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Dernières critiques
Graloup
  31 mars 2021
Les amours jaunes de Tristan Corbière
Ce n'est pas la Sainte trinité Baudelaire , Rimbaud, Verlaine qui fut pour moi la révélation , parmi les poètes de la deuxième moitié du XIX° mais Corbière, Laforgue, Charles Cros, Lautréamont, Germain Nouveau. Chez Corbière tout n'est pas réussi, mais quand il fait mouche quelle fulgurance! Il utilise à merveille tous les registres de la langue: de l'infinie délicatesse des "Rondels pour après" à la langue populaire hachée du Cap' taine Ledoux. Il peut se passer de ponctuation pour accroître la tension de son "Cris d'aveugle" , mais le plus souvent, il l'emploie abondamment , pour marteler ses vers. Ses longs poèmes (litanie du sommeil) nous submergent de déferlantes d'images. Il manie , l'ironie, l'auto-dérision .

Et quelle musicalité (au vieux Roscoff. Berceuse en Nord-ouest mineur).

A l'emphatique "Dormeur du val" de Rimbaud, je préfère "La pastorale de Conlie" (illustrée dans une édition des années trente par des eaux-fortes de ...Jean Moulin, sous le pseudonyme de Romanin).

Aux chromos avec lesquels Rimbaud barbouille les images de son très surestimé Bateau Ivre (amusez-vous, comme je l'ai fait à relever tous les adjectifs de couleur présents dans les 25 strophes du poème) je préfère la crudité du "Bossu Bitor".

Le France l'a longtemps ignoré: jamais au lycée , je n'ai entendu un prof prononcer son nom. Par contre en Angleterre, T.S. Eliot et Ezra Pound avaient reconnu son importance: ce dernier voyait en l'auteur des "Amours jaunes" "peut-être l'écrivain le plus poignant depuis Villon"
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JeffreyLeePierre
  28 mars 2021
Le Moine de Matthew Gregory Lewis
Découverte Babelio, où la "guerre" des traductions fait rage parmi les critiques, je me demandais encore s'il fallait opter pour la traduction / "adaptation" d'Artaud quand le hasard m'a désigné la traduction de Léon de Wailly dans une brocante. Si on ajoute à l'authenticité (après tout, c'est cette version que les surréalistes ont d'abord découvert) une affriolante couverture constituée d'une gravure colorisée où un moine lubrique et épais se jette sur une jeune femme dévêtue et évanouie, la traduction de de Wailly dans l'édition Bookking International de 1996 l'emportait.



Arrêtons-nous un instant sur ce pauvre Léon de Wailly : il n'en reste (à croire Babelio) que ses traductions, alors qu'il fut aussi dramaturge et librettiste au milieu du XIXème siècle. Selon ses dires, les traductions précédentes étaient entachées de trop d'imprécisions et c'est donc grâce à lui que le père des romans gothiques anglais est parvenu de ce côté du Channel. En tous cas, il a eu le bon goût de traduire l'édition originale, et non celle expurgée deux ans après par l'auteur lui-même afin d'éviter des désagréments judiciaires. Parce que, comme il l'écrit dans sa préface : "Certaines fautes contre le goût, contre la décence, ne constituent pas un livre immoral. Qu'on interdise ces sortes de lectures aux jeunes filles ; mais il est impossible que les hommes faits n'aient pas une bibliothèque qui ne soit pas celle des enfants".



Protéger les jeunes filles, en voilà une belle idée en introduction de ce livre. C'est aussi l'idée d'une mère inquiète dans le roman, à propos de la Bible, qui "tout en admirant les beautés des saintes Écritures, était convaincue que, si l'on en retranchait rien, c'était la lecture la moins convenable qu'on pût permettre à une jeune personne".



Encore eut-il fallu ne pas se tromper de cible : les lectures olé-olé ne sont pas le pire péril qui les guette, mais bien davantage les menées des gens d'églises, et en particuliers de couvents. Que ce soit la lubricité d'un moine ou l'extrême rigueur d'une mère supérieure, ces lieux semblent avoir été pleins de chausses-trappes pour les oies blanches.



Ah oui, parce qu'il faut bien l'avouer : tout gothique qu'il soit, ce livre n'a rien de flatteur pour la gent féminine. A part la mère prudente évoquée précédemment et plutôt bien traitée par l'auteur , les catégories de femmes ici représentées sont, par ordre d'apparition dans les pages : des oies blanches donc, jouvencelles innocentes et un rien femmes-objets (dans le sens d'être uniquement soumises aux désirs masculins et systématiquement victimes des menées et circonstances) ; des péronnelles que l'âge rend seulement stupides (pour l'une) ou méchamment aigrie (pour l'autre) ; des succubes (dont une magnifique, il faut bien l'avouer) ; et des tortionnaires. Pas franchement flatteur.



Côté intrigue, on trouve là une belle maturité pour un auteur si jeune : l'enchainement des évènements qui fabrique ces destins contraires est d'une logique imparable, une fois acceptées les conventions et le code de l'honneur de l'aristocratie espagnole du 16ème siècle (un peu de carnaval, tout de même : on repère quelques noms italiens, à moins que ce ne soit des transfuges du Royaume de Naples...). Et quelques passages de suspense gentiment haletants.



Mais ce qui frappe, c'est la jubilation dans l'horrifique doublée d'une belle propension à l'érotisme. Je ne sais d'ailleurs pas d'où la quatrième de couverture tient que ce livre a été écrit pour "distraire sa mère", mais j'en doute un peu. D'abord je n'en ai pas trouvé mention, ni dans la préface de l'auteur, ni dans les pages internet en anglais sur le livre ou l'auteur. Ensuite, il y a quand même quelques scène un peu hot pour imaginer qu'un fils aimant de cette classe sociale à cette époque les ai vraiment destinées au divertissement de sa mère. Il écrivait plutôt pour assurer des revenus à sa mère, séparée de son père.



Ce qui frappe aussi, ce sont les deux personnages principaux, le couple infernal constitué du moine et de sa maitresse. (Parce que les deux petits messieurs qui tentent de lutter contre leurs menées me semblent bien falots par comparaison, très ballotés par les évènements). Les errements de conscience du moine sont convenus, ses actions le sont beaucoup moins. Et la vraie héroïne du roman n'est-elle pas finalement son inspiratrice, maitresse et succube infernale ? Même si elle a choisi le mal, c'est une belle peinture de femme libre, pleinement responsable de ses actes et de leurs conséquences.



Reste pour moi un mystère : d'où sort cette apostrophe finale, en tout dernier paragraphe, et à qui s'adresse-t-elle ?
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FREDOFREDO
  28 février 2021
Le Moine de Matthew Gregory Lewis


Ce roman décrit l'ascension et la chute du frère capucin Ambrosio dans le Madrid du 17ème siècle. Abandonné peu après sa naissance aux portes d'un monastère, il y a été élevé par les frères, avant de devenir un prédicateur hors pair, suscitant l'admiration de tous et attirant les foules à chacun de ses prêches. Réputé pour sa rigueur et sa vertu, il se croit à l'abri de toute tentation. Jusqu'au jour où il croise le chemin de Valerio, jeune novice. Un classique de ce qu’on appelle la littérature gothique !

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