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Thomas & Mercer


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Pat0212
  10 mai 2021
Une enquête à la Belle-Époque, tome 3 : Le carnet volé de Alice Quinn
Un nouveau coup de coeur pour ce dernier volume de cette magnifique trilogie que j’ai beaucoup aimée et que je recommande chaleureusement.



Nous sommes à la fin de l’année 1891 à Cannes, un bourgeois se suicide, et deux autres meurent dans des accidents divers durant la même semaine. Basile, le jeune messager semble complètement changé, il a perdu son insouciance. Il finit par se confier à Lola et à Miss Fletcher : sa soeur Thérésine a disparu et il ne sait que faire. Les deux femmes lui conseillent de signaler sa disparition à la police. Mais à cette époque, les plus pauvres n’ont pas intérêt à s’adresser aux autorités, Basile l’apprendra à ses dépens en croisant le terrible brigadier Rodot, l’un des deux pires ennemis de Lola.Celle-ci voyant que le commissaire Valantin bâcle son enquête comme à son habitude, reprendra les investigations de son côtés avec Miss Fletcher. Elle a pu récupérer un carnet volé à l’un des morts et possède un coup d’avance sur les pandores. Lola a aussi de graves soucis personnels, mais elle a promis à Basile de retrouver Thérésine.



L’enquête est très sympathique, prenante et pleine de suspense, elle a d’ailleurs une fin ouverte et les rebondissements s’enchaînent. Lola, Anna et Miss fletcher, la narratrice ont chacune une vision différente de l’identité de l’assassin, car contrairement à ce que croit le commissaire, ces accidents n’en sont pas. L’auteure ne tranche pas et j’ai beaucoup aimé cette incertitude finale. Dans ce dernier tome, l’enquête policière passe finalement au second plan au profit de l’aspect historique et de la vie des protagonistes. Nous continuons de visiter le Cannes de la Belle Epoque animé par les têtes plus ou moins couronnées, les nobles et les riches, tandis que dans l’ombre les petites gens font tourner le système. Nous découvrons une nouvelle catégorie sociale, celle de la bourgeoisie, avec les victimes des meurtre ou la famille de Paul Antoine, le seul homme avec Maupassant qui ait un rôle positif. On nous parle aussi des anarchistes, cet aspect est juste effleuré, mais c’est un vrai sujet d’inquiétude pour la communauté russe importante dans la région. Maupassant est désormais très malade et Lola assiste à ses derniers jours de liberté avant qu’il ne sombre complètement dans la folie, il sera moins présent dans ce roman mais aidera ses amies dans la mesure du possible. Sa maladie affecte les deux femmes.



Outre la bourgeoisie, représentée par Paul Antoine et sa mère, le grand thème du livre est toujours la triste condition des femmes de cette époque, qui ne sont guère plus que des objets à la disposition des hommes qui ont tous les droits. Beaucoup sont victimes de violences sexuelles et enfermées contre leur gré dans des maisons de passe d’où elles ne peuvent fuir. Les mécanismes de la prostitution forcée, toujours actuels pour les victimes des mafias de l’Est, étaient monnaie courante à l’époque et de nombreuses femmes pauvres y furent soumises. Le viol n’est pas considéré comme un crime et les femmes n’osent guère s’en plaindre, les autorités fermaient lâchement les yeux sur ce phénomène bien connu.



Les protagonistes doivent faire des choix, la vie libre des Pavots se termine au bout de huit ans, Anna a grandi, Lola se trouve dans une situation difficile et doit envisager de se marier, Miss Fletcher retrouve l’amour avec une comtesse russe. Le roman se termine avec l’enterrement de Maupassant et le départ de chacune vers une nouvelle page de son existence. La fin est ouverte mais c’est avec un gros pincement de coeur que j’ai quitté les héros si attachants de cette trilogie. Lola est de loin le personnage le plus réussi, elle arrive finalement à intégrer la bonne société comme elle le souhaitait tant. C’est vraiment une très belle série, très bien écrite et elle plaira à tous ceux qui s’intéresse à la fin du dix-neuvième siècle.



#LeCarnetvolé #NetGalleyFrance
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ama74
  09 mai 2021
Parti en fumée de John Marrs
J'ai apprecié le cote suivre Catherine et Simon a chaque chapitre pour apprendre ce que chacun a fait de ces 25 ans et comme tous lecteurs qui aurait ouvert ce livre , je voulais savoir pourquoi Simon avait abandonné et disparut de la vie de Catherine et de ses enfants . Quelle horrible vérité se cachait derrière ce départ ...



Peut-être que l'auteur en ecrivant ce livre voulait nous donner une leçon de vie (enfin pour ceux qui sont en couple) que le dialogue est primordial avant d'en arriver à des conclusions et à des actes extrêmes ... mais concerant l'histoire elle à ete longue , il a fallu 200 pages pour que l'auteur ne dévoile un secret de Simon puis une centaine d'autres pour qu'enfin, il y est un rebondissement. De plus en apprenant le pourquoi du départ de Simon, je me suis mise à rire : " tout ça, pour ça " ...



Heureusement pour cet écrivain que j'ai lu Âmes sœurs de prime abord qui m'a fait découvrir celui-ci et qui fut un coup de cœur littéraire. Il me reste les passagers dernier livre de celui-ci qui a été traduit en français (pour le moment) qui fera que John Marrs partira en fumée de mes romanciers à suivre ou pas ...
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Pat0212
  06 mai 2021
Une enquête à la Belle-Epoque, tome 2 : Le Portrait brisé de Alice Quinn
Il s’agit du deuxième tome de cette trilogie de polars historiques se déroulant à Cannes à la fin du dix-neuvième siècle. Nous retrouvons avec plaisir Lola, Miss Fletcher et Maupassant quatre ans après la fin de La lettre froissée. Lola cherche toujours un riche protecteur, elle a beaucoup d’amis, mais n’est pas acceptée dans la bonne société où elle aimerait tant s’intégrer. De plus la crise financière sévit et complique d’autant sa situation. Les faillites se multiplient et le banquier Cousin en est le seul bénéficiaire, il devient de plus en plus riche et détesté par ses victimes. Lady Sarah demande à Lola de récupérer un document compromettant chez lui, elle a spéculé alors qu’elle n’avait pas le droit d’utiliser sa dot et craint la vengeance de son mari. Lola, Miss Fletcher et Anna se rendent chez le banquier, qui tombe immédiatement sous le charme de la jeune fille. Celle-ci comprend comment Lola gagne sa vie et se révolte. Quelques jours après, le banquier est assassiné et Anna accusée du meurtre. Les trois amis ne peuvent croire à sa culpabilité et se lancent aux trousses du véritable assassin. Par ailleurs, Hervé, le frère de Maupassant sombre peu à peu dans la folie et Guy, lui-même très éprouvé par de terribles migraines, doit lui chercher un établissement de soins. Cela tombe bien, il y a à Cannes une clinique réputée tenue par le docteur Vidal et financée par le banquier Cousin. Mais en y regardant de plus près, les trois amis s’aperçoivent que ce médecin est loin d’être irréprochable.



Ce roman est très agréable à lire et l’auteure a une très belle plume. Les mots locaux ou peu courants sont expliqués en fin de chapitre. Le contexte est vraiment très bien rendu et on se sent vraiment plongé dans la Belle Epoque cannoise. Toutefois je trouve que l’intrigue est moins riche et moins élaborée que dans le premier tome, même si l’identité de l’assassin est inattendue jusqu’à la fin. Les personnages sont toujours aussi attachants, en particulier Lola et Rosalie. L’hypocrisie de la bonne société y est aussi très bien dépeinte, la grande majorité des hommes connaît Lola, mais elle est traitée comme une pestiférée en public, le gros lot revenant au père d’Eugène lors de la cérémonie en l’honneur des soldats tués à Madagascar. Guy de Maupassant fait le lien entre les différentes couches de la société, il peut aller où il veut, toutefois il a aussi sa vie secrète et sa famille cachée.



A part la crise financière et ses ravages, encore pire à l’époque que maintenant vu l’absence de filet social, le thème principal du roman est la psychiatrie et ses débuts difficiles. En 1888, cette science est encore balbutiante et les malades servent de cobayes à des médecins pas toujours très compétents, à l’instar du Dr Vidal du roman. Il traite ses malades avec des bains froids et une thérapie basée sur l’électricité, malheureusement ces méthodes inhumaines dureront très longtemps, jusqu’à ce que la recherche en pharmacie fasse des progrès notables. On ne connaissait pas les différentes maladies mentales et on mélangeait tout le monde. En dehors de vrais malades, ce type d’établissements hébergeait de nombreuses personnes qui dérangeaient leur milieu par leur comportement, à l’instar de Lady Sarah, internée par son mari pour avoir voulu toucher à sa dot.



Le roman insiste toujours sur l’oppression subie par les femmes, les plus pauvres ayant le choix entre de durs travaux et la prostitution, plus ou moins haut de gamme. Si Lola peut sembler assez privilégiée et libre malgré le rejet de la bourgeoisie, de nombreuses femmes exercent dans les maisons de passe dans des conditions déplorables. Des policiers corrompus en profitent et la hiérarchie trouve tout à fait normal que des agents abusent de femmes dites vénales, qui n’en sont pas à ça près à leurs yeux. Et dans la haute société, on peut toujours faire interner sa femme et profiter tranquillement de sa dot en toute impunité. On voit toujours le chemin qu’il reste à parcourir pour arriver à une vraie égalité homme/femme, mais pour une fois apprécions les progrès réalisés en un peu plus d’un siècle.



De nombreux artistes sombraient dans la folie à l’époque et on ignorait que c’était le dernier stade de la syphilis. La famille Maupassant, comme d’autres écrivains y a payé un lourd tribut. Je suis étonnée de la tolérance de la société de l’époque vis à vis de cette maladie, on est à des années-lumières de la dictature sanitaire qu’on vit en ce moment, ou même du rejet qu’a engendré l’épidémie de sida un siècle plus tard. On dirait que tout le monde ignorait la maladie et multipliait les partenaires. Sous des dessous très policé, cette société vivait dans la débauche et personne ne semble prendre conscience de l’étendue de la catastrophe. Vu le nombre de célébrités qui en sont morts, on peut penser que le degré de contamination de l’ensemble de la population était très élevé. Même Lola, pourtant futée, ne semble pas du tout consciente des risques encourus, alors que la tuberculose faisait figure d’épouvantail.



J’ai préféré le premier tome de la trilogie, même si celui-ci m’a aussi beaucoup plu. Je vais directement enchaîner sur le troisième. Un grand merci à Netgalley et Amazon pulblisher pour ce beau moment de lecture.



#LePortraitBrisé #NetGalleyFrance
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