AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

La Dogana


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
Henri-l-oiseleur
  15 juin 2018
Hypérion de John Keats
De très beaux vers, lents et majestueux ... La description des Anciens Dieux et Titans vaincus, immortellement désespérés dans un paysage qui rappelle le Palais du Sommeil d'Ovide, dans les Métamorphoses. Puis un débat parmi les vaincus, sur la conduite à suivre : se révolter contre les nouveaux maîtres de l'Olympe, selon les paroles d'Encelade, en présence d'Hypérion, ou se soumettre à la loi du progrès ? ... Enfin, au livre III, le superbe éveil à soi-même et à sa divinité du jeune Apollon, en l'île de Délos, devant Mnémosyne, l'Ancienne, dont le nom signifie Mémoire et qui semble jouer un double jeu ... Tels sont les trois fragments du poème mythologique que le génial John Keats nous a laissés, sans qu'il ait eu le temps ni peut-être le désir de composer une longue épopée. Paul de Roux, le traducteur, évoque en postface la révolte de Keats contre le modèle de Milton et de son Paradis Perdu. Continuer Hypérion eût été faire du Milton sur un sujet mythologique. A la lecture, j'ai eu l'impression que le mode poétique narratif intéressait peu Keats : il aime à s'attarder à des descriptions lyriques et à des discours ornés, mais non à raconter. Keats est un lyrique, pas un poète épique. D'autre part, le splendide discours d'Océanos (II), donne à l'oeuvre une inflexion particulière : le vieux dieu de la mer, prédécesseur écarté par Poséidon, évoque la loi du progrès inévitable, qui veut que l'ancien cède la place au nouveau, par nature meilleur que lui. Nous sommes loin d'Ovide, d'Homère et de Milton : en pleine foi romantique dans le progrès, en pleine négation romantique de la tragédie. Dans un tel contexte idéologique, pourquoi raconter en milliers de vers la vaine révolte de vieux titans et dieux déjà vaincus, déjà périmés et dépassés par leurs successeurs, plus jeunes et plus beaux qu'eux ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Under_the_Moon
  11 mai 2018
L'églantier fleurit et autres poèmes : Edition bilingue français-russe de Anna Akhmatova
Qui a dit que la poésie n'était qu'un art contemplatif et romantique ? Dans ce recueil, on sent bien que la poésie pour Anna Akhmatova était une arme pour s'échapper de sa vie et des conditions de vie dans lesquelles elle suffoque.

Ses vers sont ici teintés d'amertume, de douleur, de fatalité.

En plus du contexte historique déjà difficile (la révolution, les purges stalineinnes) la poétesse a fait face à la censure et autres menaces du régime qui lui a en plus enlevé deux de ses maris (excécutés) et déporté son fils alors qu'il n'avait que 18 ans.

C'est toute cette souffrance et toutes ces épreuves que l'on sens dans les vers de cette poétesse. Même si le tout est exprimé avec de belles images et une langue très orale donc fluide, on entend les cris de douleur d'un peuple entier ... comme Anna Akhmatova l'avait d'ailleurs voulu.



Une oeuvre si forte que j'en perds mes mots...
Commenter  J’apprécie          150
frandj
  31 janvier 2018
Les élégies de Duino de Rainer Maria Rilke
Rainer Maria Rilke (1875-1926) parait être un des plus célèbres poètes d'expression allemande. Ses "Elégies de Duino" écrites entre 1912 et 1922 constituent peut-être son chef d'oeuvre. Pour ma part, je viens juste de découvrir ce recueil de dix longues poésies, composées dans un style libre, empreintes d'un esprit lyrique prononcé, profondes et sérieuses. Pour autant que je puisse en juger, ces textes sont traduits en français d'une manière satisfaisante. Je discerne toute la veine poétique du texte allemand. Certains passages ne sont pas loin de m'enchanter: je vais en mettre au moins un, en citation sur Babelio. Mais je confesse avoir une connaissance trop superficielle du monde personnel de Rilke, de sa psychologie, de ses références esthétiques et éthiques. En lisant ces poèmes, j'apprécie la musique des mots. Pourtant leur sens profond m'échappe presque complètement. En particulier, les références fréquentes à "l'ange" me paraissent obscures. J'aurais envie d'aller plus loin que cette première lecture (trop rapide), mais je crains de rester velléitaire...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          83