Défi d'écriture août 2017: vous rencontrez Stephen King et ?
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RemyBabelio
Grand prolixe


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MessagePosté le: Mar Aoû 01, 2017 11:14 am    Sujet du message: Défi d'écriture août 2017: vous rencontrez Stephen King et ? Répondre en citant

Bonjour à toutes les plumes ! Après un mois de juillet placé sous le signe du crépuscule, le défi d'écriture revient avec un thème qui promet de mettre vos plumes en émoi !


Nous sommes ravis de vous voir de plus en plus nombreux à participer et faire montre d'un grand talent. On compte sur vous et vos plumes acérées pour ce nouveau défi.


Pour le mois d'août, le thème du défi d'écriture sera : vous rencontrez Stephen King dans un bar, et ?





Comme d'habitude, vous pouvez laisser libre cours à votre imagination et interpréter le thème comme bon vous semble...



La longueur comme le genre de votre participation est libre, il vous suffit pour participer de publier ici votre texte en cliquant sur "répondre" avant le vendredi 1 septembre à 10h.


Un ouvrage est à gagner pour le vainqueur.


A vos plumes, prêt, partez !
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EVIbout



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Messages: 4

MessagePosté le: Mar Aoû 01, 2017 4:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Il était là.
Juste devant moi.
Ce monstre sanguinaire à l'imagination dévastatrice.

Au milieu des jeunes à la descente facile cherchait-il sa prochaine victime?

Je l'observait. Je détaillait tout de lui. Ses manières, son style vestimentaire, sa façon de prendre son verre pour le déposer délicatement sur ses lèvres.

A quoi pensait-il?
Etait-il vraiment parmi nous?

Ses petits yeux aller de gauche à droite d'une lenteur extraordinaire. Il scrutait son environnement, regardait les gens de haut en bas comme s'il cherchait à les déshabiller, ou de les déstabiliser, d'un seul regard froid et éloigné de notre réalité.

Puis, ses yeux vinrent se poser sur moi... Twisted Evil
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Kristick



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MessagePosté le: Mer Aoû 02, 2017 4:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je m'installe à côté de lui.
Je m'adresse au barman en lui disant: "God, I'd give anything for a drink, Lloyd."
J'attends sa réaction.
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madamenormal
Débutant


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MessagePosté le: Mer Aoû 02, 2017 7:30 pm    Sujet du message: Mr King Répondre en citant

Depuis que j'ai accepté l'invitation officielle, et déterminée, des services de police,
qui m'enjoignaient d'effectuer sans plus tarder une visite guidée de leurs locaux,
je dois bien dire que j'y passe le plus clair de mon temps à répéter la même
histoire. Et j'ai beau la semer dans une foule d'oreilles plus ou moins, propres,
gradées et, plutôt moins que plus, accueillantes, je reçois toujours à peu près la
même réponse :
- Vous ne seriez pas en train de vous foutre copieusement de ma gueule, par
hasard ?
Mais, je n'ose toujours pas leur avouer que, si le hasard a bien un rôle à jouer
dans l'enchaînement des multiples péripéties qui m'ont amenées devant eux, ce
n'est certainement pas à ce niveau-là, où le doute n'est pas de mise. Ah ! Qui n'a
jamais eu l'audace de prétendre percer le secret de la recette magique, qui
permettrait, sans coup férir, d'amadouer le fonctionnaire emmitouflé dans la
spirale infini de son vortex de certitudes ? Oui, je l'ai eu, moi aussi ; je ne l'ai plus.
Plus du tout…
Et, si l'on devait rester dans le domaine du foutre, la seule direction qu'une boule
dans la gorge m'empêche de suivre en hurlant, serait celle d'une paix qui semble
les avoir quittés depuis trop longtemps.
Non, parce que je veux bien être gentil, patient, accommodant au possible, je
crois qu'on peut tous s'accorder là-dessus sans chipoter : ils sont un brin obtus,
dans les brigades, n'est-ce pas ?
Heureusement, j'ai fait l'acquisition, par une pratique régulière, d'un grand sens
de la maîtrise de l'art de communiquer, de consolider le lien avec l'autre, par une
écoute silencieuse autant qu'active, une reformulation apaisante, la respiration
profonde, etc.
- merci de bien vouloir me joindre en mp pour confirmation des places disponibles
lors de mon prochain séminaire -

Bref, je veux que ce soit bien clair, pour eux, comme pour le reste de l'humanité :
je suis avec vous, stupéfié comme vous, dans un mélange d'incrédulité et de
refus de ces prétendues évidences qui n'ont de cesse de remettre en cause les
fondements même de toute construction cartésienne qui soutiennent notre vision
du monde.
Et, avec vous, je ne peux que m'exclamer :
- Non, mais j'hallucine ou quoi ?
Que dire des raisons qui nous ont poussées, Jules et moi, à refuser de prendre
nos congés en août, tout ça pour passer des journées interminables dans les
bureaux vides d'une société moribonde ? La peur d'être viré en rentrant de
vacances ? Même pas. D'ailleurs, avons-nous vraiment refusé quoi que ce soit ?
Nous, on a fait comme d'hab', on a laissé couler les jours, les uns après les
autres, et le temps venu, il nous fût simplement impossible de nier le résultat de
notre légèreté : nous n'avions rien posé et furent d'office désignés comme
"présence minimum" au cas où tomberait d'on ne sait où, un de ces improbables
contrats que se devrait de déshonorer sur-le-champ tout personne tant soit peu
raisonnable.
- Donc, je résume, vous et votre acolyte, le dénommé Jules, vous désertez de
votre poste de travail le mercredi 2 août 2017 à 18h02, pour aller au bistrot du
coin. Et, là, vous tombez sur Steve McQueen ?
- Non, Stephen King.
- Ne jouez pas sur les mots, mon petit bonhomme !
- ...
On ne devrait jamais rencontrer ses idoles ; je vous le dis tout net, à tous, génie
littéraires, musicaux, etc. Restez chez vous, tranquilles. Faites vos trucs géniaux,
dans votre coin, et, ci-fait, livrez-nous le résultat de ces activités mystérieuses,
aux dates contractuelles dûment validées par vos soins ; nous serons quittes.
Non, parce que là, voir M. King au comptoir, comme n'importe quel quidam,
occupé à faire des ronds humides avec le cul de son demi, j'avoue, là, on a pété
un câble. Je crois qu'on aurait mieux supporté ça si on l'avait croisé au rayon
quincaillerie de l'Hyper, en pleine zone industrielle de banlieue. Je dis ça dans
l'absolu, car j'y vais jamais, en banlieue. Et puis, faut aussi considérer le contenu
hypothétique de son caddy. Non, un génie, ça pousse pas un caddy, au secours !
Ça perd pas non plus son temps au bistrot, comme un con de contribuable…
- C'était son idée, à Jules.
- Mais putain, vous avez fait quoi du corps ?
Les flics, ça imagine toujours le pire. Donc, forcément, le pire se produisant
parfois, il leur arrive d'avoir raison. Mais de là à choper le melon, à se la péter, à
croire qu'ils ont tout compris, faudrait pas pousser… Vous ne rêveriez pas, vous,
de posséder un talent quelconque ? Et comment ils font, les scientifiques, pour
discerner les différences entre les espèces, parce que, entre un génie et moi, on
va pas se le cacher, on n'est pas sur la même branche de l'évolution. Ben, c'est
ça, ils dissèquent. Mais, je vous rassure, on n'est pas des monstres, au début, on
a essayé de causer. Mais, vous l'aurez deviné, le gars, sans son traducteur, c'était
du chinois.
- You want me to… What ?
Stephen, Stephen, Stephen, pour un génie de l'horreur, je dois bien avouer que tu
ne saisi pas bien l'ampleur de la problématique qui nous habite. On n'en peut
plus, nous, de nos vies de merde. On veut être comme toi, libéré du quotidien,
des petits chefs, des N+1, des flics, de la routine, de la mort, du manque. On veut
percer le mystère de ta réussite, tu comprends ?
- Oh shit ! Get a life !
Ce que nous fîmes, mon adjudant, ce que nous fîmes...


Dernière édition par madamenormal le Lun Aoû 28, 2017 3:24 am; édité 1 fois
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dominica
Grand prolixe


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MessagePosté le: Mer Aoû 02, 2017 7:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et je m'assois a coté de lui et là mon cœur bat de toutes ces forces, c'est lui c'est bien lui et je n'ose pas parler pourtant j'ai de nombreux livres a lui et j'adore j'adore et je me lance et là tout le bonheur du monde me tombe sur la tète!!
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AnitaDANIEL



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Messages: 1

MessagePosté le: Jeu Aoû 03, 2017 5:06 pm    Sujet du message: Défi d'écriture Rencontre avec Stephen KING dans un bar Répondre en citant

Je suis une femme. Je ne vais pas souvent dans les bars. Mais là, j’avais fini de faire les courses, il faisait une chaleur lourde, la sueur coulait dans mon dos et je rêvais de me taper une bière bien fraiche avant de rentrer à la maison. Comme d’hab, pas une meuf, que des représentants de la gente masculine, et parmi eux, qui vois-je ? Stephen KING en personne ! Je le reconnais, c’est la même tronche que les photos dans ses livres. Il est assis tout seul sur une banquette, un café posé devant lui. De dieu ! Qu’est-ce qu’il fait là, en France, dans la ville où je travaille et où je vis ? Je viens de finir Docteur Sleep, la suite de Shining, je me suis régalée et depuis, je n’arrête pas de penser à lui. J’avais lu un texte où il décrivait son plaisir d’écrire ses histoires, et je pensais à ce texte juste avant de rentrer dans ce bar. J’avais son image et ses histoires dans la tête et voilà que celle-ci me joue un de ses tours en me le faisant apparaître. Bon, tant pis si c’est une hallucination, j’y vais au culot, je le salue et lui demande si ça le dérange que je m’installe en face de lui. Il me sourit et me répond (en français avec un léger accent américain) : « je vous en prie ». Je m’installe et commande ma bière.
" C’est un grand plaisir et une grande chance pour moi de vous rencontrer Monsieur. Si vous étiez le vrai Stephen KING en chair et en os, je vous aurais foutu la paix, car on a beau être célèbre et apprécié comme vous, on a droit à sa tranquillité. Mais vous ne pouvez pas être le vrai Stephen KING, que ferait le vrai Stephen KING à des milliers de kilomètres de chez lui, ici, chez moi. Vous êtes une hallucination. Ou un sosie.
- Ni l’un ni l’autre, chère Madame, il me répond. En fait, aujourd’hui je suis dans tous les bars de France, et d’autres personnes ont l’occasion de me rencontrer.
- Voilà encore une de vos histoires abracadabrante, comment faites-vous pour être dans autant d’endroits à la fois ?
- Je suis un hologramme très perfectionné, c’est mon éditeur qui a eu l’idée de faire appel à une agence publicitaire utilisant des techniques de pointe pour aller à la rencontre de mes lecteurs et lectrices. Une façon pour lui de promouvoir mon prochain livre. En fait je discute avec vous depuis ma maison du Maine où je suis confortablement installé. Un traducteur m’assiste.
- Ca alors ! Vous avez les moyens !
- Plus qu’il ne m’en faut, il est vrai.
- Je suis très heureuse d’être assise ici en face de votre hologramme, l’effet est bluffant, vous avez l’air réel, mais à part vous dire que je me délecte à lire vos histoires autant que vous vous délectez à les écrire, j’imagine que vous êtes un être ordinaire, un Monsieur-tout- le- monde et de quoi pourrions –nous parler ?
- Les sujets ne manquent pas …
- De nos élections présidentielles respectives, par exemple ? J’ai lu que vous n’aimiez pas Donald Trump, c’est un nouveau bon point pour vous, en plus de vos chères histoires…
- En France vous avez les fascistes du Front National, c’est ce qui rapprocherait le plus de notre président…Vous voyez un peu l’ambiance ?"
Je ne détaillerai pas plus la conversation que nous avons mené, Monsieur Stephen KING et moi, y’en aurait pour une plombe, beaucoup de sujets y sont passés, nous comparions nos deux pays, nos cultures. Nous avons parlé de politique, d’écologie, des enfants maltraités, de la place des femmes dans la société, des homosexuels et transgenres persécutés, de musique aussi. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Une heure a tourné. Mes filles m’attendaient à la maison. Mes courses risquaient de s’abimer dans la chaleur de la voiture.
Nous primes congé Monsieur Stephen KING et moi. J’attends avec impatience la sortie de son prochain livre.
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chooups18



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MessagePosté le: Jeu Aoû 03, 2017 6:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Elle sait, je sais qu'elle sait...
Toutes ses années passées, parfaites, heureuses, à vivre dans l’opulence et la gloire, à m'interdire toutes pensées pour elle. Quand je l'ai vu passer la porte j'ai compris, mon petit monde parfait allait s'écrouler, je devais faire face à mes pêchers aux fantômes bien dissimulés de mon passé. Mes fautes éclabousseraient mon entourage, la presse allait s'en donner à cœur joie, je ne brillerait plus pour mes célèbres romans mais pour un genre de scandale bien différent. Elle s'approche de moi désinvolte, le regard froid et tranchant bleu nuit que je n'aurai jamais du connaître qu'elle m'adresse me fend l'âme, puis dans un rictus horrible elle m'assène le coup fatal :

' Le fameux, le célébrissime, le talentueux Stephen King ! celui qui est en réalité la pire des ordures que l'humanité est engendré ! '

Je ne sais que penser, ni comment réagir, elle sera l'origine de ma déchéance, c'est mon fardeau, mon erreur.

' Heureuse de vous rencontrer , et oui j'existe moi le fruit de votre infidélité, il faut croire qu'elle n'aura pas été jusqu'au bout.. Il manquait sûrement un zéro de plus à votre chèque mon très cher papa ! '

Elle sait.
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Hyelana
Grand prolixe


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MessagePosté le: Ven Aoû 04, 2017 11:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J’observais le rond qui se dessinait sur le bois, tout en liquidant mon quatrième verre, comme tous les soirs, sans remords. J’en commandais tout de suite un cinquième, ignorant le regard réprobateur du barman, Carl, qui me voyait noyer ma solitude, comme tous les soirs, avec acharnement.

Le bruit que fit le verre lorsqu’il claqua contre le bar ne fut pas aussi net que les précédents, comme étouffé par la brume qui s’emparait petit à petit de mon esprit.

Je ne le remarquai même pas lorsqu’il s’installa à côté de moi, c’est sa voix qui me ramena en premier à la réalité du monde sordide dans lequel je me trouvais.

- Dure journée ?
- Je te demande pardon ?

Ma voix traînante et rocailleuse, ainsi que les effets de l’alcool à forte dose, n’auraient pas dû l’engager à continuer la conversation, cependant il poursuivit :

- A vous voir comme ça, on dirait que vous avez plutôt eu une dure journée.
- Je vois pas de quoi tu parles, l’ami. Ma journée a pas été plus dure que toutes celles qui sont passées depuis ces dix putains de dernières années. Et je vois pas bien ce que ça pourrait te foutre. Et toi, qu’est-ce que tu viens faire ici, si ce n’est pour oublier cette journée ? J’ai pas souvenir de t’avoir déjà vu, et comme je l’ai dit… ça fait un bail que je viens ici.

La réponse m’intéressait peu, je n’avais même pas pris la peine de tourner la tête pour m’adresser à lui.

- En effet c’est la première fois que je viens. Vous êtes observateur. J’aurais plutôt été amené à penser le contraire, au vu de votre indéniable volonté d’occulter tout ce qui se passe autour de vous.
- Eh bah... toi aussi t’es observateur dis-donc…

Mon sarcasme laissa place au chaos sonore du bar dans lequel nous nous trouvions. Conversations, rires, verres qui s’entrechoquent, bruit de chaises qui raclent le sol alors qu’on les déplace. J’avais réussi à faire taire l’intrus qui s’était invité dans mon monde de brume. J’allais retourner à l’examen du rond dessiné sur le bois par mon verre lorsque sa voix m’interrompit de nouveau.

- Pour tout vous dire je suis venu chercher l’inspiration !
- L’inspiration ? Ici ? Tout compte fait, je crois bien que t’as bu beaucoup plus que moi l’ami .

Je tournais enfin la tête vers lui, pour voir à quoi pouvait bien ressembler cet intrus venu s’inspirer dans une gargote comme celle-ci. Je le fixai, abasourdi par ce qu’il avait dit. Son visage me disait vaguement quelque chose… mais en tout cas, il ne ressemblait en rien à tous les mecs qui, tous les soirs, comme moi, venaient absorber tout le liquide qu’ils avaient sur eux par l’intermédiaire d’un verre.

- Ne soyez pas surpris, l’inspiration ça se trouve partout, et surtout aux là où on ne l’attend pas.

Il répondit cela avec un grand sourire au lèvre. Il faisait définitivement tâche dans le décor. Mais je commençais à le trouver sympathique, sa naïveté me plaisait.

- Si tu le dis l’ami. Et toute cette inspiration, elle va te servir à quoi au juste ?
- A écrire ! C’est mon métier. Je suis écrivain.
- Je suis ravi pour toi, mais je ne suis pas sûr que tu sois au bon endroit pour ça… une bande d’ivrogne ça n’a jamais inspiré quoi que ce soit à personne !
- Vous ne devriez pas le voir comme ça, tout le monde est inspirant. Chacun a son histoire. Rien qu’en observant la gestuelle des gens on peut deviner certains traits de leur caractère. En parlant avec eux, on obtient quelques bribes de leur vie. Et à partir de ça, on peut créer des personnages, des intrigues, des univers tout entiers.

Je le regardai d’un air dubitatif, mais je lui posai malgré tout la question qui me vint à l’esprit :

- Et t’as trouvé de quoi t’inspirer ce soir ?
- Je dois dire que vous faîtes un très bon sujet d’observation. Mais je ne vais pas vous déranger plus longtemps ce soir. J’ai quelques idées que je voudrais rapidement noter. Vous m’avez été d’une grande aide en tout cas. Je vais vous laisser mes coordonnées, j’aimerais bien que vous me rappeliez et qu’on puisse discuter de nouveau. Peut-être autour d’un café cette fois ?

Il prit un bout de papier sur lequel il écrivit rapidement quelques mots puis il me le glissa sur le comptoir du bar avant de tourner le dos et de partir. J’allais enfin pouvoir revenir à la paix de mon enivrement. Une question titillait cependant le peu de lucidité qu’il me restait.

- Eh l’ami ! Sans vouloir être indiscret, qu’est-ce que ça t’a inspiré tout ça ?
- Un merveilleux psychopathe ! lâcha-t-il par dessus son épaule en riant.

Sa remarque me fit sourire. Je ne savais pas qui était ce type mais je l’aimais bien. Au final, c’était lui qui m’avait inspiré ce soir. Je ne savais pas encore trop pourquoi, ni comment, mais j’étais inspiré. Je pris le bout de papier qu’il m’avait laissé. Si je n’avais pas eu le cerveau paralysé par l’alcool, j’aurais sûrement écarquillé les yeux. Avec son numéro de téléphone et son adresse mail, je pus y lire son nom : Stephen King.
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Mariena



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MessagePosté le: Sam Aoû 05, 2017 9:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

Vous rencontrez Stephen King dans un bar ? Euh, pourquoi pas ! Et passée la minute de stupeur, vous entamez une discussion passionnée sur la pluie et le beau temps jusqu'à ce qu'une évidence vous frappe de plein fouet. Hey ! Vous ne pouvez pas parler réellement avec Stephen King !
En effet vous... détestez les bars depuis toujours ! Vous les avez toujours fuis et si jamais par malheur vous étiez obligée d'entrer dans une de ces taules, c'était toujours accompagnée. Hors là, vous êtes seule ! Il ne reste plus qu'une possibilité, vous vous êtes endormie et vous rêvez.
Cela dit votre choix de personnes célèbres à rencontrer ne se serait pas forcément porté, même dans un rêve, en premier lieu sur Stephen King. Mais en même temps c'est vrai que depuis que vous avez lu votre premier roman de lui : Simetierre, vous faites partie de ses fans.
Pendant que le fil de mes pensées suivait Dédale et son Minotaure, Stephen - hé oui ! On en est déjà aux familiarités...- m'observait, amusé.
Et là... mais cela ne devrait pas trop vous étonner, King est partit dans les tours, bien haut ! En me racontant une histoire aussi invraisemblable que si, ma mère avait dit avant de me voir partir à l'école ce matin avec un clin d'œil : n'oubli pas ton goûter mon chou, j't'ai fait un Apple pie au...haschich !
Alors en fait, il voyageait dans une dimension différente de la sienne. Ne me demandez pas comment ; il m'a racontée une vague histoire de lecture du "Livre sans fin" qui lui a permis de comprendre comment passer d'une dimension à une autre. Enfin ! du tout Stephen n'est-ce pas ?
Pour faire court, il avait perdu toute inspiration et pensait qu'en suivant une petite terrienne sur sa planète dans sa vie morne d'humaine... -Euh oui, on peut voir ça comme ça... - il la retrouverait.
Bon... euh... j'ai quand même dis que je ne comprenais pas vraiment en quoi ma "petite vie" l'aiderait ; étant donné que lui aussi savait ce que c'était d'être humain, non ? Il'm'a regardé longuement et ensuite ? Je ne m'en souviens pas...

Bon vous l'aurez compris, si vous voulez la suite, comme moi... ne manquez pas la dernière sortie littéraire de Stephen King ! Enfin... peut-être... En tout cas, j'espère que si il raconte notre histoire, il corrigera mes fautes d'orthographe...
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secondo
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MessagePosté le: Dim Aoû 06, 2017 10:37 am    Sujet du message: 4 EVER PLEASE Répondre en citant

Stéphane m'avait donné rendez vous dans un bar peinard, certainement pour m'exposer tranquillement les raisons évidentes de son infidélité. J'étais donc installée, amère et renfrognée, devant un orgeat-grenadine en lisant, je vous jure que c'est vrai, "Fin de Ronde" et en machouillant un stylo quand soudain j'ai vu débouler une vague de gardes du corps, ondulante, inquiétante et sombre qui enserrait un monsieur dont je ne voyais que le haut des lunettes. Un soupçon d'impression de déjà-vu passa devant mes yeux et un grand gars costaud tatoué tribal et compagnie sur toute la moitié du visage s'est approché de moi:
- Consommation remboursée 5 fois, vous devez partir maintenant, le lieu est réservé par mr King.

Ah! le coup au coeur, j'ai failli dégringoler de ma chaise et j'ai senti ma chance voleter en rase-motte sur ma tête comme une chauve souris interloquée. Stephen King devant moi et je devrais décamper comme une vulgaire-je-ne-sais-pas-quoi.
- Je ne crois pas que je vais partir sans saluer mr King, ce ne serait pas poli, d'autant que j'ai 4 questions à lui poser urgemment.
Je n'en revenais pas de mon aplomb, d'ordinaire je suis du genre à ne pas la ramener. La chauve-souris est repassée sur ma tête, j'ai arraché rageusement la première page blanche du livre (payé 22.50€ quand même) et j'ai écrit en super gros 4 Q PLEASE
Puis j'ai brandi la page au dessus de ma tête façon manifestante contre la guerre du Vietnam et j'ai hurlé comme si j'étais accompagnée d'une foule immense :
- fort quouestionne plizzzzz.

Stephen King (à présent je le voyais mieux, il était bien plus grand que ce que je pensais et les gardes du corps étaient donc des types de plus de 2 mètres) s'est retourné et a parlé au molosse à côté de lui. Ce dernier, piercingué sur toute une moitié du visage a nagé jusqu'à moi et a dit en soufflant :
- Mister King dit ok 4 questions, je fais translation.
Ourgh, incroyable, c'était ok pour mes questions même si j'avais un doute sur la qualité de la traduction. Je me suis avancée légèrement asphyxiée, j'ai appliqué sur mon visage un sourire de la fan qui sait se tenir en croisant le regard de Stephen King.

- Hello, my name is Eudoxie (je ne m'appelle pas du tout comme ça bien sûr mais j'ai voulu qu'il se souvienne de moi et mon vrai prénom est bien trop banal) Question number one donc (j'ai ricané bêtement en levant un pouce) :
-Que s'est-il réellement passé dans la room 217 du Stanley Hôtel lors de votre séjour en 1974 pour que votre carrière bondisse de suite après comme un cabri déchainé ?
Piercingué a translaté instantanément mais King a répondu :
- what?
J'ai eu la confirmation de la mauvaise pioche du traducteur mais je ne me suis pas laissée décontenancée , un peu comme un pauvre arbre désigné "à abattre" qui soutient à toute la forêt être marqué "à préserver".

- Ok, not grave. Secondo question (j'ai arrêté de lever les doigts, on n'était pas dans Fort Boyard tout de même et je me suis demandée pour quelle raison je comptais de cette façon idiote en anglais et en italien):
- Qu'est-ce qui fait que vous avez donné la clé pour comprendre tous vos romans, du moins les meilleurs, dans "Coeurs perdus en Atlantide" en écrivant que "la seule excuse de la littérature" était "l'exploration des questions de l'innocence" et "du bien et du mal"?
Piercingué a chancelé et a traduit en suant à grosses gouttes, la phrase étant agrémentée d'une citation. J'avais déssiné en l'air les guillemets et grimacé suffisamment pour que ce soit explicite.
Mr King a haussé les épaules et a montré ses paumes de mains ouvertes en signe d'incompréhension.

-Bien, bien, Drittens donc (d'un coup un mot allemand m'a sauté à la bouche alors que j'ai pris espagnol en 2ème langue)
- Il semble que vous ayez ouvert une boucle avec "l'enfant-lumière"/ "Shining"et que vous la refermez avec "Fin de ronde" car il y a des similitudes troublantes, la room 217 et la fin du bouquin avec la chenillette dans la tempête de neige par exemple, est-ce que je me trompe ?
Piercingué a demandé de l'aide à son tatoué de pote et tous deux ne semblaient pas d'accord sur un terme ou sur une virgule. Finalement ils ont bafouillé ensemble dans l'oreille de l'écrivain qui a soupiré :
- Sorry

- oh! Bien, bien the last one now, Quatrième quouestionne :
- allez vous tirer votre révérence comme Bill Hodges car c'est étrange mais on ressent une identification que vous feriez avec ce personnage qui a votre âge et peut-être vos inquiétudes et vos démons ?
puis j'ai précisé d'un air entendu :
- your revrens as Bill ?

A ce moment là Stephen King s'est mit à rire et dit
- Behind the words
ou bien a-t-il dit behind the world? je ne sais pas. Puis il a pris ma page, a posé délicatement un autographe puis a écrit en gros sous mon griffonage 4 EVER PLEASE !
D'un coup, une onde magique a balayé le bar , tous les gardes du corps ont attrapé leurs oreillettes, ont blablaté super stressés, puis ont embarqué rapidos Stephen King et sont sortis du bar dans un relent d'embrun.

J'étais là, stupéfaite, la bouche grande ouverte quand Stephane est entré et s'est installé à côté de moi :
- Tu en fais une tête, t'as vu un fantôme?
- Tu devineras jamais à qui j'ai posé 4 questions ? A Stephen King ! le grand ! le seul ! l'unique !
- Pourquoi tu racontes des âneries, tu sais qu'on doit se parler sérieux. Heureusement que je t'aime.
Le regard de Stephane s'oublia en haut à gauche "le reflexe type du menteur" selon Mister King.
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LiliGalipette
Grand prolixe


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MessagePosté le: Lun Aoû 07, 2017 12:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour !

Ça fait un sacré moment que je n'ai pas participé au défi d'écriture, mais avec un thème pareil, impossible de résister. Voici mon modeste hommage/pastiche à cet immense auteur qu'est Stephen King.

Mais qu’est-ce qu’il fout là ? Je croyais qu’il était abstinent depuis des années. Sevré brutalement après l’accident de bagnole où il a failli crever, un soir de brume. Rencontrer Stephen King dans ce bar miteux, pour sûr que c’est une surprise ! Je pourrais lui demander un autographe, mais j’enfreindrais le règlement tacite des poivrots : tu peux causer avec un type, mais tu ne le connais pas, surtout s’il est célèbre. Derrière son verre, n’importe quel alcoolo est seulement un pauvre mec. L’identité, mon pote, tu la laisses à l’entrée, avec ta dignité, tes scrupules, tes insomnies et ta rage. Si tu entres dans un bar, si tu t’assois, si tu commandes un verre, t’es juste un gars qui fait un brin de causette avec la Fée éthanol. T’es personne. Juste un morceau de la grande désolation.

N’empêche que c’est une foutue surprise de le croiser ici. J’ai lu tous ses livres. Je les aime parce que le héros est toujours un mec qui aurait bien aimé continuer sa petite vie peinarde, mais qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, ou qui rencontre le mauvais gars. Et ça après ça dégénère sérieux ! Je suis pas peureux, mais y a 2 ou 3 de ses bouquins qui m’ont fait mouiller mes culottes, comme disait ma mère. Décidément, je m’en remets pas. Stephen King, ici, dans mon bar. À tel point que je ne peux plus bouger. Tétanisé par le bonhomme. Et par autre chose ? Il se passe un truc pas net ici. Depuis que je suis entré, c’est bizarre, c’est comme si je ne reconnaissais rien. C’est toujours mon bar, mais en différent. Dans les bouteilles, le whisky n’a pas cette couleur chaude et dorée comme le baiser d’une femme. Il est jaune, presque vert, comme du pus. Ah, putain, ça coupe la soif de voir ça ! Et on dirait que le barman a pris 20 ans dans la tronche. Déjà qu’on ne sait pas son âge, vu qu’il a toujours été là… Mais là, son œil gauche, c’est comme s’il coulait sur sa joue, pour faire un tour du côté du menton, si jamais il y avait un meilleur angle de vue. Et sa barbe grise, on dirait qu’elle vibre de milliers de petits fils de fer agités par la tempête du siècle.

Les mecs assis au bar ou aux tables ne bougent pas, sauf pour avaler leur verre. Ils ont des gestes flippants : des putains d’automates déglingués, des sacs d’os. Leur sourire sont figés : on dirait des foutues poupées de porcelaine, mais avec des nez cirrhosés et des yeux vides. Un petit coup de remontoir et je suis sûr qu’ils se jetteraient les uns sur les autres pour se défoncer la gueule, dans une sale danse macabre. Bizarre, d’habitude, on ne s’entend pas penser ici. Ils racontent tous leur histoire, en boucle, sans s’écouter. Toujours à remâcher leur malheur et à justifier leur abandon face à l’alcool. Je suis comme eux. Mais ce soir, pas un mot. On n’entend que le vieux juke-box qui ne sait jouer que 3 chansons. Je voudrais aller l’éteindre : je n’en supporte plus le son ébréché comme une sonnerie de cellulaire. Mais mes foutues jambes ne répondent pas. Je suis un putain de bloc de béton posé devant la porte. Sauf que non, je ne suis pas en béton. J’ai soudainement douloureusement conscience que mon corps est mou. N’importe quoi pourrait me blesser. Marche ou crève, mon pote. Je vais crever !

OK, il se passe un truc louche ce soir. Je sens une peur bleue dévaler de mon gosier à mon estomac, avec des longs relents acides. Oh, merde, King se tourne vers moi. Il a dû se rendre compte qu’un truc ne tourne pas rond. Nom de Dieu, mais qu’est-ce qui se passe ici ? Le King est pourri ! Littéralement pourri ! Comme dans les films de Romero, il a la peau grise par endroits, avec des lambeaux de chair qui se détachent dans un petit bruit écœurant. Dans sa bouche, ça grouille. Oh putain putain putain, il a des cafards plein le gosier ! Il tend ses mains vers moi, il veut m’attraper. Mes pieds sont vissés au sol. Je vois ses ongles cassés, sales, qui se rapprochent de ma gorge. Une araignée énorme, aux yeux vert métallique, lui descend le long du bras. Sur ses crochets, il y a un liquide visqueux, brillant. Oh non, pas ça, elle va me mordre. J’ai toujours eu peur des araignées. Et je suis toujours figé !

Étrangement, j’éprouve un bref soulagement. Je me suis pissé dessus ! C’est quoi la réplique du film, déjà ? « Ceux qui font dans leur froc n’ont pas chaud très longtemps. » C’est ça, c’est carrément ça ! J’ai des frissons terribles. Mes dents claquent si fort qu’elles vont se briser les unes sur les autres. Et je sens ma queue qui se recroqueville comme un escargot malade. Je vais claquer là, debout comme un con, dans un bar dégueulasse, un samedi soir, bouffé par Stephen King. Fin de ronde pour le poivrot ! Je cligne des yeux comme un fou. Cette vision d’horreur va disparaître. Je vais me réveiller dans mon vieux canapé ou dans ma caisse. Je ne peux pas crever comme ça ! Est-ce qu’il est trop tard pour une promesse d’ivrogne, juste avant le crépuscule ? Ste Charlie, Ste Christine, Ste Misery, Ste Jessie et Ste Dolores, si je m’en sors, je jure que je ne toucherai plus jamais à un verre d’alcool !
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resnic



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MessagePosté le: Lun Aoû 07, 2017 9:44 pm    Sujet du message: Vous rencontrez Stephen King dans un bar et ? Répondre en citant

Cela fait quelques heures que je promène mon désarroi dans les rue de la capitale. Lucille m'a abandonnée, grand bien lui fasse. Trop chargé de souvenirs, l'appartement n'est pas le meilleur endroit pour accuser le coup. Mais à présent qu'approche la fin de l'après midi, la nuit précoce de la saison froide descend sur la ville et assombrit davantage mon humeur.

La rue que je parcours est une succession de bars et je me laisse bientôt tenté par l'un d'entre eux. J'avoue ne pas être coutumier de ce genre d'endroit, mais l'idée de me retrouver avec moi même n'augure rien de positif quant à mon humeur maussade.

Le bar dans lequel je choisis de pénétrer a un nom pour le moins curieux : l'Impasse ! C'est bien la situation dans laquelle je me trouve actuellement. Je n'ai toutefois pas le loisir de m'appesantir sur la question . A l'instant où je passe la porte, je le vois.

Des dizaines de têtes anonymes vont et viennent , peuplent ça et là des tables rondes de fer forgé , d'autres encore s'agglutinent au bar tel des insectes prisonniers d' une bande autocollante.

Mais lui, Stephen King, impossible de ne pas le reconnaître.

C'est un choc! Un coup de poing à l'estomac ne m'aurait pas davantage coupé le souffle. La première offensive à peine digérée est suivi d'un uppercut royal qui me laisse totalement groggy.

Monsieur Stephen King se lève de sa chaise et me fait signe d'approcher. Un sourire de connivence illumine son visage. Il n'aurait pas mieux agit face à son meilleur ami. Je suis touché par tant de sollicitude, mais de nombreuses questions se bousculent dans ma tête. La raison et la déraison se livrent une lutte acharnée au sein de mon cerveau.

Je regarde le manège incessant des clients qui vont et viennent dans ce lieu sans comprendre. Personne ne reconnaît la célébrité qui leur fait l'honneur de se livrer ainsi. Un phare dans une nuit sans lune est bien moins visible à mes yeux.

Monsieur King insiste, et m'indique une chaise vide en face de lui.

Je reprends une contenance, affiche le meilleur sourire dont je suis capable et m'avance vers lui. Il contourne la petite table qui nous sépare et me fait une accolade que seul un américain de deux mètres maîtrise.

J'entre dans son jeu avec délectation. Je ne désir le froisser sous aucun prétextes. Pour rien au monde je ne veux qu'on me retire l'opportunité d'une conversation avec la personne qui m'a fait aimer lire. Une personne qui est parvenue à me transporter en des lieux magiques vers lesquels je me tourne encore aujourd'hui.

Cependant quantité de questions assaillent mon esprit. Que fait-il à Paris? Comment est-il arrivé dans ce bar? A-t-il un nouveau roman en préparation?

Mr King semble comprendre ce qui se passe dans ma tête. Il passe un bras autour de mes épaules et me suggère de m'assoir. Je relève au passage qu'il parle parfaitement le français, mais je ne cherche pas à l'interroger sur ce fait.

J'observe mon ami prendre une commande pour nous deux. Maigre et barbu, le serveur regarde a peine Mr King et je m'indigne de tant d'ignorance. Je suis près à intervenir et rendre justice à ce grand auteur lorsque sa main se pose sur mon avant bras, ferme mais sans violence. Son regard plein de complicité m'intime de n'en rien faire.

Je respect son désir et contiens ma fureur. Mais aussitôt le serveur parti, je demande des explications. Il éludent mes questions et m'oriente vers les contrées lointaines que sont celles de sa littérature.

Je suis toutefois déçu . Sa volonté de ne rien dire sur sa présence ici me laisse sur ma faim. Mais la bonhomie du personnage a tôt fait de me libérer de ma déception et je pénètre de plein pied dans ce qui doit devenir le moment le plus mémorable de ma vie.

Aussitôt nos repères pris et nos points communs mis en lumière, la discussion est lancée. Je lui montre avec force détails que ma connaissance de ses personnages est presque parfaite. Il trouve un malin plaisir à relever une erreur ici ou là, mais ma connaissance des intrigues, de ses lieux de prédilections que sont Castle Rock ou encore Derry le laisse pantois.


Il rit et applaudit à chacune de mes interventions et en redemande. C'est une impression bizarre qui m'étreint bientôt. Le sentiment d'être en compagnie de ce que certain appellerait l'être le plus chère qu'ils ont au monde, l'ami d'enfance le plus fidèle qu'il aient jamais eu, la personne sans laquelle le monde n'a plus la même saveur.

Entre deux confidences , j'évoque la pièce qui lui est dédiée dans mon petit appartement , les livres qui couvrent les murs et jonchent les sols , les produits dérivés des films et différentes séries tirés de ses romans.

enfin , non sans fierté, je lui fais part du site que je lui consacre depuis quelques années maintenant et qui compte plus de 5000 abonnés.

A son regard je comprend qu'il attend encore quelque chose de moi et je lui parle finalement de Lucille. Il fixe alors mon regard et m'assure que ma douce reviendra en temps et en heure.

Nous revenons alors à nos réminiscences communes et , ainsi que le font de vieilles connaissances .

L'histoire d'amour de Ben et Susan dans Salem , nous a transporté. L'hôtel Overlook nous a happé dans ses pages diaboliques; lui en l'écrivant , moi en le lisant . Ca nous a replongé dans les terreurs de notre enfance, pointant du doigt un monde auquel nous n'avons pas encore cédé: celui des adultes !

Nous rions et pleurons en évoquant ce qu'il y a lieu d'appeler nos souvenirs. Nous sommes devenus des amis de longue date ressassant des instants séculaires auxquels personne alentour ne comprend rien.

Une question le laisse malgré tout mutique. Depuis un moment , j'essaie de savoir sur quoi il travail ces jours derniers. Bientôt la réponse tombe et un malaise s'installe entre nous.

Sa décision de se retirer brise quelque chose au fond de moi . Il me dit qu'il y a un temps pour tout et qu'il faut savoir tourner la page . Quoi de plus simple pour un écrivain. Mais cette page là , je ne m' y attendais pas.

Il n'y a aucune chance de le faire revenir sur son choix. Son seul regret est de ne pas être reconnu à sa juste valeur au soir de sa carrière.

Je le rassure aussitôt sur son talent, lui garantis un succès millénaire. Les autres écrivains ne sont que des sous produits de ce qu'il représente: la littérature tout court !

Il se contente de sourire, mais ses yeux traduisent une profonde tristesse. Jamais je n'aurais imaginé qu'un homme de son envergure puisse connaître un tel état de détresse.

Je ne compte pas le laisser s'en aller ainsi. Je lui demande de m'attendre, m'empare de nos verres vides et gagne le bar. Un regard sur ma montre m'apprend que près de trois se sont écoulées depuis notre rencontre et le bar est quasiment vide.

Tandis que le barman rempli nos verres, je ne peux résister à la tentation de lui avouer quelle personne renommée se trouve actuellement dans son établissement

Le nom de Stephen King ne lui est pas étranger. Je ne parviens pas à détacher mes yeux de son regard tandis qu'il se penche par dessus le zinc. Ses yeux se tournent presque aussitôt vers moi. S'ils pouvaient , ils me lanceraient des éclairs.

Notre table est vide ! Mais je ne me démonte pas. J'avise les toilettes et m'engouffre à l'intérieur : rien !


Je gagne la rue, regarde sur ma droite puis sur ma gauche. Je saute sur place pour voir loin derrière les voitures en stationnement . Toujours rien. J'arrête des personnes sur le trottoir et les questionne avant de les libérer faute d'une oreille attentive.

Finalement vaincu par le froid, la lassitude et le doute, j'entre à nouveau dans l'Impasse . Au milieu de la salle m'attend le gérant . Avec le pousse il m'indique un poste de télévision que je n'ai pas encore aperçu jusque là.

Sur l'écran on voit clignoter les lumières bleus des voitures de police . C'est une chaine d'informations , une nouvelle nous arrive en direct de l'étranger :

Stephen King vient d'être retrouvé mort chez lui .
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Hyelana
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MessagePosté le: Mar Aoû 08, 2017 8:05 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'aime beaucoup ton texte Resnic ! Intrigant jusqu'à la fin Wink
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resnic



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MessagePosté le: Mar Aoû 08, 2017 9:25 am    Sujet du message: Répondre en citant

Hyelana a écrit:
J'aime beaucoup ton texte Resnic ! Intrigant jusqu'à la fin Wink


Merci pour ta critique positive Hyelana .
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LiliGalipette
Grand prolixe


Inscrit le: 13 Mai 2009
Messages: 4886

MessagePosté le: Mar Aoû 08, 2017 3:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dannyyyyyy, Dannyyyyyy ! Laughing Laughing

Kristick a écrit:
Je m'installe à côté de lui.
Je m'adresse au barman en lui disant: "God, I'd give anything for a drink, Lloyd."
J'attends sa réaction.
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