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    colinebabelio il y a 3 semaines
    Dans l’imaginaire collectif, la sorcière est souvent représentée comme une vieille femme acariâtre, hideuse, envieuse et démoniaque, à l’instar de la sorcière de Blanche-Neige. L’image de la vieille femme au rire narquois qui chevauche son balais et jette des sorts à tous ceux assez infortunés pour croiser son chemin, a la peau dure dans le folklore populaire, et pourtant… Pour Mona Chollet, dans Sorcières : la puissance invaincue des femmes, le mythe de la sorcière est né de la peur des hommes envers les femmes libres, indépendantes, puissantes. Mille fois réinventée, la figure de la sorcière est tour à tour effrayante, séduisante, lumineuse…

    Gentille sorcière blanche, jeune instagrameuse adepte de la Wicca, envoûtant succube, ou effrayante prêtresse vaudou… Quelle vision votre sorcière devra-t-elle incarner ?

    Emparez-vous de la figure immémoriale de la sorcière dans notre défi littéraire : « Les visages de la sorcière ».



    Comme à l'accoutumée, la taille de votre contribution est libre, et vous avez jusqu'au 30 avril, minuit, pour nous envoyer vos textes en répondant directement ci-dessous.

    A vos balais, prêts, partez !
    Cindaie il y a 2 semaines
    Merci pour ce nouveau défi !!! C'est parti!!! 😍😍😍
    OSOLEMIO il y a 2 semaines
    Bonjour,ce défi me tente car le sujet est vaste et intéressant  ! ! ! je vais y penser sérieusement avant de répondre et essayer d'enfourcher mon aspirateur (  + pratique que le balai  ! ) .
    cascasimir il y a 2 semaines
    Merci Coline,
    (merci à notre petite sorcière bien aimée !)  merci pour ces propositions intéressantes de défis...

    J'aime votre texte d'introduction...
    La demoiselle est en train de confectionner des produits de beauté, de maquillage bio, ou bien de faire la ....cuisine? ;-) . Ou bien de....?
    kamishibaya il y a 2 semaines
    Bonsoir,
    Dans la scène 6 de l'acte 3 de ma nouvelle pièce, Horatio, le bras armé de Shakespeare, la nourrice d'Hamlet est brûlée vive pour acte de sorcellerie. Qu'on se le lise!
    Sylvain
    Sflagg il y a 2 semaines
    Hello !


    Bon ,c'est un texte qui part dans tous les sens, donc possible que j'en mette un autre plus tard (surtout que j'ai un truc dans la tête s'agissant de Harry Potter et de la Pologne...).

    Bonne lecture quand même :


    Quand la magie s’emmêle                  (04/04/19)


    Nous lui avions jeté sortilège,
    Car, d’un but, il avait sorti Liège.
    Le sort sied bien à celui qui l’avait reçu.
    Le sorcier n’était pas déçu.
    Faut dire que le transformer en citrouille était grand,
    Surtout si trouille on voulait donner aux gens.
     
    Nez crochu et écaille de dragon.
    Légèrement bossue et poil de griffon.
    Si nous croisons un chat noir,
    On le note dans le grimoire.
    Si nous entendons un hibou,
    On attend plus que l’eau bout.

    Va donc sur la colline, et une fois là-bas, guette !
    Ce que font ces vieilles sorcières avec leur baguette.
    Et si, sur le sol, Ma gît,
    C’est qu’elles auront encore abusé de la magie.
    Faut avouer que l’abus de potions,
    Chez elles, c’est une vraie passion.

    Chapeau pointu et bave de crapaud.
    Chaudron foutu et fiente d’escargot.
    Si nous croisons un chat noir,
    On le note dans le grimoire.
    Si nous entendons un hibou,
    On attend plus que l’eau bout.

    Pourquoi ton balai volait ?
    Pourquoi tu bats les volets ?
    Pourquoi ranges-tu là-bas les volés ?
    Pourquoi cultives-tu du datura ?
    Pourquoi rien que de te voir tue rats ?
    Et pourquoi le bûcher point ne te tuera ?

    Grosse verrue toute poilue et queue de lézard.
    Robe noire comme tenue et Couilles de renard.
    Si nous croisons un chat noir,
    On le note dans le grimoire.
    Si nous entendons un hibou,
    On attend plus que l’eau bout.
     
    Punaise ! Je n’aurais pas dû boire la décoction à mère,
    Et aurais mieux fait de me méfier de son goût amer.
    Voilà pas que maintenant je délire,
    Tout en sachant que je dois m’attendre à pire.
    Et, promis,  je lui jette un sort si elle rit
    Car moi aussi je sais faire dans la sorcellerie.

    Barbe blanche bien touffue et venin de vipère.
    Bâton magique tout tordu et Pet de coléoptère.
    Si nous croisons un chat noir,
    On le note dans le grimoire.
    Si nous entendons un hibou,
    On attend plus que l’eau bout.

    S.Flagg !!

    Bonne chance à Tous !!
    CaptainAhamEricka il y a 2 semaines

    La fille de la sorcière

    Maman a fait une de ces têtes, quand je lui ai dit que j'étais en couple. Elle n'a pas crié. Elle ne crie que très rarement. La plupart du temps, elle garde un sourire lumineux, quelques soient les évènements. Mais là, j'ai vu son visage prendre une expression que je ne connaissais pas chez elle. Ça n'a duré qu'un instant. Comme une mèche de cheveux, que la brise bouscule, imperceptible et fugace. Un instant d'inattention aurait suffit pour passer à côté. Alors, cette vision, saurais-je jamais si c'était réel ou simplement un rêve ?

    Voilà, j'ai cru voir son teint pâlir, prendre l'aspect d'une terre stérile. Ses yeux, de la lave. Et, comme un cri abyssal, sortir, en silence, d'une bouche devenue difforme.
    Mais, une fraction de seconde plus tard, ses lèvres avaient repris leur air accueillant. La terreur n'a pas eu le temps s'installer en moi. C'est sûr, je dois l'avoir inventé. J'invente tellement de choses.

    Puis, d'une voix très calme, maîtrisée, avec le soupçon de rigidité et de sécheresse, nécessaires pour appuyer ses propos, elle m'a dit :

    - Sophie, tu as douze ans. Sois un peu raisonnable. Tu as bien le temps pour ça.

    C'était définitif, construit, logique, implacable. Je ne pu qu'acquiescer. Elle a toujours su ce qu'il me fallait, m'a toujours donné le meilleur. Elle me lâche, avec précision, les centimètres de corde qui me feront me sentir libre. Mais, pas assez pour flirter avec le danger. J'ai mon portable, mon laptop, je mange seule, devant mes séries préférées. Dans l'enceinte de notre foyer, j'avoue, je me sens comme une princesse.
    Dehors, je rase les murs. En rentrant aussi vite que possible.

    J'avais pourtant commencé à traîner, depuis que j'étais avec Armand. J'adorais ce gars. Mignon, intelligent et très doué en dessin. Heureusement que Maman m'a réveillée. J'étais complètement sous son emprise, une vraie bollosse, addicte à la cam de ses yeux, à son odeur. Même sa simple présence me déglinguait les hormones.
    Heureusement, Maman veillait :

    - Sophie, si il t'aimait vraiment, il te tiendrait la main dans la cours.
    - C'est vrai qu'il me lâche toujours la main dès qu'on approche du bahut.
    - Et puis, il te présenterait à tous ses amis.
    - C'est vrai qu'il fait son timide, ça me saoule.
    - Le vrai amour doit s'ancrer dans la réalité, sinon, il reste virtuel.
    - Trop.

    Le lendemain, j'ai rompu avec Armand. Sérieux, un gars qui sait pas s'affirmer, non merci.

    Avec Maman, on est pareilles, les mecs, ça défile. Enfin, surtout elle… Au début, quand on a dû se séparer de Papa, elle restait discrète. Mais depuis un an, elle se lâche. Finis, les rendez-vous en douce, maintenant, elle les ramène à la maison. Si, au moins, elle m'écoutait, quand je lui donne mon avis sur l'absence de ces qualités, qui feraient que, peut-être, on réussirait à les aimer, à les garder.
    Mais elle n'en fait qu'à sa tête. Et, la conséquence est immédiate ; ici, les hommes ne font que passer, l'espace d'un instant et, ils disparaissent tous, vite fait bien fait, loin de ma vue.
    Mais, je crois que je n'ai jamais connue Maman triste. Chez nous, on se remet vite. Ça sert à rien de s'apitoyer, la vie est courte !

    Un jour, j'ai capté un bout de conversation. Les voisins parlaient entre eux, dans le couloir. J'ai cru discerner "blablabla… la fille de la sorcière… blabla...". Mais, en arrivant à leur hauteur, ils se sont tus immédiatement. Je ne suis pas parano mais, j'ai comme la certitude qu'ils parlaient de moi.

    - Maman, tu vas pas croire ce que disent les voisins…
    - Tu sais, les gens sont bêtes. Le mieux, c'est de leur sourire et de passer son chemin.
    - Mais, tu veux pas savoir ?
    - Alors... Voyons voir... si je devine ? Ils ne me traitaient pas de sorcière, par hasard ?
    - Trop ! J'hallucine que tu aies trouvé du premier coup.
    - Donc, maintenant, dis-moi, qui c'est la plus forte ?
    - C'est moi !
    - Presque. Allez, il te reste une chance.
    - C'est maman !

    Vraiment, je suis tellement contente de ma vie. Et de savoir que ma mère sera toujours là, pour me tirer des pièges que je ne suspecte pas encore ; ça me donne la force, la confiance. Alors, je sens une puissance créatrice incroyable bouillonner en moi. Elle qui aime lire, je lui fais des romans, des poèmes. Je lui dessine des tableaux et confectionne toutes sortes d'objets, au design parfait et exigeant, pour décorer notre foyer. Toutes ces créations étonnent les gens, surtout quand ils songent à ma jeunesse. Certains; même, ne se cachent pas pour me trouver un peu étrange. Prétendent que mon talent artistique n'est pas naturel ? Les jaloux !

    Heureusement, mon caractère enthousiaste et énergique m'attire plein d'amies parmi les filles de ma classe. Alors, je me sens comme une cheffe de bande, c'est assez grisant. Mais, je préfère ne pas trop m'étaler sur ce côté de mon existence, avec Maman. Quelque chose me dit qu'elle n'apprécierait pas trop. Je le vois, quand je m'enivre trop de joie, pour un de ces cadeaux inattendus, que la vie m'offre régulièrement, à son ton rêche :

    - Allons, ne fais pas ton ado hystérique, tu es ridicule, ma fille.
    - Mais, elle est trop belle, cette guitare !
    - C'est qu'une guitare…

    Hier, pourtant, quelque chose s'est fissuré dans mon âme. Malgré un réveil parfait, un trajet avec le dernier album de mon groupe préféré. Malgré l'air doux et mon tram, à l'heure, qui me dépose à cinq minute du Collège, j'ai senti un froid terrifiant venir se glisser dans mes veines. À mesure que j'avançais dans le couloir, que la porte de ma classe grossissait, l'oxygène semblait se raréfier.
    J'en avais à peine franchi le seuil et, tout de suite, j'ai senti qu'un drame allait s'annoncer. La prof principale me regardait, fixement, avec un air triste qui ne lui allait pas du tout. D'habitude, c'est une vacharde de première, qui ne laisse rien passer. Mais, là, on aurait dit qu'elle me plaignait, du fond du cœur. Elle en avait donc un ? Et les copines, c'était l'apocalypse des mouchoirs en papier. J'ai failli rire devant la corbeille qui débordait. De ces rires d'enterrement, qui viennent d'on ne sait où, comme des tsunamis de chair, des vagues chaudes, des fièvres de sang. Ces trucs qu'on ne devrait pas faire, mais qui font tant de bien.

    - Julie, il s'est passé quelque chose... de terrible.
    - Heu... Je crois que tout porte à le croire, vues vos têtes !
    - Tu as raison, nous devrions faire preuve d'un peu plus de tenue.
    - Non, pardon, je ne voulais pas vous faire de reproches.
    - Sache que ce qui s'est passé, ce n'est la faute de personne. Vraiment.
    - Peut-être pourriez-vous me dire de quoi s'agit-il ?
    - C'est que… C'est dur… C'est à propos d'Armand.
    - Armand ? Il est encore allez pleurer que sa vie est foutue depuis qu'on s'est quittés ? Quel loser...
    - N'était-ce pas toi qui… Peu importe. Non, ce n'est pas ça. Enfin… Il a... disparu.
    - Disparu ? Comment ça, disparu ?
    - Ses parents le cherchent depuis deux jours. Il reste introuvable.
    - Je veux bien vous aider à le chercher mais je n'ai aucune idée d'où il peut être ?
    - C'est qu'on commence à envisager le pire.
    - Pire que de disparaître ?
    - Oui, bien pire. Il y avait des signes étranges, gravés au canif, dans le bois de son bureau.
    - Vous devriez demander à ma mère. Elle a étudié beaucoup de langues anciennes.
    - Merci, c'est une piste à creuser. Je transmettrais l'information.

    Du coup, j'ai gagné une journée de repos. Les adultes sont bizarres, je n'ai rien fait pour être fatiguée ? Mais, c'est toujours bon à prendre. Il fallait, maintenant, que j'aille au boulot de Maman. Je ne supporte pas d'être seule à notre appartement, impossible. Maman dit que c'est normal, à douze ans, je suis encore trop petite. Ouf ! J'aimerais pas être anormale.
    Sa réaction, par contre, m'étonna, quand je lui racontais toute l'affaire :

    - Tu leur a dit quoi... ?
    - Ben, de venir te montrer les signes que Armand a gravés ?
    - Oui, j'avais compris.
    - Ben, pourquoi tu me demandes ?
    - J'aurais préféré avoir mal compris…
    - J'ai fait une bêtise ?
    - Oui, enfin, non… Tout va bien. J'ai simplement très mal dormi cette nuit.
    - Tu veux un câlin ?
    - Un...? Allez, pourquoi pas ?

    Avec Maman, on règle tous nos soucis personnels avec des câlins. C'est carrément magique. Si ça pouvait marcher avec tout le reste ? Par exemple, j'ai beau me creuser la tête, je ne comprends pas pourquoi j'aurais dit une bêtise. Je ne comprends pas non plus pourquoi elle dort mal. On a tout pour être heureuses. Et aucun homme au milieu pour gâcher notre bonheur.

    - Sophie, demain, je t'accompagne au Collège. Ta prof veut me voir.
    - Qu'est-ce qu'elle te veut ?
    - Rien de grave. Parler, tout simplement.
    - Ouais, enfin, parler de moi... J'ai pas cinq ans, tu peux me le dire.
    - Ben, si tu le sais, pourquoi tu demandes ?
    - Ben, j'aurais préféré me tromper !
    - Ah ! c'est malin… Ravi de voir que tout ça ne te prive pas de ton sens de l'humour.
    - T'as vu, j'applique tes conseils tout le temps.
    - Oui, j'ai vu… Tu sais, parfois, les mamans, ce qu'elles disent…
    - C'est pas toujours très poli !
    - Heu, oui… C'est vrai. Mais, surtout, c'est lié à des circonstances très particulières et ne doit pas être appliqué partout, sans discernement.
    - Discernement ? J'ai pas encore vu ce mot. C'est quoi ?
    - On arrive. Je vais être en retard au rendez-vous. On en reparle ce soir. Bises
    CaptainAhamEricka il y a 2 semaines
    Pendant que maman allait au bureau des profs, je retournais en classe. Avec moins de joie qu'avant. J'avais beaucoup de mal, depuis la scène des larmes, à supporter mes amies. Elles étaient trop gluantes comme des tas de pots de miel trop gluants ; je supporte pas le miel. Du coup, l'après-midi fût interminable. Et, c'est avec une impatience, franchement très voyante, que j'attendais la fin de la réunion de maman ; je trépignais devant la porte, comme un petit chien, aboiements compris ! Il fallait absolument que j'arrête de faire ma folle, avant qu'elle ne sorte. Quand elle me voit comme ça, je suis bonne pour une séance de parlotte sans fin, pleine de mots compliqués, que j'ai pas encore vus.

    Mais, la porte s'ouvrit et c'est une maman en larmes que je vis sortir.


    - Ben Maman, t'es triste ?
    - Ah, tu es là ? Non, non, c'est rien. La fatigue.


    Décidément, cette maudite fatigue, il va falloir que je lui règle son compte au plus vite.

    Je sais pas si je vais trouver un sort, dans le bouquin que je lui ai piqué ? En plus, j'ai aucune envie de ressentir ce truc glacé de l'autre fois. Après, y'a pas forcément de lien ? C'est juste que le sort pour Armand, il devait être un peu trop fort, pour moi. Alors que, un sort de sommeil, c'est tranquille. Ça peut pas faire de mal...

    Je crois ?
    donarddew il y a 2 semaines
    Qui se souvient des péripéties engendrées lors de la création de la Terre ?
    Ah, il en a fallut des expérimentations, des essais désastreux, des brouillons avant d'arriver à la dernière mouture.
    Sauf, que là aussi, le résultat était encore très mitigé.
    C'est pourquoi, plutôt que de tout défaire à nouveau, le créateur a tenté de bricoler,
    Il avait toujours l'idée de créer un univers où les étoiles et le soleil brilleraient ensemble.
    Malheureusement, l'incompatibilité du feu avec les trois autres éléments que sont l'eau, la terre et l'air plongèrent la terre dans un univers obscur.
    Et c'est qu'arrivèrent les moisissures, les trolls, les korrigans et finalement les sorcières,

    C'est dans la glace et le froid que naquirent ces femmes, unique sexe, qui a su survivre à des conditions extrêmes.
    Et à force de parience, utilisant l'air et le feu, ces pionnères ont su tenir le froid à l'écart,
    Soucieuse de trransmettre leurs découvertes, elles ont constitué, au fil du temps, une véritable bibliothèque, riche de grimoires, parchemins et autre velins.
    A la force du poignet, si j'ose dire, elles ont créé leur propre univers , enchanté plein de bons sens et d'harmonie,
    Cela aurait pu durer des siècles et des siècles puisque le créateur avait abandonné ce monde à son sort.
    Mais, un jour , du fin fond de sa cervelle aux neurones en bigoudis, ce dernier se remit au travail. En voulant rafistoler ce monde qu'il considéait comme chaotique, il a réussit à faire briller le soleil et les étoiles. Mais juste pendant douze heures c'est pourquoi, il a donné un bon coup d'index sur le globe et a finit pas faire alterner le jour et la nuit.
    Pendant ce temps, les pauvres sorcières, toutes tourneboulées, ont vu leur monde se restreindre et ont voulu savoir pourquoi la nuit venue, elles sombraient dans des rêves cauchemardesques.
    C'est lors d'un accident au laboratoire, alors que tout semblait définitivement bloqué, qu'une petite sorcière parvint à faire un petit trou à l'aide d'une baguette bien tordue.
    Et depuis ce jour, de nombreux passages se sont formés permettant à ce petit peuple d'observer la naissance des humains.
    Les premières générations de sorcières étaient douces, gentilles et pleine de bons sentiments. Mais c'est au contact des humains, que peu à peu , certaines des fées ce sont métamorphosées en maléfiques. Les différentes périodes de l'histoire les ont obligées à se cacher, certaines n'hésitant pas à travailler d'arrache pied pour créer des philtres et des potions pour punir les hommes.
    Les années passant, la cohabitation, bien que toujours difficile, s'est un peu améliorée. Cependant, les sorcières ne peuvent rester trop longtemps au milieu des terriens , au risque de perdre leur spécificité.
    Pour mieux s'intégrer et passer inaperçues, les sorcières de l'an 2000, dévorées par la cusiosité, envoient des émissaires qui rapportent des objets, étudient les us et coutumes.
    C'est de ce monde qu'elles ont rapportés les chats, les corbeaux et le stylo plume.
    Leur bibliothèque s'est enrichi de nombreux livres et certains d'entre eux les font beaucoup rire. Surtout, les contes de fées. Comment peut-on être assez stupide pour croire qu'il suffit d'une baguette, d'un mot pour exercer la magie.
    Non, la magie est une chose sérieuse, cela demande un travail considérable, des années et des années de pratique.
    Pas comme chez ces fainéants qui tournent un bouton pour avoir de la lumière ou cuire un œuf.
    La maîtrise du balai est périlleuse, il ne suffit pas de tenir un volant. Il faut de l'équilibre, de la force, de l'endurance.
    Je suis l'une de ces privégiée qui vit à vos côtés. Mais, je ne vais pas me dévoiler. Je suis comme l'un de vos agents secrets, espions, taupe à l'occasion.
    Maléfiquement vôtre.....
    hseb72 il y a 2 semaines
    Dis papa, c'est quoi une sorcière ?

     

    ...

     

    Ha ! Ben, comment dire ? Tu vois Mamy Zette, la maman de maman... Non, laisse tomber, je vais le regretter longtemps si je continue sur cet exemple.

    Alors ploum ploum, un autre. La voisine, tu vas cafter aussi ; la boulangère, pas assez de moustache ; la verrue de tata Andrée, elle y est pour rien, puis en plus elle te gâte tous les Noëls alors...

    Hein ? Oui, enfin je veux dire que le père Noël l'aime bien... Et du coup nous aussi parce que sinon, s'il le sait, ben il passera plus alors... Enfin, c'est pas le sujet, là on parlait de ta grand-mère. Non. tu effaces, on recommence.

     

    Bon donc, je disais qu'une Sorcière, c'est une dame, mais pas n'importe quelle dame bien sûr. Une très méchante et très laide qui habite une maison très petite et crasseuse au fond d'un bois ou il fait toujours nuit et elle pue en plus. Un peu comme le sac à puces de ta mère. Je veux dire le sac en peluche.. Oui c'est ça ton ours en peluche... Ben, si, il pue. Tu lui mâchouilles l'oreille toutes les nuits, puis tu le traines par terre toute la journée en le tenant par la patte, il ramasse toutes les salop...saletés du quartier. Après ça macère. Il pue grave, c'est une horreur...

     

    Non, non mais ne fais pas cette tête. Bon, donc la sorcière, elle est hideuse... Ça veut dire très laide, voilà. Enfin sauf si on parle de ma sorcière bien aimée. Là c'est une gentille sorcière, mignonne, jolie.. Ouais bien roulée même, avec son chemisier légèrement entrouvert, je peux te dire que quand j'étais môme je ratais pas un épisode. Samantha... Il s'emmerdait pas le Jean-Pierre. Quoi ? Ca veut dire quoi bien roulée. Heu, qu'elle devait avoir une voiture qui devait bien rouler parce qu'elle était toujours à l'heure. Bon, cette partie, tu l'oublies aussi, et tu en parles à personne. Et bien non, évidemment, même si maman est une personne, et que tu dois en parler à personne, c'est à elle en premier qu'il ne faut rien dire, et hop pirouette cacahuète chante à tue-tête. Il était une sorcière lalalère lalalère.

     

    Revenons à nos moutons. Non, ce n'est pas une bergère. Reste concentrée s'il te plait. Tu vois, je pense qu'à trois ans, je suivais mieux ce que me disais mon père que toi. Tu t'éparpilles ma fille. Si tu ne veux pas devenir une sorcière... Non, rien. J'ai pas le droit de te parler comme ça sinon je vais avoir la SPA sur le dos. Enfin la SPA des enfants là. C'est pas facile aussi, tu changes de sujet tout le temps.

     

    Alors, la sorcière, elle est seule dans sa piaule, parce qu'elle est pas fraîche et trop moche pour se dégoter un keum. Elle s'emmerde, alors pour se marrer un peu elle jette des sorts à tout va à tous les connards qui lui piétinent les plates-bandes. Et aussi elle fait des potions avec tous les trucs dégueus que t'as même pas envie de savoir que c'est des crapauds, des limaces et du pipi de chat. Plus quelques poils de nez mais qu'on sait pas s'ils sont à elle. Et après, elle refile tout ça à toutes les princesses des royaumes autour parce qu'elle est jalouse de leur beauté et qu'elle voudrait bien se garder les princes charmants pour elle toute seule. Voilà.

     

    Encore des questions ? Alors d'abord, non, j'ai pas dit connards, j'ai dit canards, parce que... C'est ce que j'ai dit. Et quoi d'autre ? C'est quoi des plates-bandes, des royaumes et jalouse ?

    C'était quoi l'autre question facile tout à l'heure ? Comment on fait les bébés ? Bon, alors disons que si je réponds à ça tu oublieras tes sorcières OK ?
    Under_The_Moon il y a 1 semaine
    Bonjour à tous ! 

    Petite question, idiote peut-être, mais je m'y risque : y-a-t-il des exigences quant à la forme de cette production ? Fiction ? Pamphlet ? Etc 

    Bonne soirée et bon courage aux participants :)
    colinebabelio il y a 1 semaine
    Bonjour Under_The_Moon. Il n'y a aucune exigence quant à la forme que peut prendre votre texte, tout est permis ! Bonne chance.
    Elisa7 il y a 1 semaine
    Elisa7 il y a 1 semaine
    Le bonheur coule de source  
    Les rayons du soleil au zénith se reflètent sur le sable blanc de la piste et la rendent particulièrement éblouissante !

     

    Je marche depuis un bon moment sur la ligne de Baignerault traversant tout le canton du Haut du Parc et je peine un peu à progresser dans la chaleur lourde de ce début d’après-midi. La longue route forestière rectiligne jusqu’à l’horizon longe une vaste étendue de lande à Bruyère ponctuée de quelques pins chétifs ajoutant leur part de monotonie au paysage. Le massif de Tronçais est ainsi parcouru d’une multitude de voies parfaitement droites laissant aux promeneurs une sensation d’immensité.

     

    La végétation rabougrie semble souffrir elle aussi sous le soleil de plomb. La chaleur étouffe tous les bruits et maintient les oiseaux silencieux. Au loin, je devine les bois de Chêne où je trouverai un peu d’ombre qui devrait m’apporter un répit bienfaisant.

     

    J’approche enfin des premiers peuplements et déjà l’air moins brûlant redonne le courage d’avancer. Je ne suis pas le seul à profiter de l’abri des arbres, une Mésange bleue perchée sur une branche de Charme pépie joyeusement. A gauche, un sentier se fraye un passage dans la futaie épaisse menant à la Font du Brigadier où la petite Vieille de Tronçais m’a fixé rendez-vous !

     

    Plus je pénètre dans le sous-bois et plus la fraîcheur m’enveloppe, telle une caresse apaisante. En contrebas du chemin, j’aperçois entre les troncs la vieille femme assise à proximité de la fontaine bien connue des amants abandonnés. C’est amusant qu’elle veuille me rencontrer ici, car cette source possède la réputation de guérir les maladies d’amour. A-t-elle cru qu’elle parviendrait à désaltérer mon cœur assoiffé comme dans l’histoire de la Samaritaine ?

     

    Installée sur un banc au pied des immenses arbres, elle parait davantage ratatinée qu’à notre première rencontre. Elle contemple l’eau jaillissant du sol et de loin, elle donne l’impression d’être en grande conversation avec un personnage invisible à mes yeux. Malgré cela, elle ne sursaute pas lorsque j’arrive à sa hauteur comme si elle m’avait entendu approcher. Avant que je n’aie le temps de la saluer, elle se lève et file sans plus d’explication en direction du ruisseau coulant en contrebas de la source. Elle est encore très alerte et se déplace rapidement à travers la forêt. Ses petites jambes malingres trottinent à la façon de quelqu’un se dirigeant vers un but important. Toute vêtue de noir, elle me fait penser à ces insectes à la carapace bleu foncé courant se cacher lorsqu’on les dérange en soulevant la pierre leur servant d’abri.

     

    Rapidement, nous rejoignons la route du Pont Cassé conduisant vers une zone particulièrement sauvage de ce vaste massif. Elle me précède de quelques mètres et à cause de la chaleur, je peine à tenir le rythme imposé. A présent, nous passons à proximité de la Loge à François, cette ancienne cabane de bûcheron, transformée il y a fort longtemps par son propriétaire en auberge à la sinistre réputation !

     

    François, c’était son nom dans la région, avait pris l’habitude de détrousser ses clients après les avoir poussés à boire plus que de raison. Devant l’impunité de ses méfaits, il s’était enhardi à tuer les pauvres voyageurs qui s’arrêtaient chez lui pour leur plus grand malheur. Ensuite, il les dépouillait et dissimulait à tout jamais leur cadavre au fin fond des bois. Ses forfaits se multiplièrent à tel point qu’ils semèrent l’épouvante dans le pays. Des hommes d’armes furent envoyés sur place, l’appréhendèrent et le pendirent sans autre forme de procès à une branche du Chêne sur lequel s’appuyait la cabane. Cet arbre de triste mémoire se dresse toujours là, juste devant nous comme une potence menaçante rappelant les méfaits perpétrés localement.

     

    Une impression de malaise emplit toujours les lieux et la vieille dame qui jusque-là marchait rapidement accélère encore le pas à son abord. Elle va droit devant elle, vers le Sud du massif avec une obstination presque inquiétante. Elle avance sans se retourner, certaine que je la suis ou plutôt que je ne peux que la suivre !

     

    Au loin, un couple vient à notre rencontre d’un pas tranquille ; Ils sont en grande discussion et l’homme d’apparence âgée parle avec de larges gestes comme s’il décrivait le paysage. Très vite je reconnais en lui mon compère le Garde, mais il me faut parcourir une bonne centaine de mètres avant de distinguer Mathilde à ses côtés. Je ne suis guère surpris de découvrir une jeune fille aussi passionnée des merveilles de la nature en compagnie de ce vieil homme avide de transmettre son savoir. Mais avant même de les croiser, la mystérieuse femme quitte la longue piste ennuyeuse pour emprunter un chemin sur la gauche. Pour la suivre, je pénètre à mon tour en forêt sans avoir le temps de saluer mes amis toujours absorbés dans leur conversation au point de ne pas me remarquer !

     

    Au début, j’apprécie la fraîcheur que procure le sous-bois, mais très vite je déchante. En effet, plus nous pénétrons en forêt et plus le tapis de ronces recouvre le sol gênant terriblement notre progression. Curieusement, cela ne ralentit aucunement la cadence imposée, indifférente aux griffures infligées par les épines, elle enjambe avec une agilité déconcertante les nombreux troncs morts encombrant le sentier.

     

    Nous parcourons ainsi des cantons qui me sont inconnus, le paysage y devient étonnement sauvage, le relief accidenté et j’éprouve énormément de difficultés à garder le rythme. Elle, telle une sombre Corneille, survole cette végétation épaisse et agressive. Après avoir longtemps emprunté une trace particulièrement étroite, nous arrivons au bord d’une vallée assez profonde, envahie d’un taillis exubérant au travers duquel il semble impossible de passer. Mais contre toute attente, elle coupe à travers bois sans même ralentir, se frayant un passage entre les buissons malgré la douleur provenant de nombreuses égratignures. Après une descente cahotante, nous butons sur une rivière serpentant paisiblement dans le fond du vallon. Un gué réalisé à l’aide d’énormes pierres posées en quinconce, nous permet de la traverser sans se mouiller les pieds. Par contre, là où elle passe avec l’agilité d’une biche, je trébuche lamentablement, manquant de tomber dans l’eau à deux reprises.

     

    Sur l’autre rive, une piste longe la rivière quelques centaines de mètres avant d’escalader le versant opposé. De nouveau, les ronces envahissent le chemin rendant notre ascension de plus en plus pénible et je peine vraiment à suivre ce guide impitoyable. Les chevilles et les mains griffées par des épines se couvrent de sang. J’éprouve un mal fou à reprendre mon souffle. Il fait anormalement chaud et bien avant d’atteindre le sommet, j’ai le corps dégoulinant de sueur. Mes pas deviennent hésitants et je finis par buter sur un tronc couché en travers du sentier. Incapable de me retenir, je tombe lourdement en avant et pour couronner le tout mon crâne heurte un rocher. Au loin, la petite silhouette noire s’éloigne indifférente à ma chute !

     

    Malgré de multiples efforts, je ne parviens pas à me redresser, je ne saurai jamais où elle voulait m’entrainer. Mais étrangement, cela me laisse totalement indifférent. Au milieu de la brume dans laquelle mon esprit parait flotter, une pensée s’impose à moi comme une évidence, cela n’a vraiment plus la moindre importance. Avec une lucidité inattendue, je prends conscience de ne plus avoir besoin de courir les bois à la recherche d’une fontaine miraculeuse !

     

    Soudain, les images se brouillent dans ma tête, je sens la transpiration mêlée de sang couler le long de mon visage. Un cri de douleur m’échappe et tout disparait, la femme, la piste, même le paysage s’efface. Il ne reste plus pour finir que moi en sueur sur mon lit !

     

    Par la fenêtre ouverte, une lune parfaitement ronde semble me regarder tel un gros œil jaune, carrément moqueur. Décidément, depuis que je demeure à Tronçais, elle s’acharne à perturber régulièrement mon sommeil en provoquant d’étranges cauchemars.
    cascasimir il y a 6 jours
    Blanche, la petite fille du Lac.

    Les socières, magiciennes et enchanteresses n'existaient pas dans le monde celtique.
    La magie était réservée aux hommes !

    Blanche, du haut de ses 6 ans, insistait, se fâchait et devenait toute rouge, comme son chaperon :
    - Je veux que tu m'apprennes, Myrrdin!
    - T'apprendre, tu es trop petite. Répondit le vieil homme.
    - Je suis assez grande pour t'apporter ton thé, te préparer tes potions ou aller te chercher tes herbes.
    En soupirant, Myrrdin se pencha sur l'enfant.
    - Tu ne "peux" pas savoir tout ce que tu voudrais savoir. Tu as appris à lire, c'est vrai mais...

    Myrrdin se souvenait...
    Blanche, dans son petit manteau rouge, affrontant les loups. Elle n'avait aucune peur, cette nuit là et leur parlait, comme à des chiots. Des bêtes énormes, qui la dépassaient d'une toise.
    "Il faut aller plus loin, éviter les chaumières, sinon on va vous chasser, vous comprenez ?
    Le vieux chef du clan inclinait la tête, puis repartit avec sa meute.
    Au village, les paysans parlaient de miracle. D'autres disaient qu'elle chantonnait, avec les oiseaux et tenait langue avec les animaux de la forêt.

    Certains, dont le Grand Druide la traitait de "sorciére."
    Les arts divinatoires et la magie ne sont pas pour les femmes, et en particulier pour les petites filles! Qu'arrivera-t-il si elle déclenche une catastrophe ? Le lait des vaches va se tarir, l'eau sera empoisonnée et les arbres perdront leurs feuilles ?
    L'hiver à jamais ?
    Jamais, tant que le Grand Druide serait debout, par Cernunnos, le Dieu Cornu !

    Myrrdin se taisait, car il voulait pas que sa petite Blanche apprenne la magie.
    Il avait vu l'enfant devant les loups.
    Et défiant la "Chasse sauvage"...
    Cette chevauchée d 'âmes damnées dans le ciel, les nuits de tempête et d'orage. Tous se couchaient sur le sol, face contre terre, pour se protéger du Malin.
    Pas Blanche, qui affirmait que ce n'était que le tonnerre et la foudre. Elle désirait étudier le phénomène, tel un nouveau Prométhée, la figure baignée par la pluie.
    Blanche voulait apporter la connaissance, aux hommes. Et la "lumiere" dans leurs masures et dans leurs coeurs.

    La petite suivait les sages femmes et désirait comprendre le cycle de la Vie. Apprendre aussi auprès des forgerons, des paysans et des fermiers. Elle pouvait prédire la pluie, en regardant le ciel, et vous parler des cultures et de la rotation des champs. Tout ça, à 6 ans !

    Une nuit, Myrrdin qui la surveillait, la vit défier l'Ankou !
    La Mort, silhouette fantômatique et décharnée, tenant sa faux affilée, venue chercher un pauvre diable. Blanche se dressa soudain devant l'Ankou, qui recula presque... Elle lui demandait des comptes...
    Pourquoi? Et où allait-il emmener le mourant ? Peut-on revenir de l'Autre monde?
    L'Ankou abasourdi, tentait presque de se justifier...
    Parce que...C'est ainsi, on ne peut revenir de Là-Bas. Seules les sorcières le peuvent, il y eu un pauvre poète, Orphée, qui tenta la traversée du Styx pour sa femme, mais il échoua...

    Tout le monde avait peur de l'Ankou. Mais Blanche montrait que ce n'était qu'un pauvre damné, obligé de faire un travail terrible et personne ne pensait à lui.
    Elle plaignait l'Ankou...
    Myrrdin vit une larme couler de sous le capuchon noir. Une seule !.
    Le Faucheur hésita puis fit faire volte face, à sa sombre cavale.
    Cette nuit là, on cria encore au miracle, car le vieux Joseph se réveilla de son sommeil comateux.
    Blanche sut alors, sa vocation.

    Il y avait des vieilles femmes ayant la connaissance des herbes, des soins et de la médecine, dont les paysans avaient peur...
    Blanche deviendrait la première enchanteresse blanche, celle dont les gens auraient besoin !
    Elle pourrait aider ce pauvre monde...
    Elle allait devenir la Dame Blanche, la Dame du lac !.
    La première des Seelie, car elle pourrait apprendre à d'autres la magie blanche, celle qui guérit.
    Et regrouper autour d'elle, les elfes et les farfadets, ainsi que les Korrigans.

    - Pourquoi veux tu passer dans l'autre monde, la nuit du Samhain, quand les portes entre les 2 mondes, s'entre ouvrent ?
    - Je veux pourvoir ramener ma maman ! Fit Blanche, en tapant du pied.
    Alors Myrrdin, le vieux fou, le magicien, l'enchanteur prit la petite main de Blanche, et l'emmena pour lui apprendre les arcanes de la magie...

    En mémoire...d'une petite sorcière bien aimée.
    scooby il y a 3 jours
    Nez crochu un peu poilu
    Yeux pochés, visage ridé
    Gros bouton en surplus
    Le visage de la peur

    Sortilèges et incantations
    Bave de crapaud et potions
    Mauvais sort à fusion
    Sorcière de malheur

    Nez très discret
    Traits fins, visage lisse
    Yeux plein de malice
    Le visage parfait

    Petit nez qui remue
    En toute discrétion
    Provoquant l'admiration
    Ma sorcière bien-aimée
    Rennath il y a 10 heures
    Bonjour, ma contribution ...

    Promenade nocturne


    Dans la nuit tombante, Lucille marchait d’un pas allègre sur ses hauts talons évitant avec adresse les nids de poule et les déchets amoncelés sur le trottoir.

    - Et la minette, où tu vas comme ça ?

    Deux types maigres, mais patibulaires, lui barraient le passage. Lucille les regarda d’un air interrogateur.

    - Ton sac, fit un des types, et voyant qu’elle ne bougeait pas, et dessape toi ...

    - Il fait un peu froid, leur fit-elle remarquer.

    - T’entends pétasse, ce qu’on te dit, ton sac et à poil !

    - Vous ne me parlez pas très gentiment, on dirait non ?

    La remarque les surprit un peu, mais l’un réagit tout en sortant un couteau.

    - On n’est pas des gentils et tu comprends le français, action !

    - Euh, non j’ai pas envie ...

    L’un des loubards voulut empoigner son sac mais une lame surgie d’on ne sait où lui fendit la main interrompant son geste. Son collègue voulut l’aider mais un talon aiguille s’empala près de son cœur. Tous les deux étaient immobilisés.

    - Je suis désolée, je n’ai pas envie de vous obéir, vous n’êtes pas très gentils. Vous allez être paralysés une heure ou deux, je récupère ma chaussure, j’en ai besoin. A bientôt.

    Et toujours aussi allègre, elle reprit sa promenade. Momo s’était réfugié loin des coups de son père derrière la poubelle, la dernière cachette que ce dernier n’avait pas encore trouvée. Il venait d’assister à la scène. Depuis quelque temps, les deux crétins terrorisaient le quartier. Avec méfiance, il s’approcha d’eux et empoigna le portable du plus proche pour appeler la police. Il n’aimait pas beaucoup les flics qui l’avaient déjà coincé une fois ou deux pour des vols à la tire, à sa décharge, c’était pour nourrir ses frères. Deux crapules en moins dans ce quartier, c’était une goutte d’eau dans la mer !

    Aurélien était de service ce soir là et pour l’instant son activité principale consistait à faire des avions en papier et à essayer de viser la poubelle avec peu de résultat. Il était suspendu depuis quelque temps et on l’avait mis dans ce commissariat où normalement les problèmes se réglaient sans eux : on n’appelait jamais la police, il n’y avait plus non plus de patrouilles dans les rues, les voitures se faisant caillasser systématiquement. C’est dire si le coup de fil de Momo le surprit.

    - Et Bébert, viens avec moi, il paraît qu’il y a les deux affreux jojos qui sont immobilisés.

    Le Bébert en question, Albert, glandouillait en attendant dans trois mois sa retraite et passait sa journée à lire les journaux de sport.

    - On a une voiture ? demanda-t-il avec une mauvaise volonté évidente.

    - Oui, la twirling mini est réparée.

    Au moins, ce n’était pas celle électrique qui tombait en panne au moment les plus dangereux. Le service héritait de tous les modèles à tester.

    - Si on arrête des gens comment on va les faire rentrer là-dedans ?

    - Il paraît qu’ils sont immobiles mais je vais appeler la fourgonnette.

    Et les voilà partis vers le quartier où aucun flic n’avait mis les pieds depuis 6 mois. Évidemment, quand ils arrivèrent sur place, il n’y avait plus personne sauf les deux zozos figés qui furent chargés avec beaucoup de difficultés dans la fourgonnette.

    - C’est quand même bizarre, dit Bébert, ils sont vivants mais immobiles.

    - Ils vont être examinés par un médecin.

    Lucille continuait sa visite, quand elle entendit des hurlements :

    - Momo, sale bête, viens par ici ! Si je dois me déplacer ça va barder !

    - Vous cherchez votre animal de compagnie ? questionna-t-elle curieuse.

    - Espèce d’abrutie, c’est mon fils Momo, ce crétin a préféré acheter de la bouffe pour ses frères plutôt que de la bière. Si je travaille c’est pour moi pas pour des parasites !

    - Parasite ?

    - Et oui, ma bonne dame, j’ai fait des études moi, j’aurais réussi si j’avais pas eu cette garce de bonne femme et tous ses moutards.

    - Ce ne sont pas les vôtres ?

    - Elle me les a tous faits dans le dos.

    - Dans le dos ?

    - Mais tu comprends rien toi ? Dans le dos, j’en voulais pas, c’est elle qui m’a forcé.

    Lucille était perplexe.

    - Le voilà, le petit crétin.

    Avec une agilité que ne laissait pas prévoir son énorme bedaine, il empoigna le gamin par les cheveux et commença à le secouer. Les larmes de Momo coulèrent sous la douleur mais il ne dit rien sinon son père se défoulerait sur sa mère et ses frères.

    - Ce n’est pas très gentil ce que vous faites.

    Le père se retourna avec un rire gras.

    - Je suis pas un gentil et ce crétin le mérite bien.
    - Je ne trouve pas.

    - Je m’en fous de ton opinion.

    Il avait à peine fini sa phrase que d’un mouvement vif, elle avait envoyé encore un de ses talons, le paralysant et libérant l’enfant. Ses quelques cheveux s’étaient dressés sur la tête et son visage trahissait une immense souffrance.

    - A chaque fois que vous ferez du mal à quelqu’un, vous ressentirez ce que vous faites aux autres pendant ... elle le regarda d’un air pensif, au moins une heure. Ça vous va ? compléta-t-elle en souriant.

    Et elle reprit sa chaussure et repartit toujours aussi allègre, sous l’œil stupéfait de Momo qui se mit à la suivre.


    Elle s’enfonçait maintenant dans la zone la plus mal famée, là où seuls les drogués en manque s’engageaient. Les lampadaires étaient depuis longtemps tous cassés, les rues défoncées, des cadavres de voitures volées traînaient sur les restes de chaussée. Des meubles et des déchets non identifiés jonchaient le sol.

    - Madame, madame, n’allez pas là c’est très dangereux, c’est le domaine des Tazz.

    - C’est une race ? dit-elle en se tournant soudainement vers lui.

    - Non, c’est un gang, ils sont violents et méchants.

    - Ah, d’accord, dit-elle en reprenant sa route.

    - Qui vous cherchez ? je peux peut-être le trouver mais n’allez pas là.
    Momo était mort de peur, ils avaient franchi la frontière invisible. Sans répondre elle continua de marcher, évitant avec adresse, les pièges du chemin.

    - Et la femelle tu vas où comme ça ? s’exclama une voix violente.

    Un type noir énorme, leur barrait le chemin, derrière on entendait les pas d’autres gars qui les cernaient..

    - T’as rien à foutre là ! T’avances pas, tu veux quoi comme came ?

    - Comme came, répéta-t-elle, c’est quoi ça ?

    - Elle est sort de HP, ou quoi, s’exclama un des types derrière elle.
    - C’est quoi HP ?

    - Tu sais que t’es pas mal toi, je vais te présenter au patron, il a la dalle en ce moment ...

    Il l’empoigna et la tira violemment, vers un des immeubles sans lumière. Seul, un étage au milieu, avait encore ses fenêtres. Ils prirent l’ascenseur qui était étonnamment bien entretenu et la traînèrent dans une pièce immense, un salon surchargé de meubles clinquants blancs et dorés rempli de types armés.

    - C’est brillant ici, dit-elle poliment.

    - T’es agent immobilier, demanda un énorme type, vautré dans un fauteuil devant la télé. Il faisait au moins 300 kg, et quand il se levait, cela voulait dire que ça allait barder !

    - Ta mère t’a jamais appris la politesse, on dit bonjour.

    - Bonjour, répéta-t-elle.

    - Tu te fous de ma gueule, connasse.

    - Non, je ne pense pas.

    Elle semblait perplexe.

    - Comment tu t’appelles ?

    - Lucille.

    - Comme la chanson de l’autre pédale.

    - Heu, je crois que c’était Lucie mais j’ai choisi parce que c’est la lumière.

    - C’est elle qui a choisi, elle sort d’où celle-là !

    - Qui choisit alors ?

    - Bin les parents tu viens de quelle planète ?

    - Alors c’est mes parents qui l’ont choisi, alors.

    Elle avait un ton absolument pas convaincu.

    - Elle est zinzin mais elle est bonne.

    - Je ne suis pas comestible !

    - T’inquiète pas cocotte, on va aller voir la chambre tous les 2.

    - J’ai pas envie.

    Profitant de l’intérêt que suscitait Lucille, Momo en avait profité pour dérober le portable d’un des types qui lui tournait le dos.

    Aurélien était à peine revenu, et avait installé dans la cellule les deux gugusses toujours immobiles. Il allait appeler le médecin de garde pour une visite, quand ce dernier le devança.

    - Il y a une de tes habituées, à moitié hystérique qui vient d’appeler, son mari ne bouge plus et je ne peux pas aller dans le quartier sans escorte.

    - OK on y va, j’embarque Bébert et on prend la fourgonnette.
    Quand ils arrivèrent, ce fut pour voir un type immobile, énorme, couvert de crachats et de déchets et qui dégageait une odeur de pisse.

    - Il n’est pas très aimé dans le quartier, commenta Bébert, qui regardait autour de lui affolé. Encore un qui bouge pas, c’est une épidémie.

    - Regardez ce qui lui est arrivé. Et tout le monde se venge sur mon doudou. C’est vrai qu’il est un peu nerveux quand il a bu mais il est si gentil sinon.

    Aurélien était découragé, il ne se rappelait pas avoir vu son mari à jeun. Elle avait été hospitalisée de nombreuses fois suite aux coups, mais jamais elle n’avait voulu déposer plainte, même aujourd’hui, elle le défendait encore.
    Rennath il y a 9 heures
    La suite ....

    Moudjir, de son vrai prénom Pablo mais il trouvait Moudjir plus effrayant, se leva brusquement.

    - Ras le bol des histoires, t’es bonne tu viens avec moi.

    - Vous ne me plaisez pas beaucoup, vous n’avez pas l’air très sympathique. Je n’ai pas envie de vous suivre.

    - T’as pas le choix, pétasse, et tu feras tout ce que je dis.

    Il s’approcha pour la saisir mais à une vitesse incroyable, les dealers se mirent à s’entre tuer tandis que Lucille s’était jetée sur Momo et le protégeait de son corps. En quelques minutes, il ne restait plus que les armes un peu fumantes et des cadavres éparpillés partout.

    - Oups, ils m’énervaient ceux-là, fit Lucille en se relevant et en s’époussetant, j’ai peut-être été un peu radicale non ?

    Aurélien vit le service des appels d’urgence le contacter et décrocha :

    - C’est votre soirée, il y a eu une fusillade, à trois pâtés de maison d’où vous êtes, chez le gang des Tazz. On envoie les renforts, des flics et des ambulances, on a entendu les coups de feu par téléphone.

    Aurélien et Bébert virent arriver tout courant un gamin affolé :

    - Ils sont tous morts, venez voir. Il reste qu’une fille Lucille.

    Et, il regarda l’homme immobile que trois ambulanciers avec des ahanements essayaient de faire rentrer dans l’ambulance.
    - Ah tiens, papa n’est toujours pas réveillé !

    - Tu sais ce qui est arrivé ?

    - J’ai vu la fusillade, j’ai appelé.

    - Tu peux nous guider ?

    - On n’a pas d’armes, murmura Bébert à Aurélien.

    - Ce n’est pas grave, dit Momo.

    Il les emmena à pied par les rues défoncées, les voitures ne pouvaient pas circuler, ils étaient méfiants, mais il n’y avait pas un chat et Momo paraissait curieusement calme. Dans l’appartement, il y avait des corps éparpillés partout et une fille assise sur le seul fauteuil indemne de sang.

    - Ça va Mademoiselle, vous n’avez rien ?

    - Oui, ça va je vais très bien.

    Mauvaise réponse, elle le lut dans les yeux d’Aurélien, que pouvait-elle bien dire ?

    - En fait, je me sens un peu faible.

    Ça c’était pas mal.

    - Les médecins vont arriver, ils vont vous examiner.

    - Je suis juste, euh sous le choc mais je n’ai pas besoin d’être examinée. Surtout pas, rajouta-t-elle in petto.

    Elle détailla Aurélien, elle le trouvait plutôt beau, si il n’y avait pas eu ses yeux foncés revenus de tout, et ses cernes noirs. Elle avait envie de lui faire plaisir.

    - Que faites vous là ? Ce n’est pas un endroit pour vous.

    - Je me promenais.

    Ah non, encore une erreur.

    - Je me suis perdue.

    Çà c’était bien. Elle arrivait à lire sur son visage, les bonnes et les mauvaises réponses. Momo la regardait les yeux écarquillés mais ne disait rien.

    - Vous pourriez nous raconter ce qui s’est passé.

    - Oui, le gros monsieur voulait m’emmener dans sa chambre et d’un seul coup ils se sont tous tirés dessus.

    - Comme ça, sans raison ?

    - Oui, oui.

    Dans le doute, Aurélien se tourna vers le gamin qui confirma d’un mouvement de tête. Le centre d’appels lui retranscrit l’enregistrement qui correspondait aux événements. Entre temps, experts divers, médecins et policiers avaient envahi tout l’espace.


    Il trouvait Lucille vraiment très calme après ce qui s’était passé et se demandait si elle n’allait pas faire une crise de nerfs.

    - Je vais retourner au commissariat. Êtes-vous en état de faire une déposition ou souhaitez vous qu’on vous emmène à l’hôpital ?

    - Ah non, je vais très bien, je viens avec vous.

    - Moi aussi, dit Momo, je viens.
    Avec elle, Momo avait l’impression que rien ne pouvait lui arriver.


    Quand ils arrivèrent au commissariat, le médecin appela. Le père de Momo s’était réveillé.

    - Il est complètement cinglé, il n’arrête pas de hurler que ce n’est pas juste que même quand il casse des objets, il a mal. Depuis il est calmé, il semble souffrir mais on ne sait pas de quoi. On a appelé les urgences psychiatriques, commenta le docteur.

    - Oh j’ai du mal doser, dit Lucille qui était assise en face d’Aurélien, en attendant de faire sa déposition.

    - Qu’avez vous dit ? demanda Aurélien.

    - Rien je réfléchissais ...

    - Pourriez vous me dire comment vous avez atterri là, vous avez bien dû voir que le quartier était dangereux.

    - J’ai rencontré des gens qui admiraient mon sac, ensuite un monsieur qui cherchait son chat, un grand garçon qui m’a fait visiter le quartier et des types qui voulaient me manger, mais sinon rien de particulier.

    Voyant l’air hébété d’Aurélien,

    - Je me suis juste perdue et je ne savais pas comment retourner chez moi.

    - Et où habitez vous ?

    Elle se félicita d’avoir eu la bonne idée de réserver une chambre dans un hôtel, dont elle lui donna les coordonnées.

    - C’est à l’autre bout de la ville.

    - J’aime marcher, j’ai l’habitude, je voulais visiter.

    Quand elle sortit, Momo toujours sur ses talons, elle lui dit gentiment :

    - Tu ne retournes pas chez toi ?

    - Ma mère ne s’est pas rendue compte que je n’étais pas rentré.

    - C’était une belle balade aujourd’hui. Demain, je vais visiter un autre quartier, je pense que nous aurons encore une bonne journée, tu veux venir avec moi ? Mais j’ai une question très importante à te poser : tu crois qu’on arrivera à le faire rire ?

    Momo se tourna vers elle interloqué avant de se rendre compte de qui elle parlait, et sourit :

    - Après une nuit pareille, je crois que tout est possible ...
    CaraT il y a 4 heures
    Bonjour à tous ! Voici ma contribution. 

    La passeuse d'anges

    Vienne, mai 1781

    C'est une radieuse matinée de printemps. L'Europe est dans une période relativement prospère, le commerce avec l'Orient bat son plein et, depuis près de trois siècles maintenant, avec les Amériques : des plantes, du café, des épices, mais aussi le savoir à portée de presque tous… Oh, bien sûr, le bonheur et la liberté prônés par les artisans de celui que l'on surnommera plus tard le « Siècle des Lumières » ne sont pas encore garantis pour tous, mais l'Europe est en train de vivre de grands changements.

    Mais pour le moment, Marieke n'a que faire de tout cela. Il fait beau, et elle est somme toute assez satisfaite de sa jeune existence.

    Marieke a 27 ans et un métier qu'elle aime par-dessus tout : elle est passeuse d'anges, ce qui signifie qu'elle met au monde des enfants. Depuis plusieurs années, elle apporte ainsi une aide précieuse aux mères sur le point de donner la vie. Sa connaissance approfondie des plantes et autres onguents venus de contrées lointaines font d'elle une jeune personne respectable, et respectée.

    D'ailleurs, c'est dans l'échoppe d'un marchand d'épices que nous la retrouvons, souriante mais ne se laissant pas faire pour autant : en matière de négociations, elle est intraitable. Le marchand, habitué aux visites régulières de la jeune femme, fait mine de refuser, d'argumenter, de s'opposer et finalement, finit toujours par céder au beau sourire de Marieke : il la sait fidèle à son échoppe, et elle, de son côté, connaît le sérieux du marchand et la qualité de ses produits. Nos deux protagonistes y trouvent donc leur compte.

    Aujourd'hui Marieke est venue se réapprovisionner en safran, remède souverain pour calmer les contractions pré-accouchement, en gingembre qu'elle utilise fréquemment en tisane pour ses vertus fébrifuges tout autant que pour son action redynamisante.

    Sa bourse de cuir maintenue en bandoulière autour de la taille, elle prend un plaisir quasi sensuel à humer les odeurs d'épices et de plantes qui embaument la modeste boutique, qui n'en est pas pour autant bien achalandée.

    Elle en était là, les yeux fermés, à sentir des fleurs de camomille séchée et de la cardamome (idéale contre les aigreurs d'estomac et la digestion), lorsqu'on entra précipitamment et qu'on vint la tirer sans trop de ménagement par le bras.

    « Vite, vite ! Il faut que vous veniez !

    - Mais… ?

    - Je vous en prie, dépêchez-vous, mon Maître n'a que très peu de patience et Madame va très mal !

    Délaissant avec un peu de regret le voyage olfactif qu'elle était en train de s'offrir malgré elle, Marieke salua précipitamment le marchand d'épices, et se hâta de suivre l'homme qui la devançait.

    Celui-ci, assez élégamment vêtu, fit monter la jeune femme dans une calèche qui devait les mener au logis du Maître dont il était question.

    Très nerveux, le laquais lui expliqua qu'il était au service du Comte Augarten, un homme connu pour être peu commode avec ses domestiques et parfois avec son entourage proche. A l'évocation de ce nom, Marieke sentit un frisson lui parcourir l'échine. Il se murmurait que le Comte était proche du cercle de l'Archiduc d'Autriche lui-même…

    Ce n'était pas la première fois que la jeune femme était appelée auprès de personnes dont la réputation dépassait les limites de son petit village natal, mais le Comte était particulièrement craint, dans la région. Marieke se força discrètement à respirer, longuement, par les narines, et à souffler par la bouche. Après tout, elle connaissait son métier et elle n'avait aucune raison particulière d'avoir peur.

    Pourtant, une crainte diffuse la contrariait, serrant son coeur plus que de raison. Elle mit cela sur le compte de l'anxiété contagieuse du laquais qui, maintenant, arborait un visage fermé et une attitude crispée. La Maîtresse allait mal, il le savait… Toute sa grossesse avait été un mauvais rêve. Dès les premières semaines, elle avait commencé à vomir, à avoir des douleurs régulières dans le ventre, à ressentir des maux d'estomac. Elle dormait mal, digérait mal, et aucun des remèdes servis par les domestiques n'avait pu soulager la pauvre femme. Et, maintenant que l'enfant était prêt à venir au monde, elle souffrait le martyr.

    C'est au moment où les contractions étaient devenues insupportables que le Maître s'était résigné à faire appel à Marieke. Il devait l'attendre dans un état de colère que redoutait le laquais. Les accès de fureur du Maître pouvaient prendre des proportions terribles. Et pour son premier enfant légitime, il semblait perdre tout contrôle de ses nerfs devant l'impuissance de son médecin personnel à calmer les douleurs de son épouse.

    Marieke fut reçue par un homme glacial, bien que manifestant malgré lui des signes d'inquiétude que la jeune femme perçut et qui, paradoxalement, la rasséréna. Elle demanda à voir la chambre de la parturiente, dont les cris déchirants lui parvenaient distinctement.

    Elle y fut amenée et comprit tout de suite que le travail allait être difficile, long, douloureux : une quantité anormale de sang maculait déjà les draps de l'accouchée. Marieke prit la main de la future maman, la serra un peu. Elle était brûlante… Marieke demanda à ce qu'on lui amène de l'eau bouillante. Elle y déposa du thym, dont elle connaissait les vertus fébrifuges, des fleurs de tilleul, de camomille, et y ajouta du miel.

    Puis, dans un autre récipient, elle jeta en pluie de l'arnica, de la reine des près, de la sauge et de la valériane, et une petite quantité de camphre. Cela devrait aider à calmer les douleurs de la pauvre femme qui lui lançait des regards remplis d'effroi.

    Notre passeuse d'anges passa une main qu'elle voulait rassurante dans les cheveux de la maman, avant de se mettre à tâter le ventre déformé, et tenter de déterminer la position du bébé. Marieke fronça les sourcils : les choses se présentaient mal… très mal. Le fœtus était dans la position la plus complexe et la plus dangereuse qui fut pour l'époque : il se présentait par le siège. Marieke tenta, par des palpations savantes et par ce qui ressemblait véritablement à des tours de passe passe, de faire bouger le fœtus de position, déclenchant à la parturiente des cris insupportables.

    Puis, petit à petit, les remèdes semblèrent produire leur effet, et la douleur devint moins horrible.

    Hélas, cela eut également pour effet de plonger la future mère dans un état de torpeur qui l'empêcha de pousser pour laisser passer le bébé. Marieke eut beau l'encourager, lui ordonner, la supplier, rien n'y faisait. La pauvre femme avait déjà perdu beaucoup de sang : elle était manifestement au bout de ses forces et, avant que le bébé ne sortit de son ventre, elle mourut. Le bébé, resté trop longtemps coincé dans le col de sa mère, lui survécut de quelques minutes.

    Le Comte Augarten, miné par le chagrin et ressentant le besoin de trouver un responsable sur qui passer sa fureur et sa peine, se mit à détester instantanément Marieke. Depuis ce funeste jour, l'ex futur père n'eut de cesse de prétendre que c'était elle la fautive, que sa culpabilité dans le meurtre de son épouse et de son enfant ne faisait aucun doute, que ses remèdes étaient ceux du Malin en personne et que cette femme, pour avoir pris deux vies d'un coup, méritait la mort.

    Sa proximité avec Joseph II, l'Archiduc d'Autriche, donna un écho considérable à cette histoire et Marieke ne connut plus de répit. Plus personne ne fit appel à ses services et, de jeune femme au statut quasi divin sachant calmer maux et blessures, elle devint aux yeux de tous un démon qui tuait des enfants.

    La rumeur enfla tant et tant que Marieke s'enfuit et personne ne la revit.

    Certains, pourtant, prétendirent l'avoir croisée aux abords du village, le dos courbé, les cheveux hirsutes et le regard fou, rempli de haine. Elle avait vraisemblablement perdu la raison : elle traînait derrière elle un vieux balai dont on se demandait à quoi il pouvait bien servir. On alla même jusqu'à dire qu'un affreux corbeau lui tenait désormais compagnie...

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