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Fleuve Noir Angoisse


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paulmaugendre
  15 janvier 2019
Oniria de Jimmy Guieu
Depuis une quinzaine de nuits, l’ingénieur chimiste Raymond Dubray est la proie d’un rêve récurrent inquiétant. Une créature enchanteresse, vêtue d’un voile arachnéen, dans un décor de lande, surgissant de la brume avec en fond sonore une envoûtante mélopée, s’impose à son esprit avant de se dissoudre peu à peu, la musique devenant de plus en plus hallucinante et douloureuse. Elle se nomme Oniria.



Enfin, un matin, il s’aperçoit en se réveillant qu’il a inscrit un mot sur un bout de papier posé sur sa table de nuit. C’est bien son écriture mais il ne se souvient de rien. Acide glutamique. Il a probablement agi en état de somnambulisme, allant chercher un papier et un stylo rouge dans sa serviette et rédigeant ces deux mots dans le noir. Acide glutamique, un produit dont personne ne se sert dans le laboratoire où il travaille.



Pendant le même temps, Micheline Laurent, la secrétaire laborantine de Raymond Dubray, est assaillie par le même rêve à deux exceptions près. Cette fois il s’agit d’un homme qui sort des limbes dans le même décor. Et au petit matin, elle se rend compte qu’elle a noté sur un bout de papier la mention Trichloréthylène.



Les deux collègues s’estiment mutuellement et non seulement s’apprécient mais ressentent une amitié sincère entre eux. Arrivés au laboratoire, coïncidence, le directeur du laboratoire demande à Dubray de travailler sur le glutaminol afin d’étudier la composition d’une spécialité pharmaceutique nouvelle. Etonnement de la part du chimiste, mais également de celle de Micheline puisque le patron en profite pour lui réclamer de distiller sept litres de trichloréthylène, dans le but d’essayer de nouveaux types de flacons spéciaux en matière plastique.



Les deux amis en arrivent à se confier et à confronter la teneur de leurs rêves. Et d’après les recherches qu’ils ont effectuées au cours de la journée, décident de procéder à une expérience le soir même chez le chimiste, seulement un petit incident se produit. Ils sont anesthésiés et ils se retrouvent à terre profondément endormis. Ils rêvent, couchés l’un à côté de l’autre, d’Oniria qui cette fois se compose des deux entités. Un couple de poltergeists selon Raymond.



Ils sont réveillés beaucoup plus tard par Pierre Deschamp, un collègue et ami biochimiste qui doit procéder à des expériences sur des souris de laboratoire, et qui est fort étonné de les retrouver ensemble. Les résultats des tests auxquels il procède sont assez édifiants. Raymond et Micheline sont à nouveau assaillis par leurs rêves récurrents et ils retrouvent les deux entités qui déclarent s’appeler Yanhoa et Talg’hor. Mais le décor n’est plus le même. Cette fois ils sont dans une sorte de laboratoire.







Reconnu comme un spécialiste des phénomènes paranormaux, Jimmy Guieu intègre cette discipline dans ce roman, quelque peu verbeux, alors que je m’attendais à une histoire onirique.



En s’aidant de découvertes récentes, lors de la parution de ce roman, dont l’acide aminé glutamique qui fut employé en neurologie-psychiatrie comme psychostimulant mais abandonné en 2005 et en explorant la métempsycose, le psychisme, le double de l’être humain dans des émanations provenant d’un univers mental, et peut-être réel, Jimmy Guieu se complait à la relation d’expériences scientifiques et surtout psychiques qui alourdissent la narration.



Il met en scène un phénomène paranormal provoqué par l’inhalation de produits utilisés de façon aléatoire, et souvent des expériences ratées ont débouché sur des résultats surprenants, mais ces entités nées concomitamment dans les esprits de Raymond et de Micheline, deviennent des êtres venant de l’au-delà sans pourtant être de chair s’imposant à leurs cerveaux.



Ce roman s’adresse plus aux esprits scientifiques et à ceux qui s’intéressent aux phénomènes paranormaux qu’à un lecteur désireux de passer un bon moment de lecture tranquille avec une histoire angoissante mais limpide.
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paulmaugendre
  14 octobre 2018
Mme Atomos prolonge la vie de André Caroff
Rhode Island, le plus petit état des USA, est le théâtre de phénomènes étranges depuis quelques semaines. Les enfants ne grandissent plus, ne grossissent plus, et pourtant les toubibs ne relèvent aucune maladie. Ils sont en bonne santé mais leur aspect physique est dans un état stationnaire. Les vieillards cacochymes retrouvent leur souplesse, leur agilité, leur fougue et leur vision d'antan.



Smith Beffort, qui coule des jours heureux en compagnie de sa femme Mie Azusa, ex Miss Atomos, et de son fils Bob, collectionne les entrefilets dans les journaux et il est intrigué par ces événements qui apparemment n'alertent pas les autorités du pays. Ainsi selon un court article, les hôpitaux sont vides, les pharmacies et les laboratoires au chômage.



C'est dans ce contexte qui n'en est qu'à ces prémices que le docteur Alan Soblen retrouve son ami Smith Befford. Il a participé durant un mois à une conférence à Providence. Il lui démontre son agilité et que sa myopie ne l'indispose plus pour lire le journal. Seulement au bout de quelques heures, Soblen perd ses nouvelles facultés et revient à son état normal.



Smith pense que Mme Atomos leur joue un nouveau tour à sa façon en prolongeant ainsi la vie. Car cela ne va pas sans conséquences.



Ce nouveau paradis attire bon nombre de personnes mal en point qui arrivent à Rhode Island persuadés recouvrer leur jeunesse, et c'est par milliers puis par centaines de milliers de migrants que se traduit ce nouvel exode sur une terre qui ne mesure que 66 km sur 77. Mais bientôt, sous l'afflux de cette population, le paradis va se transformer en enfer. Six mois ont passé depuis la première apparition du phénomène et en ce mois de janvier il neige abondamment, un problème climatique rédhibitoire.







Car le phénomène ne touche pas seulement les humains mais les animaux et les plantes qui ne vieillissent plus ni ne croissent. Smith Befford et Soblen s'en aperçoivent rapidement sur place. Smith rencontre le chef du FBI à New-York mais celui-ci n'est pas convaincu. Alors jouant le tout pour le tout Smith décide de faire intervenir la force Dragon Vert, des truands qu'il a recruté et organisé en petite armée, afin de défendre le pays en cas de récidive.



Lorsqu'il revient chez lui, Mie est affolée. Elle reçoit des appels téléphoniques anonymes. Une femme ou un homme, elle ne peut le déterminer, téléphone de cabines publiques, progressant vers leur maison. Le dernier appel, auquel Smith assiste, est édifiant. Le correspondant sait exactement ce que le couple et les policiers censés les protéger effectuent comme mouvements, et peut répéter leur conversation. Smith et ses hommes découvrent des micros et des caméras miniaturisés cachés dans leur logement. Mie et l'enfant vont être mis à l'abri dans l'Oregon, tandis que Smith et les membres du Dragon vert vont le rejoindre à Providence et s'éparpiller dans tout l'Etat, à la recherche d'installations maléfiques.



Pendant ce temps la population amalgamée sur le petit territoire en vient aux mains, et les émeutes provoquent plus de dégâts que la famine qui commence à sévir.



Effectivement l'un des groupes découvre enfouie sous terre une sorte de plaque de tôle. Elle a été repérée au manque d'absence de neige sur une petite parcelle de terre. L'herbe est verte, une anomalie dans l'immensité blanche.



Un nouveau combat s'engage entre Mme Atomos et ses sbires d'un côté et les forces du Dragon vert de Smith de l'autre. Et il semble que Mme Atomos est en passe de gagner son pari de destruction des Etats-Unis. Pour enfoncer le clou elle fait kidnapper Mie et Bob.







André Caroff part du postulat émis par le sociologue Philip Hauser le 28 juillet 1966, qui affirmait que la Terre compterait sept milliard quatre cents millions d'âmes en l'an 2000, alors qu'au moment où cette déclaration était annoncée il n'y avait que (!) trois milliards trois cents millions d'habitants. Cette prévision, ou extrapolation, était presque juste puisque le chiffre annoncé a été atteint en 2015, en l'an 2000 le montant de personnes vivant sur la planète s'élevant à six milliards cent-trente millions, environ.



Or le projet de Mme Atomos est de réduire à la famine la population des Etats-Unis via une explosion démographique entraînant l'éradication totale des Etats-uniens. La vie et la mort sont dans l'ordre naturel de la régulation de l'existence, et un déséquilibre conscient programmé d'un côté comme de l'autre ne peut que conduire à la disparition de tout être vivant sur la planète.



Grâce à des inventions diaboliques dont elle a le secret, Mme Atomos désire venger les morts d'Hiroshima et de Nagasaki, par tous les moyens. André Caroff vogue sur la fibre de l'anticipation tout dénonçant un système de famine programmée né dans un esprit de châtiment. Mais l'enjeu délétère de Mme Atomos pourrait sembler n'être qu'un pari mortifère que les spéculateurs et les scientifiques pourraient réaliser à plus ou moins long terme. Par exemple les légumes produits à base de fortes doses d'engrais et de semences modifiées, liées à une accumulation de pesticides, de produits phytosanitaires, contiennent moins de vitamines et de nutriments que quelques dizaines d'années auparavant et sont donc moins énergétiques et caloriques. Mais ceci est un autre problème.







A noter que si le choix de Rhode Island n'est pas anodin, étant le plus petit état des USA et donc plus facilement contrôlable par Mme Atomos, l'enfant le plus célèbre de la ville de Providence n'est autre que Howard Phillips Lovecraft, l'un des plus grands fantastiqueurs américains, voire mondial. En outre, le nom de Beffort, l'agent du FBI, me fait songer à Alexandre Breffort, qui avant de devenir journaliste, scénariste, homme de théâtre et écrivain, accumula les petits boulots dont celui de chauffeur de taxi pendant cinq ans, métier pratiqué par André Caroff.




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paulmaugendre
  21 septembre 2018
Miss Atomos contre KKK de André Caroff
Les Etats-uniens du sud, mais ce ne sont pas les seuls, n'aiment pas que des femmes blanches couchent avec des hommes noirs. Et les affiliés au Ku-Klux-Klan veillent.



Ils ont remarqué que Dora Wilkins, jeune journaliste blanche, recevait chez elle le matin un jeune Noir travaillant dans le même média local de Birmingham, Alabama. Cinq hommes sont chargés d'appliquer la peine prévue dans ce cas et s'introduisent dans la maison située dans une rue tranquille. Ils écoutent partiellement la conversation engagée entre les deux amants et ne font pas attention à leurs paroles. La femme explique qu'elle est différente entre neuf et dix heures le matin et que ce n'est qu'au cours de ce court laps de temps qu'elle peut le recevoir.



Les membres du K.K.K. ne s'embarrassent pas de détails et se servent de leurs couteaux pour tuer les deux amants, puis ils les pendent au balcon de la chambre. Un travail rapidement réalisé dont ils sont fiers et devrait dissuader les récidivistes.



Un trimardeur qui parcourt le pays à la recherche de petits boulots aperçoit les deux corps se balançant à la balustrade et, funeste initiative, les décroche. D'autant que, lorsque les policiers arrivent sur place, prévenus par le directeur du journal qui furieux de l'absence de sa jeune stagiaire s'était rendu à son domicile, il ne reste que le corps de Bob. Celui de Dora a mystérieusement disparu.



Peu à peu, les agresseurs de Dora sont retrouvés morts, assassinés. D'abord Greg, celui qui conduisait l'expédition punitive, égorgé. Sur son cadavre nu ont été inscrits les mots : Hiroshima, Nagasaki, avec les compliments de miss Atomos. Puis d'autres, dont Forrest, le responsable du K.K.K. local. Une jeune femme s'était présentée chez Forrest, se nommant Catherine Lomakine, alias Dora Wilkins. Elle se sert d'une sorte de stylo-laser pour se débarrasser du peu scrupuleux personnage qui se réfugie comme tous les membres du K.K.K. dans la religion. Une posture pour justifier leur ségrégation et leur racisme.



Catherine Lomakine et, en sous-main Miss Atomos, ont juré d'abattre tous les membres du K.K.K. et bientôt le nombre de défunts atteint les trois-cent-cinquante membres.



Cette affaire de vengeance ne pouvait pas passer inaperçue du docteur Alan Soblen lequel prévient Smith Befford. L'homme du FBI a pris la relève du Singe depuis le décès de celui-ci, et veille sur le cadavre de son ancien patron en se rendant tous les jours sur sa tombe dans le cimetière floridien. Il espère toujours revoir Mie Azusa qui avait rejoint l'île flottante Atomos.



C'est Mie Azusa qui le contacte par téléphone, afin de lui dire qu'elle l'aime, mais seulement une heure par jour. Tandis que Smith Beffort est lui aussi amoureux, mais vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un dilemme.



Le K.K.K. traqué décide de demander au FBI de protéger ses membres, un comble. Des événements mystérieux se produisent, des boulles traversent le pays, et une sorte de soucoupe a été aperçue. L'armée est réquisitionnée.



Yosho Akamatsu, agent de la Tokkoka, police spéciale nipponne, arrive de Tokyo, rejoignant ses amis Befford et Soblen. La soucoupe est localisée, grâce à la filature exercée sur des hommes-robots affilés à la mystérieuse organisation Atomos. Akamatsu, déguisé comme ces membres dépendants de l'île Atomos, suit Catherine Lomakine, qui a été repérée, et s'introduit dans la soucoupe, calquant ses gestes sur les personnages qui sont déjà à l'intérieur. Pendant ce temps, Beffort et Soblen s'emparent de Mie Azusa afin de la confier à un chirurgien chargé de lui ôter le micro-processeur qu'elle possède à l'intérieur du crâne. Une opération délicate qui doit être réalisée avant l'heure fatidique au cours de laquelle la jeune femme redevient miss Atomos.







Ancré résolument dans l'anticipation et la science-fiction, ce nouveau volume de la série Atomos nous apporte de nouvelles révélations et l'épilogue laisse présager de nouvelles aventures tout aussi rebondissantes et foisonnantes que dans ce livre.



Car les temps morts sont exclus de cette intrigue qui offre un aspect intéressant et inattendu.



André Caroff s'est très bien renseigné non seulement sur les agissements du Ku Klux Klan, sur son organisation, mais également sur ses membres sur l'échelle hiérarchique, n'hésitant pas à mettre en scène les hauts responsables. Mais plus étonnant est la mise en scène des assassinats des Klansmen, à l'aide de stylos-laser et la débandade du Klan obligé de demander au FBI de protéger ses membres. Tout en gardant l'action dans les années 1960, même si la datation n'est pas précisée, car il est fait référence à plusieurs reprises au Président des Etats-Unis de l'époque, Lyndon Johnson qui succéda à J.F. Kennedy après l'assassinat de celui-ci à Dallas. Enfin, autre aspect inattendu, ou presque, c'est l'initiative prise par un général de bombarder la soucoupe sans requérir d'ordre et dont les conséquences auraient pu être encore pire que celles décrites dans le roman.



Outre cette guerre entre Madame Atomos puis Miss Atomos, qui a pris la relève comme on a pu le lire dans l'épisode précédent, dans une vengeance nippone envers les USA et les bombardements qui ont eu lieu sur Hiroshima et Nagasaki, s'intègre une histoire d'amour entre Beffort et Mie Azusa. Cette romance amoureuse sera-t-elle contrariée ou pas, c'est ce que nous lirons dans le prochain épisode, une série qui provoque une véritable addiction.




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