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Des_livres_et_moi
  27 novembre 2021
Fille, femme, autre de Bernardine Evaristo
Un grand merci à Babélio et aux éditions Pocket pour cette belle découverte envoyée dans le cadre de l'opération masse critique !

Une fresque sur les femmes noires où il est question de leur identité (sexuelle et sociale) et de leur condition de vie. C'est un livre qui transmet des messages forts et d'actualité et dont on peut aborder par une diversité de point de vue.

Il y a tellement de récits différents, d'histoires différentes, que je m'y suis parfois perdue, mais c'est certainement cette multitude de récits qui fait la richesse du livre et qui permet d'apporter des multitudes de réflexions.

On part de l'histoire personnelle de chaque femme pour en dérouler le fil, des tranches de vie, un peu comme des scènes qui reviennent en mémoire, avec des bouts de dialogues, de phrases prononcées, de mots qui ont blessé, qui ont fait souffrir. Ça fait mal, ça prend aux tripes…

Bernardine Evaristo parvient, grâce à son écriture sans ponctuation, à mettre du tempo dans son récit. Avec du rythme, parfois rapide, parfois lent, avec des silences aussi. Pour moi, il faut lire quelques pages, et se laisser porter par les mots pour que la musique de l'écriture se révèle. Il y a un côté slam dans certains passages et l'autrice donne la cadence dans ce récit où les femmes portent haut et fort leurs identités.

Fille, femme, autre, parce qu'on y parle de filiation / maternité, de statut de femme, de leur identité sociale et de leur identité sexuelle, qui est très présente, et permet souvent aux femmes de se découvrir, et de découvrir aussi comment affirmer leur personnalité.

On traverse, avec chaque femme, différentes époques de leurs vies, différentes époques historiques, et chaque femme raconte ses origines et son histoire personnelle, surtout à travers ses blessures et ses failles.

Tout commence par une pièce de théâtre « Les amazones du Dahomey », montée au National Theatre de Londres par Amma, une lesbienne cinquantenaire qui a une fille, et qui, enfin, réussit à monter sa pièce. On sent, on sait que c'est un aboutissement pour elle. On va commencer par son récit de vie, puis celui de sa fille. Yazz, de son ex-compagne Dominique. Petit à petit, on se détache du théâtre et de la pièce pour revivre les récits de femmes, et enfin, pour, au dernier chapitre se retrouver avec Amma au théâtre. Ce n'est pas une vraiment une révélation, parce qu'on s'y attend au fil du récit et s'y on ne se retrouvait pas au théâtre, le lecteur serait déçu. On ne sait pas quel personnage évoqué sera présent au théâtre, mais on sait que quelque part, c'est là où l'on va comprendre des choses.

La construction du récit est très originale, déstabilisante et mais m'a donné un peu le tournis : on passe d'une femme à une autre, on va dans le présent, on retourne dans le passé, on se rattache au futur, on revient dans le présent, … Au départ, on a énormément de noms, de lieux, on se dit qu'on ne va rien retenir, mais l'autrice parvient, par petites touches à créer des liens entre certains personnages. Quelle construction ! L'autrice peint par petites touches, un tableau qui se révèle entièrement au dernier chapitre du livre. Et il faut lire jusqu'au bout pour percevoir l'ensemble des liens, de la fresque.
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kar29
  26 novembre 2021
Shuggie Bain de Douglas Stuart
Glasgow, années 80, sous l'ère Thatcher.

Dans la deuxième ville industrielle d'Ecosse, un monde qui peu à peu s'écroule et voit l'ombre du chômage, de la délinquance et de l'alcoolisme s'infiltrer dans tous les quartiers, vivent une mère et son garçon, Shuggie Bain.

Agnès, la mère de 3 enfants, nés de 2 unions, abandonnée par son conjoint, pitoyable chauffeur de taxi adultère. Ils sont seuls et ne peuvent compter que l'un sur l'autre.

très vite, Agnès, la mère du petit Shuggie ne parvient plus à joindre les deux bouts et sombre littéralement dans l'alcoolisme.

Shuggie essaie de la sauver d'elle-même à tout prix alors que lui-même fait face à des difficultés: il va découvrir son homosexualité dans cette ville dominée par les hommes et la violence.

Quelle claque ce livre!

L'auteur a mis plus de 10 ans à l'écrire ce premier roman, en partie autobiographique.

Il y raconte ce qui fut en partie son enfance.

C'est noir, très noir, et en même temps, incroyablement lumineux par la force de cet amour inconditionnel d'un fils hypersensible, pour sa mère.

Le récit fracassant d'une enfance massacrée par l'alcool et la bêtise humaine.

Epoustouflant, déchirant, si fort.

Je ne suis pas prête d'oublier ce livre.

Récompensé (justement) par le prestigieux Booker Prize britannique 2020.
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MademoiselleMaeve
  22 novembre 2021
Shuggie Bain de Douglas Stuart
Je cherchais un livre pour ouvrir le bal de la rentrée littéraire 2021 et j’hésitais entre plusieurs, jusqu’à ce que mon regard se pose sur Shuggie Bain et que cela apparaisse comme une évidence. Ce roman de Douglas Stuart est l’une de mes premières lecture de cette rentrée et avec ce roman la barre a été placée haut.



Shuggie Bain est le tout premier roman de Douglas Stuart. Et il a été couronné du Booker Prize 2020 – qui est l’un des prix littéraires les plus prestigieux au monde.



Pour l’anecdote, Shuggie Bain a été refusé par trente-deux éditeurs avant d’être publié, ce qui me fait penser à R.J. Ellory – que j’adore – qui a été refusé par une centaine d’éditeur avant d’être publié et on connaît son succès actuel.



Douglas Stuart est Écossais et il est né en 1976 dans un quartier populaire de Glasgow. Comme son personnage Shuggie Bain.



Shuggie est né de la passion d’Agnès pour un chauffeur de taxi. Elle a quitté sa vie tranquille et le père de ses deux premiers enfants pour tomber dans les bras d’un coureur qui la bat comme plâtre. Installée dans un pavillon au cœur d’un quartier puant la pauvreté et le désespoir, délaissée par son grand amour qui ne vient plus qu’une fois de temps en temps, Agnes sombre dans l’alcool. Shuggie, à peine huit ans, va tout faire pour sortir sa mère de cet enfer, tout en lui cachant le harcèlement dont il est victime parce qu’il est gay et efféminé.



Shuggie Bain est sans doute un des meilleurs livres que j’ai lus ces derniers temps. C’est un beau roman sur la famille, l’addiction et l’amour – celui d’un petit garçon pour sa mère. C’est aussi un témoignage du Glasgow des années quatre-vingt et de ses populations pauvres et démunies.



Dans Shuggie Bain, Douglas Stuart raconte un peu de son histoire et celle de sa mère, qui est décédée lorsqu’il était au lycée. Personnellement, savoir que l’histoire de Shuggie Bain peut être inspirée, même un tout petit peu, d’événements vécus par un petit garçon, ça m’a pris aux tripes. Et je vous conseille grandement cette lecture.



Douglas Stuart a terminé son deuxième roman et travaille sur le troisième. On risque d’entendre encore parler de lui.
Lien : http://mademoisellemaeve.wor..
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