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Le Ver a Soie


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Leraut
  03 juillet 2019
Awa de Juliette Keating
Puissant, digne, ce récit est une marche dans le sombre de la nuit. La clarté qui s’élève subrepticement est donnante. Elle annonce l’écriture généreuse et observatrice de Juliette Keating. Le style appuyé dans cette apothéose du dire, dosé dans ce juste qui affirme une connaissance extrême des êtres égarés dans le brouillard de l’irrévocable. L’histoire est acide comme un citron pressé. Belle et ténébreuse elle dépasse le calme et l’aérien. Offre une Awa battante, enfant perdue dans le labyrinthe d’une naissance refoulée, dans une vérité existentielle. Awa que l’on voit s’émanciper à l’orée des êtres qui sont pour elle des sauveurs de la faim, de la soif et des donnants d’amour. Une tendresse offerte, allouée aux gestes altruistes. « Elle pensa à sa mère, mais faute de souvenir, c’était une pensée absolue, libérée de l’incarnation, du dessin particulier d’un visage : l’idée pure de la maternité. Elle ne la jugeait pas puisqu’elle ignorait ce qui était arrivé à la femme qui l’avait mise au monde. Awa ne pouvait croire qu’elle l’eût abandonnée. Elle était une enfant perdue. » Thomas ,l’homme bon, qui aura veillé sur cette enfant jusqu’au midi où elle deviendra femme. La symbolique de ce départ de Thomas est un éveil pour le lecteur (trice). Pure Awa, Eve, Eva s’affranchie. Raphaël, ce jeune homme qui fuit la caste familiale, en manque d’amour paternel, sait lire les nuances au travers de cette jeune fille battante, abandonnée, jetée en pâture à la horde des nantis. Les lignes sont sublimes, telles des rayons flamboyants dont l’encre sociétale abreuve les égarés. Ce récit symbolique se vit en intériorité lorsque le passage de l’ombre à la lumière affirme son diapason. Juliette Keating écrit la vie, l’authentique. Awa ne lâche jamais la main du lecteur (trice) et c’est une chance fabuleuse. Publié par Les Editions Le Ver à Soie Virginie Symaniec , Awa est en lice pour Le Prix Hors Concours 2019 Gaëlle Bohé.
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Bibliocoach
  28 juin 2019
Le petit Bala La légende de la solitude de Ridvan Dibra
Un personnage attachant, des chapitres courts, une écriture franche et directe font de ce court récit un livre accessible aux lecteurs les moins aguerris.
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exceptionL
  22 mai 2019
Anonyme de Luc Fivet
Êtes-vous déjà rentré chez vous pour trouver un homme à votre porte, vous demandant un euro pour entrer ? Juste un euro ?

En lisant Anonyme, un roman de Luc Fivet, vous pourrez vivre l’expérience, à travers les yeux du personnage principal, comptable de son état. On ne connaît presque rien de cet homme : il est un travailleur du XXIe siècle des plus ordinaires, et rien d’exceptionnel ne se passe dans sa vie, jusqu’à ce qu’un homme, qui semble être un sans-abri, se pointe au seuil de sa porte. “C’est un euro.” Notre comptable, ne se sentant pas de résister, le lui donne. Mais l’homme le suit, et réclame à présent un euro pour chaque déplacement effectué à l’intérieur de la maison.

Alors commence un thriller psychologique, plein de suspense et de tension, rythmé par les dialogues, courts, efficaces. On est cloué sur notre siège, et on a l’impression de regarder un film d’horreur : on sait ce qui va arriver, et on veut prévenir les personnages, mais on ne peut pas. Sauf qu’ici, il n’y a pas de sang, et il ne s’agit pas de vie ou de mort : il s’agit de la crise.

Avec une écriture vive et habile, Luc Fivet aborde les grands thèmes de la vie contemporaine : la société de consommation, l’argent, le travail, les migrants et l’obsession du contrôle. Sommes-nous en contrôle de notre propre vie ? Ferions-nous la même chose que le personnage principal ? Ce sont les questions que nous nous posons quand nous commençons ce livre. Mais quand on le finit, on se rend compte qu’on n’est pas réellement maître de soi-même : on vient d’être embarqué par un roman noir, qu’on a fini en une traite et dont on vient de sortir, alors qu’on voulait aller dormir tôt ce soir ! Et en plus, on nous a fait payer 18 euros pour cela ! Ne serait-on pas en train de se trouver des ressemblances avec notre cher comptable, qui nous semblait auparavant aussi lointain que l’Etranger de Camus ?

Mais ces 18 euros, bien moindres que ceux que dépensera le comptable tout au long de l’histoire, nous ont fait comprendre beaucoup de choses sur nous-mêmes, sur la nature humaine, sur le monde qui nous entoure et nous ont fait découvrir un roman original qui restera gravé dans notre mémoire ; et puis, ça reste toujours moins cher qu’un psy !

Aurélia
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