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    mailys_babelio il y a 2 semaines
    Et si la Belle au bois dormant ne s’était jamais réveillée ? Et si Blanche-Neige n’avait pas croqué dans la pomme ? Et si Cendrillon n’avait jamais perdu sa pantoufle ? Après les avoir lus et entendus tant de fois, les contes de notre enfance nous paraissent être gravés dans le marbre. Mais une autre histoire est peut-être imaginable …



    Dans le défi d’écriture du mois de septembre nous vous proposons de réécrire un conte populaire à votre manière. Comme d’habitude, la taille de votre contribution est libre et vous avez jusqu’au 30 septembre minuit, pour nous soumettre votre texte en répondant ci-dessous. Le gagnant remportera un livre. J’attends vos contes avec impatience !
    Isa0409 il y a 2 semaines
    Bonjour, y a-t-il des conditions spécifiques à respecter ? Je voudrais me lancer mais c'est la première fois et je voudrais avoir quelques conseils :)
    Merci par avance et bonne journée !
    rosytta il y a 2 semaines
    Bonjour j'aimerais bien me lancer aussi mais faut-il que le texte soit moderne ou on restait dans le conte plus ancien ? Autre question on poste le texte ci-dessous ? merci bonne journée ^^
    Bibalice il y a 2 semaines
    Bonjour Isa0409  et rosytta  : Aucune condition particulière à respecter : la forme est libre, le nombre de caractères également. Il suffit de poster votre texte ci-dessous.
    Isa0409 il y a 2 semaines
    Merci Bibalice   :)
    Under_the_Moon il y a 2 semaines
    Super idée ! Je me laisse tenter par l'aventure :) 
    EnyaPoloczek il y a 2 semaines
    Je n'ai jamais participé à ce genre de concours mais je vais me lancer ! 
    limei il y a 2 semaines
    Super idée pour ce lancer
    soledadnad il y a 2 semaines
    Il faut donc écrire sur ce post si j'ai bien compris ?
    MlleBooks36 il y a 2 semaines
    J'ai hâte! :)
    mariolga il y a 2 semaines
    Zélectrique conception

    25 mars 2000. C’est le printemps. Les expulsions peuvent reprendre. Pourtant l'hiver n'est pas fini. Cette nuit, il est même tombé quelques flocons. Marie n'a pas envie de se lever. Depuis deux mois, l'électricité est coupée. Le manque de lumière ne la gêne pas : le néon fluorescent de la pharmacie d’en face clignote toute la nuit. En revanche, il n'y a plus ni chauffage, ni eau chaude et se lever dans Le froid et l’humidité lui est insupportable.

    Comme tous les matins, Joseph est allé à l'ANPE. Depuis qu'il a laissé deux doigts dans la scie circulaire, il ne trouve plus d’emploi comme charpentier et comme il travaillait au noir, inutile d'espérer une rente accident du travail. Il a bien déposé un dossier à la MDPH, mais en attendant les deux ans nécessaires au traitement du dossier, il cherche du travail, avec un peu moins d'enthousiasme chaque jour. Il n'y a pas que pour le travail que Joseph manque d'enthousiasme. Cela fait des mois qu'il ne regarde plus Marie.

    Ça aussi, ça commence à lui peser à Marie… Alors elle rêve à l’homme qu’elle a connu, jadis.
    Lorsque ses parents passent la voir, Marie fait bonne figure : plutôt crever que de leur avouer qu'avec le RSA, on ne s'en sort pas, et que le loyer n’est pas payé depuis plus d'un an. A quoi bon ? Que feraient-ils pour les aider ? Ils ont leur vie ailleurs et une petite retraite. Marie rêve à ce qu’aurait été sa vie si elle avait écouté sa mère, si elle avait continué ses études, si elle n'était pas tombée amoureuse de Joseph quand il était si beau, si  fier, si vaillant...    
    Des coups retentissent à la porte. La première fois, Marie fait la sourde oreille. Mais les coups se répètent avec insistance. C'est cuit, maintenant elle ne pourra plus se rendormir… Si ça se trouve, c'est aujourd'hui qu'on les met à la porte ! Avec précaution, elle repousse la couette sans la soulever pour ne pas perdre la chaleur…pour tout à l'heure quand elle reviendra s'y réfugier. Elle enfile un manteau par-dessus son jogging, met ses pantoufles fourrées et en traînant les pieds, va ouvrir la porte. Sur le palier, elle découvre un agent EDF. Sur sa poitrine, un badge indique son nom : A. Gabriel. Il vient relever le compteur. Elle le fait entrer et lui indique le chemin. Elle le regarde, à moitié assoupie, manipuler le tableau électrique. « Il fait froid chez vous » lui dit-il. Ses yeux sont d'un bleu lumineux, aussi vif que sa tenue. Soudain une décharge électrique traverse l'agent et laisse apparaître une intense luminosité autour de lui. Le sol humide conduit le courant jusqu'aux pantoufles de Marie. Le temps semble s’être arrêté. L'agent EDF reste quelques instants figé puis se dirige vers la porte en marmonnant "un enfant" et d'autres mots incohérents    que     Marie ne      comprend     pas.

    Et puis les semaines passent. Le printemps tarde à venir…l’expulsion aussi… Joseph qui ne s’attarde plus depuis longtemps sur la silhouette de Marie remarque cependant que son ventre s’arrondit. Il l’interroge. Marie lui avoue supporter de plus en plus difficilement les restrictions alimentaires, le froid et l’humidité. Ils décident de prendre rendez-vous avec l’assistante sociale pour le renouvellement de la CMU et d’aller consulter à l’hôpital public. Dans la salle d’attente, elle imagine le pire. Elle se dit que sa vie n’a pas de sens et finit par souhaiter que la mort vienne l’abréger. Lorsque le médecin l’examine, elle espère l’annonce d’un cancer fulgurant qui l’emporterait au plus vite. Le médecin prend une profonde inspiration en la regardant et lui explique que pour confirmer son diagnostic, une prise de sang est nécessaire : elle est enceinte. Le médecin sourit lorsqu’elle lui explique qu’il est impossible qu’elle soit enceinte, qu’aucun homme ne l’a touchée depuis des mois. Quand elle ressort de l’hôpital, elle a peur, elle se sent faible et fragile. Comment pourrait-elle élever cet enfant ? Elle doit parler à Joseph. Depuis les résultats de l’analyse de sang confirmant la nouvelle, Joseph erre dans les cafés. Il boit, et s’endette auprès des buralistes du quartier. L’assistante sociale a faxé un certificat de grossesse au Préfet.             L’expulsion    est     repoussée.

    25 décembre 2000. Marie n’a pas le temps d’aller à l’hôpital. Elle accouche toute seule. L’enfant naît exactement au moment où le néon de la pharmacie éclate, produisant une étincelle fulgurante. Marie prend peur et décide de quitter l’appartement délabré. Elle prend le RER E jusqu’à Chelles où vivent ses parents. Il est plus d’une heure du matin quand elle arrive chez eux. Pour ne pas les réveiller, elle s’installe dans le garage. Elle s’allonge sous le poster d’un âne charentais qu’elle leur avait offert quand elle était partie en colo à l’Ile de Ré. Elle soupire, apaisée. Elle est en sécurité. Elle se rappelle soudain que ses parents sont partis pour leur traditionnel voyage de fin d’année à Rome.


    6 janvier 2001. Des voitures ‘arrêtent devant le pavillon. Marie est toujours dans le garage, emmitouflée dans des couvertures. L’enfant dort à ses côtés dans un pneu aménagé en berceau. L’âne les regarde. Des pompiers et des policiers accompagnent Joseph. Il se rue vers elle. Affolé par sa disparition, il a prévenu l’assistante sociale, Madame Gaspard, qui en a référé au Commandant de la Brigade des Mineurs, Monsieur Balthazar. Un pompier antillais prénommé Melchior s’avance vers elle, comme le veut la procédure dans ce genre d’interventions, il lui offre une couverture de survie et du sucre.
    - Comment s’appelle votre enfant Madame ? S’enquiert Balthazar.
    Marie lui sourit et soulève le drap qui couvre l’enfant pour le leur présenter. Tous s’approchent.
    - Il s’appelle Jésus.

    CaraT il y a 2 semaines
    mariolga   Selon vous, si je comprends bien, l'histoire de Jésus est un "conte" ?
    Nous ne devons pas avoir la même définition du mot...
    Kourgette il y a 2 semaines
    mariolga a dit :

    Zélectrique conception

    25 mars 2000. C’est le printemps. Les expulsions peuvent reprendre. Pourtant l'hiver n'est pas fini. Cette nuit, il est même tombé quelques flocons. Marie n'a pas envie de se lever. Depuis deux mois, l'électricité est coupée. Le manque de lumière ne la gêne pas : le néon fluorescent de la pharmacie d’en face clignote toute la nuit. En revanche, il n'y a plus ni chauffage, ni eau chaude et se lever dans Le froid et l’humidité lui est insupportable.

    Comme tous les matins, Joseph est allé à l'ANPE. Depuis qu'il a laissé deux doigts dans la scie circulaire, il ne trouve plus d’emploi comme charpentier et comme il travaillait au noir, inutile d'espérer une rente accident du travail. Il a bien déposé un dossier à la MDPH, mais en attendant les deux ans nécessaires au traitement du dossier, il cherche du travail, avec un peu moins d'enthousiasme chaque jour. Il n'y a pas que pour le travail que Joseph manque d'enthousiasme. Cela fait des mois qu'il ne regarde plus Marie.

    Ça aussi, ça commence à lui peser à Marie… Alors elle rêve à l’homme qu’elle a connu, jadis.
    Lorsque ses parents passent la voir, Marie fait bonne figure : plutôt crever que de leur avouer qu'avec le RSA, on ne s'en sort pas, et que le loyer n’est pas payé depuis plus d'un an. A quoi bon ? Que feraient-ils pour les aider ? Ils ont leur vie ailleurs et une petite retraite. Marie rêve à ce qu’aurait été sa vie si elle avait écouté sa mère, si elle avait continué ses études, si elle n'était pas tombée amoureuse de Joseph quand il était si beau, si  fier, si vaillant...    
    Des coups retentissent à la porte. La première fois, Marie fait la sourde oreille. Mais les coups se répètent avec insistance. C'est cuit, maintenant elle ne pourra plus se rendormir… Si ça se trouve, c'est aujourd'hui qu'on les met à la porte ! Avec précaution, elle repousse la couette sans la soulever pour ne pas perdre la chaleur…pour tout à l'heure quand elle reviendra s'y réfugier. Elle enfile un manteau par-dessus son jogging, met ses pantoufles fourrées et en traînant les pieds, va ouvrir la porte. Sur le palier, elle découvre un agent EDF. Sur sa poitrine, un badge indique son nom : A. Gabriel. Il vient relever le compteur. Elle le fait entrer et lui indique le chemin. Elle le regarde, à moitié assoupie, manipuler le tableau électrique. « Il fait froid chez vous » lui dit-il. Ses yeux sont d'un bleu lumineux, aussi vif que sa tenue. Soudain une décharge électrique traverse l'agent et laisse apparaître une intense luminosité autour de lui. Le sol humide conduit le courant jusqu'aux pantoufles de Marie. Le temps semble s’être arrêté. L'agent EDF reste quelques instants figé puis se dirige vers la porte en marmonnant "un enfant" et d'autres mots incohérents    que     Marie ne      comprend     pas.

    Et puis les semaines passent. Le printemps tarde à venir…l’expulsion aussi… Joseph qui ne s’attarde plus depuis longtemps sur la silhouette de Marie remarque cependant que son ventre s’arrondit. Il l’interroge. Marie lui avoue supporter de plus en plus difficilement les restrictions alimentaires, le froid et l’humidité. Ils décident de prendre rendez-vous avec l’assistante sociale pour le renouvellement de la CMU et d’aller consulter à l’hôpital public. Dans la salle d’attente, elle imagine le pire. Elle se dit que sa vie n’a pas de sens et finit par souhaiter que la mort vienne l’abréger. Lorsque le médecin l’examine, elle espère l’annonce d’un cancer fulgurant qui l’emporterait au plus vite. Le médecin prend une profonde inspiration en la regardant et lui explique que pour confirmer son diagnostic, une prise de sang est nécessaire : elle est enceinte. Le médecin sourit lorsqu’elle lui explique qu’il est impossible qu’elle soit enceinte, qu’aucun homme ne l’a touchée depuis des mois. Quand elle ressort de l’hôpital, elle a peur, elle se sent faible et fragile. Comment pourrait-elle élever cet enfant ? Elle doit parler à Joseph. Depuis les résultats de l’analyse de sang confirmant la nouvelle, Joseph erre dans les cafés. Il boit, et s’endette auprès des buralistes du quartier. L’assistante sociale a faxé un certificat de grossesse au Préfet.             L’expulsion    est     repoussée.

    25 décembre 2000. Marie n’a pas le temps d’aller à l’hôpital. Elle accouche toute seule. L’enfant naît exactement au moment où le néon de la pharmacie éclate, produisant une étincelle fulgurante. Marie prend peur et décide de quitter l’appartement délabré. Elle prend le RER E jusqu’à Chelles où vivent ses parents. Il est plus d’une heure du matin quand elle arrive chez eux. Pour ne pas les réveiller, elle s’installe dans le garage. Elle s’allonge sous le poster d’un âne charentais qu’elle leur avait offert quand elle était partie en colo à l’Ile de Ré. Elle soupire, apaisée. Elle est en sécurité. Elle se rappelle soudain que ses parents sont partis pour leur traditionnel voyage de fin d’année à Rome.


    6 janvier 2001. Des voitures ‘arrêtent devant le pavillon. Marie est toujours dans le garage, emmitouflée dans des couvertures. L’enfant dort à ses côtés dans un pneu aménagé en berceau. L’âne les regarde. Des pompiers et des policiers accompagnent Joseph. Il se rue vers elle. Affolé par sa disparition, il a prévenu l’assistante sociale, Madame Gaspard, qui en a référé au Commandant de la Brigade des Mineurs, Monsieur Balthazar. Un pompier antillais prénommé Melchior s’avance vers elle, comme le veut la procédure dans ce genre d’interventions, il lui offre une couverture de survie et du sucre.
    - Comment s’appelle votre enfant Madame ? S’enquiert Balthazar.
    Marie lui sourit et soulève le drap qui couvre l’enfant pour le leur présenter. Tous s’approchent.
    - Il s’appelle Jésus.



    J'a-do-re !!!
    franceflamboyant il y a 2 semaines
    La Bête et la Belle.

    Il était une fois un marchand qui faisait de bonnes affaires. Heureusement marié, il avait six enfants, trois garçons et trois filles et tous vivaient avec lui dans une maison de maître qui avait fort belle allure. Le marchand voyageait beaucoup, se rendant dans des ports où il affrétait des navires qui revenaient ensuite des îles, chargés de café, de rhum et d'hommes de couleur, quelquefois. Tout allait pour le mieux pour lui jusqu'à ce que le sort ne lui devienne contraire. Sa femme, qui était florissante et belle, contracta un hiver une fort vilaine toux qui bientôt la tint alitée. Sa maladie empirant, les médecins affluèrent mais aucun remède n'eut de l'effet: la pauvre épouse mourut. Très éprouvé par la perte de sa tendre épouse, le marchand s'enorgueillit longtemps de la force et de la bravoure de ses trois fils. Cependant, l'un après l'autre, ceux-ci s'engagèrent à la suite d'un seigneur local ou d'un autre, menant à sa suite des guerres de conquêtes qui, à défaut d'être réussies, firent couler beaucoup de sang. La vaillance et la valeur aux armes n'empêcha pas la mort de faire son travail. Les trois fils perdirent la vie.
    Abattu, le marchand, qui faisait toujours de très bonnes affaires, se consola en se disant qu'au moins il lui restait trois filles. Voilà des créatures qui, de par leur nature, n'iraient pas se lancer dans des campagnes militaires hasardeuses où elles perdraient leur vie. De nature casanière, elles jouissaient d'une bonne santé et n'étant pas mariées, n'avaient encore enfanté. De cela le marchand se réjouissait car pour lui, ses filles étaient des trésors de pureté et d'innocence. Pour elles, il voulait le meilleur.  Les deux aînées, dodues et fraîches, aimaient certes l'argent d'un tendre amour mais elles étaient avenantes malgré leur méchanceté passagère et il trouverait pour elle de bons époux ayant fortune et si possible un petit rang de noblesse. Allons, l'argent achète bien des choses...La dernière fille, quant à elle, vivait simplement. Dépourvue de tout atour, elle était belle et il était donc naturelle qu'elle répondit à ce nom : Belle. Le marchand avait bien remarqué que tous dans la maison aimait à lui demander des services mais il n'y voyait aucun mal. Certes, la jeune fille aurait gagné à avoir un peu plus d'amour propre et un peu plus de mordant pour contrer ses sœurs qui se moquaient d'elle pour un oui pour un non mais qu'importait puisque la vie était facile dans la belle maison de maître où ils avaient leurs aises. Il souhaitait bien sûr qu'elle aussi fasse un beau mariage mais à cette idée, il avait tout de même un pincement au cœur car la simplicité de Belle le rendait possessif...
    Un jour, le marchand fut appelé pour affaire dans un port lointain où l'attendait un armateur. Il voyageait à l'habitude en bonne compagnie mais cette fois-ci, il fut pris de court et ne trouva personne pour l'accompagner. Nullement inquiet, il se résolut à  rejoindre  la côte mais, par fantaisie, il s'arrêta dans une auberge inconnue où on le dissuada de prendre le chemin qu'il connaissait bien. On y signalait des brigands. Soucieux de se protéger, il changea d'itinéraire et traversa des terres qu'il connaissait mal. Plus il avança et moins il trouva de repère. Les lieux de plus étaient déserts...Il avait fort mal écouté les indications données par l'aubergiste et s'était montré trop sûr de lui. Il se perdit donc  et le soir venant, son cheval prit peur et le désarçonna. En tombant, le marchand heurta une branche et perdit conscience. Il eut tout de même le temps, avant de tomber dans un comas cotonneux de revoir le visage de ses filles. Il avait promis des cadeaux aux deux aînées ! 
    Quand il s’éveilla, il était dans une chambre inconnue où brûlait un bon feu. Incapable de dire depuis combien de temps il était là, il constata que l'ameublement de la pièce était luxueux. Sur un dressoir, il vit quantité de fioles et d'onguents et en déduisit qu'il avait  reçu des remèdes. De plus, sa tête était bandée. Se redressant, il appela mais nul ne vint. Comme le temps s'écoulait et qu'il perdait souvent conscience, il voyait bien qu'on entrait et sortait de sa chambre puisqu'on lui déposait sur un plateau des mets succulents et qu'on le soignait. Le plus grand silence régnait pourtant et il ne voyait personne. Un jour, 
    pris de curiosité, il s'en alla dans les couloirs de cette immense demeure qui, par son luxe et sa beauté, avait tout à fait l'allure d'un palais. A force de passer de salle en salle, il finit par apercevoir, à un balcon, une haute et étrange silhouette. Il s'en approcha, prêt à féliciter celui qui ne pouvait être que son hôte, pour la magnificence de sa demeure et la générosité de son accueil mais comme l'hôte en question se tournait vers lui, le marchand poussa un hurlement et faillit s'évanouir. Celui qui lui faisait face avait bien forme humaine mais sa tête était celle d'un lion et ses mains étaient les pattes griffues d'un prédateur ! Deux yeux jaunes le fixaient dans cette figure de monstre. Le marchand pensa que sa vie s'achevait mais l'étrange félin se mit à lui parler le langage des hommes non sans émettre force feulements. 

    -Tu es un homme de bien, je le sais, sans quoi je ne t'aurais pas laissé survivre dans la forêt enchantée où tu t'es égaré. Je t'ai donc fait porter ici où mes serviteurs t'auront soigné...
    -Je ne pourrais sans doute pas repartir...Monseigneur...
    -Car je te retiendrai prisonnier? Non, tu pourras poursuivre ta route dès que tu seras remis.
    -Je vous laisserai l'argent que j'allais porter à...
    -Qui te parle d'argent ? Tu veux me remercier? 
    -Oui, monseigneur...
    -Ma solitude est forte ici. Je te donnerai un portrait de moi. Tu as des filles, je le sais car je sais tout. L'une d'elle aura envie de m'épouser et de venir vivre avec moi en ce lieu. Dès qu'elle aura pris sa décision, tu seras protégé. Tes filles feront de hauts mariages avec des gens de bonnes maisons que je leur ferai rencontrer et ta fortune ira s'accroissant...
    Le marchand mit plusieurs jours à se remettre et partit pour le port où l'attendait son armateur qui, mystérieusement, avait été prévenu de son retard. Il fit avec lui de bonnes affaires et acheta des cadeaux pour ses aînées ainsi que des fleurs blanches pour sa benjamine. Il revint ensuite chez lui avec portrait du monstre et leur raconta ses aventures. Il s'attacha ensuite à convaincre ses filles d'accepter cette union en leur faisant miroiter une vie de facilités et de délices. Horrifiées par l'image de ce lion à l'imposante crinière et aux yeux jaunes et fourbes, les aînées hurlèrent que pour rien au monde elles ne céderaient, d'autant qu'aux dire de leur père, ce monstre n'était pas sujet à métamorphose, comme il existe dans les contes...A l'idée de partager la vie d'un prédateur qui rugissait à la moindre occasion, elles en vomissaient de dégoût...Le marchand avait peu d'ascendant sur ses aînées qu'il avait trop gâtées, il n'insista pas.
    Connaissant la bonté de Belle, il alla tenter sa chance, craignant qu'un nouveau refus ne le plonge dans la misère....Belle fut certes effrayée par le portrait du sauveur de son père mais elle resta songeuse. Le palais était beau, il était vaste et l'on y voyait sans cesse des prodiges ! Les lits se faisaient tous seuls, les repas apparaissaient miraculeusement sur les tables et un orchestre invisible jouait à la demande de très beaux airs. En outre, il y avait un clavecin, une vaste bibliothèque, de grandes vasques emplies de fleurs rares et des chevaux dont certains étaient magiques...Il le savait bien, lui, son père, pour avoir vu toutes ces beautés et ces prodiges...Du reste, le monstre avait ses appartements et ses habitudes. Son apparence était certes terrifiante mais c'était un homme du monde...C'en était assez pour Belle. Elle donna son accord et partit au domaine de la terrible bête....Quelques jours plus tard, arriva sur un beau cheval blanc sans cavalier, un miroir magique dont le père devait user pour parler à sa fille. Il lui suffirait de dire trois fois "La Belle ton père" pour que la communication fut établie. Elle le tiendrait ainsi au courant des préparatifs de ses noces...
    Les deux sœurs furent assez contentes d'être débarrassée de cette encombrante jeune fille à la beauté lumineuse. Elles attendirent avec crainte un signe du domaine lointain. Un émissaire se présentant, elles lui confièrent une lettre dans laquelle elles exprimaient leur refus total. 
    Les affaires de leur père étant florissantes, elles trouvèrent qui épouser. L'aînée se maria à un jeune homme très beau qui avait un nom dans la petite noblesse. La cadette épousa, quant à elle, le fils d'un grand bourgeois qui adorait l'équitation et la chasse. Les noces furent joyeuses mais Belle n'y parut pas. Elle préparait son propre mariage et le monstre qu'elle épousait ne souhaitait pas quitter ses terres. Il se contenta d'envoyer des cadeaux somptueux ainsi qu'une lettre qui contenait quelques remarques acides. Il était regrettable que les jeunes femmes aient choisi par elles-mêmes leurs époux et que leur père ait accepté. Elles en rirent ! 
    Ecrivain-lectrice il y a 2 semaines
    Je veux y croire

    Il était une fois, une princesse prénommée Raiponce. Promise a un avenir doux et confortable, celle-ci fut kidnappée par une horrible sorcière qui répondait au nom de Gothel. La mégère la voulait près d'elle pour sa chevelure magique qui avait le pouvoir de la faire rajeunir à souhait. Elle se serait bien passé de cette enfant mais couper une mèche éliminait la magie. La sorcière éleva Raiponce comme sa propre fille et celle-ci ignora que ses parents étaient le roi et la reine du royaume où elle vivait cachée dans une tour mystérieuse. Les années passèrent et, bientôt, seuls les souverains espérèrent un retour miraculeux de leur enfant.

    Comme chaque jour, Raiponce regardait à la fenêtre. Les étoiles n'étaient pas encore aussi lumineuses qu'elle les attendait. Son anniversaire approchait et les astres lui souhaiteraient. Avec les années, elle s'imaginait que quelqu'un, très loin de sa prison dorée, lui souhaitait en lui envoyant ces lumières qui réchauffaient son coeur. Sa mère était partie le matin même lui chercher de la peinture. C'était, lui avait-elle dit, ce qu'elle voulait le plus pour son anniversaire. Elle avait menti. Ce qu'elle voulait, c'était voir le monde extérieur. Il ne devait pas être aussi terrible que ce que sa mère lui avait raconté. Elle-même revenait toujours joyeuse de ses promenades. Mais à quoi bon avoir à nouveau cette conversation ? Gothel la punirait et il n'y aurait ni sortie ni peinture. Elle n'aurait que ses yeux pour pleurer. Raiponce s'occupa l'esprit en lisant de merveilleux contes, en balayant son petit logis, en coiffant sa très longue chevelure et en faisant des farces à son fidèle ami caméléon. Pascal, puisqu'elle l'avait nommé ainsi, avait aussi renoncé au monde extérieur pour veiller et divertir Raiponce. Sa mère était si méchante ! Était-il possible que Raiponce ne se rende pas compte de la cruauté de cette femme ? Comment une si belle et douce jeune fille pouvait-elle être l'enfant de cette horrible femme ?

    Au bout de quatre jours, la mère de Raiponce revint enfin :
    «Oh ma chérie ! Vite, vite ! Viens m'aider !». Raiponce sortie de sa torpeur et lança sa longue chevelure par la fenêtre de la tour. En s'en servant comme une corde, sa mère remonta jusqu'à elle.
    « Mère ! Vous semblez épuisée ! Que vous est-il arrivé ?
    - C'est toi, avec ton idée égoïste de fêter ton anniversaire, de vouloir cette peinture que je vais chercher au bout du monde ! Voilà, tu es contente de toi ? Regarde ce que ton cadeau me coûte !» La mère lança au sol les pots de peinture. Ils roulèrent, cabossés, jusqu’aux pieds de la jeune fille qui se sentait terriblement coupable.
    «Alors ? Qu'est-ce que tu attends ? Tu veux me voir encore souffrir, c'est ça ?
    - Oh non mère ! Me voilà ! Prenez ma chevelure !» Et Raiponce commença à chanter cette mélodie qui faisait tant de bien à sa mère. La vieille femme brossa encore et encore les cheveux de sa fille jusqu'à retrouver enfin toute son énergie.
    «Eh bien voilà, ça ne t'a pas demandé trop d'effort. Tu as de la chance d'avoir une mère aussi forte et résistante que moi ! Qu'est-ce que tu aurais fait, hein, sans moi, s'il m'était arrivé quelque chose ?» Pascal pensa à toutes les merveilleuses choses qu'il y avait à faire dans un monde où ne ferait plus partie cette horrible bonne femme mais Raiponce, fidèle à ses habitudes prisent dès le plus jeune âge, se précipita aux pieds de sa mère :
    «Que voulez-vous dire ? Que s'est-il passé dehors ?
    - Je te le dis toujours Raiponce : le monde extérieur est terriblement dangereux ! Et toi, que fais-tu ? Tu m'y envoies ! Tu n'en as rien à faire du moment que tu as ta peinture pour faire tes petits dessins !
    - Oh mais vous savez, j'aurais pu y aller moi-même ! Vous n'étiez pas obligé de sortir, pour moi, je pouvais très bien...
    - Oh ! Mais alors tu ne comprends rien ou tu le fais exprès pour m'énerver ? Je t'aurais attendu là pendant que toi, tu aurais vagabondé dehors comme ça, insouciante et égoïste. Je t'aurais attendu sans savoir si tu n'avais pas été blessée, perdu ou même pire... Morte. Tuée. Par des vagabonds comme ceux que j'ai vu.
    - Des vagabonds ! Vous avez vu des vagabonds ici ?
    - Ne change pas de sujet ! Tu veux inquiéter ta mère. Pourquoi ? Tu ne m'aimes donc plus ?» Mais Raiponce n'arrivait pas à penser à autre chose qu'aux vagabonds que sa mère avait vu. Etaient-il près de sa tour ? Ou à plusieurs jours de marche d'elle ? Raiponce n'avait pas peur. Au contraire, elle était excitée qu'il se passe enfin quelque chose dans sa vie. Des étrangers viendraient peut-être dans sa tour ! Quant aux lumières, elles monteront vers le ciel dans quelques heures. Quelle semaine elle vivait !
    «Va dans ta chambre Raiponce ! Je t’appellerai pour le dîner. Et prends ta peinture, je ne veux plus la voir !». Raiponce ne se fit pas prier.

    La mère de Raiponce prépara une soupe. Dans son assiette, elle disposa quelques morceaux de pain pour donner un peu d'épaisseur à sa préparation. Dans celle de Raiponce, elle y versa les miettes faites pendant la coupe de la miche. L'odeur qui venait jusqu'à son lit n'annonçait pas un festin mais Raiponce s'en moquait.
    «Tu te rends compte Pascal ? Des brigands ! Ils pourraient me kidnapper ! Le caméléon se blottit contre la jeune fille pour la rassurer. Mais non Pascal ! Je n'ai pas peur ! Ils m'emmèneraient, me sortiraient de cette tour. Je verrais le monde !»
    « Raiponce ? A table !
    - Oui mère, voilà, j'arrive.»
    Raiponce s'installa devant son assiette au liquide presque translucide.
    «Merci mère pour ce repas.
    - A quoi joues-tu dans ta chambre ?
    - Je ne comprends pas. Que voulez-vous dire ?
    - A qui parles-tu ?
    - Oh à moi-même...» La mère de Raiponce n'avait jamais remarqué Pascal. Que lui ferait-elle si elle découvrait l'animal ? La vieille femme fit semblant de croire sa fille. Elle trouverait bien un moment pour fouiller sa chambre.
    «Tu sais Raiponce, je ne voulais pas te faire peur en te parlant des brigands. Ne t'inquiète pas surtout !»
    - Oh je ne suis pas inquiète !
    - Bien. Tu sais que ta mère a fait le nécessaire. Jamais je ne voudrais que des personnes malveillantes t'approchent.
    - Comment ça, vous avez fait le nécessaire ? Qu'est-ce que cela veut dire ?
    - Voyons Raiponce ! Tu sais que je suis capable de tout pour te garder, pour veiller toujours sur toi. Alors à ton avis ? Qu'ai-je fait ? Oh on ne va pas abîmer ce joli minois en rides d'expression. Arrête de penser. Je vais te raconter. Mange ta soupe en même temps s'il te plait.»
    La mère de Raiponce était donc partie acheter de la peinture. Très rapidement, elle avait remarqué des traces de sabots. A quelques minutes de marche de la tour, un cheval mangeait quelques brindilles. La vieille femme l'approcha. Le cheval reculait à mesure qu'elle s'avançait vers lui. Alors qu'il partit au trot pour lui échapper, un jeune homme sortit du buisson :
    «Maximus reviens ! Non, ne me laisse pas ! Le garçon s'approcha de la mère. Vous êtes contente ? Vous avez fait fuir mon cheval ! Et franchement, faire peur à Maximus, faut le faire. Alors quoi ? Vous êtes avec eux ?
    - Avec qui, étranger ?
    - La bande de... Bon écoutez, j'ai suivi les mauvais gars dans un coup et... voilà, j'ai des problèmes. Mais ils vont vite se régler si... Enfin vous comprenez, si vous ne m'avez jamais vu et si vous passez votre chemin. D'accord ?
    - D'accord. Mais avant, qu'avez-vous dans votre sacoche ?»
    La mère de Raiponce s'arrêta un moment dans son récit. Elle n'allait quand même pas lui dire que ce jeune garçon avait sur lui la couronne qui avait sans aucun doute appartenu à Raiponce et qu'elle avait renoncé à prendre la nuit où elle avait kidnappé l'enfant.
    «Mère ! C'est insoutenable ! Dites-moi ce que ce garçon avait dans sa sacoche !»
    La mère se ressaisie.
    «Eh bien des diamants. Beaucoup de diamants !»
    Raiponce en resta la bouche ouverte. Pascal, accroché à la jambe de Raiponce écoutait, médusé.
    «Et où avez-vous trouvé cette... Ces diamants ?» lui demanda la curieuse.
    - Je vous ai dit que c'était un mauvais coup ! Que voulez-vous ? Oh je les entends! Vous ne m'avez pas vu d'accord ! Et le jeune homme disparu à nouveau derrière le buisson. Les voix des brigands à sa recherche se faisaient de plus en plus claires. A hauteur de la vieille, ils s'arrêtèrent. Elle les salua tout en posant un doigt sur sa bouche et indiqua d'un signe de tête où se trouvait le garçon qu'ils avaient nommé Flynn. Ils se dispersèrent autour du buisson et sautèrent sur lui. La bagarre fut rapide à six contre un. A peine amoché, les hommes s'approchèrent de la rapporteuse et la remercièrent pour l'information.
    «Pour moi Raiponce, il était normal que j'aide ces messieurs à retrouver leur or. Ils l'avaient sans doute gagné durement. Mais tout de même, tuer ce garçon si sauvagement, brrr ! Parce que je ne le remarqua pas tout de suite mais ce... Flynn ne se releva pas. Alors il me fallait punir ces hommes. Je leur ai proposé de s'hydrater avant de reprendre la route. Ils burent directement dans ma fiole, sans vérifier. Les brigands sont vraiment bêtes. Je t'épargne les toux, les crachas, les bruits rauques... Ils sont tombés un par un et c'en était terminé. Je suis allé acheter ta maudite peinture mais sur le retour, leurs corps étaient encore là. Oh ! Quelle vision ! Tu as de la chance de ne pas sortir, tu sais ? Sept hommes, morts depuis trois jours, laissés en pleine nature, aux éléments... Oh mon dieu !»
    Raiponce s'était figée. L’appétit était coupé. Sa mère, sous couvert d'une protection malsaine, avait tué six hommes et n'en semblait pas du tout affectée. La jeune fille lâcha sa cuillère qui fit éclabousser la soupe.
    Ecrivain-lectrice il y a 2 semaines
    (suite)
    La vieille ne s'en offusqua pas. Raiponce ne parlerait pas pendant plusieurs jours, c'était de la tranquillité bien méritée. La jeune fille s'enfuit dans sa chambre. Elle comprenait enfin que sa mère était bien plus dangereuse que toutes les horreurs qui se trouveraient dehors. La menace était claire : ne pas sortir ou mourir.

    Le lendemain, Gothel annonça à Raiponce qu'elle avait quelque chose à faire. En une minute, la jeune fille s'imagina des scénarios. Sa mère partait-elle à travers la route tuer les gens qu'elle rencontrait ? Allait-elle bouger les corps des pauvres hommes qui pourrissaient à la chaleur du soleil ? Où allait-elle réellement faire des achats ? Après avoir laissé l'horrible mère utiliser ses cheveux pour descendre, Raiponce s'assit sur le sol et Pascal vint la consoler. Avec ses petits doigts, il tentait de faire apparaître un sourire sur le visage de Raiponce. En remontant les lèvres de la jeune fille, il lui faisait son plus doux regard. Raiponce esquissa un sourire si triste que le caméléon se sentit un peu honteux de vouloir lui changer les idées aussi vite. Pourtant, c'était ce soir que les lumières monteraient vers le ciel. Si sa mère ne rentrait pas trop tôt, elle pourrait les admirer. A la nuit tombée, Raiponce guetta à la fenêtre. Personne n'approchait. Elle se surprit à penser avec espoir qu'il était peut-être arrivé quelque chose à sa mère. Cela ne l'affecta pas et c'est cette absence émotion qui l'étonna. Enfin, après un maigre dîner, Raiponce vit des lueurs éclairer sa petite cuisine. Elle se précipita à la fenêtre avec Pascal sur son épaule. Elles étaient là, radieuses et grandioses : des milliers de lumières volaient vers le ciel le jour de son anniversaire. Et puis, quelque chose sembla s'illuminer derrière elle. Sous quelques coussins, au fond de la pièce, un étrange objet attirait la lumière du ciel vers lui. Raiponce ne s'en soucia pas. Les lumières de son anniversaire ne restaient jamais très longtemps. Attendre une année de plus lui serait si pénible qu'elle voulait profiter de chaque seconde sous ces lueurs. Pascal, lui, décida d'aller voir . L'animal se mit à bondir dans tous les sens.

    «Pascal mais qu'est ce qui te prend ?» Raiponce n'avait jamais vu son compagnon dans cet état. Il lui fit signe d'approcher et c'est à contre cœur qu'elle laissa les lumières. Mais très vite, ce que Pascal lui montrait pris le dessus sur toutes les lumières du monde : une sublime couronne dépassait d'une sacoche tâchée de sang. Ce n'était pas des diamants comme lui avait dit sa mère mais bien la couronne d'une reine ou d'une princesse que cachait Flynn. Raiponce fut tentée de l'essayer mais se ravisa. Elle retourna à la fenêtre pour contempler les dernières lumières qui déjà s'en allaient. Rêveuse à nouveau du message caché derrière ces lumières volantes, elle ne remarqua pas tout de suite que Pascal avait déposé la couronne sur sa tête. La jeune fille était sublime. Le diadème lui allait à ravir. La pierre qui se trouvait au sommet était de la même couleur que les lumières superbes qu'elle admirait. Quand le noir revint, elle alluma une bougie. Le sommet de la couronne s'illumina. Pascal lui fit signe d'approcher de la fenêtre en tirant sur sa chevelure. Raiponce comprit le message et à la seule idée de retrouver sa mère bientôt, elle pensa que s’enfuir n'était pas plus risqué que de rester. Elle rangea la couronne dans la sacoche qu'elle porta à son épaule, Pascal s'accrocha également et en utilisant sa belle chevelure, descendit de sa tour. L'air sur son visage, l'herbe sous ses pieds, tout était tellement nouveau et magique !

    Raiponce n'eut pas le temps de rêver. Elle entendit un cheval hennir et, de curiosité, se mit à chercher l'animal. Majestueux, il sortit de sa cachette. Raiponce n'en avait vu que dans les livres. Le cheval dont le regard semblait si doux n'inquiéta pas la jeune fille. Elle lui caressa la crinière. N'ayant aucune expérience en matière de relation, elle ignorait que les animaux, comme les humains, étaient dotés d'émotions. Terriblement affecté par la mort de son cavalier, Maximus n'avait eu de cesse de penser à sa vengeance. Flynn avait pris soin de lui après l'avoir volé à son propriétaire précédent. Ce dernier ignorait tout des soins à apporter à un cheval et Maximus n'était pas fâché d'être un jour kidnappé par ce voleur au cœur tendre. A la mort terriblement violente du jeune homme, Maximus refusa de le laisser. Mais la meurtrière était revenue pour se débarrasser du corps. Il s'était caché puis l'avait suivi et enfin, observé. Éloigner Raiponce d'elle serait sans aucun doute la plus grande des vengeances. Pour mettre à exécution son plan, Maximus n'eut qu'à attendre. Raiponce était face à lui. Pour la tromper, il détourna son regard d'elle et se concentra sur un point au loin pour avoir l'air apeuré. La jeune fille se retourna pour voir ce qui avait effrayé l'équidé. Elle n'eut pas le temps de comprendre le subterfuge. Maximus l'assomma d'un coup de sabot bien placé. La jeune fille tomba dans l'herbe alors qu'une bosse apparaissait déjà. Celle-ci n'entacha pas sa beauté. Le cheval graina la jeune fille le long d'un chemin caillouteux. Blessée et terreuse, Raiponce fut abandonnée devant une gargote. Le soir, lorsque le patron de l'établissement ouvrit sa porte, sa surprise fut totale. Sa bonne étoile lui souriait enfin. Les affaires n'étaient pas bonnes mais une jolie minette qui se baladerait entre les tables changerait sûrement ça. Raiponce se réveilla au milieu de la nuit, désorientée et apeurée. Le gros bonhomme qui l'avait recueilli lui expliqua rapidement comment les choses allaient se passer. La jeune fille était terrifiée. Sa mère avait-elle raison ? Le monde était-il si dangereux à l'extérieur de la tour ? Raiponce enchaîna les soirées dans ce vieux saloon. Les hommes baladaient leurs mains tandis qu'elle servait des bières et des whiskys. Ils ne faisaient pas attention à sa longue chevelure et régulièrement, Raiponce grimaçait de douleurs et de dégoût quand une botte sale venait à marcher sur ses longues mèches.

    Pendant plusieurs jours, Gothel la chercha en vain. Alors qu'elle vieillissait chaque jour davantage, la harpie trouva une aide inespérée en la personne de Pascal qui lui fit comprendre, non sans peine, qu'il était arrivé malheur à Raiponce. Il valait mieux vivre avec cette sorcière qu'entouré de ces hommes dégoûtants. Le caméléon guida la marâtre jusqu'au bar. La harpie regarda discrètement à travers une lucarne. Raiponce, la mine sombre, marchait entre les tables tandis que des hommes la regardait avec un désir dégoûtant. Gothel fut scandalisée de voir que la chevelure de sa protégée était si sale qu'elle attirait des poux gros comme un ongle. La femme entra finalement et tout le monde se tut. Raiponce regarda sa mère. Partagée entre soulagement et inquiétude, elle commença sa chanson comme pour montrer sa dévotion. Pascal se faufila jusqu'aux pieds de son amie. C'était bon de la retrouver. Hélas, pour le patron, il était hors de question qu'une femme interrompe ses affaires. Ce n'était pas les cheveux de Raiponce que venaient voir ses clients. D'un coup de ciseau, il coupa la chevelure d'or. Il y eu une seconde de flottement. La lumière dorée s'assombrie. La mère et la fille échangèrent un regard et la plus vieille éclata en poussière. Les hommes alcoolisés se précipitèrent hors du saloon. Le patron leur cria que c'était terminé, qu'il offrait une tournée générale mais rien ne retint les hommes. Furieux, il jeta Raiponce à la porte avec ses affaires. Pascal n'avait pas quitté son amie et il la serra de ses petites pattes. Raiponce n'avait pourtant pas l'intention de se laisser abattre. Le patron du bar n'avait même pas eu l'idée de fouiller ses affaires elle avait la sacoche de Flynn accrochée sous sa robe. La jeune fille avait été non seulement libérée de l'emprise de sa mère mais aussi de cette prison alcoolisée. Sans perdre de temps, Raiponce se mit en chemin pour rejoindre le château du roi et de la reine du royaume. Elle n'était pas encore certaine que la couronne était la sienne mais la place du bijou était là-bas, il n'y avait pas de doute.


    Raiponce marcha deux nuits et un jour. Heureusement pour elle, personne ne vint l'importuner. Il faut dire qu'avec son caméléon sur l'épaule et la saleté sur ses vêtements, elle ne donnait pas envie de l'aborder. Finalement, elle arriva au cœur du village où le château se dressait majestueux, en son centre. Bien entendu, les gardes n'avaient aucunement l'intention de la laisser entrer. Toujours certaine de l'amitié de Pascal, elle avait élaboré un plan avec lui. Raiponce sortit la couronne de la sacoche et la tendit aux gardes. Totalement hypnotisés par le bijou,ils tendirent mollement les bras vers lui quand soudain Pascal s'en empara et pénétra dans le château. Aussitôt, les gardes le pourchassèrent. La route était libre et Raiponce s'engagea dans le château. Personne ne surveillait plus les lieux, sans doute étaient-ils tous partis à la recherche de Pascal. Le silence fut brisé par les gardes qui parlaient tous en même temps :
    «Eh bien, cet animal était là, et puis paf ! il a chipé la couronne et moi je sais que...
    - Attends, c'est la fille aussi au début qui a...
    - Alors nous on les a vu partir après cet animal alors on a voulu les aider et...»
    Le roi se leva et d'un geste de la main leur demanda de se taire. Ses yeux regardait derrière les gardes. La reine avait les larmes aux yeux et Pascal se laissa glisser le long d'une colonne. Raiponce était entrée. Sa ressemblance avec la reine était stupéfiante. Plus personne ne bougea, Raiponce n'osa pas parler. Pascal accouru vers elle et posa la couronne sur sa tête. La reine se précipita jusqu'à elle et la serra dans ses bras. La jeune fille n'eut pas besoin de réfléchir.
    Ecrivain-lectrice il y a 2 semaines
    (suite)
    Ses bras aimants, ce regard doux, c'était sa véritable mère. Lorsqu'elle relâcha son étreinte, le roi caressa tendrement la joue de Raiponce. Des larmes embuèrent ses yeux. Il savait. Sa fille chérie était de retour.

    S'en suivirent sept jours de fête. Raiponce devint reine quelques années plus tard. Chaque année, la famille royale continua de faire s'envoler des milliers de lanternes en souvenir de Flynn et de tous ceux dont le destin avait été brisé si tôt.

    FIN
    franceflamboyant il y a 2 semaines
     Elles avaient tort car leurs mariages furent catastrophiques.  Au bout de cinq ans, le bel homme mit fin à ses jours par crainte de vieillir et de cesser d'être beau. La pauvre épouse vit alors fondre sur elle une nuée de créanciers. Il est vrai que le défunt mari avait fait beaucoup de dettes avec des  charlatans ! L'autre qui adorait la chasse s'entouraient de nombreux compagnons qui paraissaient lui donner beaucoup d'amitié. Il se fit attaquer par un sanglier alors qu'il était descendu de cheval et parmi ses bons amis qui l'accompagnaient partout, nul ne songea à le défendre et tout le monde tourna casaque. Les obsèques faites, il s'avéra que lui-aussi était ruiné...Chacun des époux s'était montré parfaitement indifférent  aux charmes de leurs conjointes, celles-ci revinrent fort dépitées chez leur père.  Celui-ci se souvint des propos de la Bête à propos du mariage...
    Comme il avait emporté avec lui le miroir magique que Belle lui avait donné, il se plaça face à lui dans une pièce isolée et ouvrit son cœur. Il regrettait, oh comme il regrettait ! Et il demandait pardon de son inconduite. La jeune fille lui apparut, parée de magnifiques atours et couvertes de bijoux.

    -Ton repentir est sincère, mon père, je le vois !
    -Oh ma fille, j'ai été si aveugle !
    -Tu ne l'es plus. Mes sœurs que j'aime doivent être dans la peine elles-aussi...
    -Elles aussi ont bien des regrets ! Sans cesse elles parlent de toi et jurent que jamais si elles te revoient elles ne seront plus désagréables. Quant à ton mari, elles se sentent bien fautives de ne pas avoir accepté ses largesses et ses conseils...
    C'était là bien s'engager car, à la vérité, ces filles ingrates ne regrettaient rien et n'évoquaient jamais leur jeune sœur que comme une pauvre égarée. Belle, cependant, parut ignorer cela. 
    -Vous ne pouvez rester aussi pauvrement logés ! Tu as l'air exténué...Ne me dis pas que tu fais des travaux de la terre...
    -Mais si car...
    -Impossible ! 
    -Mais tes sœurs, il faut bien qu'elles se remarient! Je dois donc...
    -Non.
    Pourvu d'un grand cœur, Belle,  sans même avoir parlé à ses deux sœurs, fit venir tout le monde dans le merveilleux domaine où elle coulait des jours heureux avec la Bête. Elle était très heureusement mariée et à voir les époux l'un près de l'autre, on finissait par se dire qu'ils étaient bien assortis, aussi curieux que cela put paraître...Ils ne cessaient de se dire des mots doux, riaient ensemble et s'adoraient ! Dès leur arrivée, les deux veuves et le marchand ruiné furent magnifiquement logés et traités si bien qu'ils retrouvèrent la richesse. Au  bout de quelques temps, leur hôte, qui les intriguait et les effrayait toujours bien que se montrant fort peu, évoqua de nouveau le mariage des deux sœurs. Elles ne resteraient pas veuves tout de même et si, dès le départ, il s'était engagé à les doter de maris fort convenables, qu'à cela ne tienne, sa promesse tenait toujours même si elle était différée...! L'une et l'autre finirent par céder, par peur d'abord puis par calcul. Que leur arriverait-il si elles disaient non? Leur père avait beaucoup vieilli et choyé par Belle, il devenait gâteux. Il ne saurait les défendre de la Bête dont elles craignaient une sourde vengeance. Elles n'étaient pas aveugles. Les maléfices étaient multiples dans cette grande demeure...
    L'aînée épousa un monstre à tête d'ours blanc et la cadette un monstre mi- homme mi-singe. La plupart du temps, ils s'exprimaient dans une langue inintelligible et ils leur inspiraient plus de crainte que de réconfort...Dès que les cérémonies furent closes, elles se terrèrent dans leurs appartements où les maris vinrent malgré tout  faire des visites régulières. Lassées de subir leurs assauts et ne pouvoir leur parler, elles en voulurent à Belle d'être si choyée. Mécontentes de leur sort, elles se résolurent à s'enfuir. Pour ce faire, elles volèrent  ça et là toutes sortes d'objets précieux et emplirent des caisses de pièces d'or.  Les époux, soudain pris par des parties de chasse et des banquets d'hommes (ou plutôt de monstres) ne parurent  remarquer les vols commis par leurs épouses et leur caractère scandaleux...
    Malade et affaibli, le pauvre marchand fut, lui, horrifié par la conduite de ses filles. Il comprit enfin toute la part de responsabilité qu'il avait dans leur comportement; en les gâtant comme il l'avait fait, il leur avait enlevé tout sens moral sans les rendre le moins du monde invulnérables ! Il se confia à Belle sur ses erreurs et celle-ci, voyant son père pleurer, le consola non sans lui laisser paraître qu'en effet, il n'avait pas été vigilant... Elle ne put que le mettre en garde pour ses sœurs. Ne voyaient-elles pas qu'elles s'attaquaient à des êtres magiques qui n'aimaient pas la perfidie ? A celles-ci aussi elle parla mais elles rirent. Elles étaient trop contentes de pouvoir s'enfuir bientôt dans la forêt enchantée. Elles avaient soudoyé serviteurs et forestiers. De là, elles regagneraient le monde libre ! En effet, elles s'enfuirent mais bien vite elles s'égarèrent, leurs aides se volatilisant. Privées de leurs chevaux qui disparurent aussi mystérieusement, elles se prirent dans d'épais buissons couverts d'épines acérées qui leur lacérèrent la peau. Elles auraient pu mourir si la Bête n'avait dépêché des cavaliers pour les délivrer et les ramener au château. Devant leurs maris et beau-frère, elles durent avouer leurs méfaits. On les
    mit au cachot où elles n'eurent que leurs yeux pour pleurer...
    Belle, qui avait le cœur grand, plaignit l'inconséquence de ses sœurs sans s’appesantir. Elle attendait un enfant de la Bête et lui en fit l'aveu. 
    -Je suis heureuse et vous l'êtes !
    -Certainement !
    -Toutefois, je...
    -Vous craignez qu'il soit comme moi, mi homme mi bête ? Il sera entièrement humain. Etant le maître des prodiges, je peux vous l'affirmer...Comment pourrais-je infliger une telle offense à un être que j'aime et qui m'aime ! Il sera humain !
    Et en effet, vint le moment où la jeune femme donna naissance à un beau petit garçon aux yeux bruns et à l'expression angélique. Il avait bien quelque chose de félin dans son regard parfois mais c'était si fugace que la Belle ne s'en inquiéta pas. La Bête, elle, était tout à sa joie  et le vieux marchand aussi ! On appela l'enfant Lunain car il était né un soir de pleine lune et que la face de son père était bien ronde...

    Au bout de quelques temps, Les deux sœurs sortirent de prison. Elles purent retrouver leurs beaux appartements et leurs époux respectifs les visitèrent bien qu'elles aient perdu toute beauté. Elles-aussi furent enceintes et accouchèrent respectivement d'un bébé à tête d'ourson et d'un autre à tête de singe. Elles avaient bien essayé de feindre l'amour auprès de leurs conjoints et il semblait que ceux-ci fussent restés incrédules. Peut-on confondre l'amour vrai et le simulacre de l'amour?  Non !  Conscientes qu'il n'était pas dans leur intérêt de faire grise mine, elles poussèrent des cris de joie et firent bon accueil à leurs rejetons qui jamais ne réussirent à parler normalement, se contenter de pousser les cris qu'on sait utiliser chez certains animaux...Elles-mêmes d'ailleurs n'éprouvèrent plus le besoin de s'exprimer puisqu'elles étaient mariées à des créatures qui n’utilisaient pas le langage des hommes... 
    C'était là un bien étrange état de chose mais éprise comme elle l'était de la Bête, le Belle n'abordait jamais le sujet.  Quant au vieil homme, il s'accommoda bien d'être triplement grand-père et accorda le même amour à chacun de ses petits-enfants, nonobstant la physionomie  étrange et le parler assez spécial de deux d'entre eux. Lunain était le plus vif ! Argh et Tchipkik avaient moins de facilités...

    Dès lors, tout ne fut plus que joie dans l'étrange domaine, tout au moins pour la Bête et la Belle...

    Morale:
    Qu'une Belle épouse une Bête, est-ce une source de malheur?
    Non si la générosité se mêle à un ardent bonheur !

    Qu'un père aveuglé soit bien inconscient 
    n'est rien s' il se repent à bon escient !
    Il est juste de punir pour leur jalousie
    D'ambitieuses sœurs tout 
     sourires et flatteries !
    Mais ne songeons donc qu'au bonheur
    Car la peine alourdit les cœurs !



    emmabova68 il y a 2 semaines
    Cent grains d'hellébore

     

    Au centième coup de minuit, un peu fripée et de très mauvaise humeur, la belle au bois dormant s'éveilla dans le vieux coucou bavarois où le génie de la lampe, un peu éméché, l'avait séquestrée par mégarde cent ans plus tôt.

    Cet événement déplorable s'était produit lors du CSC (Congrès Séculaire du "Charme"), (par "charme" entendre "professions de l'enchantement ", à ne pas confondre avec un quelconque MIDEM du X), qui se tenait cette fois-là dans le château du Comte Dracula.
     La tenue du CSC laisse d'ailleurs quelque peu à désirer depuis l'an mil, puisqu'on y voit, hélas, de plus en plus de seconds couteaux de la sorcellerie, jeteurs de sort pouilleux auxquels se mêlent des sorcières malveillantes, ou des mégères haut placées animées de sombres intentions à l'égard de leurs douces belles filles.

    Cette session-là, les marâtres de Blanche Neige, et de Cendrillon, ainsi que Carabosse (qu'elles avaient prise en stop dans leur carrosse à Avallon), avaient fait le déplacement jusqu'à la Transylvanie, bien décidées à extorquer à Marcel, le génie de la lampe, les noirs secrets de l'orient.
    En effet, elles se trouvaient dans une impasse. Depuis des siècles, elles échangeaient fébrilement des recettes prétendument fatales. Mais toutes, qu'elles soient traditionnelles : liqueur de rognures d'ongles, bave de crapaud, ou sophistiquées, comme la décoction de cheveux de centenaires roux, ou le fiel de crocodile borgne, se révélaient foireuses.
    Fidèles à la coutume enseignée il y a des lustres par la vieille Baba-Yaga, elles pimentaient toujours leurs philtres avec cent grains d'Hellébore.
    De ce fait, et sans qu'elles comprissent pourquoi, ces préparations provoquaient, chez les palefreniers et les soubrettes qui servaient de cobayes, de puissants désordres intestinaux, éliminant du même coup les poisons avant qu'ils aient pu agir.

    C'est ainsi qu'à la pause entre la conférence de Merlin et celle de David Copperfield, ces dames, incognito sous des voiles noirs, avaient investi le bar du dragon, où Marcel se goinfrait de toasts à la mandragore. Ce qui le changeait agréablement des dattes séchées qui constituaient son ordinaire dans la lampe.
    Elles entreprirent de le séduire avec moult compliments, roueries qui ont fait leurs preuves depuis la nuit des temps auprès de la gent masculine. Et Marcel était sans nul doute un spécimen masculin, curieusement dépourvu de pieds, mais très musclé du haut. Elles le saoulèrent de paroles mielleuses et de liqueur d'ortie des Carpates, une spécialité maison.
     - que vous êtes joli, que vous nous semblez beau ! Sans mentir, si votre pouvoir se rapporte à votre sex appeal, vous êtes le phénix des invités du CSC !
    A ces mots, Marcel ne se sentit plus de joie, il prit par le cou une des marâtres voilées (il se trouve que c'était Carabosse) et lui dit :
    - vas-y donc, poupée, fais un vœu !

    Le vœu de la dame était fait depuis longtemps : se débarrasser de la Belle, mais l'alcool d'ortie (traître comme la sangria) faisant son effet, sur elle-même comme sur Marcel, elle tituba et chuta avec lui sur les peaux de loup qui recouvraient le dallage du bar du dragon.
    Ce qui fit que sa pensée troublée à elle, et l'imprécision de ses incantations à lui, eurent pour effet d'aspirer la Belle, depuis le château de son père (où elle pleurnichait depuis cent sept ans qu'elle voulait un rouet, et qu'on allait voir ce qu'on allait voir si on ne lui en donnait pas, na!), et slurp, de la comprimer dans le coucou bavarois, un cadeau de la Lorelei au propriétaire du château.

    Sur ce, la cloche avait sonné, signalant la reprise des conférences, et la Belle resta coincée là, pour cent ans, comme son destin l'avait approximativement prévu.

    Au centième coup de minuit donc, elle s'éveilla et sortit du coucou, pour trouver un château désert, Vlad l'empaleur étant alors occupé par le casting de Twilight 10, et le CSC se tenant cette fois-là à Poudlard.

    Un peu décontenancée, elle monta dans le donjon où elle vit enfin quelqu'un à qui parler : près d'une fenêtre garnie de vitraux, une très vieille femme filait la laine.

    soledadnad il y a 2 semaines
    Conte : Les trois petits cochons. 
    A la manière de Perec sans utiliser la voyelle E.

    Antan, vivait la tribu cochon mourant d'inanition. Il n'y avait plus un grain, ni pain, ni fruit, ni boisson.
    Sur l'avis du grand papa cochon, nos mini lardons partiront lundi un matin , chacun munis d'outils pour bâtir un toit.

    "Un bisous à chacun, un sac à dos, allons-y d'un pas sûr frangins! " dit Titou-Lardon un bon cochon ni froussard, ni poltron . Chacun sifflotait "qui craint Grand Vilain Loup, surtout pas nous, surtout pas nous !".

    Soudain, Riton dit cochon-craintif vit du foin brillant dans l'air du matin. Il ramassa moult fagots, lia moult ballots, ainsi il construit son abri. Son clan partit , Riton s'assoupit dans sa maison. Tout à coup Grand Vilain Loup toqua à la cloison : "Mini lardon, mini lardon joli sandwich au jambon pour un bon loup. Vois mon pouvoir! " L'air brûlant produit  par l'animal souffla aussitôt la maison à Riton. Grand Vilain loup broya Riton, un bon cochon si dodu.

    Momo a du boulot.Il lui faut du pin landais pour bâtir sa maison. Momo sait qu'un loup voisin a trop faim, aussi il construit son abri jusqu'à la nuit quand un  loup surgit, soufflant aussi fort qu'un ouragan, brûlant tout autour, mastiquant Momo un bon cochon gras si doux.


    Titou connait Grand Vilain Loup, il bâtit jusqu'au soir sa fortification, posant maints parpaings. Dans son grand bastion tout confort, Titou s'imaginant un lion traquant Grand Vilain Loup. Soudain , on toqua . Titou ouvrit son judas, avança son groin, vit Grand Vilain Loup aux crocs sanglants du sang familial.

    "Bonsoir ,ami cochon susurrait l'animal."

    Titou ouvrit muni d'un gourdin, donna au loup un bon coup, il a  occis ainsi son rival qu'il mis dans un chaudron.
    Un gros loup, moult champignons, du thym à foison, voilà un divin parfum chatouillant le groin du cochon.
    Titou consomma tout son soûl tout au long du jour suivant, son ragoût odorant.

    La conclusion : du bon travail, du cran, du sang-froid, voilà ton salut ami cochon!





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