch comme à Teilhard de Chardin, deux figures qui pourraient être les parrains de ce livre enthousiasmant, tant par les thèmes abordés que par la richesse du langage utilisé. Les amateurs de prophéties bibliques comme de Mulholland Drive trouveront leur compte et s’amuseront à décrypter les symboles comme autant de repères sur la route de la Connaissance.
Lien : http://journal-de-vance.over..
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