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ARTMAJEUR
  29 juillet 2021
Bruges-la-morte de Rodenbach
Ce roman est le sommet de l'oeuvre de Georges Rodenbach. Un livre marquant parce qu'il sinscrit dans la veine symboliste si chère à l'écrivain mais parce qu'il parle d'amour d'une façon sublime et inattendue. la question est ; l'amour peut-il être éternel, au-delà de la mort ? La préciosité du style et de l'écriture 'empêche jamais d'entrer dans ce récit cruel. Un veuf croit retrouver la défunte en une danseuse un chouia catin. malheureusement, il déchante fort vite face à la vénalité de cette femme. Il y a aussi la présence oppressante de la ville de Bruges et le sentiment de progression inéluctable vers le drame final. Le thème de la solitude est merveilleusement traité aussi !
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simoncailloux
  20 juillet 2021
Judas côté jardin de Juan d' Oultremont
Judas est bel et bien Juan d’Oultremont. Judas côté jardin est une autobiographie. Je suis apparenté de façon proche à cette famille, ce qui apporte de la véracité à mon propos.



Il est question d’une ferme brabançonne entourée de murs chaulés en rose dans la banlieue bruxelloise. Ferme sur 40 ares de terrain convoité par les promoteurs immobiliers : Etrimo, Thomas & Piron, mais elle a survécu. Dans cette habitation vit Juan, alias Judas, ses parents et sa sœur.



Son père est appelé Dieu, sa mère Cerise, ses grands-parents, deux couples : « Plus » et « Moins ».



C’est le père donc Dieu qui gère le jardin. Il taille le verger à grands coup de sécateurs et judas en grandissant se rend compte que de cette façon les arbres ne produisent pas de fruit. C’est le père qui décide des aménagements de ce qui doit être taillé et abattu. C’est lui-même qui le fait suivant ses règles préétablies. Pour la maman le jardin est un enchantement. C’est une personne rayonnante qui arrive à vous convaincre sans peine que des oignons peuvent produire des tulipes pour autant qu’on leur chante des airs de Gounod.



Il écrit son livre lors des attentats à Zaventem et au métro, station Maalbeek. Il a à cette époque une fille qui habite en Nouvelle-Zélande et un fils qui vit à Paris. Dans son récit, ses souvenirs remontent jusqu’à lorsqu’il avait trois ans.



Je qualifierais cet écrivain à ses heures de singulièrement original, pourvu d’humour qui me parait des fois volontairement déjanté.



Le livre relate de fréquents aménagements du jardin qui reposent sur les idées du père donc Dieu. Le jardin a quarante ares, comme les quarante jours du déluge, les quarante jours de Jésus au désert, les quarante jours de carême, les quarante jours entre la résurrection du christ et de son ascension … . Il est question des souvenirs de ce qui s’est passé au sein de l’habitation mais également des souvenirs chez les grands-parents, les souvenirs de vacances, de l’expo 58, … .



La chronologie n’est pas toujours respectée mais j’avoue que les souvenirs à coucher sur le papier se mélangent facilement. L’auteur est par ailleurs assez redondant ce qui peut parfois être utile. Le point positif est que le projet de l’auteur a été mené à son terme.



Sa sœur est moins présente dans la seconde partie du livre. Juan, alias Judas, se montre très attaché à sa maman qu’il décrit comme une femme pleine de qualités si ce n’est seulement qu’elle n’aime pas manger et préparer des repas. Côté maternel, il avait sept oncles et tantes en ligne directe et tout ce monde plutôt accueillant et fêtard laisse de bons souvenirs. Hélas c’est une génération éteinte par le grand âge à mon plus grand regret.



Dans ma lecture, ce qui m’a le plus marqué, c’est la remarquable attitude qu’a eu Judas au chevet de sa mère mourante, il lui a beaucoup parlé ce qui n’est pas facile à faire. Une infirmière qui a suivi la formation d’assistance aux mourants m’a dit que c’était ce qu’il fallait faire.



Livre avec un style d’écriture facile à lire du moins pour ceux qui y trouve des repères.





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Tricape
  18 juillet 2021
Bruges-la-morte de Rodenbach
Ce roman est une petite merveille de la fin du XIXe siècle !



Bruges dont la mer s'est retirée et qui est laissée pour morte, Bruges dont le béguinage est lui-même une ville de silence dans la ville morte ("si vide, si muette, d'un silence si contagieux qu'on y marche doucement qu'on y parle bas comme dans un domaine où il y a un malade"), Bruges ne pouvait être que la seule ville où Hugues, après avoir perdu sa jeune épouse, a pu venir réfugier son prégnant veuvage. Il erre le long des canaux et la mélancolie du lieu l’imprègne si profondément que la ville devient comme un personnage plein de compassion pour celui qui, inconsolable, a perdu son âme sœur.



Soudain, est-ce un rêve, une hallucination ? Une femme, ressemblant à s'y méprendre à la disparue, croise Hugues sur le chemin d’une de ses tristes promenades nocturnes. Vous lirez la suite...



Le charme de ce texte réside dans la capacité experte de son auteur à rendre l'atmosphère de la ville ; si vous vous y êtes trouvé un soir d'hiver après que la circulation automobile a cessé et que le bruit dominant soit le silence transpercé par les notes des carillons, si vous avez vu les perspectives ouatées des venelles et canaux dans la brume formant "un amalgame de somnolence plutôt grise", vous referez au long de ces pages une promenade pleine de réminiscences.



Dans son avertissement, Georges Rodenbach (ami de Villiers de l'Isle-Adam, des Goncourt et Daudet), précise que "cette Bruges qu'il nous a plu d'élire, apparaît presque humaine... Un ascendant s'établit d'elle sur ceux qui y séjournent". De même, par l'alchimie de l'écriture, ce très court roman exerce par contagion sur son lecteur un effet agréable et durable malgré la dominante sombre du décor et du récit.
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