Défi d'écriture avril 2017 : Le choix
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baaab894
Grand prolixe


Inscrit le: 28 Juil 2016
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MessagePosté le: Lun Avr 03, 2017 4:57 pm    Sujet du message: Défi d'écriture avril 2017 : Le choix Répondre en citant

Bonjour à toutes les plumes de Babelio,

Après vous avoir fait écrire sur les mots le mois dernier, on vous donne cette fois-ci le choix du sujet, enfin presque... Puisque c'est le thème de ce mois d'avril.

Le thème de ce mois-ci est donc : Le choix !



Comme d'habitude, vous pouvez laisser libre cours à votre imagination et interpréter le thème comme bon vous semble...

La longueur comme le genre de votre participation est libre, il vous suffit pour participer de publier ici votre texte en cliquant sur "répondre" avant le mardi 2 mai à 10h.

A vos plumes !
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bffaubert



Inscrit le: 22 Fév 2015
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MessagePosté le: Mar Avr 11, 2017 10:06 am    Sujet du message: S'évaporer et renaître (défi d'Avril 2017 sur le choix) Répondre en citant

En regardant partir le train vers une destination inconnue je pense aux passagers. Quelle est leur destination ? Partent-ils retrouver l’être aimé, soigner des parents vieillissants ? Etaient-ils heureux ce matin à l’idée d’envisager un horizon lointain ?

J’aurais tant aimé que d’autres s’intéressent à moi de la sorte, me posent ces questions, me considèrent comme le centre de leurs attentions. Mais jusqu’à ce jour ma vie n’a été que vacuité. Les journées s’enchainent monotones, grises et sans saveur. Sans femme à aimer, sans enfant, sans ami.

Seuls les fantômes de la nuit accompagnent mes longues périodes d’insomnie. Ils ne m’effraient pas. Bien au contraire, ils m’apaisent. J’échange avec eux depuis quelques mois maintenant ; leur écoute et leur présence sont rassurantes, leurs conseils précieux. Et de nos dialogues silencieux, le choix est venu, doux et certain : s’évaporer et renaître.

Dans quelques minutes, pour la première fois je prends moi aussi le train. Lorsque le guichetier m’a vendu ce billet, il était fier de m’annoncer une ligne directe, sans aucun changement. Il se trompe sans comprendre que le changement est ma principale destination. Mon choix. Les quelques heures de trajet vont me permettre de devenir un autre. A la naissance on m’a imposé un prénom, dans le train de la renaissance j’en choisirai un nouveau. Dans ce wagon, le simple passager va devenir le conducteur. A cette place, l’homme silencieux va prendre la parole, commenter, questionner, échanger. La personnalité introvertie va s’ouvrir sur le monde, s’émerveiller, partager. Et si on ne me pose pas de questions, je vais les suggérer. Ce train me permettra de franchir une frontière, celle de l’impossible et du « je ne peux pas ». En montant dans le wagon, je suis un quidam. En terminant le voyage, je serai quelqu’un.

Alors, tous les horizons s’ouvriront. Je tuerai définitivement le souvenir de ces habitations sombres et sans cœur. Les pelouses, les arbres et les fleurs constitueront les fondations de ma nouvelle vie. Je broierai définitivement ces ferrailles hurlantes des voitures et métro pour laisser place aux chants des oiseaux. Je tordrai le coût à la solitude en trouvant des amis. J’exterminerai l’enfer de la solitude urbaine. Je suiciderai mon passé lugubre pour laisser s’exprimer mon futur. Mon choix. Un avenir lumineux.
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Pinceau
Grand prolixe


Inscrit le: 14 Aoû 2015
Messages: 28

MessagePosté le: Mar Avr 11, 2017 8:53 pm    Sujet du message: Le choix Répondre en citant

Bonjour à tous Very Happy
Voici ce que m'a inspiré le thème du mois
Bonne continuation à tous
& au plaisir de vous lire...

CET INSOUPCONNABLE PENCHANT

Entre chien et loup
Réveil à l’ouest dans les choux
Louise l’insoumise
Se tâte indécise
Son cœur grimaçant et balançant
Entre les gouttes
Barbouillée par la houle du houblon
Vague hésitation
Entre tailler la route
Ou mettre les voiles à bord de cette soucoupe
Cap sur l’horizon grésillant
Gouache mouvementée zébrée de cumulus pourpres

La nuit jette son farouche dévolu
Sur la ville abasourdie
Désorientation ambiguë
Entre les lumières réjouies
Du Pont de Brooklyn
Et les guirlandes du bowling

Flou artistique
Vacillant dans cette robe moulante mazout
Odeur brouillonne de caoutchouc
Oscillations veloutées de visions kaléidoscopiques

Toute éblouie par le chant des sirènes
Louise l’irrésolue entre dans le bar

Accoudé au comptoir
Assis à califourchon sur un tabouret
Un troubadour tout ébouriffé
Frimousse de bouledogue
Au nez rouge de clown
Gribouille ouistitis et kangourous
Au dos des sous bock

Entre ses mains souriantes
Fourmille toute une étourdissante palette
Verre à moitié vide
Dans les écoutilles : Lou Reed

« Coucou
ça roule ma poule ? »

Retrouvailles fêtées au bourbon
Ils lèvent le coude
En écoutant du blues
Et s’évanouissent les couloirs de l’ennui

...

Entre une heure et deux heures du mat
Toute enrouée la lune s’époumone
Dans son bouleversant saxophone
Tandis que les rideaux sont baissés
Chaloupage jusqu’au parking

« Au prochain carrefour
Tournez légèrement à gauche »

« Au prochain rond point
Les poulets t’attendent au tournant
Avec leur petit ballon »

Entre-temps
Un routard rouquin roupille
Dans une roulotte rouillée
Les roupettes à l’air

« A la prochaine intersection
Soit serrez les fesses sans tituber
Soit suivez le troupeau de moutons
Soit le flot métro-boulot-dodo
Soit foncez tout droit dans le panneau
Soit détour dans le panier à salades
Soit retour à la case départ
Soit visite souterraine des égouts
Soit tournez autour du pot
Soit roulé-boulé dans la pelouse
Soit bouffez du goudron
Soit savourez les délices de Capoue
Soit précipice on s’en fout »

« A la prochaine élection
Soit vous soumettre au requiem sournois
Des rois des magouilleurs
Soit baissez votre froc
Votez pour un escroc
Soit pour une facho
Soit foutez-vous en avec enthousiasme
Comme eux le font de nous »

Soit dit en passant
Où sont-ils
Quand on a froid ?

« Soit se profilent à l’horizon
Les mouches de ton avenir
Tournedos à la découpe
Viande de 1er choix »

« Soit le douze août
Soit le choix dans la date
Soit le doute dans la ouate »

Le cul entre deux chaises bancales
Toute déboussolée par cet ouragan d’insouciance
Soudain tiraillée entre une faim de loup
Et un insoutenable coup de foudre
Pour un épouvantail vadrouillant dans les tournesols
La bagnole rondouillarde court-circuite
Puis pète complètement les boulons
Et s’échoue pleine poire contre un bouleau
Juste un grand BOUM
Epousant toutes les courbes de la voûte
Dans l’outremer soupire La Grande Ourse

Pare choc boursouflé gisant dans les fougères
« Soit vous êtes arrivés au milieu de nulle part
Soit vous êtes dans la gadoue »
Variation d’humour dans les bambous

Tandis qu’incrédule le temps s’émousse
Surgissent deux phares dans le cambouis
Le troubadour fourbu lève le pouce
Et une Plymouth acajou ralentit

«ça grouille de poulets par ici !
C’est par où le raccourci
Pour aller tout droit ?»

Flottent en liberté absolue
Des volutes de perplexité

Hululement d’une chouette

Démarrage de la Plymouth
Sur les chapeaux de roues
Eclaboussement de boue
Et nuages de poussières tourbillonnantes
Dans les lueurs troubles de l’aube citrouille
Assourdissant coassement des grenouilles
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Cleona



Inscrit le: 08 Mar 2017
Messages: 4

MessagePosté le: Jeu Avr 13, 2017 7:47 pm    Sujet du message: - Choix - Répondre en citant

- Choix -

Le choix d'avoir le choix est-il vraiment un choix ?
Le choix que l'on fait à un moment donné dépend-il de notre vécu actuel, mais aussi,
de notre éducation, nos croyances, nos rêves et aspirations, nos illusions,
nos attachements, nos défaites ?

Faire un choix vient-il aussi de l'incidence de nos propres projections
et surtout attentes de la conséquence éventuelle et imagée de ce-dit choix ?

Le choix dépend-il aussi de l'impact pseudo-insconcient de notre environnement extérieur,
des informations sur nous, les autres, le monde, qui nous parviennent (ou pas) ?

Le choix existe-t-il vraiment ? À la connaissance des avancées scientifiques,
neurologiques, psychologiques, des techniques de manipulation détournées mais bien présentes
des commerciaux, politiciens, journalistes, réseaux sociaux, utilisant nos sens, nos émotions !!

Tout comme le non-choix qui se pourrait être l'inverse de l'acte que l'on pose de faire un choix,
est-il vraiment un non-choix ?

Au final, choix ou pas, je préfère m'en retourner prendre une tasse de thé
et picorer mes petits chocolats au lait !
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Salome20s
Débutant


Inscrit le: 27 Juil 2015
Messages: 5

MessagePosté le: Ven Avr 14, 2017 3:58 pm    Sujet du message: Le choix Répondre en citant

Partir ou rester.

Perdre l’un ou perdre l’autre.

Un seul pas nous sépare de la simplicité de la chose. La réflexion n’est qu’un prétexte pour gagner du temps, pour ne pas avoir à le faire aussi vite, le choix.
Choisir est sûrement l’acte le plus primitif de notre conscience. Se jeter sur quelque chose sans penser une seule seconde qu’il aurait pu en être autrement témoigne de notre nature sauvage, absolue. Choisir est un acte d’une extrême violence et c’est précisément cela qui nous effraie. Rien ne s’oppose à l’idée que l’on se fait si ce n’est le regard des autres. Il n’existe aucun choix difficile, il existe seulement la suite logique des choses.

Suivre son instinct animal et bouleverser son âme

Ou se raisonner et accepter que ça fasse mal.
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miti50



Inscrit le: 29 Mar 2015
Messages: 1

MessagePosté le: Ven Avr 14, 2017 8:04 pm    Sujet du message: Choisir Ne pas choisir telle est la question Répondre en citant

Le choix voilà bien la question à la veille d’élections ; les médias essaient de nous faire peur en nous décrivant en majorité indécis, faisant le jeu des extrêmes et si nous procrastinions…
Car procrastiner c’est ne pas choisir et remettre au lendemain cette chose terrible que comporte le choix : le renoncement.
Choisir, le grand dilemme, se priver des autres possibilités, renoncer à tous les possibles,
n’aller que dans un sens, oublier que nous pouvons tout avoir, le beurre, l’argent du beurre et, certains diraient le sourire de la crémière.
Nous pouvons décider de changer de choix, mais alors renoncer à ce que nous avons choisi ;
Se priver de tout essayer, se contenter du simple lorsque nous désirons le multiple.
L’humain est un animal gourmand et curieux, le choix ampute ses aspirations en les limitant.
Pourtant, il nous faut choisir, dans un mouchoir de poche disent-ils, et le suspense alors est à son comble car nous n’avons pas encore exprimé notre choix.
Certains n’y survivront pas, dans l’oubli et le désespoir, notre choix va les plonger, d’autres vont vouloir expliquer, pourquoi ce choix.
Et s’ils ne comprenaient pas, tous ces beaux parleurs, que nous préfèrerions ne pas choisir,
mais garder ce qu’il y a de bon dans chacun de ces candidats.
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Potterhead49



Inscrit le: 11 Avr 2017
Messages: 1

MessagePosté le: Sam Avr 15, 2017 12:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Si la vie est une succession de choix,
Si notre avenir dépend du choix qu'on fera aujourd'hui,
Si notre présent est comme ça a cause des choix de hier,
Alors pourquoi on ne nous laisse pas toujours le choiX?
Pourquoi tous nos choix sont influencés par les autres?
Pourquoi notre opinion n'à qu'une petite place dans nos choix?
Pourquoi nous laissons les autres décider à notre place?
Beaucoup de personne disent qu'on a toujours le choix
Et bien que je pense que c'est vrai je me dis que desfois...
... Cette société de plus en plus industrielle ...
...Nous enpêche de faire nos propres choix.
Alors avons nous vraiment toujours le choix?
[/u]
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Sirius13



Inscrit le: 16 Avr 2017
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MessagePosté le: Dim Avr 16, 2017 7:36 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour sourire...

- Tu peux choisir, me dit-elle.
Aujourd'hui, elle avait revêti une robe légère blanche qui mettais en valeur ses cheveux dorés. Et rien que son sourire pouvait illuminer la plus sombre des journée. D'ailleurs, cet après-midi, il faisait magnifique. Le ciel était d'un bleu unis et se fondait dans la mer comme s'ils se touchaient. Une légère brise amenait de la fraicheur qui était la bienvenue sous le soleil écrasant de juillet.
Le choix qu'elle me demandait de faire était assez compliqué... Elle aurait un grand impact pour la suite des événements. Elle me rendrai heureux, ou pas. C'est vrai. C'était mon dernier moment ici, et je ne voulais pas le gâcher. Bientôt, je retournerai dans un endroit que je connais trop sur le bout des doigts pour pouvoir encore l'apprécier. J'avait encore envie de m'évader, de découvrir sans cesse de nouvelle choses.
Je me promis d'essayer de partir. Juste une fois. Juste pour voir.
Celle qui, quelques instants plus tôt m'avait posé la question, me secoua par l'épaule, commençant à s'impatienter. Je m'était enfin décidé. Je me retourna alors vers l'homme barbu qui me regardait, et lui dit :
- Une boule de glaçe à la fraise, s'il vous plaît!
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girardeaupatricia



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MessagePosté le: Dim Avr 16, 2017 8:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

le choix,avons nous vraiment le choix?tout n est il pas déjà inscrit dans nos gènes ,notre histoire.avons nous le choix de ne pas choisir?
pourquoi faut il toujours se définir,essayer d entrer dans telles ou telles petites cases prédéfinies?pourquoi ne pouvons nous pas inventer d autres choix ,se les fabriquer sur mesures loin des normes et des exigences du monde environnant?
mais avons nous vraiment le choix d échapper aux dictats actuels?
oui on peut faire ses choix malgré la pression sociale,on peut s échapper,se réinventer ,revivre loin des facheux
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cC42000



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MessagePosté le: Lun Avr 17, 2017 3:27 pm    Sujet du message: Le choix Répondre en citant

bonjours a tous,

voici ma petite nouvelle: "le premier jour j'ai voulu me détruire, le dernier j'ai décider de me sauver"


Haïs, mépriser, injurier.
Tabasser, violenter, rebaisser.

On apprend à l'école
On apprend tout à l'école.
Les maths, le français, l'histoire, oui
mais on y apprend la vie aussi
on sait que la vérité sort de la bouche des enfants
et que les enfants sont méchants entre eux
alors la nature humaine serait la méchanceté même
et les enfants qui n'en sont plus
et qui disent la vérité n'auront jamais tort
les victimes de ces vérités n'ont plus d'autre choix
ils ne leurs restent plus que leurs yeux et un combat
contre eux, contre les autres, contre le monde
près à le quitter pour de bon
après l'enfance il ne reste que 2 choix
soit tu vie soit tu survie
j'ai donc décidé de rester
pour pouvoir espérer une autre vérité.



Voila j'espère que sa vous aura plu
(vraiment désolé si il reste des fautes d'orthographe)
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DidierLarepe



Inscrit le: 06 Oct 2015
Messages: 1

MessagePosté le: Lun Avr 17, 2017 6:17 pm    Sujet du message: Le concours des jumelles Répondre en citant

- A droite ! Je t’ai bien dit « La prochaine à droite ! » non ?
L’homme au volant est tiré de ses réflexions par la remarque mi-agacée mi amusée de sa compagne ; il vient, consciencieusement de lui obéir et il a emprunté la première rue sur la gauche… déjà moitié énervé qu’elle ne lui en ait pas fait la remarque, qu’elle ne lui ait pas dit qu’il se trompait ou ne se soit pas mieux exprimée à moins que ce ne soit elle, il en est quasi persuadé finalement, qui ne lui ait dit de prendre la prochaine à gauche. Cela fait déjà bien un quart d’heure qu’ils cherchent ce musée, le château de Ripaille, le nom seul leur mettait l’eau à la bouche, un vague panneau aperçu une fois, plusieurs minutes auparavant, à la sortie d’Evian et depuis, rien. L’homme bougonne, finit par reconnaître son inattention et, à l’intersection suivante, prend la rue sur la droite espérant être enfin dans la bonne direction… et se retrouve quelques instants plus tard, sur un nouveau croisement, dans l’obligation de tourner à gauche : ils s’éloignent encore un peu plus de leur destination. Cet été là, il ne fait pas très beau, pluie, vent… toutes les randonnées ont dû être repoussées à plus tard… pour l’instant ils visitent… les sites culturels, les centre-villes… Ils finissent quand même par arriver à destination, il est 16h25 ; l’homme gare son véhicule sur un parking étrangement vide ; un papier flotte sur la grille d’entrée du château : « Fermeture exceptionnelle aujourd’hui à 16h30. Veuillez nous excuser et n’hésitez pas à revenir nous voir dès demain. »


Quand Aurore m’avait tiré de mes réflexions sur cette route à la sortie d’Evian, je me remémorais un épisode de mon adolescence, premières amours, premier émoi… elle s’appelait… comment s’appelait-elle déjà… Roseline ?… non, Rosaline ! Rosaline, c’est ça ! c’était l’été juste avant ma première seconde, je venais d’avoir 14 ans et je partais en colonie, la dernière fois que je partais en colonie, plutôt un camp d’ado, près de Arles et camping sur plusieurs sites une fois sur place, Camargue, Baux de Provence… Dès que je suis monté dans l’autocar qui devait nous transporter à destination, une bonne partie de la nuit à rouler, à l’époque, l’autoroute du Soleil n’était pas encore achevée, nous prenions les axes secondaires, beaucoup de circulation en ce début de mois d’août… j’ai vu qu’il y avait plein de filles, toutes aussi belles les unes que les autres… presque… même si je ne regardais que celles qui avaient de longs cheveux vaporeux, des tâches de rousseur sur le nez, bien décidé, cette année encore, à sortir – terme parfaitement inélégant et idiot, mais, je n’en avais pas d’autre alors – avec l’une d’entre elles. L’année précédente, déjà en colonie, j’étais sorti avec Annie, la sœur de l’un des moniteurs, elle avait 12 ans, moi 13, elle n’était pas grande mais avait une magnifique chevelure ondulée, frisottée qui lui faisait comme un halo tout autour du visage : la première fille que j’ai jamais embrassée sur la bouche… exploration attentive de nos langues, de nos gencives, de nos palais, de nos dents et étonnés, tous les deux certainement, du bien que ça faisait partout… Rosaline était là, je ne connaissais pas encore son nom, dans le bus… ah non, elle était ressortie, je la voyais à travers la vitre du bus depuis la place que j’avais prise vers le fond, seul sur ma banquette, elle disait au revoir à sa mère, elle avait une jolie jupe bleue à fleurs, pas très longue, de très belles jambes, petites socquettes blanches et baskets. Quelques instants plus tard, Rosaline est remontée dans le bus ; à peine montée, elle est redescendue à nouveau embrasser sa mère, sa petite jupe orange à fleurs flottait autour d’elle, j’ai même cru voir… Comment avait-elle fait pour changer de jupe en si peu de temps, une jupe bleue, maintenant une jupe orange ? ah, les filles !… Et puis non, rien d’étrange, la jupe bleue était là, devant moi, venait de s’asseoir sur le siège devant moi : des jumelles ! Un coup de klaxon, le bus allait partir, la jupe orange a embrassé une dernière fois sa mère et est montée, elle est venue s’asseoir à côté de sa sœur ; elles se sont toutes deux mises à genoux sur leur siège et ont fait de grands signes ; elles étaient exactement les mêmes, on ne pouvait que les confondre n’était la couleur de leur jupe à fleurs, mêmes longs cheveux qui couraient sur leurs épaules jusqu’en bas du dos, mêmes rires, mêmes fossettes en haut de la joue, mêmes yeux noisette surmontés d’un léger arc de sourcil presque brun, mêmes nez à peine retroussés, mêmes mentons bien arrondis, mêmes lèvres bien rouges, sorbets framboise, mêmes tâches de rousseur sur les bras… Le bus avait démarré, il bifurquait pour prendre la route, le soleil courrait le long de sa carrosserie : à un moment je me suis retrouvé à l’ombre des jeunes filles en jupe à fleurs…


- Je ne trouve pas… rien !
- Ah bon, pourtant je pensais bien que je l’avais rangé ici… tu as bien regardé, tout au fond à droite…
- Ben oui… appelle moi c… il n’y est pas, il n’est pas là, c’est tout… je regarde derrière l’autre porte, au cas où…
- Oui oui, c’est ça, regarde derrière la porte de droite, tu vas trouver cette fois, j’en suis sûr…
La femme a pris un ton goguenard ; l’homme se retourne pour la regarder ; elle sourit et mime la colère. Effectivement, il est là, ce qu’il cherche, du côté droit du grand bahut…
- Oui… ça va… et puis de toute façon, tu vois, il n’était même pas au fond, il est juste devant, c’est toi qui dit n’importe quoi… lui lança-t-il un peu confus quand même.
- N’empêche, il était bien derrière la porte de droite, pas celle de gauche où tu cherche depuis tout à l’heure… ah le cassoce, toi !
- Si ça se trouve, tu as dit « à gauche » sans t’en rendre compte…
- Oui mon Doudou, oui…
L’homme se relève, triomphant, l’objet fautif en main, saisit la femme par la taille et lui chuchote quelque chose au creux de l’oreille, style que, cette fois, il ne se tromperait pas, ni à gauche, ni à droite, juste au milieu…
- Hmmm, toujours aussi léger, toi !… De toute façon, c’est pas l’heure et on n’est pas samedi !
Course poursuite dans la grande maison ensoleillée, l’objet fautif posé sur le meuble, les 2 portes du bahut laissées grandes ouvertes…


Le voyage vers Arles commençait bien, les 2 jumelles riaient, chuchotaient ; elles venaient d’ouvrir un paquet de bonbons et s’empiffraient ; sur le siège à côté d’elles, de l’autre côté de l’allée centrale du bus, une autre fille, leur amie, belle aussi, un autre genre, les cheveux courts, garçonne, presque brune, de beaux yeux noirs, grands cils foncés et comme un trait de khol sous les yeux, la bouche pulpeuse et gourmande, grand rire sonore, toujours à blaguer. Je commençais à songer : laquelle des trois acceptera de me laisser sa main, me laisser l’embrasser et puis quoi ?… Après Lyon, nous nous sommes arrêtés sur la place d’un village, pique-nique tiré du sac pour tous les colons, certains, trop gourmands, avaient commencé avant l’arrêt, flottait dans l’air des odeurs de saucisson ou de pâté déjà chaud, de fromages presque fondus, il n’y avait ni climatisation ni frigo dans le bus… chaîne du froid pas respectée et aucun de nous pour en mourir pour autant… Les trois filles se sont installées sur un banc de pierre, elles comparaient leurs victuailles, toujours éclats de rire sans raison… Je me suis installé non loin, dîner sur l’herbe, au pied d’un arbre, pas de crottes de chien, j’ai sorti mes sandwichs, je les regardais à la dérobée, pas trop… Mes yeux ont croisé ceux de jupe bleue, vite j’ai détourné le regard, elle aussi, j’avais eu le temps de le voir… j’ai attendu quelques secondes et j’ai regardé à nouveau, elles chuchotaient entre elles, riaient aux éclats, je suis sûr que j’avais vu un doigt pointé vers moi, jupe orange releva la tête, regarda en ma direction, je fis mine de regarder ailleurs au même moment, observer le paysage derrière elle, d’un seul coup merveilleux… quelques maisons, un hangar… bof… Nouveaux éclats de rire ; toutes trois se sont tournées ensemble et m’ont regardé, même pas une seconde ; pourquoi se moquaient-elles de moi ? je ne savais pas encore qu’à cet âge là, les filles ne se moquent pas des garçons mais les regardent avec effronterie quand elles sont en majorité ou avec timidité dans le cas inverse… les garçons ne faisaient pas autrement… aujourd’hui est-ce que ça a changé ? maintenant que l’on connaît dès 10 ou 11 ans l’anatomie complète des filles et des garçons et ce qu’ils font ensemble en se branchant sur internet ?… j’ai fini mon pique-nique avant de m’apercevoir l’avoir vraiment commencé puis les moniteurs ont battu le rappel, comptage à la montée du bus, ne perdre personne, elles étaient juste derrière moi :
- Tu t’appelles comment ?
C’était la copine des jumelles ; elle, elle avait l’air plus effronté, le genre casse-cou, c’est elle qui riait le plus fort tout à l’heure, tapant des mains…
- Heu… Didier…
- T’habites Chalon ?
- Heu… oui…
Le moniteur préposé au comptage m’a poussé vers l’avant, je suis monté. Premier contact. Elles savaient maintenant comment je m’appelais, moi je ne le savais toujours pas… était-ce un avantage ?
- Tu veux un bonbon, Didier ? Moi c’est Annie et elles ce sont Rosaline et Ombeline…
Tiens… Annie… les jumelles avaient des prénoms peu communs, impossible pour l’instant de dire qui avait la jupe bleue, qui la jupe orange… Jupe bleue et jupe orange me regardaient par-dessus leur siège, à genoux et me tendaient un paquet de Régalad… Je me suis servi, j’en ai pris un.
- Prends en un de chaque parfum si tu veux.
J’ai replongé la main dans le sac : orange, citron, framboise et cerise. Elles ont sauté d’un mouvement quasi similaire et se sont rassises sur leur siège… nouvel éclat de rire, chuchotis, Annie est venue les rejoindre sur leur siège. A mon tour de leur proposer un Batna à la réglisse, elles se sont servies, toutes les trois :
- Prenez-en plusieurs, si vous voulez…
Mon paquet ne ferait pas le voyage… Le jour déclinait ; à l’intérieur du bus, il n’y avait pas de lumière, seules quelques veilleuses bleues souffreteuses. Un moniteur a fait le tour de l’autocar, indiquant à chacun qu’il allait être temps de dormir, ne plus faire de bruit, laisser ceux qui voulaient dormir, dormir… La nuit est tombée, tout était sombre dans le bus et au dehors ; l’autocar avançait péniblement sur ce qui semblait être une route un peu escarpée. Les 3 filles sont restées ensemble, chuchotis, petits rires étouffés, j’essayais d’écouter, les yeux fermés comme si je dormais… mais je n’entendais rien… le sommeil a fini par l’emporter pour de bon… d’habitude, je ne dors pas en bus ! J’ai rêvé, j’en suis sûr, que je dormais au milieu d’elles trois, tous serrés sur l’étroite banquette du bus.


- Tu vois où elle est, l’église ?
- Hen, hen…
- Sur la gauche, il y a une petite ruelle, tu vas jusqu’au bout, c’est là, tu verras, il y a 2 ou 3 bancs, le spectacle est là.
- D’acc !
La jeune fille italienne, harnachée d’appareils photos s’en va. L’homme la regarde s’éloigner, elle a un peu de mal à s’orienter dans cette ville qu’elle ne connaît pas encore bien mais il sait qu’elle fera son travail, qu’il n’a pas eu tort de la proposer pour être, cette année, la photographe officielle du festival… elle a juste un peu de mal à s’orienter… L’homme repart, un peu las quand même en ce 3ème jour de spectacles dans les rues de la vieille ville, heureusement le dernier, il ne veut pas jouer au petit vieux mais là, il sent que ça commence à peser, trois jours à arpenter la ville, être prêt à toutes les sollicitations, répondre à toutes les questions, ses équipes sur le qui-vive : festival annuel… bateleurs, musiciens, échoppes, installations, comédiens, danseurs ont investi toutes les rues, les places et les placettes. Là, il se dirige vers un quatuor de guitares classiques, un ancien ami, on n’entend pas grand chose, était-ce le bon choix ces petits orchestres de chambre non amplifiés au milieu de cette foule qui est d’abord venue pour s’amuser, s’invectiver, se promener, se rencontrer… parle fort ; et les gosses qui courent et hurlent, comme d’habitude. Son téléphone vibre dans sa main, il décroche avant que la sonnerie ne se fasse entendre, l’aurait-il entendue :
- Oui ?
- Heu… j’ai pas trouvé…
- Bon, t’as bien vu, sur le côté de l’église, la ruelle…
- Oui, je l’ai prise et tout au bout il y a une autre rue, assez grande…
- Ah… non, pas celle là, tu t’es trompée, il faut prendre la ruelle de gauche, pas celle de droite…
- Oui, c’est ce que j’ai fait…
- Heu… oui, c’est ça, pas à gauche, celle de droite, il faut prendre la ruelle sur la droite de l’église et tout au bout tu trouveras le spectacle.
- Ok, ok… c’est donc pas moi qui me suis plantée ?…
- Oui, oui… gauche, droite… c’est un détail…


Très vite, nous sommes devenus inséparables Ombeline et moi, la plus belle des 2 sœurs, je ne saurais dire exactement pourquoi, les traits plus fins peut-être… ou les yeux plus en amande… ou le sourire… je ne me rappelle pas, mais elle était la plus belle, c’est sûr, c’est pourquoi je l’avais choisie, quelque chose dans sa coiffure peut-être ? J’étais tout le temps avec Ombeline, fréquemment Rosaline était avec nous et Annie aussi, la boute-en-train, on aurait dit qu’elle faisait tout pour que je me retrouve avec les jumelles, avec Ombeline ou même avec Rosaline ou avec les 2… Ombeline ! j’avais fait mon choix. Ce matin là, je pensais à elle, dans mon lit étroit, réveillé avant l’heure du lever, je rêvassais, pensant à l’après-midi qui s’annonçait ; aujourd’hui nous avions quartier libre dans les rues de Arles, je partirais seul avec Ombeline et peut-être l’embrasserai-je enfin…
Après le repas de midi, tout le monde était en ébullition, quartier libre ; l’une des deux sœurs ne se sentait pas bien, Annie a rigolé et parlé d’anglaises qui débarquent, je n’ai pas trop compris le rapport… Nous ne sommes partis qu’à trois, Ombeline, Annie et moi… il faisait chaud, grand soleil, au milieu des rues. A un moment nous nous sommes retrouvés seuls, Ombeline et moi, Annie s’était esquivée, ça ressemblait à un coup monté, je m’en félicitais, elle était partie faire les magasins de son côté ; nous nous sommes dirigés vers un parc, à la recherche d’un coin tranquille et d’un peu de fraîcheur… Sur une petite butte où l’on avait l’impression de dominer une partie de la ville, la mer au loin peut-être, nous nous sommes assis, l’un contre l’autre… enfin presque : l’un à côté de l’autre… nous avons parlé, nous avons bavardé… pas très bavards en fait, de longs silences au milieu de nous. N’écoutant que mon courage, je n’ai toujours aucune idée du son que ça a, d’ailleurs, j’ai passé mon bras autour de son cou, le cœur prêt à exploser dans ma poitrine, trop peur qu’elle ne me rembarre… elle a posé sa tête sur mon épaule : ça y était, j’étais amoureux… pour la vie ! Je me suis penché vers elle, le geste était malaisé, je me suis fait mal au cou, j’avais voulu déposer un chaste baiser sur sa joue ou son front, quelque part sur sa tête posée sur mon épaule ; elle a levé les yeux vers moi, m’a souri ; elle s’appuyait de tout son poids plume sur moi, moi qui étais en équilibre instable sur une fesse et sur ma main restée libre. Nous sommes restés des heures ainsi… bon, peut-être pas tant, mais longtemps quand même. Quand nous nous sommes enfin redressés, je me suis approché d’elle, ma bouche près de ses lèvres et j’ai déposé dessus un délicat baiser, puis un autre, puis un autre, puis nos lèvres se sont à peine entrouvertes, nos langues se sont goûtées du bout de leurs papilles… elle avait comme une saveur de framboise ou… je ne sais pas mais c’était mieux qu’un Regalad. Il était l’heure de rentrer, retrouver les autres, le moniteur, rendez-vous au Centre ville, retour à la colonie. Nous avons fait tout le chemin, la main dans la main, tous nos doigts entremêlés, comme de vrais amoureux. En rejoignant le groupe nous avons constaté que plusieurs autres couples s’étaient formés, mais le nôtre seul était solide, vrai… Ombeline et moi… Rosaline… Rosaline ?
- Oui, Rosaline, tu croyais que j’étais qui ? me chuchota Rosaline, d’un air et d’un ton espiègle sous l’œil amusé d’Annie…
Je n’étais pas avec Ombeline… avec Rosaline… de toute façon elle était bien aussi mignonne que sa sœur, aussi douce, aussi tendre, et c’était elle, la première, qui m’avait offert sa main, ses lèvres… J’étais amoureux de Rosaline ! De retour à la colonie, toujours main dans la main, nous avons chacun rejoint nos chambres, moi tout fier, tous les garçons de ma chambre impatients de savoir… je n’en ai pas dit trop, c’était un secret, c’était mon amour. Puis le repas du soir ; j’ai retrouvé Rosaline… et Ombeline… elle avait pleuré… je n’osais pas la regarder… c’était avec elle, depuis une semaine que je passais tout mon temps, elle que j’avais repérée en premier, avec qui j’avais eu de longues discussions, de longues œillades, de longs regards… je ne savais où me mettre. Rosaline a pris Ombeline dans ses bras et lui a fait un bisou, elles n’avaient pas l’air fâché…


- Je récapitule, pour bien qu’on ait les dimensions en tête : la scène, 22 mètres d’ouverture, 16 de profondeur, 12 de clearence ; à 2 mètres de hauteur ; de chaque côté les régies, régie retour à cour, régie backline à jardin ; et ensuite les tours de sons ; 30 mètres d’ouverture en tout. Au fond une rampe d’accès jusqu’au quai pour les semi. On est ok ?
Le nouveau directeur technique qu’il a engagé, montre le plan du parc où se déroulera bientôt les concerts de l’été, en vedette Supertramp. L’homme assiste à la réunion, pas la dernière ni la première, mais celle-là, celle où il doit valider l’ensemble du dispositif scénique et le backstage ; s’il est ok, toutes les équipes se lanceront, devis, études, commandes, déclarations etc. De toute façon, on ne peut plus reculer, le contrat est signé, les 2 premiers acomptes versés, 50 kilos euros, les ventes en ligne ont débuté la semaine passée, plus de 1000 places vendues en une semaine… Supertramp n’est plus un groupe au sommet de l’actualité mais ça reste une grosse machine qui remplit les salles et les festivals : l’essentiel. L’homme ne se fait pas de soucis. Pris au jeu, il croit bon d’intervenir dans les discussions techniques, ça n’est pourtant pas sa partie, manière de bien indiquer qu’il est en accord sur tout avec son directeur technique, implantations, branchements, sécurité, accès, évacuations, parkings pour les 6 semi et les 3 tour-bus ; profitant d’une courte interruption après une longue discussion sur l’implantation des loges :
- Ok, pour moi c’est réglé, pas de problème pour disposer la loge rapide au pied de la scène à gauche, là…
Silence, petit rire de la collaboratrice… :
- Oui… enfin… tu regardes la scène de l’arrière, c’est ça… tu veux dire à cour…
- Pffff… vos histoires de jouer dans la cour ou dans le jardin… à gauche ! c’est plus simple !
- Donc tu es derrière la scène…
- Non, là…
L’homme montre le plan…
- Ok, à cour… à droite, on est d’accord…
- Oui, oui, c’est ce que je voulais dire, j’ai dû le dire : à droite !
L’homme regarde ses interlocuteurs, vaguement embêté de cette entourloupe… mais ça n’est pas très grave, chacun, autour de la table sait parfaitement pourquoi il est là, connaît son métier et sait que c’est lui qui a eu ce culot de les lancer dans cette aventure : Supertramp dans une petite ville de province au fin fond de la Champagne-Ardenne… on allait pas se prendre la tête avec la cour ou le jardin !


Ce matin là, dans la tente, camping sauvage autorisé aux abords de la Camargue, nous n’avions pas envie de bouger aujourd’hui, pas tout de suite en tout cas. Nous étions 5 dans la tente, Ombeline et son petit copain, Lionel, un des gars de la même chambre que moi, elle s’était vite consolée dans ses bras, Annie, Rosaline et moi. A l’instigation d’Annie, nous nous apprêtions à nous lancer dans un concours de baiser… Annie, elle avait toujours des idées comme ça… le baiser le plus long, avec la langue, le premier couple qui se sépare, même temporairement a perdu, Annie nous surveillerait de près. Nous étions tous les 4 allongés sur nos duvets, serrés, la tente était petite, je faisais face à Rosaline et je sentais dans mon dos les fesses d’Ombeline. Annie, quant à elle était assise à califourchon sur mes jambes…J’étais dans un état second, d’autant que Rosaline s’entraînait avec moi depuis quelques instants. Annie a enlevé sa montre bracelet, la seule à avoir une trotteuse, elle a compté et le concours a été lancé. Très agréable, la langue de Rosaline s’enroulait autour de la mienne telle un berlingot frais et souple, ses lèvres pulpaient comme un abricot mûr et juteux, ses petites dents pointues accompagnaient notre danse, par moment je fermais les yeux puis, je les rouvrais, Rosaline de même, quand nous les ouvrions en même temps je me noyais, ses lèvres se resserraient autour de moi, nos langues s’enfonçaient plus loin…
- 5 minutes !
Annie se trémoussait sur ma cuisse, j’essayais de ne pas imaginer quelle partie d’elle se frottait ainsi contre moi régulièrement, j’aurai voulu imaginer, qu’aurais-je imaginé alors ?… Il n’était pas question, avec Rosaline, que nous perdions, comme une revanche à prendre envers Ombeline qui ne m’avait, plusieurs jours de suite, pas adressé la parole avant de tomber dans les bras de Lionel, mon pote. J’essayais d’avaler ma salive et celle de Rosaline aussi, les 2 mélangées, discrètement, un petit filet de bave glissait de mes lèvres le long de ma joue…
- 10 minutes !
- Ouah… j’arrête…
C’était Lionel… petit joueur !… nous avions gagné. Pour bien leur faire savoir à tous que j’étais le champion du baiser avec Rosaline, que nous étions, nous, de vrais amoureux, alors qu’Annie poursuivait ses petits allers-retours sur ma cuisse, nous avons continué…
- 15 minutes !
Un quart d’heure que j’embrassais Rosaline…
- Que se passe-t-il ici ?…
Un visage a surgi dans l’embrasure de la tente… le directeur de la colonie, je n’ai pas réagi tout de suite…
- J’ai demandé ce qui se passait ici. Là vous deux, que faites-vous ?
C’était évident… Annie a terminé son frottis-frottis… notre baiser s’est terminé comme ça ; le directeur me regardait d’un air furieux, derrière lui le moniteur penaud. Engueulade ! Convocation ! Lettres aux parents ! Renvoi ! Toute une série de menaces. La visite du directeur a été de courte durée mais vitaminique, presqu’autant que le baiser, et le moniteur nous a engueulé à son tour ; nous n’avions plus le choix, la randonnée prévue aujourd’hui n’était plus reportée, nous sommes partis. Annie nous a glissé, visage rieur :
- 18 minutes et 20 secondes !
Je me suis penché vers Rosaline et je l’ai embrassée :
- On est les plus forts parce qu’on est les plus amoureux, ai-je lancé.
Ombeline m’a lancé un regard furieux, sa colère n’était jamais vraiment passée, comme si elle me reprochait d’avoir dû se rabattre sur le mauvais cheval : elle aurait dû être la gagnante aujourd’hui avec moi :
- N’empêche, que quand on ne sait pas reconnaître 2 jumelles… on ne fait pas trop le malin ! m’a-t-elle lancé.
- Oui… pour vous confondre toutes les 2 il faut un peu le faire exprès, ajouta Lionel, lui aussi visiblement vexé du résultat du concours ; toi tu es coiffée avec la raie à gauche et Rosaline a la raie à droite, tout le monde l’a remarqué.
Goujat, j’ai répondu que à gauche ou à droite, le résultat était le même ; Rosaline a lâché ma main, m’a regardé et m’a dit :
- Si effectivement tu te fiches que ce soit plutôt moi ou plutôt ma sœur…
Le grand amour de ma vie venait de se scratcher piteusement sur cette route étroite entre deux marais… Rosaline est allée se réfugier dans les bras de sa sœur et je me suis retrouvé tout seul… toute la journée. Le soir, de retour au camp, j’avais boudé toute la journée dans mon coin, je me suis retrouvé en face d’Annie, toute seule :
- T’en fais pas Didier, tu sais, Rosaline, demain, ça sera passé.
J’étais malheureux, c’était le premier mot gentil de toute la journée. Je me suis rapproché d’Annie, elle a posé sa main sur la mienne et sans que je sache qui l’avait décidé vraiment, elle m’a laissé découvrir sa langue, ses petites dents mentholées, son palais des mille et une nuits. Le lendemain, dans le bus qui nous ramenait à la colonie puis chez nous, nous étions tout seul, à l’écart, à l’arrière, elle m’a laissé glisser la main sous son pull, ses petits seins tout neuf, même pas encore besoin d’un soutien gorge, mais déjà 2 beaux globes qui se lovaient parfaitement dans la paume de ma main ; en son centre, comme un chatouillis, je sentais son petit téton tout dur et dressé, ça faisait la même chose des 2 côtés. Elle m’a même autorisé à regarder… regarder… et je ne me suis pas attardé à savoir lequel du gauche ou du droit était le plus soyeux ou le plus ferme.


Dernière édition par DidierLarepe le Mar Avr 18, 2017 7:53 pm; édité 1 fois
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AdrianV
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Inscrit le: 28 Fév 2016
Messages: 10

MessagePosté le: Mar Avr 18, 2017 2:52 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour à tous,

Ce rendez-vous mensuel est une belle invitation à écrire et à lire. Pour ceux qui comme moi composent peu souvent sur leurs claviers c'est parfait! Merci à tous de le faire vivre.


REPETITIONS


Le mercredi après-midi, l'hémicycle accueille les membres de l'orchestre d'harmonie junior.
La plupart font un effort de tenue. Ce n'est pas jour de concert, le mercredi après-midi est le temps de la répétition, mais tout de même, chemises, polos et légers pulls aux coupes élégantes siègent en majorité. Quelques t-shirts aux motifs imprimés affirment des goûts venus de l'extérieur. Les adolescents posent leurs étuis, assemblent leurs instruments, s'installent et s'accordent. Les instruments reprennent leur souffle.
L’œil exercé et l'oreille fine distinguent dans cet ensemble les musiciens, et les jeunes avec un instrument entre les mains. Ce n'est pas vraiment pareil, pour certaines personnes du conservatoire c'est même très différent.

Au deuxième rang à droite du chef d'orchestre Maéva est encore là. Son professeur de saxophone l'appelle l'insignifiante. Le chef d'orchestre, qui est également directeur du conservatoire, lui a expliqué la situation. Il ne veut rien entendre. C'est étonnant de voir qu'un tel virtuose puisse être aussi sourd à d'autres musiques que la sienne. Il déclare à qui veut l'entendre qu'être artiste devait être un choix. On ne devrait pas entrer dans un conservatoire comme dans une vulgaire école. Ce n'est pas obligatoire. On ne devrait pas faire perdre leur temps aux autres. Ni même le sien. Mais Maéva est là, chaque mercredi après-midi, parce que ses parents le veulent. Elle a douze ans, on choisit encore pour elle. Elle elle a choisi par défaut sa place, discrète, dans l'hémicycle. Quand ils arrivent au conservatoire, à sept ans, les petits découvrent les instruments. Pourquoi Maéva a t-elle choisi le saxophone? Aurait-elle été plus épanouie avec un cor, des percussions? La pauvre se croit invisible, mais le chef d'orchestre n'entend qu'elle. Peu de fausses notes, mais beaucoup de silences. Il ne le lui dit pas.

Au troisième rang sur la gauche Nathan, trompettiste, est arrivé quelques minutes en retard, a pris place à côté de Paul. Son père est patron de jazz club, sa fratrie est disséminée dans les formations musicales des environs.Tous musiciens. L'ainée, Floriane, vit maintenant à Paris. De passage chez son père la semaine dernière elle est venue saluer ses anciens professeurs. C'est au sein de l'hémicycle que Floriane a joué ses premiers solos à la flûte traversière. A quatorze ans on voit d'ici Nathan faire carrière lui aussi. L'hémicycle en a vu d'autres comme lui. D'autres comme Maéva aussi. Moins, mais il y en a toujours, chaque année. Des égarés, comme le directeur les surnomme, sans le dire à personne.

Au premier rang Emma, seize ans, joue de la clarinette avec sérieux. Elle a un bon niveau à présent, mais vient moins régulièrement. Ses nombreuses options au lycée lui prennent du temps. Le directeur la voit parfois, avec son copain, à des concerts. Elle partage de nombreuses captations sur facebook, le directeur le sait parce qu'ils sont "amis". Emma est une grande mélomane. Ce n'est pas si fréquent.

La répétition se déroule bien, en avril la plupart des morceaux sont maîtrisés. Porté par la musique de ses élèves, Olivier se prend à rêver.
Dans six ans, devant le conservatoire, il reconnaîtra Maéva, au bras d'un de ces jeunes qui font du skate sur le parking. Méconnaissable, rayonnante. Elle lui adressera un franc sourire, comme il ne lui en a jamais connu. Emma aussi aura quitté l'hémicycle, ses études de droit lui laisseront peu de temps pour rouvrir de temps à autre l'étui de sa clarinette. Inès, la petite sœur de Nathan aura choisi la basse. Elle n'intégrera pas l'hémicycle, mais il la croisera chaque après-midi, quand l'orchestre laisse la place au groupe de rock.

Au cœur de l'hémicycle, dans ce conservatoire d'un centre-ville de province, Olivier voit grandir des adolescents. Les morceaux se ressemblent, même s'il choisit de nouveaux arrangements, les musiques de films à grand spectacle. Ces airs qui, au détour d'un souvenir, vous rappellent de somptueux décors, et vous portent loin.
Quand il les réunit ensemble le mercredi après-midi Olivier sait que les adolescents ne jouent pas la même partition. Qu'ils répètent, dans leurs efforts comme dans leurs absences, leur propre musique. Il leur choisit des compositions pleines de mouvements, de nuances et de ruptures, comme autant de préludes à leurs choix de vie.
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R-Lectrice



Inscrit le: 03 Juil 2015
Messages: 2

MessagePosté le: Mer Avr 19, 2017 3:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une infinité de choix

Sourire ou pleurer?
Aimer ou détester?
Réagir ou ignorer?
Tendre la main ou frapper?

Une infinité de chemins,
Mais lequel choisir?
Suivre son instinct
Ou prendre le temps de réfléchir?

Pêche ou citron?
Plage ou montagne?
Pastèque ou melon?
Vin ou champagne?

Même les choses les plus futiles
Doivent être comparées
Pour être sûr de ne rien manquer.
Que de décisions difficiles!

Chaque jour nous sommes confrontés
A des myriades de questionnements:
Fais-je le bon choix ou dois-je faire autrement?
N'y a-t-il pas de solution à ces absurdités?

Nos esprits papillonnent sans se décider.
Mais à trop vouloir bien faire
Notre coeur s'accélère
Jusqu'à exploser.

Laissons faire le destin
Et ne nous préoccupons de rien.
Allons-y à l'instinct
Et ne regrettons rien!
Toute une vie nous attend
Pour tant de questionnements!

Mais encore faut-il choisir
Si l'on veut vivre ou mourir.
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scooby
Grand prolixe


Inscrit le: 14 Mai 2009
Messages: 20

MessagePosté le: Jeu Avr 20, 2017 4:07 pm    Sujet du message: Le choix Répondre en citant

Quel choix?

Faire le bon choix
Pas toujours évident
Ne pas penser qu'à soi
Mais à tous les gens

Faire preuve de tolérance
Plutôt que de mépris
De partage, de générosité
Tout au long de sa vie

Ne pas porter de jugement
Aller au devant des autres
Apprendre à les connaître
Et à les apprécier

Il faut choisir
Pas de réflexion
Un choix s'impose
Pas d'hésitation

Faire le bon choix
Pour une vie meilleure
Partager du bonheur
Avec d'autres que soi
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saintsorlin
Grand prolixe


Inscrit le: 15 Fév 2016
Messages: 30

MessagePosté le: Jeu Avr 20, 2017 8:02 pm    Sujet du message: Réveillé par l'amour, l'enfant paraît, par choix. Répondre en citant

Le silence de l'Amour.

Je suis un être binaire.
La lumière du jour, le froid de la nuit représentent des abstractions, dont le luxe m'échappent.
Un grand monsieur chauve, une brune aux dents blanches, ne cessent de m'enlacer. Je dois être quelqu'un d'important. Ma réalité figée dans le béton armé renferme bien des mystères. La léthargie, le désordre, ils pleurent. souvent.
Peut-être pour conjurer le sort cruel subit par mon ego. (Quelques frustrations liées au besoin de jouer avec la matière meuble servie dans mon assiette appelée « purée ». Jaune, vert, orange les couleurs acidulées et les goûts tranchés constituent ma nourriture terrestre).
Je joue à me faire peur.
L'homme éloigne les casseroles et la femme les ustensiles. Je crois avoir compris. Ma peau s'est déchirée et un liquide rouge a maculé les murs de la salle où j'assemble des formes aux nuances chatoyantes : grande satisfaction de mes hôtes.
Depuis rien n'est comme avant. Le couple est inquiet. Je ne peux plus me déplacer seul. Leur visage se creuse, les orbites tournent au marron foncé. Mes gestes sont désordonnés, mon regard vague fait des ravages. Toujours ces frôlements, ces étreintes interminables et mes tee-shirts humides de ces pleurs sans pudeurs. Que me cachent-ils ?
Tiens ! Je me pose une question.
J'ai du yaourt plein les cheveux, j'adore ça !
Il existe un monde en dehors de ma tête. Je crois, j'en suis sûre. La morsure du feu, les bruits d'un corps, la vie des autres. Restons-en là.
Les moments où il n'y a plus le jour, c'est autre chose ?
Mon univers confortable est sans douleurs, pas d'échanges, peu de frustrations, rien que des égards. C'est bien, c'est mal. Une volonté, un progrès : leur visage change, un rictus, un sourire, j'aime. La léthargie, le désordre, ils pleurent. Je n'aime pas. Ce nouveau monde est pour moi une fin programmée : il est beau.
Alors je me redresse dans un effort surhumain ou surnaturel, regarde mes parents bien droit et prononce : « Je vous aime ».
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