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Dernières critiques
UGLYLUCKY
  04 août 2021
Bertrand Tavernier de Jean Luc Douin
Bertrand Tavernier a construit une oeuvre qui, pour être étonnamment diverse, n'en est pas moins profondément cohérente, en prise sur la vie, ouverte sur le monde, enracinée dans des espaces et des paysages qu'il filme comme personne. S'il aime s'immerger dans le passé, ancien (Que la fête commence) ou plus récent (Le Juge et l'assassin, La Vie et rien d'autre, Laissez-passer), c'est pour rechercher comment l'Histoire a forgé les hommes d'aujourd'hui. Si son regard sur la société contemporaine est parfois rempli de colère (L.627, L'Appât, Ça commence aujourd'hui), c'est parce qu'il fuit plus que tout la dérision et le cynisme, croyant profondément que le cinéma peut changer le monde. Si tous ses films, par-delà la variété de leurs sujets, parlent des rapports entre les générations et si certains sont entièrement consacrés à la famille (Un dimanche à la campagne, Daddy Nostalgie), c'est parce qu'il est hanté par la question de la transmission, transmission d'un savoir, de valeurs, d'un amour, qui donne un sens à la vie humaine. Ce volume présente et analyse l'oeuvre vibrante et mélancolique d'un metteur en scène jamais résigné
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dourvach
  25 avril 2021
Wim Wenders de Michel Boujut
"WIM WENDERS" est un livre-somme grand format magnifiquement illustré, qui nous permet de revisiter successivement - dans l'affectif pur, l'amour du détail éclairant et la cinéphilie partagée par le passionné de jazz qu'est Michel BOUJUT (1940-2011) - les images vibrantes, ambiances visuelles et musicales inoubliables des six courts puis onze flamboyants premiers longs métrages du cinéaste né à Düsseldorf le 14 août 1945 (3 mois après la fin de la guerre) : Wi(lhel)m WENDERS...



"Summer in the City" [1971], "Die Angst des Tormanns beim Elfmeter" ["L'angoisse du gardien de but au moment du penalty", 1972], "Der Scharlachrote Buchstabe" ["La lettre écarlate", 1973], "Alice in den Städten" ["Alice dans les villes", 1974], "Aus der Familie der Panzereschsen" ["La famille crocodile", 1974], "Falsche Bewegung" ["Faux Mouvement", 1975], "Im Lauf der Zeit" ["Au fil du temps", 1976], "Der Amerikanische Freund" ["L'ami américain", 1977], "Lightning over water" ["Nick's Movie", 1980], "Der Stand der Dinge" ["L'état des choses", 1981], "Paris, Texas" [1984], "Der Himmel über Berlin" ["Les ailes du désir", 1987]...



Retrouver intacts et deviner - derrière d'heureux choix de "casting", grisantes et usantes péripéties de tournage, problèmes récurrents de production (budgets étriqués puis enfin adaptés) - les visages désormais familiers de Senta Berger, Rüdiger Vogler, Lisa Kreuser, Yella Rotländer, Nastassia Kinski, Hanns Zischler, Hans Christian Blech, Hanna Schygulla, Bruno Ganz, Dennis Hopper, Gérard Blain, Lou Castel, Nicholas Ray, Samuel Fuller, ...



S'éblouir à nouveau des lumières magiques de son directeur de la photographie, Robbie Müller...



S'enivrer de la musique nostalgique de Jürgen Knieper, ses bandes originales inoubliables composées pour "L'angoisse du gardien...", "La lettre écarlate", "Faux Mouvement", "L'ami américain"...



Un bain de jeunesse, fait de pellicule granuleuse noir-et-blanc contrastée qui peu à peu se teint de couleurs franches sous influence Edward Hopper...



La grossesse de Senta Berger (jouant Hester Prynne) et son teint fleuri durant le tournage de la Lettre écarlate", le classique de Nathaniel HAWTHORNE révéré par le cinéaste...



Le métro aérien de Wuppertal, le petit gamin en vélo suivant la voiture d'Alice et du journaliste, le morceau entêtant du groupe Canned Heat ("On the Road again") dans la scène au juke-box d' "Alice dans les villes"...



L'échappée en bicyclette de Wilhelm Meister face au vent de la Mer du Nord, ces trains qui se croisent puis se perdent de vue, la montée lente par un étrange groupe humain d'une route en lacets parmi les vignobles surplombant la vallée du Rhin dans "Faux Mouvement" (écrit par son ami autrichien Peter HANDKE)...



L'immeuble face au port de Hamburg survolé par les mouettes hurlant dans le petit matin, la mort d'Henri Langlois annoncée à la Une du quotidien "Libération" lu par le mafieux du R.E.R. de "L'ami américain" qu'abattra l'insoupçonnable encadreur Jonathan Zimmermann, une scène de crime hasardeux dans un train "Inter City" lancé à toute allure, l'abandon de l'ami Ripley par le couple Zimmermann sur une plage de la Mer du Nord...



Tel un atelier de forge cinématographique où ont pu naître - riches de leurs mille détails formels - de nouvelles et puissantes mythologies...



W.W. ou le "Weisse Wand" (écran blanc) de tous nos rêves d'apprenti-écrivain...
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Laurent6767
  23 mars 2021
Marco Ferreri de Michel Mahéo
Du cinéaste milanais, on connaît surtout « La grande bouffe » qui est entré dans l'histoire du festival de Cannes en 1973 avec un parfum de scandale. Affirmant que l'art doit désarçonner, le réalisateur nous a laissé 35 longs métrages en quarante ans de carrière, mais dont une grosse partie a été oubliée. Moraliste implacable, Ferreri (1928-1997) s'en est toujours pris au conformisme et à l'hypocrisie de son temps Cet essai décline les tropismes ferreriens: critique du virilisme hérité de l'Italie de Mussolini, désarticulation du héros à travers la figure du "mâle triste" (voir Depardieu dans « Rêve de singe ») sans oublier une charge féministe puissante (« Le mari de la femme à barbe », « Liza », « La chair »). Des films qui ont souvent vieilli mais qui gardent une puissance offensive.
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