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Lamifranz
  05 octobre 2022
La piste oubliée de Roger Frison-Roche
Roger Frison-Roche (1906-1999) est un de ces héros du XXème siècle, à la fois scientifiques, écrivains, explorateurs, et grands sportifs (il fallait l’être pour faire ce qu’ils faisaient !) qu’on appelait Haroun Tazieff, Jacques-Yves Cousteau, Paul-Emile Victor, et bien d’autres. Roger Frison-Roche, de plus, était romancier. Il a mis dans ses livres l’essentiel de sa vie d’aventurier : que ce soit en montagne, sur les pics des Alpes et du monde, dans les étendues désertiques du Sahara, ou encore dans les glaces neigeuses du Grand Nord.

Dans une imposante bibliographie, aussi riche que belle, il laisse deux trilogies importantes : celle qui lui valut la célébrité, celle de la montagne : « Premier de cordée » (1942), « La Grande crevasse » (1948), « Retour à la montagne » (1957) ; et celle du désert, intitulée « Bivouacs sous la lune », composée de « La Piste oubliée » (1950), « La Montagne aux écritures » (1952) et « Le Rendez-vous d’Essendilène » (1954).

L’histoire de « La Piste oubliée » se place en Algérie française, juste après la fin de la Première guerre mondiale. La date est importante, car elle permet de situer le roman dans son époque, et surtout dans son contexte : nous sommes dans l’Empire colonial français, Les « valeurs » colonialistes de l’époque, décriées aujourd’hui, parfois avec raison, étaient alors le bréviaire de cette armée d’Afrique, il ne faut pas occulter cet élément dans le portrait psychologique des héros.

Sous couvert d’une exploration scientifique (la découverte d’une piste oubliée dans la région du Ténéré), dirigée par le professeur Lignac, c’est une véritable expédition militaire qui se cache, à la recherche d’un arabe soupçonné d’avoir tué un soldat français. Le lieutenant Beaufort, un savoyard féru d’alpinisme mais novice en matière de désert, commande la petite troupe. Il est assisté par Franchi, un vieux routier, qui commande la méharée (l’ensemble des chameaux). Avec eux voyagent aussi des goumiers (indigènes recrutés par l’armée) ainsi que des Touaregs qui servent de guides. Les différences de caractères se font vite sentir, de même que les antagonismes de race entre goumiers et Touaregs. L’affaire se complique quand une ex-maîtresse de Franchi, Tamara, qui a partie liée avec les complices de l’assassin recherché, se met de la partie. Et la piste, dans tout ça, me direz-vous ? Elle daterait de la nuit des temps, peut-être même avant, la légende la fait remonter au roi Salomon, et de magnifiques peintures rupestres rencontrées en chemin confirment cette opinion.

Nous sommes au pays de Théodore Monod. Ceux et celles d’entre vous qui ont lu « Méharées » et « L’Emeraude des Garamantes » connaissent déjà ce décor sublime et parfois inquiétant, et ce mystère du désert, qui fait que l’homme se sent à la fois infiniment petit, et paradoxalement bien dans sa place dans l’univers. Mais là où Théodore Monod en géologue et théologien, ne sortait guère du cadre scientifique ou intellectuel, le romancier qu’est Frison-Roche s’attarde dans les détails qui donnent du piquant à l’action : la soif, la faim, la peur, les bêtes (les chameaux, mais aussi les vipères), les conflits… (e qui ne l’empêche pas, au demeurant, d’avoir de magnifiques accents quand il dépeint la beauté et la magie du désert).

Car il s’agit bien d’un roman d’aventures (à rapprocher de « L’escadron blanc » de Joseph Peyré). L’auteur maintient le suspense, grâce à une écriture alerte, qui alterne belles descriptions et scènes d’action, dans la meilleure tradition.

L’histoire se poursuit avec « La Montagne aux écritures » et « Le rendez-vous d’Essendilène »



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luocine
  03 octobre 2022
Ce que je n'ai pas encore dit à mon jardin de Pia Pera
En ce trois octobre, ma meilleure amie a 80 ans et comme cette auteure, elle aime par dessus tout créer des jardins, comme elle, elle lutte aussi contre des maladies graves mais heureusement qui la laisse en vie permettant à ses amis de profiter de son incroyable optimisme . C’est aussi une photographe de talent et j’avais parlé d’un de ses livres sur le pain sur Luocine.



Le titre du livre vient d’un poème d’Emily Dickinson :



« Je ne l’ai pas encore dit à mon jardin



Tant je redoute ma défaillance.



Pour le moment, je n’ai pas tout à fait la force



De mettre l’abeille dans la confidence »



Pia Pera est connue pour ses livres sur les jardins et elle écrit ce dernier livre en luttant contre une maladie qui va finalement l’emporter. Tout le long des années où elle a senti son corps la trahir, elle a cherché du réconfort auprès des plantes dont elle s’était occupée dans son merveilleux jardins. Elle a aussi cherché auprès de la médecine, si impuissante dans son cas, une guérison qui n’est pas venue. Elle a accepté de trouver dans des médecines non conventionnelles un peu de réconfort, elle a beaucoup espéré hélas, en vain. Elle a trouvé aussi dans les lectures des points d’appui, plus sans sans doute que dans la science médicale. Mais ce qui fait le charme de ce livre qui a tant plu à Dominique ‑au point de me donner envie de le lire et de l’offrir- ce sont tous les passages sur les merveilles de la nature. Autant elle sent l’inutilité des souffrances qu’on lui impose pour soi-disant la soigner, autant on sent qu’elle se regénère à chaque fois qu’elle peut se fondre dans le paysage qu’elle a su créer.



Comme ce livre suit ses pensées, il fourmille de petits passages merveilleux qui enlèvent la tristesse du propos. Par exemple savez vous qu’à Détroit les habitants créent des jardins potagers et des fermes sur des terrains arrachés aux friches industrielles ou aux barres d’immeubles vidés de leurs habitants par la délocalisation des industries métallurgiques et automobiles. De nombreux jardins sont évoqués que j’aimerais bien aller visiter, et tant de livres que je n’ai pas lus et où elle trouve des propos qui correspondent à son état physique et mental. Car évidemment son corps souffre et trahit la femme active qu’elle a toujours été. C’est triste mais pas tragique car dès qu’elle peut adapter son corps à des plaisirs physiques, on la sent heureuse. Comme ce dernier bain de mer à l’île d’Elbe dans une voiture adaptée. Mais, ce sont les passages sur les plantes qui font tout le charme de ce livre et pourtant ce n’est pas mon sujet de prédilection. Je vous ai recopié le passage sur les rose pour vous donner une petite idée du style de Pia Pera.



Finalement que dire de plus : un très beau livre et un hymne à la vie. Comme le dit la mère de José Saramago



« Le monde est si beau, quel dommage d’être obligé de mourir. »
Lien : https://luocine.fr/?p=15395
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Ogusta
  03 octobre 2022
Courir ou mourir de Kilian Jornet
Acheté et lu en septembre 2022. Pari gagné avec mon homme et livre offert.

J'avais lu, il y a quelques années, La frontière invisible, de Kilian Jornet et j'ai davantage accroché avec ce Journal d'un skyrunner. Par contre, je ne comprends pas vraiment le titre : Courir ou mourir, car il s'agit plutôt de vie à l'état brut et si la mort est évoquée c'est sous la forme du risque , car la frontière est très fine chez Kilian. Il court sur les arrêtes, liberté infinie, à la limite des ses forces, à la limite de l'entendement humain. Kilian Jornet était pour moi, un extra terrestre, (fort sympathique et motivant) ce livre le rend davantage humain.

Je crois toujours qu'il s'agit d'une lecture adressée en priorité aux coureurs, mais peut-être pas uniquement, c'est un récit sur l'engagement, la liberté, la souffrance acceptable pour atteindre un rêve, la futilité des victoires et l'addiction que peuvent procurer la compétition et la course à pied.

Je cours, je n'ai presque rien en commun avec Kilian Jornet, mais pourtant j'ai trouvé de la force dans son livre, une meilleure impulsion quand je cours (10km faut pas exagérer... mais c'est mon UTMB à moi), le courage de me dépasser et la joie d'atteindre le sommet d'une côte, de courir sur une crête (les arrêtes c'est trop fin pour moi).

Bref, merci d'offrir aux petits coureurs comme moi, le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand, car que l'on poursuive son ombre dans la côte de St Mens (Comprenne qui pourra) ou le premier concurrent sur la diagonale du fou, la sensation de vaincre et de voler est presque la même.

Grâce à ce livre, j'ose accélérer dans les pentes, je pars sous la pluie en me disant que même le champion du monde a parfois envie de rester sous la couette.

Je sais pas qui est Kilian Jornet quand il ne court pas. peut-être ne le sait-il pas lui même, il ne le raconte pas ici. On dirait qu'il court depuis ses trois ans, car il revient un peu sur son enfance sauvage, alors qu'il marchait sans lumière dans la nuit et qu'il gravissait déjà des sommets de 2000m.

Par contre, je sais que, courir rend heureux et change la vie, je sais qui je suis quand je ne cours pas et je n'aime pas trop ça.

Une belle raison de se dépasser, un livre pour ceux qui courent ou ceux qui veulent essayer, pour ceux qui veulent imaginer de beaux paysages, la rapidité et la souffrance, le soleil et le vent.
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