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Editions Hatier International


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Dernières critiques
cicou45
  19 août 2016
La mort et l'écuyer du roi de Soyinka
Oyo, ancienne cité Yoruba du Nigéria en 1946. Cette pièce, librement adaptée d'un fait réel nous donne une sacrée leçon de morale, de tolérance et de respect envers l'inconnu. Ce fameux inconnu qui a toujours effrayé l'être humain, qu'il ne comprend pas et qui, par conséquent l'effraie.

Ici, toute l'intrigue et le drame tournent autour du personnage d'Elesin, écuyer du roi, enfin pour être exacte du défunt roi. En effet, ce dernier ayant rejoint le royaume des morts il y a un mois, son cheval, son chin ainsi que son écuyer sont sensés, selon la tradition, le rejoindre dans le pays de l'au-delà où un festin autour de leur roi bien aimé les attend. Cependant, bien que le cheval et le chien ont déjà franchi cette frontière, l'administrateur régional Pilkings, d'origine britannique, va tout faire pour empêcher Elesin de passer à l'acte. Ce n'est pas par méchanceté, au contraire, il croit bien faire en préservant la vie d'un être humain, ne se rendant pas comte de la disgrâce qu'il lui inflige, non seulement à lui, mais également à tout son peuple. Voulant éviter un sacrifice qu'il juge inutile en raison de cette tradition qu'il juge barbare puisqu'il ne la connait pas, il va se montrer maladroit envers un peuple tout entier.



Une pièce de théâtre extrêmement touchante, remplie d'allégories, de mythologie et surtout, en dépit de ce que l'on pourrait croire, d'une profonde sagesse. J'avais rencontré l'auteur il y a quelques années de cela lorsque je faisais mes études et cet ouvrage m'était complètement sorti de l'esprit. Heureusement, beau coup de hasard puisque je l'ai retrouvé il y a peu et que, par conséquent, je ne peux que vous recommander cette lecture. Attention, bien lire l'avertissement de l'auteur avant de vous plonger dans la pièce en elle-même !
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wellibus2
  20 mars 2016
Au bout du silence de Laurent Owondo
Le roman se construit sur un ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique spécifique qui la tribu Myénè au Gabon. C'est Rèdiwa, l'ancêtre, qui prépare l'initiation d'Anka en lui apprenant la généalogie de la tribu et en évoquant de manière mystérieuse la présence des êtres invisibles Ombre et Ndjouké, Mboumba qui commandent l'ordre du monde. Les mânes des ancêtres sont évoquées dans le roman. Laurent Owondo donne un certain nombre d'éléments qui permettent de replacer ces masques qui apparaissent lors des rites agraires dans la culture Myénè, les échasses (p.95), le raphia (p.48). Le roman regorge de mystères et de symboles dont nous pouvons relever les plus saillants : l'ocre et le kaolin. Ces couleurs sont intéressantes au niveau symbolique. L'ocre, obtenu avec la poudre de bois séché, symbolise dans le roman à la fois le sang répandu et le rougeoiement du soleil au couchant ; quant au Kaolin, fabriqué à partir du mpemba, une argile blanche, il représente ici le lait, le sperme associés à la pureté, à la fécondité et à la clarté lunaire.

Le roman exploite donc les symboles de l'art africain notamment le masque dans la culture Mpongué. Il y a aussi les symbolismes réccurents qui se retrouvent dans l'art africain: l'ocre et le kaolin.

Le panthéon Mpongué nous révèle que le personnage mythique l'Ombre est une déesse de la fécondité associée aux figures de Ndjouké et Mboumba, l'ogresse. Dans le roman, Ndjouké et Ombre sont un seul et même personnage. En définitive, on peut dire que loin d'obéir au principe d'exclusion entre tradition et modernité, Au bout du silence s'inscrit dans la démarche de l'écriture du mythe qui oscille entre la compréhension des valeurs traditionnelles et l'ouverture à la modernité.

Le langage est certes poétique, ésotérique et des intertextes poétiques nous en donnent des illustrations au pages 47 et 74.



Le roman est donc rythmé comme un poème et se déploie à travers des répétitions formulaires

" l'âge où les masques livrent leur secret ", " ceux qui voient derrière les choses ", " l'ocre et le kaolin ".

Nous avons de nombreuses métaphores " la mer profonde plus qu'aucune tombe ", (p.101). Le mélange des genres est donc une ligne de force de ce roman ; chants, poèmes se télescopent pour donner une symphonie au roman.



Nous ne saurions conclure sans donner ce chant-complainte de Nindia qui compatit à la douleur de son mari Kota entouré d'ennemis :



" Sur la route de Fougamou

Que d'épines, bonnes gens (…)

Passé le fleuve, bonnes gens,

Que de miel ! Que de miel ! " (p.79-80).



http://www.bf.refer.org
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Justus
  03 mars 2013
Les Tresseurs de corde de J. Pliya
Un chef d'oeuvre
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