AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean-Jacques Pauvert éditeur


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
Nomic
  26 mai 2019
She de H. Rider (Henry Rider) Haggard
Un roman qui, étonnamment, serait l'un des livres les plus lus de tous les temps. En pleine ambiance victorienne, Holly, un type moche (oui c'est sa principale caractéristique) adopte sous l'insistance d'un ami mourant Leo, un enfant destiné à devenir un jeune homme magnifique (c'est aussi sa principale caractéristique). Accompagnés d'un serviteur chaste et obéissant, ils vont s'aventurer dans les coins reculés de l'Afrique à la poursuite du passé de Leo. Après quelques péripéties, ils tombent sur une sorte de vieux royaume décadent, habité par des sauvages et gouverné par une femme aussi belle que puissante, Elle. Cette reine, en plus d’être dotée d'une beauté renversante, aurait environ 2000 ans. Depuis ce temps là, elle attend le retour de son amoureux. Et Leo serait sa réincarnation.



She fait un peu son âge. C'est souvent verbeux, et globalement trop long pour ce que ça raconte. J'ai même sauté quelques pages. Aussi, c'est très victorien, misogyne et raciste. Mais ce n'est pas très grave, ça donne presque au récit un certain charme. Disons que c'est extremement ancré dans une époque, pour le meilleur comme pour le pire. Et globalement, ça reste un récit d'aventure fort plaisant. On se laisse prendre à l'exploration de ces contrées inconnues, au milieu de dangereux sauvages, sur fond d'anciens royaumes oubliés...



Autre détail, She est symboliquement très chargé. Une vraie mine d'or pour psychanalyste. Ce personnage de femme toute puissante, d'une beauté écrasante, immortelle, pouvant distribuer la vie ou la mort, rendant tous les hommes fous d'elle par un simple regard... Ambitieuse, passionnée et sans pitié, elle forme un agréable contraste avec les héros anglais, qui sont d'une triste rigidité. Elle semble même parfois sortie de l'avenir, j'ai rigolé quand elle explique à Leo que lui aussi deviendra inévitablement végétarien quand il aura accédé à un plus haut plan d’existence, ou quand Holly se met à rêver d'une époque où il serait possible à deux hommes d'aimer une même femme. Les héros anglais, enchainés dans la morale victorienne, voient les femmes comme des êtres dangereux, littéralement de viles tentatrices : Elle est le symbole de l'insécurité masculine face aux femmes. Je ne m'attarde pas trop, mais un point fort de ce roman, c'est qu'il laisse une place importante à l'interprétation. Le personnage de Elle, la philosophie qu'elle exprime comme les idées qu'elle incarne, pourraient même me donner envie de faire une seconde lecture.


Lien : http://lespagesdenomic.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
sandraboop
  10 avril 2019
Histoire de l'oeil de Georges Bataille
Quelle déception! Des textes érotiques oui qui potentiellement vous éveillent les sens ou crée un désir voire même une simple émotion, je n ai rien contre. Mais alors ici, pardonnez moi du peu, je n ai trouvé que vulgarité, banalisation d actes qui ne sont pas seulement sexuels mais a la limite (que dis je pour moi ils sont loin de la limite) de la légalité.

Qu un cousin et sa cousine se découvrent des plaisirs plus ou moins tordus et une volonté de transgresser ce qui se pratique au niveau sexuel... déjà bof le lien de parenté mais après tout ça existe alors ne le nions pas; quand la volonté de choquer les parents prend le pas à l idee de plaisir ... je m y perds car ici plus rien d erotique mais il est question de pouvoir ! Et il est toujours question de pouvoir quand on tombe à 2 sur une jeune fille et lui impose des actes sexuels mais non de plaisirs ou de jeux sexuels. On trouve aussi de l humiliation dans ce récit présenté comme autobiographique.

Devant tant de choses qui heurtent mes valeurs profondes, je n ai pu qu abandonner et sans regret.

Je ne saurai donc jamais si ce récit sort d'un imaginaire tordu (je ne parle toujours pas des pratiques sexuelles mais des dérives sur la pouvoir absolu sur l autre) ou si c est vraiment autobiographique.

Je dois avouer qu au final je m en moque.



Une chose est certaine, ce court récit je vais vite l oublier bien que lu que pour 50% mais surtout je ne le mettrai pas à disposition dans une boite à lire ou autre car il faut un lecteur averti et équilibré face à ce texte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Christw
  16 novembre 2018
L'astragale de Albertine Sarrazin
Albertine Sarrazin saute d'une hauteur de dix mètres pour s'évader de prison et se fracture l'astragale, un os du pied. Elle est secourue par un malfrat, Julien, qui la cache chez des proches et l'aide à se soigner. Cet homme va devenir l'amour d'Albertine jusqu'à ses vingt-neuf ans, où elle meurt dans une salle d'opération négligente. Le couple réuni pensait trouver la sérénité dans leur maison de l'Hérault. La jeune femme était, dit-on, affaiblie par le tabac et l'alcool.



Le récit autobiographique (1965), rédigé en prison par Albertine – car elle sera reprise, tout comme Julien commettra d'autres délits qui lui vaudront l'enfermement – est considéré comme un petit roman d'amour pour «son homme».



Une écriture avec de belles trouvailles, pas trop d'argot, rien à voir avec le témoignage hardi de Jeanne Cordelier ("La dérobade"), bien qu'Albertine se prostitue, sans revenus durant sa cavale. Envers et contre tout, malgré Rolande, liaison de prison, malgré Jean, client épris, cette fille résolue de dix-neuf ans garde Julien rivé solidement au coeur : "Merci, Julien, d'avoir su me faire si mal. Tu mets un terme aux chimères, après un corps tu me fais un coeur de femme, ces femmes dont je méprisais le pouvoir mendiant, les attachements et les servilités forcenées. Maintenant, c'est moi qui renifle tes liquettes...".



Je n'ai pas l'impression que l'histoire, presque bienséante, est édulcorée : cette "âme sans détours" est émouvante de sincérité.



Préface de Patti Smith : "Sans Albertine pour me guider, aurais-je fanfaronné de la même façon, fait face à l'adversité avec la même ténacité ? Sans l'Astragale comme livre de chevet, mes poèmes de jeunesse auraient-ils eu le même mordant ?"



L'adaptation au cinéma (2015) de Brigitte Sy (malgré une Leïla Bekhti convaincante) ne m'a pas accroché du tout. Les extraits de celle de Guy Casaril (1968) ne m'inspirent guère mieux. Il y a dans une telle lecture une proximité avec l'écrivaine que je ne peux retrouver à l'écran.





Extrait à suivre.
Lien : https://christianwery.blogsp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110