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Dernières critiques
Atlande
  07 décembre 2021
Tu aimeras ce que tu as tué de Kevin Lambert
Un livre intéressant et plutôt surprenant. Le style de Kévin Lambert est plutôt punk et gore. Certaines phrases sont violentes, vulgaires et les propos de Faldistoire peuvent nous paraître cruels. Pourtant Faldistoire n'est que le pantin de l'auteur qui s'en sert pour révéler la vraie nature de la ville Chicoutimi. Homosexualité, trans identité, viol, violence, meurtres : Tu aimeras ce que tu as tué en est un grand mixe. Un livre agréable à lire qui me laisse un léger sentiment de haine et révolte contre les adultes. Les enfants de cette ville en ont trop longtemps été les victimes.
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GabrielKevlec
  12 novembre 2021
Dans la cage de Mathieu Leroux
Un livre comme un cri de rage et de douleur, une fureur de vivre en filigrane, lu en apnée en une heure. Un récit cru, des phrases courtes, ciselées comme du Despentes, une histoire à la fois très dure et à laquelle on ne peut s'empêcher de s'identifier un peu.

Et pour cause... le narrateur n'a pas de prénom ; il est la bête blessée, agonisante, mise à terre par une rupture qui l'a mise en cage. Une cage à l'échelle d'une chambre, d'une famille boiteuse, d'une ville entière. Une cage aux barreaux invisibles mais infranchissables en apparence : douleur, rage, haine du père cancéreux, VIH du frère haï... Là-haut, St Sébastien se fout de sa gueule.

Quand il se relève, ce n'est pas pour panser ses plaies. C'est pour les creuser encore, déplaçant la souffrance à coups de griffes, de dents. Il est le fauve, le chasseur. Les hommes de ces bars où il s'échoue sont ses proies. Mais la proie suivante pourrait bien être celle qui le fera basculer...

Ce roman est écrit sur deux dimensions qui alternent au fil des chapitres : intérieur et extérieur. Le ressenti et l'action. La souffrance et le sordide. Le romantisme noir du mal d'amour et l'abject de sa douleur qui l'entraîne à l'orée de son humanité, jusqu'à marquer sa chair, et celle des autres.

Si plonger dans la fosse poisseuse, suintante, d'une âme déchiquetée ne vous effraie pas, cette histoire vous fera haleter jusqu'à la dernière page, la dernière ligne.

Et éclairera peut-être pour vous les barreaux de votre propre cage...
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adtraviata
  11 novembre 2021
Blanc dehors de Martine Delvaux
Il est impossible de lire ce livre d’un seul souffle, même s’il ne compte pas 200 pages, tant la douleur y contenue, que l’écriture parvient tout juste à exprimer, à contenir, y est grande. Même s’il est étiqueté « roman », on comprend que Martine Delvaux explore sa propre vie et tente de mettre des mots sur le silence qui a recouvert ses origines, le père inconnu, disparu, la mère enceinte et fille-mère à vingt ans en 1968, à une époque où ces femmes étaient loin d’être reconnues et aidées, l’enfant « bâtarde » marquée au fer rouge et l’impossibilité quasi générale d’obtenir des informations auprès de ses proches. Les grands-parents restent accrochés à leurs certitudes bourgeoises des années 60. C’est comme un linceul de neige qui a tout recouvert et dont émergent, çà et là, des bribes fragiles qu’il faut tenter de relier entre elles. Depuis toujours, le corps mal reconnu de la narratrice souffre du trop-plein de douleur, de non-dit, et le lecteur souffre avec elle, d’autant qu’elle élargit sa propre quête aux 150 000 enfants autochtones arrachés à leurs familles et placés en orphelinats pour « sortir l’indien de l’enfant », aux enfants des disparus argentins élevés par des collaborateurs de la dictature et même à Marilyn Monroe à qui on a aussi menti sur ses origines paternelles.



L’écriture au présent nous place au plus vif du récit, au vif de la douleur et peut à peine permettre à la narratrice (à l’autrice) de pouvoir enfin avancer dans la vie, e se libérer de ce poids, convaincue qu’elle est de trahir même le silence. Malgré le malaise bien réel à cette lecture (et je ne donne pas sens péjoratif à ce mot), je serai curieuse de découvrir d’autres textes de Martine Delvaux, notamment un de ses essais féministes.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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