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    HarletteBab le 04 septembre 2018
    Bravo aux participants du défi d’écriture du mois d’août : vous étiez peu nombreux mais vos textes nous ont régalés !

    Du 20 au 23 septembre 2018 aura lieu le festival America, qui mettra la littérature canadienne à l’honneur cette année. La littérature canadienne met souvent en scène la nature, la vie aux frontières de la civilisation, le climat, la géographie, la place du Canada dans le monde.

    Pour le défi du mois de septembre, nous avons donc choisi un sujet en lien avec la nature, un des thèmes récurrent de cette littérature :
    "Ecouter la forêt..."

     

    Comme d’habitude, il n’y a pas de limite pour la taille de vos textes, vous êtes totalement libre : votre imagination est votre seule limite !
    alexandredebellefeuille le 15 septembre 2018
    Quand j'écoute la forêt, j'ai le goût de dire à ceux qui détruisent la nature, d'arrêtez de couper les arbres. « On estime que 13 millions d’hectare de forêts disparaissent chaque année, soit l’équivalent d’un terrain de football toutes les 15 secondes»1. Moi, ça m'inquiète. Vous êtes vous imaginé si ça continue comme cela...On aurait une terre sans nature, sans animaux. Vous êtes vous déjà demandé à quoi sert la forêt? Je vais vous expliquer pourquoi, il faut présersver tout ces zones riches en faunes et flores diversifiées.Il est temps de passer à l'action, d'avoir une vision vers l'avenir. Soyez avisés des bienfaits de la préservation des forêts pour les animaux et pour l'environnement.

    Tout d'abord, certaines espèces d'animaux risquent de dispaitre, en manquant de nourritures ou en perdant leurs habitats. « Des extinctions en chaînes peuvent avoir lieu. »2 Par manque de végétaux, les herbivores vont avoir de la difficulté à se nourrir, à se reproduire. Par manque d'herbivores, les carnivores vont mourir à leurs tour de faim. Ça me fait penser que l'Histoire est en train de se répéter...comme à l'époque des dinnosaures, plusieurs espèces se sont éteintes. Par ailleurs,Tout les grands singes sont en voie de disparitions. Leurs habitats sont détruit par l'humain. «  D'ici à 2030, il ne restera qu'1% de l'habitat originel des orangs-outans. »3 On peut imaginer que sans habitat, ils vont disparaître. Il est clair que la déforestation est mauvaise pour la santé des animaux.


    Ensuite, la forêt joue un rôle important dans l'environnement. Elle améliore «  la qualité de l'air et de l'eau, »4 Les arbres produisent de l'oxygène « Annuellement, un hectare de forêt assimile de 5 à 10 tonnes de carbone et libère 10 à 20 tonnes d'oxygène. »5 Ce n'est pas pour rien que l'on appelle la forêt le poumon de la terre. Les racines des arbres retiennent la pollution et l'empêche de se rendre dans les cours d'eau. Encore avec ses racines, les arbres préviennent l'érosion des sols, empêchant des désastres écologiques, comme les glissements de terrain. Comme mentionné plus tot, la forêt est une source de nourritures et d'habitats pour les animaux. La forêt abrite 50% des êtres vivants de la planète. Imaginez cette zone détruite, ils vont disparaître. En plus, la forêt atténue aussi le bruit et la chaleur.


    En conclusion, j'espère que vous êtes maintenant sensibilisés à la problématique de la déforestation et connaissez l'importance de la forêt. Il faut protéger la forêt au nom de tout les êtres vivants et au nom de l'environnement. La nature pourrait être une solution aux changements climatiques qui sont en cours.



    Notez que j'ai utilisé plusieurs citations:
    conservation-nature.fr
    défense animale. com la déforestation est une menace pour de nombreuses espèces
    gestion durable sommaire milieu vivant écosystème éléments
    Reginedenul le 18 septembre 2018
    La forêt primaire de La Goméra bruissait de milles murmures. Les lézards se faufilaient entre les pierres, les oiseaux sautillaient sur le sol humide, sous les lauriers millénaires. Plus je descendais sous le feuillage humide, plus le mystère de cette nature survivante me bouleversait. Cette terre volcanique, subtropicale abritait les vestiges de cette forêt européenne, aujourd’hui disparue dans les autres pays, de la Norvege à la Turquie. Ici, l’humidité nimbait la lumière au travers d’une pluie horizontale qui surprenait le visiteur.
    Je continuais de marcher, remontant les pentes vers les trouées de feuillages qui me laissaient deviner peu à peu les issues de cette forêt dense et le retour dans le monde habité. Je frissonnais sous ma veste, bien qu’on était en plein été et qu’il faisait trente degré à San Sebastián, la petite capitale de cette île Canarienne qui échappait encore au tourisme de masse. Mon ambivalence vis à vis de ce lieu tenait de la fascination et de l’oppression ressentie dans cette nature luxuriante.
    secondo le 18 septembre 2018

    Je devais traverser la forêt dix fois et raconter les bruits, les sons et les couleurs. C'était mon gage.

    La première fois que je l'ai traversée, c'était en courant, et en chantant à tue tête. J'avais tellement peur que mon coeur cognait dans mes oreilles, je ne risquais pas d'entendre quelque chose.

    La deuxième fois, je suis allée plus vite je crois, j'ai couru en bondissant sur chemin connu, j'ai pris des virages en me tenant aux troncs des chênes, j'ai entendu mes pas crisser sur les épines de sapin et écraser des brindilles sur le sentier, j'ai senti l'odeur marron terreuse du sous-bois m'envelopper de ses grands bras.

    La troisième fois, j'ai fait un peu la maligne, j'ai posé mes deux mains à plat sur mes genoux à mi-chemin et j'ai entendu un oiseau lancer des trilles comme les plaintes d'une amoureuse éconduite, puis d'un coup je suis repartie comme une fusée mais j'ai perdu mon capuchon.

    La quatrième fois, j'ai vu une ombre, enfin je crois, derrière un bosquet de ronces et j'ai foncé, j'ai même entendu des pas derrière moi ou un bruit mat de pattes. A l'orée du bois, je me suis appuyée contre un hêtre protecteur, j'étais plus perdue et désorientée que la chèvre de Monsieur Seguin.

    La cinquième fois j'ai ramassé des petits cailloux blancs jusqu'à une chaumière de sorcière et j'ai regardé par le fenestron lune une petite poule rousse caqueter en préparant un fameux ragout devant un petit garçon attablé, assis sur un rondin avec les pieds qui se balançaient dans le vide. Je n'ai pas toqué, j'ai juste déposé mes petits pots de beurre comme prévu et j'ai filé sans demander ce que je faisais là.

    J'ai acheté la sixième et la septième traversée à un gars patibulaire qui traînait une lame de tronçonneuse derrière lui en faisant un bruit de malheur, ça m'a coûté la galette.

    La huitième fois j'ai entendu une voix de petite fille qui disait "viens jouer avec moi". Terrifiée,  j'ai pris mes jambes à mon cou et je me suis affalée par terre dans une fourmillière énorme. j'ai cru entendre les fourmis qui s'occupent des catastrophes se passer d'antenne à antenne le message qu'une gourde humaine avait détruit la moitié de la ville et qu'il fallait évacuer la Reine. Puis je me suis relevée, j'ai trébuché sur une souche et j'ai entendu une nouvelle voix, plus rauque qui voulait aussi s'amuser avec moi, et enfin un bruit mat de pattes bien connu c'est alors que mes jambes se sont remises à courir.

    La neuvième fois j'ai suivi la mélopée de la canopée et j'ai parcouru le trajet le nez en l'air, sans trébucher une seule fois et sans me tromper de sens ni de sentier.

    Dix fois déjà, c'était la dernière traversée, je pensais que je regretterais cette épreuve quand j'ai vu apparaître dans un fracas de branchages explosées un grand loup tout en pattes et en assurance qui portait mon capuchon entre ses deux grandes oreilles :

    - C'est ok, Chaperon rouge, gage réussi. A moi de jouer maintenant !
    Cyrlight le 19 septembre 2018
    Tous les soirs je m’endors bercé par la musique
    Elle parvient jusqu’à moi, m’apporte le sommeil
    Quand je ferme les yeux, je tends aussi l’oreille
    De cette mélodie, je suis le seul public

    J’écoute, ensorcelé, ce charme ésotérique
    Cet écho de mes nuits, merveille des merveilles
    Qui disparaît toujours au lever du soleil
    Et revient au couchant dans sa ronde cyclique

    Il n’y a là ni sort, ni trace de magie
    Seulement un cadeau qui est fait à la nuit
    Ce chant mélodieux provient de la forêt

    C’est le souffle du vent qui s’y est faufilé
    Pour émettre des sons entre les arbres drus
    Qui me rendront un jour la voix que j’ai perdue
    br260459 le 19 septembre 2018
    imaginons que la forêt nous parle,elle dirait;
    Q'Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement grande, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres, arbustes et arbrisseaux (fruticée), et aussi d'autres plantes indigènes associées. Les définitions du terme « forêt » sont nombreuses en fonction des latitudes et des usages.
    Un boisement de faible étendue est dit bois, boqueteau ou bosquetselon son importance.

    Nous somme divers types  ; des forêts primaires aux forêts dites urbaines, avec les gradients intermédiaires1. Il existe également de nombreux types d'exploitation des forêts (sylviculture, agrosylviculture).

    Je suis est aussi un milieu de vie et une source de revenus pour l'être humain : au début du xxe siècle, plus de 500 millions de personnes, dont 150 millions d’autochtones vivent encore en forêt ou à ses abords2. J' abrite une grande richesse écologique.

    Mais l'action de l'Homme dans plusieurs régions du monde conduit à une destruction ou une surexploitation des forêts. Cela engendre une importante déforestation qui concerne surtout actuellement les forêts tropicales et dans une moindre mesure la taïga. La moitié des forêts de la planète a été détruite au cours du xxe siècle3,4. Il n'y a pas de gouvernance mondiale des forêts, ni de convention internationale, mais l'ONU a mis en place un forum des Nations unies sur les forêts (FNUF) qui a réuni sa 10e session en 20135 qui envisage notamment un accord juridiquement contraignant sur les forêts et une comptabilisation harmonisée du capital naturel forestier et un éventuel fonds mondial pour les forêts.
    La plus ancienne forêt fossile connue a longtemps été présentée comme celle de Gilboa (en)19. Figée par une inondation, cette forêt est mise à jour en 1870 dans l'État de New-York. Son arbre le plus ancien, du genre Archaeopteris, date de 370 millions d'années. La reconstitution de la forêt de Gilboa montre déjà un écosystème complexe avec plusieurs étages de végétation.
    Il est courant de distinguer la forêt primaire (forêt naturelle) de la forêt secondaire ou forêt plantée (forêt entièrement ou fortement façonnée par l'homme).
    Dans le monde, la forêt - au sens le plus large - couvrait en 2005 environ 30 % des terres émergées.

    Selon la définition retenue, la superficie estimée de la forêt mondiale varie de 2,4 à 6 milliards d'hectares sur la base des chiffres envoyés par les États, 
    (La forêt peut être communautaire, royale, publique, privée, régionale, communale, etc.)
    Réservoir de biodiversité et d'habitats, ainsi que de ressources génétiques et phytopharmaceutiques, elles sont pour cette raison étudiées et parfois classées en réserves biologiques, naturelles, parcs nationaux, Espace boisé classé dans le PLU (Plan local d'urbanisme), etc.).
    Fonctions écopaysagères : « noyaux » ou « nœuds » du réseau écologique, et parfois corridor biologique pour la forêt galerie, les forêts linéaires, les mangroves, et les haies vives qui peuvent s'y rattacher.
    Protection contre certains risques naturels (avalanches, inondations, sécheresse, désertification et éléments de résilience écologique…).
    Qualité de l'air : outre que la forêt produit une partie significative de l'oxygène de l'air sur les continents, elle a une capacité extraordinaire à fixer les poussières (comme certains polluants non dégradables), grâce notamment aux mousses, aux lichens, à la rosée et aux sols.
    Protection des sols (lutte contre l'érosion) : la forêt est un lieu de restauration du sol si elle n'est pas surexploitée.
    cf. forêt des Landes en France ou la ceinture verte du sud algérien.
    Fonction macro et micro climatique, grâce à l'évapotranspiration et à la protection de la canopée qui atténuent considérablement les chocs thermiques, et la déshydratation due au vent.
    Puits de carbone, par fixation du gaz carbonique dans le bois et le sol, au moins pour les forêts tempérées non soumises aux incendies et pour les forêts tropicales en phase de croissance.
    cf. les plantations faites en Amazonie qualifiées de « puits de carbone ».
    Fonction aménitaire.
    Les lisières forestières naturelles, éminemment complexes, ont des fonctions écotoniales importantes, notamment pour les forêts rivulaires et les mangroves.
    Une métaphore qualifie souvent la forêt de « poumon de la planète ». En dépit des fonctions nombreuses et essentielle voire « vitales » qu'elle remplit, la forêt ne peut être directement comparée à un poumon (le poumon ne produit pas d'oxygène et c'est le plancton qui produit l'essentiel de l'oxygène planétaire disponible dans l'air et solubilisé dans l'eau. Néanmoins, les forêts peuvent jouer le rôle de puits de carbone - et donc de producteur d'oxygène - pendant leurs phases de croissance. Lorsqu’elles atteignent l'équilibre, c.à.d. que leur biomasse est stabilisée, le bilan de photosynthèse-respiration est alors nul du point de vue de l'oxygène). Néanmoins, la forêt a des fonctions essentielles micro- et macro-climatique et pour la qualité de l'atmosphère, sur le plan de l'équilibre thermo-hygrométrique et de la pureté de l'air notamment. D'un certain point de vue, un peu à la manière du poumon, mais à une autre échelle, elle est une sorte d'écotone complexe et fonctionnel entre l'atmosphère et le sol, lié au cycle du carbone notamment, mais aussi à tous les cycles biogéochimiques importants.
    La forêt est un réservoir de biodiversité important
    De nouvelles fonctions émergent : sociales, agrosylvicoles, touristiques, pédagogiques, scientifiques et de protection environnementale (en 2005, 11 % des forêts du monde sont déclarées par les États « affectées à la conservation de la diversité biologique » ; ce taux est en augmentation, mais ne correspond pas toujours à une réalité de terrain46). La fonction de puits de carbone semble devoir prendre de l'importance. L'importance économique de ces nouvelles fonctions est mal évaluée, mais pourrait localement rapporter plus que l'exploitation du bois.
    Alors,vous être humain,écoutez moi& ouvrer bien vos cœurs,soyez attentifs & vigilants,car sans moi,vous vous diriger vers le néant, l'obscurité,l'enfer sur terre,car imaginer
    la terre sans forêts,c'est vous imaginer dans votre tombe,c'est des mots dure,ce ne sont que des mots émanant d'une forêt qui attend sa délivrance de la part de cet être humain pour qui elle à tout donné.
    Que vive la forêt ,& les êtres vivants en harmonie se respectons les uns & les autres,pour laisser le seul  vrai & unique héritage à nos enfants.
    Sflagg le 20 septembre 2018
    Hello !

     Cela faisait un petit moment que j'avais pas participer, donc me revoilou avec un texte pas très frai mais qui m'amuse beaucoup et que j'ai donc envie de vous faire partager :

                L’Hêtre est-il un Être comme les autres.                      (24/03/16)

    Hêtre ou ne pas Être ?
    Telle est la question que se posait la Fagacée
    Alors que de son tronc s’approchait dangereusement une lame affutée
    Celle de la hache que tenait fermement un bûcheron
    Une hache muette telle sa consœur la consonne
     Le H (majuscule s’il-vous plait) débutant le nom de l’être qui, de cette histoire, est le tronc
    Cet être (sans H celui-ci), cet hêtre (mais là avec) qui nous interpelle
    Alors que, comme les deux H, il ne fait aucun bruit, ne parle pas
    Logique, me direz-vous, vu qu’il n’a pas de bouche
    À quoi je pourrais vous rétorquer que si c’est pour dire de telles conneries,
    Certains auraient mieux fait de naître aussi ainsi,
    Mais je ne le dirais pas
    Car ceci ne peut être porté aux oreilles de n’importe quel être
    Même si l’hêtre qui nous intéresse n’en ayant pas, il ne peut l’entendre
    Car, après tout, ce n’est pas parce qu’il ne peut le percevoir, que ça ne peut pas l’agacer
    Il comprend trop bien quand on se fout de sa gueule, il n’est pas con la Fagacée
    Même si, techniquement, n’ayant pas de cerveau
    On ne peut pas vraiment parler d’intelligence à son propos
    Mais revenons en à l’hache, pas l’H débutant le nom hêtre
    Qui lui est loin d’en être un, de lâche, de débutant, de non-être...
    “ Ha ! que ça fait du bien quand on se lâche
    Aïe ! que ça fait du mal quand on se l’hache. ”
    ... Non ! pas ce H là, mais l’autre, celle qui menasse notre hêtre
    Attention ! pas notre existence, notre être, notre nous, quoi !
    Non, faut pas se mettre martel en tête
    Ce n’est qu’un pauvre hêtre, après tout
    Quoique...
    Hêtre est-il un Être ?
    Là est vraiment la question que devrait se poser le bûcheron
    Et nous aussi, tant qu’on y est
    Et peut-être que le h d’humain méritera enfin autant sa majuscule que celui de notre Hêtre
    Et ainsi tous les Êtres deviendront peut-être aussi sages que les Hêtres
    Et ainsi tous les Hêtres seront peut-être enfin considérés comme de vrais Êtres.

    S. Flagg
    Désolé pour les quelques fautes de grammaire, mais c'était pour la licence poétique.
     
    "A quoi nous servirait-il de vivre sur une planète morte
    Surtout s’il n’y a même plus une fibre pour se fabriquer une corde"

    Bonne chance à tous !!
    Rennath le 21 septembre 2018
    Bonjour à tous,
    Voilà mon joli hymne à la nature !

    - Écouter la forêt, il faut écouter la forêt, taisez vous et écoutez-la elle vous parle ...

    Jérémy jeta un regard noir à Dina qui venait d’étouffer un cri en se cognant le pied contre une racine d’arbre. Elle se maudit encore une fois, quelle idée de passer ses trois semaines de vacances à randonner en forêt, elle qui n’était pas sportive.

    Elle avait rencontré Jérémy à une soirée, il était guide et l’avait convaincue de venir faire une randonnée qui la rapprocherait de la nature, dans la forêt. Dina qui n’avait pas encore prévu ses vacances, avait trouvé l’idée sympathique mais depuis son départ, il y a trois jours elle regrettait. D’abord, le beau Jérémy avait oublié de lui dire qu’il avait une copine. Ils s’étaient donc retrouvé trois couples et elle ! Les quatre autres qu’elle ne connaissait pas, étaient plus âgés et l’ignoraient la plupart du temps. Ils lui parlaient à peine et n’avaient pas jugé utile de se présenter. Depuis le début de la randonnée, elle était le boulet. Elle était trop lente, elle n’arrivait pas à porter toute la bouffe et son équipement. Et Jérémy semblait de plus en plus énervé. Il faut dire que pour écouter la forêt, il aurait fallu du silence et depuis qu’ils étaient partis, on entendait sans arrêt des bruits de camions et de tronçonneuses. Il y avait toute un équipe de bûcherons qui semblait les suivre. Alors ils s’enfonçaient de plus en plus dans la forêt, il faisait de plus en plus sombre et Dina sentait une angoisse diffuse grimper peu à peu.

    Le soir du 4ème jour, elle se décida à parler à Jérémy :

    - J’ai fait une erreur, je veux arrêter mon séjour. Tu pourrais peut-être m’indiquer un chemin pour que je rejoigne la civilisation, je vous ralentis.

    - Tu ne passes pas de bonnes vacances ?

    - Elles sont horribles, je n’arrive pas à suivre, et franchement tes copains ne sont pas très sympas.

    - Tu sais, tu es une jolie fille, si les hommes s’intéressent trop à toi, leurs femmes vont être jalouses.

    - Oui mais de là à m’ignorer, c’est bon ...

    - Tu sais, j’ai emmené ma copine parce que je le lui avais promis mais nous n’avons plus rien à faire ensemble. On pourra se voir si tu veux quand on reviendra de vacances.

    Dina le regarda incrédule, il la prenait vraiment pour une buse, elle les entendait la nuit, et ce n’était pas des scènes de ménage ...

    Le lendemain, Jérémy avait dû leur faire la leçon, car ils firent tous des efforts de politesse mais c’était encore pire que d’habitude. Rien n’était naturel. Pendant la marche difficile pour elle, comme d’habitude, alors qu’elle se réfugiait dans un coin pour être tranquille, en voulant boire, elle renversa sa gourde. Elle n’osa pas le dire au groupe ne voulant pas s’attirer leurs foudres et toute la soirée, elle fit semblant de boire. Comme d’habitude, elle alla se coucher tôt mais elle n’arrivait pas à dormir et entendit bientôt des murmures.

    - T’es sur qu’elle ne peut pas nous entendre ?

    - Non, j’ai mis des somnifères dans sa gourde, elle doit bien dormir !

    - Bon quand est-ce qu’on commence la chasse, je commence à en avoir marre de cette pétasse et j’ai tellement envie de tester comment on peut scalper quelqu’un ... dit une des femmes de sa voix de crécelle.

    - Si il n’y avait pas ses satanés bûcherons, on aurait pu démarrer avant, mais il ne manquerait plus qu’on tombe sur eux. On va encore marcher un jour ou deux et on pourra s’amuser.

    - On lui retire ses chaussures ?

    - Oh non, à la vitesse où elle va, on va la rattraper en deux minutes, ça ne sera pas marrant.

    - T’es sur qu’il n’y aura pas un petit copain ou de la famille pour s’inquiéter, comme celle de l’année dernière ?

    - Je me suis renseigné, elle est seule et je lui ai dit de ne pas prendre de portable, elle ne pourra pas alerter quiconque, j’ai vérifié. Elle est tellement bête qu’elle croit tout ce que je raconte.

    Pendant toute cette conversation, Dina s’était tenue immobile et silencieuse. Elle était horrifiée, il ne fallait pas qu’elle reste une minute de plus là. Sentant qu’elle s’affolait, elle s’efforça de se calmer et alla se recoucher. Puis elle se consola elle était peut être bête mais elle avait bien emmené son portable, elle l’avait mis dans la doublure de son duvet. Il était éteint mais chargé. Cette nuit, elle allait fuir, en s’éclairant avec. C’était Jérémy qui rassemblait les lampes tous les soirs et elle ne voulait pas s’en approcher. Elle attendit des heures. Jérémy vint vérifier qu’elle dormait avant d’aller se coucher. Et quand elle entendit enfin des ronflements ... le silence était bien rare dans cette forêt, elle récupéra son portable, enfila discrètement ses chaussures et sortit de la tente. Elle avait l’impression que la fermeture éclair faisait un boucan d’enfer mais personne ne bougea. Tout doucement, elle s’éloigna du camp en n’éclairant pas tant qu’elle était proche d’eux et en essayant de ne pas faire trop de bruit. Elle pensait être assez loin quand elle se prit les pieds dans des fougères. Elle ne put s’empêcher de jurer. Aussitôt, elle entendit du bruit vers les tentes. Elle mit son téléphone en mode torche et sans réfléchir se mit à fuir. Derrière, ses compagnons de balade s’agitaient en râlant :

    - Merde, elle s’enfuit, il faut qu’on la rattrape.

    - La chasse commence dès ce soir, que le meilleur gagne, s’exclama celle qui voulait la scalper.

    Poussée par l’adrénaline, Dina ne réfléchit pas, elle fonçait, terrifiée s’éclairant vaguement du portable. Elle aperçut au loin, de la lumière, elle se dirigea là-bas, elle n’avait aucun sens de l’orientation, ni la moindre idée de où elle se trouvait mais galvanisée par la peur, elle avançait sans sentir la douleur. Elle entendait derrière elle, le battement des pieds qui se rapprochaient. Et d’un seul coup, elle déboucha dans une clairière. Il y avait un feu de bois. Quatre types avec des tronçonneuses s’étaient levés à son arrivée. Terrifiée elle se retourna pour se retrouver face aux six randonneurs armés de couteaux de chasse. Un des bûcherons s’exclama :

    - Ce sont eux, je reconnais le type, dit-il en désignant Jérémy, toi assieds toi là et attends nous. Il lui avait désigné un coussin près du feu.

    Et sans transition, ils se précipitèrent vers les poursuivants qui s’égayèrent dans la forêt. Anesthésiée, claquant des dents, Dina entendit toute la nuit des hurlements, des bruits de tronçonneuse ... Au matin, les quatre bûcherons étaient de retour. Leur tenue était pleine de taches et du liquide rougeâtre coulait des tronçonneuses. L’un d’eux avait des coupures.

    - Ils ne vous embêteront plus, Mademoiselle, dit avec un calme impressionnant celui qui lui avait parlé la veille. Que voulez vous faire maintenant ?

    - Je veux retourner chez moi en ville, écouter la ville.
    scooby le 22 septembre 2018
    Écouter la forêt

    Laisser là au milieu de la forêt
    Seule, debout et immobile
    J'écoute les grands arbres dociles
    Chanter, leur petit couplet

    Le vent s'initiant dans leurs branches
    Fait bouger leurs feuilles lentement
    Un son se fait entendre tel un chant
    En ce beau jour de dimanche

    Prendre le temps d'écouter la forêt
    Mais aussi de la regarder
    Afin de mieux l'apprécier
    Et en prendre soin, c'est un fait

    Je vous invite vous aussi
    A suivre cette envie
    Prendre le temps d'écouter la forêt
    Pour mieux apprécier ses bienfaits
    Laerte le 26 septembre 2018
    Salut, les écrivains!!!
    J'ai bien aimé que vous avez publié jusqu'à maintenant. A mon tour de vous faire lire.

    SDF

    SDF qu’ils disaient. Pourquoi SDF ? J’avais un domicile et même qu’il était fixe puisque j’y suis resté deux ans. Bien sûr, ce qui les gène c’est que c’est pas au bord d’une rue, il n’y a pas d’adresse et le facteur vient pas jusque là, vu qu’il sait pas où c’est.

    C’est vrai que l’hiver je me caillais, mais bon ! j’avais des trucs pour me chauffer : une gamelle avec de l’alcool à brûler, une couverture sur le dos, un chapeau fourré, et c’était bon. Côté confort, c’était pas vraiment ça, non plus. Pour l’eau, j’avais trouvé une fontaine à cinq cents mètres, c’était pas top pour se laver et faire la cuisine, mais finalement, je m’en sortais. Et le soir, une bougie ou un camping-gaz me suffisaient.

    Comment j’en étais arrivé là ? En fait, un jour j’en ai eu marre de galérer dans les rues en ville, de me faire virer de partout, alors, j’ai décidé de voir si je pouvais trouver un endroit dans la forêt. J’ai d’abord monté une tente au pied d’un arbre et puis j’ai trouvé des planches  et  j’ai construit un abri en mettant la toile de tente par-dessus. Petit à petit, j’ai vraiment pu m’installer avec  des tas de trucs que je récupérais à droite, à gauche. Enfin, bref, j’ai fini par être chez moi.

    Quand il faisait beau, je m’asseyais devant ma cabane, et je respirais  l’air pur. J’écoutais le bruit des feuilles agitées par le vent et le chant des oiseaux. Parfois je prenais un livre. Enfin, bon ! toujours le même, vu que j’en ai qu’un : « Paroles » de Jacques Prévert. Quand j’ai pas le moral, je le prends et je lis un poème au hasard. Quand je suis bien, je fais la même chose, d’ailleurs. Je l’adore.

    Alors, un jour que j’étais devant ma cabane avec le soleil qui perçait à travers le feuillage des arbres, je suis tombé sur le poème qui s’appelle « Pour faire le portrait d’un oiseau » et j’ai lu : « peindre aussi le vert feuillage, la fraîcheur du vent, la poussière du soleil et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été. » C’était tout à fait ce que je vivais. Je vivais dans la forêt, respirant la nature, écoutant les bruits que font ceux qui y vivent, les animaux mais aussi les arbres, les plantes et même les pierres.

    A force de rester sans bouger, pour mes voisins, je n’étais plus extraordinaire, je n’étais plus dangereux. C’est ainsi que le premier écureuil est apparu ; il cherchait des glands au pied d’un chêne. Il me regarda un moment et comme je ne bougeais toujours pas, il a continué puis il est parti. Ensuite, ce fut un lapin, suivi par d’autres qui broutaient l’herbe courte au pied du chêne. Ils ne firent même pas attention à ma présence. Enfin, ce fut un sanglier qui surgissant d’un fourré, fut surpris de me voir là. Il me regarda fixement pendant un moment avant de tourner les talons en soufflant.

    Plus tard, comme les jours et les semaines passaient, j’ai vu plein d’animaux, petits ou grands. Les oiseaux chantaient sans plus s’occuper de ma présence. J’aimais surtout les pinsons. Ils me faisaient aussi penser à Prévert : « un pinson n’est pas gai, il est gai quand il est gai ou triste quand il est triste, ou ni gai ni triste ». Et j’aimais leur chant.

    Je me sentais chez moi, c’était bien.

    Mais, un jour, quelqu’un d’important s’est avisé que je n’habitais pas une maison comme les autres. C’était indécent, incorrect. Alors, une dame très gentille m’a pris en charge et m’a expliqué que pour mon bien je devais aller dans un immeuble chauffé avec l’eau courante et l’électricité. On m’a attribué un logement dans un clapier ou tout comme. J’ai le chauffage central, c’est vrai que je me caille moins et que je peux prendre une douche chaude quand je veux. Et puis, j’ai des voisins aussi. Mais ils ne font pas le même bruit que dans la forêt. Y a des mômes qui braillent, des bricoleurs qui tapent, qui percent, qui scient, des gens qui passent l’aspirateur à n’importe quelle heure ou qui s’engueulent. C’est insupportable.

    Alors, souvent quand j’en ai marre, je retourne dans ma forêt. Je m’assoie au pied de mon arbre où il n’y a plus de cabane. Et j’écoute. C’est le silence. Un silence peuplé de pépiements, de sifflements, de frôlements et de murmures indistincts qui rendent la vie belle.
    crapette le 27 septembre 2018
    Dois-je m'incrire à ce groupe pour participer à ce défi d'écriture de septembre ? Merci  HarletteBab
    victoriakeating1 le 27 septembre 2018
    Then at the conclusion of each month, funders who have established 100% without any errors will get their story available on Writing Warriors Wall over the next Dissertation Assistance Hub month! Just an idea. Expectancy it helps!
    MARCUS36 le 27 septembre 2018
    Bonjour à tous les participants et lecteurs,
    Voici mon texte:

    Autant que je me souvienne, j'ai toujours aimé la forêt. Je vivais à Paris, mes parents m'emmenaient au Bois de Vincennes à une époque que les jeunes ne peuvent pas connaître et que les dames du bois n'envahissaient pas trop. J'aimais voir ces grands arbres protecteurs de la pluie et surtout du soleil, mettre des coups de pieds dans les feuilles qui tombaient en masse l'automne venu et de temps en temps ramasser des feuilles d'espèces différentes et en faire un herbier pour l'école.
    Et puis de temps en temps, nous allions dans la forêt de Fontainebleau, ma première "grande". Là je grimpais dans les grands rochers célèbres cachés dans l'immensité verte. Encore une fois, nous y rencontrons peu de monde, c'était dans le temps, comme disent les anciens, que je suis devenu moi-même à présent. Minot je ne prêtais pas attention et je n'avais pas peur d'y pénétrer, d'explorer, la forêt m'accueillait, je caressais l'écorce, mais certainement qu'il tentait de me parler. J'ai appris depuis à écouter, à entendre leur complainte, ces feuilles qui bruissent.
    J'ai toujours plaisir et ne peut vivre loin de ces endroits où le silence bruyant du vent dans les arbres, des pépiements de ces oiseaux qui volent de branche en branche, des frôlements dans les buissons d'un animal qui se cache. Y dormir aussi dans une de ces clairières, places nues où septembre, octobre arrivant les cerfs viennent y pousser leurs brames, attendre leur biches ou affronter leur rival.
    Les grands chênes, hêtres, merisiers, charmes, alisiers, frênes, châtaigniers dont nous ramassions ces coquilles épineuses que nous enlevions pour apprécier une poêlée de leurs fruits grillés le soir en rentrant de nos promenades, les mélèzes, sapins, épicéas et autres pins, toute cette population immobile se dit aussi c'était dans le temps.Ce temps, où, les plastiques, les papiers, les boîtes en fer blanc, les bouteilles et autres déchets, que la terre ne peut avaler, ne jonchaient pas le sol, ce sol si riche du terreau fabriqué par les feuilles et les fruits tombant de ces hauteurs feuillus. Ce temps où les promeneurs prenaient le temps de montrer à leurs enfants les différentes espèces, leur apprenaient à les respecter.
    La forêt, protectrice et nourricière de la faune, oiseaux, cerfs, biches, chevreuils, sangliers...., mais aussi de nous-mêmes, qui la protégera de nous, si ce n'est nous-mêmes, utilisateurs et consommateurs effrénés, qui nous fournira le papier dont nous aurons toujours besoin, qui protégera cette faune et cette flore qui vivent ainsi depuis des millénaires à l'ombre de cette verdure si nécessaire à notre vie.
    Je vis près des bois et des forêts, j'ai plaisir à contempler en toute saison cette masse feuillue et ne peut en imaginer la terre vidée.
    Ecoutons les appels silencieux de ces êtres de bois et de végétaux, dominateurs solides aux racines formés en réseau inextricable qui leur permettent de communiquer entre eux, pas d'ondes que nous entendions, mais leur langage souterrain qui nous est inconnu.
    HarletteBab le 27 septembre 2018
    crapette, le défi d'écriture est ouvert à tous, mais vous pouvez vous inscrire à ce groupe si vous le souhaitez : cela vous permettra d'être au courant de ses actualités
    Sflagg le 27 septembre 2018
    crapette a dit :

    Dois-je m'incrire à ce groupe pour participer à ce défi d'écriture de septembre ? Merci  HarletteBab


    Salut !

    Non crapette, il suffit juste que tu mettes ici le texte (les textes) que tu veux nous faire partager et avec lequel tu espères gagner (ou pas).

    Bienvenue parmi nous et bonne chance !!


    Édit : HarletteBab fut plus rapide, mais tant pis, je laisse mon message quand même.
    Annickiefer le 27 septembre 2018
    CEUX D’AVANT
    - Chut ! Écoutez !
    Le visage de Julian se crispe dans une concentration extrême. Il a beau tendre l’oreille, il n’entend rien. Ça l’énerve. Ces cours de « sciences et profits » l’ennuient, surtout les sciences. L’année dernière, ça allait : son père avait abonné Julian à la médiathèque de la Bourse de l’Énergie. Mais cette année, comme la médiathèque a fermé faute de subventions, il a dû se débrouiller tout seul pour suivre ses cours. Il s’est connecté au site d’un olibrius d’un ancien temps, barbe jusqu’aux sandales et broussaille hirsute sur le caillou. Le prof est à moitié assis sur son bureau dans une attitude nonchalante. À chaque fois qu’il est confronté à ce type d’images, Julian s’étonne de voir à « ceux d’avant » autant de cheveux. Même les enfants assis face à lui arborent des mèches folles, des tignasses torsadées qu’ils triturent de leurs doigts tachés d’encre. Quelle inconscience ! pense Julian en sentant la colère l’échauffer. Aujourd’hui, en pleine crise de l’eau, le cheveu doit mesurer au maximum un demicentimètre, et seules les statues, les toiles représentant les anciens, exhibent des barbes. Et encore, quand les censeurs du Comité de l’Economie de l’Eau ne les ont pas taguées ou attaquées à coups de burin. Le poil est à bannir, à chasser sur les crânes et l’épiderme, sous peine d’être dénoncé au CEE.
    Julian pianote sur les touches de son casque, pour vérifier la date du cours : 2018. À peine dix ans ! Et pourtant, tout ce qu’il voit n’existe plus. Ces cartes et aplats de couleurs aux murs de la salle de classe, ça ressemble à ces images que son père lui avait montrées. Il disait qu’à l’époque, les hommes effectuaient des tirages papier de leurs photographies. Comme Julian ne le croyait pas, son père avait extirpé de sous son lit ce qu’il a nommé un livre, illustré d’images brillantes et colorées. Il a fait promettre à son fils de n’en parler à personne, car posséder un livre est interdit depuis la crise de la culture. Julian avait promis, ce qui ne l’engageait pas à grand-chose, puisqu’il ne fréquentait personne. Mais il n’hésitait pas, depuis lors, à menacer son père de le dénoncer au Comité de l’Intelligence Connectée au moindre reproche.
    - Julien, concentre-toi ! Julian revient brusquement à sa réalité virtuelle. L’élève sermonné par le professeur s’est brièvement retourné. Julian reconnaît ses propres traits sous cette frange épaisse et rousse. C’est donc lui, mon avatar. Il observe les autres enfants et devine, derrière chacun d’eux, hormis ceux qui, statiques sur leur chaise, les bras ballants et les yeux fixes, sont déconnectés, un élève-joueur solitaire, voire prisonnier de ses murs, un casque sur son crâne rasé. - Écoutez bien, les enfants ! Qu’est-ce qu’on entend ?
    Julian triture son casque et vérifie sa connexion à l’enceinte principale du salon. Tout fonctionne correctement, mais il n’entend rien. D’une voix autoritaire, il ordonne d’augmenter le son. Un timbre métallique répond à sa demande, sans perturber en rien la leçon qui se déroule sous ses yeux. Les élèves semblent au contraire attentifs, des sourires
    éclosent sur leurs visages ; certains fredonnent, d’autres sifflent. Un sifflement joyeux, mélodieux, qui parvient enfin aux oreilles de Julian.
    - C’est un oiseau, répond une blondinette, le menton pris dans ses paumes. Un oiseau ! D’oiseaux, Julian ne connaît que les corbeaux et les pigeons qui tournoient et se chamaillent au-dessus des décharges qui ceinturent les villes et les villages. Rien de mélodieux dans ces cris sauvages, ces croassements lugubres, ces roucoulements obstinés contre ses carreaux. - Et maintenant ? demande le professeur en levant un doigt vers le plafond. Tout le monde se concentre, et Julian plus encore que les autres davantage familiers de ces sons. Un chuchotement monte comme une caresse. Julian n’est pas sûr. Ça ressemble au vent qui agitait les feuilles du caoutchouc, quand sa mère sortait la plante sur le balcon, les rares fois où il ne soufflait pas en rafales. Il ne connaît du vent que ses colères sourdes, lorsqu’il tourne en rond au cœur des cyclones, quand, en éclaireur, il annonce les ouragans. Julian sourit. Une brise tiède effleure son visage, agite des milliers de feuilles de milliers de caoutchoucs au-dessus de sa tête, tout autour de lui. En lui naît un sentiment diffus d’appartenance. Ça sent la terre humide, comme quand maman arrose sa plante. Il ignore où il se trouve, mais il se sent joyeux comme si, relié aux origines, il était de retour dans le ventre maternel. À l’abri. Julian renifle. Il a envie de pleurer. Il veut voir. Il est prêt à appuyer sur la touche « vision » quand il est interrompu par l’olibrius dégingandé. - Alors, vous avez deviné où vous êtes ? Les enfants paraissent engourdis, un sourire béat aux lèvres. - Écoutez encore. Julian sursaute. En tendant l’oreille, il a perçu un léger clapotis. De l’eau murmure toute proche. Un animal semble s’y ébrouer. Des insectes bourdonnent à sa surface. De l’eau ! Elle coule, joyeuse et vive, sans doute transparente et fraîche, pas comme ce filet opaque et odorant émanant des robinets, entre vingt heures et vingt-deux heures, un soir sur deux depuis la Crise de l’Eau. Imbuvable en raison des produits chimiques censés la purifier, chaude comme son urine, cette eau putride est la seule que Julian connaisse. On lui a dit que, sous ces larges fleuves de déchets rampants tels des serpents paresseux vers la mer, il y a de l’eau. Une eau jadis sans algues, grouillante de poissons, de mollusques, qui nourrissait les riverains de son cours pacifique. Mais il préfère ne pas y croire, parce que sa haine contre « ceux d’avant » serait trop violente. Des images de tsunamis finissent d’assombrir son tableau. Ils sont aujourd’hui si fréquents qu’on ne s’en soucie plus. Les habitants de ces zones dangereuses ont depuis longtemps émigré vers des terres plus clémentes. C’était sans compter avec les gens qui ne l’étaient pas, mais alors pas du tout ! Julian secoue violemment la tête. Le seul fait d’évoquer la Crise des Déracinés suffit à attiser sa haine. Telle une girouette, celle-ci est tantôt attisée par la présence de ces étrangers qui n’ont plus rien d’invisible quand ils mendient aux carrefours, tantôt virulente à l’encontre de leurs assassins, ces milices à brassards noirs qui s’égaillent même le jour comme des rats affamés qui ne craignent plus la lumière. Julian se concentre pour recouvrer cet état de bien-être éveillé par les sons merveilleux. - Alors ? Qu’est-ce que ça vous évoque, tout ça ? interroge le professeur.
    Silence dans la salle. De plus en plus d’élèves restent inertes. Les élèves-joueurs se sont déconnectés, constate Julian. Trop d’émotions pour leur petit cœur asséché. Julian comprend. Il est lui-même à deux doigts d’éteindre son casque. Mais il désire savoir, connaître ce lieu dont son âme garde le souvenir. - Non ? Rien ? Et maintenant ? Le prof a tourné un bouton. Un vacarme métallique agresse les tympans : un concert de bielles, de scies et de tronçonneuses se joue autour de Julian. Un craquement effrayant retentit devant lui. Une peur viscérale le saisit. Il appuie sur la fonction « vision » de son casque, juste à temps pour éviter la chute d’un arbre immense qui n’est pas un caoutchouc. Devant ses yeux horrifiés, sur un terrain vague bosselé, ocre et poussiéreux, des hommes en combinaison fluo s’agitent, font des grands gestes aux camions de chantier. Des pelleteuses creusent sous les souches, d’énormes chaînes enserrent les troncs, allongent les grumes sur les plates-formes. Le bruit terrifiant a chassé les oiseaux et transformé le ru joyeux en flaque d’eau boueuse qui gargouille aux pieds de Julian. - C’est la forêt ! crie la blondinette toute fière de sa découverte. - C’est ce qu’il en restera si on ne fait pas attention, réagit le professeur. - Mais pourquoi, Monsieur, on détruit les forêts ? demande le petit Julien, exprimant la question que Julian cogite. - L’homme trouve toujours de bonnes raisons pour adapter son environnement à ses désirs : une nouvelle zone pavillonnaire ou d’activité, un champignon ou un parasite dans l’écorce, la construction d’une route, d’un pont, la plantation d’espèces plus utiles pour produire à grande échelle des… Par l’obsession d’alerter, de convaincre, le professeur a oublié qu’il s’adresse à des enfants. Ce mélange de passion et d’impatience qui frise l’hystérie en amuse certains, mais la plupart préfère commenter les performances de ces impressionnants engins de chantier que l’un ou l’autre possède en jouet. Une sonnerie retentit. Les enfants s’éparpillent comme des moineaux. Le professeur s’assoit à son bureau, prend sa tête dans ses mains, et répète, les yeux dans le vague sous sa mèche folle. « J’ai échoué » Julian enlève son casque. Il lui faut un moment pour retrouver ses marques dans le salon. Il va dans la cuisine, jette un coup d’œil indifférent au caoutchouc qui se meurt depuis que sa mère ne l’arrose plus. Un jour, la Police de l’Eau a débarqué : une voisine l’avait surprise à verser quelques gouttes au pied de la plante, sur le balcon. Accusée de détournement d’eau et de détention illicite d’une espèce en voie d’extinction, elle a été emprisonnée. Dans le corridor, Julian hésite devant le seuil du bureau de son père. Il lui semble entendre quelque chose. Il pousse doucement la porte. Son père est assis à son bureau, derrière son ordinateur dont l’écran bleuit les phalanges de ses doigts qui enserrent sa tête. Ses épaules tressautent. Il pleure. Devant lui, la lueur bleutée se reflète dans la visière d’un casque. Julian referme discrètement la porte. Une colère acide s’épanche dans son corps. Oui ! Tu as échoué ! Vous avez tous échoué, vous, « ceux d’avant » ! Parvenu dans sa chambre, Julian s’agenouille au pied de son lit. Il se relève avec, dans les mains, le gros livre d’images que lui avait montré son père et qu’un soir de colère, l’enfant avait dissimulé
    Annickiefer le 27 septembre 2018
    sous son lit. Au cas où. Installé face à son ordinateur, il dicte : « Au Comité de l’Intelligence Connectée… »
    Walex le 27 septembre 2018
    Écouter la forêt

    Aujourd'hui, Sylvain est à la retraite. Lui le citadin, lui l'ingénieur, lui qui a consacré sa vie à sa à développer des robots toujours plus autonomes, toujours plus rentables, et pour des industries toujours plus polluantes, a subitement décidé de se retirer du monde civilisé et de venir habiter là, dans les montagnes, avec sa femme, Flore, une ancienne courtière en bourse également à la retraite.
    Comme tant d'autres, Sylvain et Flore ont été sensibilisés aux nouveaux enjeux écologiques. Ils ont décidé de tout plaquer du jour au lendemain et de s'installer en pleine nature, loin de leurs enfants, loin des villes, loin de tout. Cela s'est fait sans le moindre regret, et si Flore cherche encore ses marques, son époux se sent déjà en totale harmonie avec la nature.

    Sylvain suit sereinement le sentier menant à la rivière. Là, pour qui sait écouter la nature, on peut entendre les pleurs d'un vieux saule. Depuis combien de temps grandit-il ici, surplombant la vallée, tout seul au bord de l'eau ? Lui qui s'élevait fièrement pendant des décennies a désormais une allure bien déplorable. Son écorce sèche et éclatée trahit les épreuves du temps, tandis que ses fines branches rabougries aux feuilles éparses se font emporter sans résistance aucune par le courant. Mais bien qu'affaissé, il tient encore bien debout.

    Sylvain pose sa main délicate sur le tronc endommagé du vieux saule pleureur. Surpris et touché par le contact inattendu d'un être humain, un surcroît de sève monte subitement depuis ses racines, faisant frémir légèrement les plus petites feuilles de son branchage. Il saisit l'occasion pour raconter ses malheurs : « Je pleurs. Je pleurs parce que le monde se meurt.  La lumière se fait moins belle derrière ces nuages sales. La pluie n'apporte plus rien de bon et la terre m'empoisonne lentement de se mauvais minéraux. Le monde semble être devenu malade. La rivière, jadis si riche en poissons frétillants, est également contaminée, et transporte de drôles de choses dans ses flots pollués. Les insectes, jadis si nombreux, où sont-ils tous passés ? Et les chants des oiseaux, ils me manquent tellement ! Qu'est-ce qui est arrivé au monde ? Je ne le reconnais plus. Alors je reste planté là - que puis-je faire d'autre ? - et je me morfonds en attendant que viennent des jours meilleurs. »

    Mais Sylvain ne peut pas lui répondre. Déjà, Sylvain est un être humain, et il ne comprend pas le langage des arbres. Et puis Sylvain est bien trop occupé à lui couper le tronc à coups de haches pour pouvoir entendre ce qu'il a à lui dire. De toutes manières, Sylvain est pressé. Il a un feu à allumer, et il doit encore dépecer la biche qu'il a chassée pour le banquet. Ce soir, c'est la fête, Sylvain et Flore vont célébrer l'emménagement de leurs premiers amis dans ce petit coin de paradis, et il espère bien les épater avec le nouvel SUV qu'il vient de s'acheter !
    nadiouchka le 28 septembre 2018
    @marcus36, j'ai trouvé ton texte ainsi que les autres et c'est sacrément intéressant. Dommage que le temps me manque pour participer. 
    Astaarte le 28 septembre 2018
    Elle est là, elle me hante, je l'habite. Sous son manteau d'émeraude, elle me porte. Si bruyante dans son silence millénaire. Des siècles de vie, des vies de ce siècle l'animent de l'intérieur.  

    Du ciel, une tranchée d'argent se fraie, tout doucement, un chemin dans son être de ronces, de bois, de feuilles. Et les milliers d'insectes, qui ensorcèlent son âme, s'agitent à la lisière de ma forêt natale.





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