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G. Crès


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Dernières critiques
Marti94
  21 juillet 2018
J'ai tué de Blaise Cendrars
Les éditions Fata Morgana propose un livre magnifique au titre provoquant de "J'ai tué", plus percutant que "ce n'est pas beau la guerre" mais c'est bien de cela dont il s'agit.

Blaise Cendrars sait parfaitement raconter la vie des soldats dans les tranchées durant la guerre de 14-18 parce qu'il l'a vécue. C'est poignant, d'autant plus que les gravures qui illustrent le texte sont de Fernand Léger, ami de Cendrars et peintre qui me touche. Il faut souligner le travail éditorial de qualité qui a été fait pour cette réédition car la publication d'origine date de 1918. Les œuvres de Fernand Léger sont reconnaissables par son style particulier, en monochrome ici et proche du cubisme. Il faut dire que les deux hommes ont participé à l’effervescence de la vie artistique parisienne du début du 20e siècle.

Dans ce texte court, Cendrars raconte ce qu’il vit en tant que soldat, le froid, l'attente, la boue. Sans oublier les chansons de marche et sa pensée pour les poèmes de Baudelaire qui lui permettent de supporter les moments les plus difficiles. Et puis c'est l'assaut, la course sous les obus et la chair qui explose. Alors que le poète pense à tous ceux qui travaillent pour alimenter en armes, nourriture, vêtements ceux qui se battent, il va se retrouver au corps à corps avec un boche, couteau à la main. Il sera le plus rapide...

J’en suis toute retournée. Quel écrivain!



Lu en juillet 2018

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Mimimelie
  27 mars 2018
Picasso de Maurice Raynal
En recherchant des informations sur certaines oeuvres de Jeunesse de Picasso, je suis "tombée" sur cet ouvrage ancien. Très peu d'intérêt quant à sa biographie , sinon aucun, par contre des oeuvres de jeunesse peu ou pas connues, dessins notamment.

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PhilippeCastellain
  26 novembre 2017
René Leys de Victor Segalen
La France a une telle quantité d’écrivain qu’elle peut se permettre sans problème d’en oublier douzaine après douzaine, et il lui reste largement de quoi faire. Quand on s’attaque à ces délaissés, on a l’impression de tomber dans un puis sans fond…



Segalen est de ceux là. Dans l’orbe des « orientalisant » il fut éclipsé par Marguerite Yourcenar, dont le style simple et le côté « belle histoire de sagesse orientale » avait et a toujours beaucoup plus de succès. Segalen de son côté, est probablement mieux documenté mais ne se départit jamais de sa petite pointe d’ironie, ni de cette négligence élégante de la grande bourgeoisie française qu’on trouve d’Henri de Régnier à Chardonne, et qui consiste à ne pas accorder trop d’importance à la basse matérialité des choses. L’expérience qu’on tire d’une rencontre, le ressenti, voila ce qui compte. Quand à savoir s’il s’agit d’un rêve ou de la réalité, d’un affabulateur ou d’un génie incompris, quelle importance au fond…



C’est exactement là-dessus que repose ‘René Léys’. L’histoire se passe à Pékin au début du XXème, alors que la dynastie mandchoue des Qing agonise doucement entre ingérences européennes et nippones, révoltes en province et décomposition totale du pouvoir. Le narrateur, riche européen en voyage, éprouve une fascination de plus en plus forte pour la Cité Interdite. Comme son nom l’indique, il était alors strictement interdit d’y pénétrer. Mais son professeur de chinois, le jeune René Léys, raconte y avoir des amis hauts placés…



Un jour, il déclare avoir aidé à déjoué un complot des plus graves, avec l’aide d’une courtisane indicatrices pour la police. Il emmène le narrateur pour une soirée des plus dépaysante dans la « maison des plaisirs » qui aurait été le théâtre des faits ; il y rencontre la « policière » – mais les quelques mots de chinois qu’il parle sont bien insuffisants pour communiquer avec elle.



Peu à peu, les confidences de René Léys se font plus intimes et plus secrètes. Après son intervention dans le complot, il aurait été appelé à la Citée Interdite. Il aurait rencontré une personne sur laquelle repose le destin de la Chine. Il serait devenu son conseiller. Il jouerait auprès d’elle un rôle de plus en plus intime…



Est-il un affabulateur complet, ou raconte-t-il la vérité ? Au fond, le narrateur n’essaye pas vraiment de le savoir. Il lui suffit de rêver, tout comme le lecteur pouvait rêver aux mystères de la Chine en lisant les descriptions et les anecdotes qu’il en livre. Et comme nous pouvons nous-mêmes rêver sur cette étrange cour impériale disparue à jamais, et dont la Citée Interdite n’est plus que la coquille vide…
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