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Dernières critiques
pablo_valenc
  12 avril 2021
Cristina de Caloniz Herminia
J'ai lu Cristina à la fois comme un récit et comme un long poème. Par un réseau constant de significations, Caloniz Herminia développe, avec un bouleversant sens du tragique, l'opposition existentielle de la vie et la mort. Écorchée d'épiphanies, son écriture regorge de vies animales, aussi bien que végétales, minérales, brossées dans leur luxuriance. On n'a que trop rarement la joie tourmentée de s'imprégner d'un texte si dense, si puissant : c'est qu'il y a là, outre tout ce qui se dit, de tendresse et de perversité, comme parfaitement naïve, une façon très singulière de mêler à la profondeur du récit les frémissements du langage. Or, ces épiphanies, ces archipels dérivant au sein de la mémoire, font l'unité subjective du récit. Et c'est un éblouissement.

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Garoupe
  17 mars 2021
Les deux mariages de Lenka de Isabelle Flaten
Sur des notes de bala-lenka



Après « Adelphe » paru il y a un an au Nouvel Attila, œuvre véritablement littéraire puisque parlant aussi d’un livre en plus de tous les autres thèmes évoqués par l’auteur, Isabelle Flaten revient au Rouergue avec quelque chose de très différent, de moins engagé peut-être dans la façon d’aborder le récit, mais de tout aussi percutant.



Il est question, ici, d’une femme, Lanka, veuve alors que la Révolution de Velours bat son plein. Il y a deux Tchécoslovaquie comme il y a deux Lanka et deux mariages. Son premier mariage et son premier mari symbolisent la Tchécoslovaquie pré-révolutionnaire au point que celui-ci en a épousé les idées et les méthodes faites de délation et de dénonciation. Son deuxième mariage, plus libertaire, plus libéré, embrasse la Tchécoslovaquie post-révolutionnaire où les idées et la parole se délient.



Alors évidemment, Lanka est loin d’être une femme parfaite. Pas très belle, pas très bonne (pas dans le sens physique mais dans le sens moral), un peu cleptomane sur les bords (elle vole ainsi allègrement mais petitement les familles française expatriées auprès desquelles elle travaille), Lanka est pourtant ce qu’on pourrait appeler une brave femme, pas méritoire mais méritante… La nuance est forte.



Sur sa cleptomanie, elle est consciente de ses travers mais en a honte. Sur les exactions de son mari, avec l’aide de sa voisine qui la déteste, elle ouvre les yeux et en a honte. Sur les turpitudes sexuelles de sa fille, elle ouvre les yeux mais elle en a honte. Sur sa situation sociale, elle ouvre les yeux et en a honte.



Alors, quand elle rencontre un homme qui ne la prend ni pour une voleuse, ni pour une mère indigne, ni pour une collabo… elle se voit elle-même comme une fraude, comme quelqu’un qui se ferait passer pour quelqu’un d’autre. Alors qu’en fait elle est les deux mais qu’elle ne s’est pas encore acceptée comme telle. Elle n’est donc a priori pas prête non plus à accepter les cadeaux que la vie lui apporte.



Il y a tout au long du récit d’Isabelle Flaten une ambiguïté constante, presque sous-cutanée dont les personnages ne peuvent se défaire. Il en va ainsi de Lanka comme il en va, par exemple de sa fille ou de sa voisine. Cette dernière a effectivement souffert du régime tchécoslovaque d’avant la révolution mais sa libéralisation a ouvert les vannes : elle fait preuve des mêmes excès que ceux dont elle se plaint d’avoir subi les affres. Il n’y a pas d’équilibre : le souffle de liberté qui s’étend sur le pays emporte tout à l’excès. Il est difficile de ne pas haïr ses bourreaux, quitte à abandonner sa peau de victime pour endosser le costume de bourreau à son tour…



Du coup, constamment bringuebalé d’ambiguïté en ambivalence, le lecteur ne sait plus trop vers quel personnage faire pencher sa préférence. Aucun n’est lisse, aucun n’est uniforme : à l’image de la vie en fait. C’est le grand succès et le grand courage d’Isabelle Flaten : ne pas sombrer dans un manichéisme qui tendrai à délimiter, à la place du lecteur, la ligne de départage entre un bien et un mal assez perméables entre eux.


Lien : https://garoupe.wordpress.co..
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Palindrome1881
  20 février 2021
Aurelia Kreit de Laurent Cachard
"Aurelia Kreit détonne dans le paysage littéraire français, d'abord par sa taille:plus de quatre cents pages. Mais aussi par ses thèmes.

> Ce roman est ambitieux, et l'auteur, Laurent Cachard, relève le défi, emportant le lecteur dans une SYMPHONIE qu'il mit dix ans à composer. Un dur labeur récompensé.

>

> À travers deux familles nucléaires ukrainiennes qui au fil de l'h(H)istoire se recomposent, nous sommes invités à parcourir l'Europe du début du XXeme siècle, d'Est (Ukraine) en Ouest (France). Les personnages, peu nombreux, sont tous très attachants et merveilleusement peints. Les membres de cette caravane, embarqués dans un voyage initiatique, ne peuvent faire l'économie d'une réflexion philosophique au gré des événements : religion, art, banalisation du mal, morale, travail et techniques, don et contre don,....

> L'axe sur lequel se construit l'ACTION d'Aurelia et des Siens, est la CONSCIENCE. Tout à chacun pourra donc s'identifier à ces migrants contraints, raffinés, amoureux de la vie, DIGNES.

> Laurent Cachard nous offre un roman à clefs, poignant, accessible, exigent, enrichissant.

> Voici une lecture qui compte et comptera.

> VIVA Aurelia."

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