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Afleurdelivres
  01 avril 2020
Les corps conjugaux de Sophie de Baere
💖Sensible, Sophie de Baere que je découvre avec ce très beau roman, l’est assurément.

Dans une très belle et lumineuse écriture inondée de poésie la talentueuse écrivaine touche intensément avec cette histoire d’amour damné au doux parfum de tragédie grecque.

Alice (Alizia)est issue d’une famille d’émigrés napolitains qui trouve ancrage dans la province française.

Son père abandonne le cercle familial lorsqu’elle est enfant laissant sa mère Silvia une femme austère et intransigeante dont le « visage est un tumulte », aigrie et emplie d’amertume.

Avec sa mère, sa sœur Mona et son petit frère adoré Alessandro le « tiot » qui ne ressemble à personne en raison d’un handicap mental, sa vie est monotone.

Alessandro est le seul pourvoyeur de rires de la maisonnée. Inféodées au joug de leur mère sa sœur et elle sont « deux inquiétudes aux pieds nus. Deux cœurs châtrés. »

La plastique parfaite d’Alizia lui vaut d’être chosifiée très jeune par Silvia qui l’inscrit à des concours de beauté.

Alice, cet inespéré objet de revanche, enchaîne les prix et déchaîne les convoitises. Son corps devient unique repère identitaire.

Lassée de se plier aux exigences sans limites de sa mère, d’être modelée et utilisée, de voir sa vitalité « s’éroder » à son contact Alice décide de quitter la prison familiale, refusant cette vie artificielle qui privilégie le diktat des apparences. Elle trouvera l’élan nécessaire après le décès accidentel de son jeune frère pour partir s’installer à Paris.

Cette nouvelle vie en coulisse, anonyme et invisible lui convient.

Et puis c’est la rencontre. Avec Jean, son évidence, l’étincelle inattendue qui mettra le feu à ses sens. « Jean remplace les absents ».

Une attirance naturelle et troublante les lie, ils vivront un amour absolu pendant plus de dix ans. De cette relation fusionnelle naîtra Charlotte.

Bonheur parfait. Jusqu’au jour où sa mère lui dévoile, alors qu’elle est enceinte, un terrible secret et une fois de plus fait voler sa joie de vivre en éclats.

Coup fatal. Alice ne trouve comme échappatoire que la disparition.

Elle abandonne son mari et sa fille adorés sans explications.

S’ensuivra une vie d’errance et d’abnégation.

Une existence impersonnelle presque végétative faite de douleurs marquées par le sceau de la perte et de la fatalité «  La vie n’est en réalité rien d’autre qu’une succession d’éclipses ».

Un très beau portrait de femme forte qui soulève beaucoup de questions dont celle de l’identité génétique, prison invisible, et aussi de la transgression, de la culpabilité et des limites de la vérité.

Mais peut-on et doit-on renier définitivement ses sentiments, son identité, son passé et sa chair?

Une très belle découverte ❤️
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Laurence1485
  30 mars 2020
Les corps conjugaux de Sophie de Baere
Roman coup de poing !

Alice Callandri est étouffée par les désirs de sa mère pendant son enfance. Cette dernière en fait un peu sa chose, l'exhibant dans les concours de beauté et voulant qu'elle devienne esthéticienne.

Étouffant, Alice part étudier à Paris, essaie de s'y faire une place. Mona, sa sœur, lui rend visite souvent. Un après-midi, Jean, le voisin d'Alice les emmène en ballade en forêt.Pour Alice c'est le début d'une histoire d'amour, une vraie celle qu'on attend. Ils ont une petite fille Charlotte. Mais un jour, Alice disparaît pour fuir ce bonheur. Jean et Charlotte veulent comprendre.

Un roman sur les ravages des secrets de famille, la méchanceté, la cruauté.
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Marfit
  29 mars 2020
Otages de Nina Bouraoui
Sylvie Meyer est une femme de cinquante-trois ans, mère de deux adolescents. Après 25 ans de vie commune, son mari la quitte. Comme toujours, elle encaisse sans rien dire et poursuit sa vie. « Je ne suis jamais tombée, jamais, même quand mon mari est parti. Je suis forte, les femmes sont fortes, davantage que les hommes, elles intègrent la souffrance. C’est normal de souffrir. C’est dans notre histoire ; notre histoire de femmes. » Mais la douleur qu’elle s’interdit d’éprouver va en réveiller une autre qu’elle s’est évertuée à enfouir au plus profond d’elle-même pendant toutes ces années.

Elle se raccroche alors à son poste auquel elle tient tant, qui lui offre de nouvelles responsabilités. Son patron, manipulateur, va la flatter pour lui faire faire un sale boulot. C’est l’humiliation de trop qui va la faire basculer vers le passage à l’acte.

Nina Bouraoui décrit la condition des femmes avec lucidité et pertinence. Le titre « otages » est écrit au pluriel. Sommes-nous toutes otages ? La réponse semble être oui. Otage de sa féminité, otage du regard des hommes, otage de la violence sociale, otage de l’injonction à réussir dans tous les domaines.

Combien de fois, au cours de ma lecture, me suis-je sentie proche de cette femme.

On suit Sylvie, je dirais même on l’écoute comme le ferait un psychanalyste avec sa patiente. Toutes les pièces du puzzle sont en place pour refaire le parcours depuis l’enfance à ce moment de bascule.

C’est une fois en prison qu’elle se sent libre. Libre d’être enfin elle-même.

Nina Bouraoui nous livre un roman puissant dont l’écriture très moderne nous donne des uppercuts. Elle va à l’essentiel comme une urgence à dire.

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