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Adam Biro


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Dernières critiques
PatriceG
  21 novembre 2021
Balthus : les dessins de Balthus
J'aime bien Balthus, ses dessins ayant trait aux sens, d'une sensualité forte, suggérée, comme on aurait dit du pan de jupe relevé, mais ici c'est même encore autre chose qui a plus à voir avec l'allégorie que l'érotisme. Pour moi, ça a une autre allure que la pornographie de Schiele qui me sort par les trous de nez. Alexandre Dumas eût dit de Schiele : " Et après, qu'est-ce qu'il y a ? Après ce grand déballage de printemps, cette dépravation finale jamais absoute, cette surcharge obsédée de sexe qui ne laisse nullement place à la poésie de l'âme ? Totale négation !



Alors moi j'aime par exemple cette encre de Chine de Balthus sur papier 21 X16,5 : " Deux personnages féminins enlacés et un personnage grotesque". Une espèce de sconse d'une laideur obscène, d'une seule pièce comme un bouc surfait, manifestant quelques désirs envers deux fort jolies jeunes dames prises au dépourvu.



Ce cher Balthus, né Klossowski, issu de Pologne et de Prussie, Wikipédia renseigne qu'il a dit en entrée en matière de son expo à la Ted Gallery en 1968 : "La meilleure façon de commencer est de dire, Balthus est un peintre dont on ne sait rien. Et maintenant regardons les peintures ;"



J'ai quelqu'un de ma famille, peintre, qui a dit un jour à deux visiteuses de son expo, bon chic bon genre : "Si j'ai un press-book à vous montrer, non, je n'ai pas de press-book, mon press-book, je suis là en chair et en os et mes peintures sont là, si vous voulez bien vous donner la peine de les voir.."



Il est mort depuis, son press-book qui n'existait pas ne risque pas de s'étoffer, je n'aurais pas l'occasion de lui demander s'il connaissait Balthus



22 novembre 2021

Balthus : Etude pour le "Pont neuf" !

18 X 22, 1928.

Vous lui donnez des crayons de couleur, un crayon gras, du papier et il vous fait une prouesse. Estimation : 15000 euros
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CzarnyPies
  07 novembre 2021
Art primitif de Franz Boas
C'est un grand plaidoyer d'un des plus grands ethnologues de tous les temps en faveur du genie des artistes indiens du nord-oeust pacifique. Avec une methodolgie impeccable, une rigueur intellectuelle extraordinaire, et une erudition enorme Boas, le grand ami, de Levi-Strauss demontre que l'art des indiennes du nord-ouest pacifique aurait ete digne de n'importe quelle civilisation moderne.



C'est a lire absolument.
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Patsales
  15 octobre 2021
Éloge du quotidien : Essai sur la peinture hollandaise de Tzvetan Todorov
Qu’est-ce qu’une période bénie en peinture ? Celle qui va transformer notre regard? Todorov a la réponse parfaite : celle où même les peintres de second rang produisent des chefs-d’œuvre. C’est ce que j’aime chez lui: cet art de la formule qui va droit au but, cette concision qui nous épargne les circonlocutions d’une pensée en train de se former et qui semble couler de source, comme la conversation bienveillante d’un ami qui en sait beaucoup plus que nous mais qui ne nous estime pas moins pour autant.

Hors notes, 150 pages, donc, y compris des reproductions en noir et blanc qu’on s’avisera plutôt de retrouver en couleur sur le web, 150 pages et 9 chapitres qui nous racontent comment la peinture hollandaise du XVII° siècle a bouleversé nos représentations.

L’éloge du quotidien qu’elle a prôné s’explique par le protestantisme de ce petit pays commerçant qui délaisse les valeurs aristocratiques pour celles, plus humbles, de la famille. Contrairement aux catholiques qui valorisent la clôture sacrée du monastère, eux pensent que Dieu est partout, surtout dans les intérieurs bien tenus que la lumière et le dallage rendent semblables à des églises.

Le livre progresse par la remise en cause de chaque conclusion. Après nous avoir prouvé que la peinture hollandaise s’expliquait par le protestantisme Todorov nous démontre qu’il ne s’agit pourtant pas de promouvoir les humbles par la représentation factuelle de leur existence. En fait de réalisme, elle ne propose qu’un petit nombre de sujets dont l’aspect allégorique saute rapidement aux yeux, comme cette cuisinière qui s’attaque aux oignons avec mortier et pilon sous l’œil coquin d’un assistant. Voilà donc un tableau qui nous rappelle à nos obligations, et veut nous éloigner de jouissances terrestres trop vaines pour nous satisfaire vraiment.

Sauf que, ajoute immédiatement l’auteur, la plupart des tableaux ne sauraient se réduire à un didactisme rigide. Parce que leur sens est souvent mystérieux et surtout parce leur vertu esthétique l’emporte sur le vice moral qu’ils sont censés condamner.

En réalité, le secret des peintres hollandais est de se tenir sur le fil ténu qui éloigne les Anciens, désireux de peindre ce qui est beau, des Modernes, prompts à inventer la beauté: eux ne l’inventent pas, ils la révèlent. Et dans cette société férue d’efficacité qui est désormais la nôtre, ils veillent à ce que nous n’oubliions pas le temps suspendu où nous habitons pleinement le monde, où notre vie banale nous comble et nous suffit.
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