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    cheyenne-tala il y a 2 semaines
    Blanche-Neige et la noix de coco : 


    Il était une nuit, dans un royaume aux mœurs étranges, une princesse à la peau très blanche et à la chevelure très noire.

    Elle fut baptisée Blanche-Neige par son père, le Roi.

    Dans ce pays, le critère de beauté était d’avoir un aspect fantomatique. Perpétuellement enveloppées de brouillard, les terres voyaient rarement le soleil, et les habitants avaient donc tout naturellement le teint blafard, un corps frêle et une vue de myope.

    Blanche-Neige n’échappa pas à la règle. A vingt ans, elle était menue comme une enfant de 12 ans, et pour comble de malheur, elle ne pouvait se nourrir que de pommes, contrairement aux autres habitants, qui eux pouvaient en plus consommer des navets et des choux-fleurs.

    A vingt ans donc, son père décida de la marier.

    Il envoya des messagers aux quatre vents, histoire de trouver un prétendant exotique qui soit digne de sa fille unique.

    Au fil des mois qui suivirent, certains messagers revinrent, porteurs de promesses de mariage.

    D’autres ne revinrent jamais.

    Après quelques semaines de tergiversations, les époux royaux, avec l’accord de leur fille, arrêtèrent leur choix sur un colosse blond, prince d’un royaume situé de l’autre côté de La Grande Bleue.

    Les préparatifs du voyage prirent quelques mois supplémentaires, et Blanche-Neige, impatiente, employa son temps à rêvasser de cet ailleurs plein de promesses et d’aventures.

    Enfin, le jour du départ arriva. La princesse embarqua, le pied léger, suivie de tous ses gens, et la cale du bateau pleine de pommes.

    Les premières semaines de ce voyage furent un ravissement, même si la princesse n’était autorisée à sortir de sa cabine que la nuit tombée, car il lui fallait absolument préserver son teint laiteux.

    Cependant, comme toutes les bonnes choses ont une fin, cette paisible traversée se mua une nuit de pleine lune en une terrible tempête.

    Au petit matin, Blanche-Neige se réveilla plus morte que vive, seule, presque nue, échouée sur une île déserte.

    Remise de ses émotions, elle fut stupéfaite par la lumière du jour, aveuglante, terrible, brulante. Elle découvrir les couleurs, la chaleur, une faune et une flore luxuriante. Bref, le jour et la nuit avec son royaume de la brume.

    Passé ce premier moment d’euphorie, elle avisa qu’il lui fallait organiser sa survie, en attendant les secours.

    Par chance, elle put ramasser quelques pommes, échouées comme elle sur la plage. Elle les entreposa à l’abri et résolut de sillonner son île, à la recherche de fruits de même nature.

    Il n’y en avait point.

    Elle économisa donc sa petite réserve de pommes, en espérant quitter cette île maudite avant de mourir de faim.

    Les jours passèrent et Blanche-Neige n’était plus tout à fait blanche, toute occupée qu’elle était à chercher des pommes, même sauvages. Son teint devint hâlé, et sa chevelure se para de mèches orangées, décolorées par un soleil implacable.

    Finalement, ne voulant pas rendre son dernier souffle si jeune, elle décida qu’il était temps de diversifier son régime alimentaire. Elle porta donc son choix sur les noix de coco, qui se trouvaient alors en abondance sur la plage.

    Après d’innombrables efforts, elle finit par en ouvrir une et se gorgea goulument de son eau.

    Il ne se passa rien. Blanche-Neige était toujours en vie. Était-elle réellement allergique à tout autre aliment que les pommes ? Lui avait-on menti toutes ces années ?

    Confiante, elle préleva un petit morceau blanchâtre de la noix de coco, le porta à sa bouche et mastiqua en fermant les yeux, savourant ce goût totalement nouveau, puis l’avala… et s’effondra.

    Telle aurait pu être la triste fin de la jeune princesse, mais le hasard voulu qu’une pirogue chargée de pygmées en voyage accoste sur cette île.

    Ces pygmées avaient l’habitude de venir sur ce bout de terre, afin d’y récolter des noix de coco, car il n’y avait pas de cocotiers dans leur royaume.

    Ils se dispersèrent donc sur la plage et commencèrent le ramassage des noix, lorsqu’un cri retentit.

    Un des leurs avait en effet découvert Blanche-Neige, étendue non loin.

    Tous s’agglutinèrent autour d’elle et cherchèrent à savoir pourquoi elle ne se réveillait pas, chacun y allant de sa théorie. Ils finirent par se disputer puis par se battre.

    Au cours de la bagarre, un des leurs, le plus lourd et qui se nommait Heimlich, perdit l’équilibre et tomba sur la malheureuse princesse, manquant de lui broyer la cage thoracique. Cela eu tout de même l’immense avantage d’exercer suffisamment de pression pour expulser le bout de noix de coco qui était resté coincé dans la gorge de la jeune fille.

    Elle se réveilla donc à la vie, suffocante, cherchant l’air, et découvrit en demi-cercle autour d’elle sept pygmées la regardant, subjugués par sa beauté.

    Après avoir pesé le pour et le contre, elle décida de les suivre et vécut dans leur royaume, heureuse d’y découvrir de nouvelles variétés de pommes, toutes plus juteuses les unes que les autres.
    L’histoire raconte même qu’elle y épousa le prince…
    SALGRENN il y a 2 semaines
    La petite sirène...

             Pas facile de vivre avec une queue de poisson.C'est ce que je me dis tous les matins en regardant cette putain de nageoire caudale...
             Papa, qui écoute en boucle "la mer qu'on voit danser..." dans une conque, m'a dit que je pourrais me faire opérer mais il fallait que j'attende d'avoir dix huit ans révolus.C'était la loi.
             En attendant je passe mes journées entières sur un rocher et je me fais drôlement chier.J'ai les glandes quoi...
             Papa, qui sent fort la poiscaille comme tout le monde ici, m'a dit aussi que je risquais fort de le regretter ensuite car je serais obligée de partir vivre là-haut si je me faisais greffer des vraies jambes.Et là-haut ce n'était pas la même limonade, ils avaient leurs lois aussi mais elles étaient beaucoup plus sévères.Pas d'écart possible, fallait toujours bien marcher droit dans ce monde d'en dessus.
             "Alors si t'ondules trop du cul ils te remettront vite fait dans l'axe, ma gamine !".
             Maman, qui a un oursin dans la poche, pense aussi que ce n'est pas une bonne idée cette opération.Elle m'a raconté l'histoire d'Arielle Dombasle qui avait sauté le pas il y a quelques années de cela et qui maintenant voudrait bien revenir avec nous, mais c'était trop tard...Aucun retour en arrière n'est possible...
             Tatie Brigitte, qui fait beaucoup moins que son âge à cause des omégas trois, m'a donné une autre solution pour avoir des guiboles sans attendre d'avoir la majorité :
              "Trouve-toi donc un mec là-haut ma p'tite, un pigeon qui voudra bien t'épouser et le charme agira...Tu verras...!"
              Alors c'est ce que j'ai fait.Des types qui boivent la tasse et qui se noient y'en a plein la mer en ce moment, j'avais vraiment que l'embarras du choix.Le premier que j'ai chopé il a dit oui tout de suite à ma proposition.Faut dire aussi que quand tu ne sais pas nager du tout et que la premier rivage est à plus de 150 miles nautiques, tu n'as pas tellement envie de faire le difficile...
              Lorsqu'on a débarqué tous les deux sur la plage, à Lampédusa, avec Moktar, ils faisaient drôlement la tronche les autochtones du coin.Et Pas tellement à cause de ma queue en écailles ou bien de mes nichons toujours à l'air libre, non ça d'ailleurs ils ont plutôt bien aimé au contraire les douaniers, mais parce que soi-disant on n'avait pas de papiers en règle...Qu'est-ce qu'ils ont pu nous emmerder avec ça...! Enfin bref après plusieurs mois passés dans un camp, entassés comme des sardines, on a quand même pu partir vers une vie bien meilleure qu'ici comme on dit.J'avais toujours ma queue mais je devais mettre un soutien-gorge pour être un peu plus tranquille sur la route.Moktar, lui, n'avait qu'une idée en tête : rejoindre son cousin Ahmed en Angleterre pour bosser dans son boui-boui qui vous proposait des kebabs avec des tas de sauces différentes à mettre dessus.Alors on a pris la direction de Calais, bras-dessus, bras-dessous.Mais c'était pas la porte d'à coté...Surtout que l'on a un peu traîné en route...Moktar il râlait tout le temps, monsieur était pressé, mais moi je voulais quand même profiter un peu du voyage.On a visité Rome, Florence et puis Vintimille.Enfin surtout Vintimille je dois dire, car c'est là qu'on a galéré le plus pour trouver un passeur honnête.Comme Moktar n'avait pas économisé assez d'argent pour payer notre passage à tous les deux il a fallu qu'on s'arrange.Enfin cette fois, c'est surtout moi qui ai du m'arranger pour le coup...Mais je vous passe les détails...Le sordide n'ayant pas sa place dans ce conte.
               Ensuite on s'est retrouvés en France.C'est un beau pays aussi.C'est là que j'ai demandé à Moktar de tenir ses engagements et de bien vouloir m'épouser maintenant que l'on avait des faux papiers bien réglementaires.J'avais hâte que le charme agisse comme avait promis Tatie Brigitte.Mais ce con a refusé, soi-disant qu'il avait déjà deux autres femmes au bled et qu'une de plus, même bien gironde comme moi, cela allait lui faire de trop ! Bref...On s'est un peu fâchés parce que j'aime pas tellement qu'on me baise et qu'on me roule dans la farine après.Alors finalement il est parti tout seul de son côté et moi du mien.
              C'est à Nice qu'ils m'ont opérée un mois plus tard...
              Inutile de vous dire que j'ai pas mal dégusté et cela malgré la morphine dans les seringues.Le chirurgien était très fier de lui car mes nouvelles jambes, qui appartenaient avant à une danseuse du Crazy-Horse passée sous un TGV et qui n'était pas arrivé du tout à l'heure, étaient absolument parfaites.Quand ils m'ont enlevé les bandages je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer comme une madeleine...Ô putain que c'est beau une paire de jambes qui fonctionne bien...!
             J'ai fait mes premiers pas dans le parc de la clinique sous les flashs des photographes venus pour l'occasion du monde entier.Je faisais la une des journaux à ce qu'il parait.J'ai reçu des milliers de lettres de sympathies.Même Donald Trump m'a écrit, et le pape aussi.
              Et deux mois plus tard je l'épousai mon chirurgien.Il est très gentil Raoul.Et bientôt à la retraite alors comme cela on pourrait bien profiter de la vie tous les deux.Je me suis mise à la course à pied aussi.Des ultras-trails même, c'est ce qu'il y a de plus dur dans la discipline.Et j'accumule les paires de chaussures.Des Louboutin surtout, j'en ai déjà des tonnes plein mon dressinge.La vie est belle quoi...
            
              Mais des fois je vais au bord de la mer, toute seule, et là, je pense à papa, et puis à maman aussi...et parfois même à tatie Brigitte qui m'avait pourtant raconté que des conneries...
                                                                        
    Sflagg il y a 2 semaines
    Salut !

    Comme dans beaucoup de contes il y a un vilain petit mouton noir, il n'y a pas de raison qu'ici il n'y en ait pas un aussi. Et bien me voilà avec un texte qui n'a rien du jolie petit conte :


                        Il était un foie                  (04/09/19)

     
    Il était une fois, un foie.
    Il était un foie, une fois,
    Qui aimait bien l’alcool.
    Qui aimait bien trop l’alcool.
    Et qui, logique, mourut d’une cirrhose,
    D’une consommation de vin pas si rose.
    Il était une fois, un foie.
    Il était un foie, une fois,
    Qui, vous l’aurez compris, était belge,
    Mais plus, depuis long, ni rose ni beige.
    Mais plutôt d’une couleur nécrose,
    Un peu comme ma prose.
    Il était une fois, un foie.
    Il était un foie, une fois,
    Qui était celui d’une marchande de foie
    De la belle ville de Foix...
    Ah non ! celle-là elle a déjà été faite cent fois,
    Et par des gens ayant beaucoup plus que moi la foi.
    Il était une fois, un foie.
    Il était un foie, une fois,
    Qui avait plus de l’éponge,
    Quand on y songe,
    Que du foie,
    Ma foi.
    Il était une fois, un foie.
    Il était un foie, une fois,
    Qui était bien imbibé.
    Qui était bien trop imbibé.
    Que quand il rotait, ça se sentait
    Qu’il n’était plus sain, avec et sans T.
    Il était une fois, un foie.
    Il était un foie, une fois,
    Qui était bien malade,
    Comme cette ballade
    Qui n’a rien d’une promenade de santé
    Où on te passerait de la pommade à ta santé !

    S.Flagg !!

    Bonne lecture et chance à tous !!
    SALGRENN il y a 2 semaines
    Bravo ! Mais c'est plutôt une comptine non ? Celle de la chopine...!
    franceflamboyant il y a 2 semaines
    Tout d'abord, je signale quelques négligences dans mon texte et en suis navrée !
    - Ou tu t'es égarée : il faut lire plutôt "où tu t'es égaré"
    -Les deux sœurs attendaient que des maris leur arrivent est plus heureux que "leur arrive".


    Par ailleurs, je suis ravie de toutes ces bonnes lectures ! 
    Bibalice il y a 2 semaines
    franceflamboyant  : vous pouvez toujours modifier/corriger un post en cliquant sur la petite hirondelle en haut à droite ;)
    SophieWag il y a 2 semaines
    @soledadnad, Bravo pour la performance!
    soledadnad il y a 2 semaines
    SophieWag a dit :

    @soledadnad, Bravo pour la performance!


    Merci beaucoup SophieWag
    SALGRENN il y a 2 semaines
    Oui je sais...J'ai déjà posté quelque chose mais le thême m'inspire beaucoup (j'ai toujours rêvé de rencontrer une princesse...) alors en voici une autre...
                                                          
           Le vilain petit canard...

           Vous n'allez peut-être pas le croire mais ce matin on a trouvé un nouveau-né, pas plus gros qu'un lapin, que quelqu'un nous avait déposé sur les marches du perron...
           Bien joli, tout joufflu et qui braillait comme un putois.
           C'est Simone qui l'a vu en premier.Simone de Beauvoir elle porte vraiment bien son nom celle-ci car rien ne lui échappe, et c'est comme qui dirait notre oeil de lynx !
           On est tous venu pour le contempler ce petiot qui beuglait, et nous sommes même restés un moment comme cela, sans bouger et surtout sans rien dire, ce qui n'est pas du tout dans nos habitudes de la boucler ainsi.Puis Mussi et Busso lui ont fait des grimaces pour essayer de le distraire un peu.Ils sont assez balèzes pour ça, de vrais clowns ces deux là...! Mais ils ont eu beau faire les Zavatta, qu'il continuait toujours à gueuler et à se tortiller le petit ver de terre, alors madame de LAFAYETTE et VOLTAIRE ont demandé à Francoise DOLTO si elle avait une solution pour qu'il la mette un peu en veilleuse quand même.
            "Non...! Plus rien à foutre maintenant des marmots...Qu'il crêve tiens...!" qu'elle a répondu.Et on n'était pas plus avancé avec ça...
            "Mais il a peut-être tout simplement faim...?" qu'a sorti RABELAIS en se frottant la panse.Et c'était pas con.
            Marguerite YOUCENAR s'est proposé pour lui donner le sein.C'est vrai qu'en matière de nichons elle se pose là l'ancienne et SADE qui ne rate jamais une occasion de mater lui a dégrafé lui-même son corsage, et ensuite a présenté le téton au gamin qui s'est jeté dessus comme la pauvreté sur le monde.
            "Mon dieu...qu'a dit ZOLA...Comme c'est beau d'avoir faim...!"
            Au bout d'une heure il s'est tout de même arrêté de téter, bien rassasié notre p'tit bonhomme.L'Amélie NOTHOMB nous a alors refilé l'un de ses grands chapeaux ridicules pour en faire un berceau confortable et ensuite BUKOWSKI lui a chanté une comptine dont il a le secret pour qu'il s'endorme tout à fait...
            "Je pète, je rôte, et je vomis, et puis...je crotte aussi !"
     
            Les mois et les années ont passé.
            Et aujourd'hui, il a presque trois ans déjà le trublion.
            C'est Jeannot, pardon, je voulais dire Jean D'Ormesson, qui lui apprend à lire et à écrire tandis que Jean-Jacques ROUSSEAU le promène dans le parc en lui citant tous les noms des petits oiseaux.Il est doué ce gosse et a déjà fait ses premières gammes en composant deux ou trois ballades bien enjouées.Toutes les dames l'adorent et monsieur PROUST aussi qui lui a même donné son grand lit et tous ses oreillers de plumes...
            Mais celui qu'il préfère le plus parmi nous, c'est bien sur Jules VERNE.Il ne le quitte pas d'une semelle, et le vieux est très fier et en devient complètement gâteux de ce bambin.Il lui a même construit une montgolfière et un trés joli sous-marin bleu.

            Quelques années encore ont passé depuis...
            Et notre protégé a beaucoup grandi et va bientôt sur ses quinze ans...C'est demain très exactement...
            Alors pour fêter ça, on a décidé d'organiser une fête pour lui donner enfin un nom et un prénom à ce chérubin, ce qui n'avait pas encore été fait jusqu'à présent.Le comité de lecture s'est donc réuni et a du choisir parmi les propositions des unes et des autres.Cela n'a pas été facile mais finalement on a trouvé quelque chose de très bien et qui surtout plaisait à tout le monde :
            "Mowgli Chéri qu'on va t'appeler et...tu seras un homme mon fils !"
            Rudyard était forcément ravi...Et puis tous les autres aussi...

            Pourtant c'est à partir de ce moment que cela s'est gâté...
            Notre petit Mowgli a commençé à changer, plus du tout le même à vrai dire.Très arrogant, ne disait plus bonjour à personne, crachait même par terre en jurant.On ne le reconnaissait plus notre loupiot...
            Et puis surtout il a commencé à écrire toutes ses horribles choses sur nous...Des critiques qu'il appellait cela...Comme si on en avait vraiment besoin...! Un sacré pinailleur maintenant notre Mowgli qui passait des heures et des heures à éplucher tous nos textes en long, en large et en travers.Et rien dans nos oeuvres, qu'elles soient en prose ou en vers, n'était assez bon pour lui.
            "Et vous vous prétendez écrivains avec ça...?! Mais ce n'est que de la daube truffée de fautes de syntaxe mes pauvres amis...!"
            Alors voilà...Finalement on a fini par le foutre dehors avec un bon coup de pied au cul ! Retour à l'envoyeur ! Et aucun remord... 
           Seul Papy HUGO a un peu chialé, car c'est un sensible le gros.
           A ce jour il n'a plus donné signe de vie...Et on l'a vite oublié ce petit mariole...
    Pippolin il y a 2 semaines
    BOULE DE PAPIER

    (Hommage à Boule de Suif)

    Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d’armée en déroute avaient traversé la contrée. Ce n’était pas de la troupe, mais des hordes débandées. Les Ogres avaient la barbe longue et sale, des peaux de bête en guenilles et ils avançaient d’une allure molle, sans princesses ni enfants à croquer. Tous semblaient accablés, éreintés, agrippés à leur massue comme le naufragé à l’épave, marchant seulement par habitude et proches de la paralysie sitôt qu’ils s’arrêtaient. On voyait aussi des bûcherons, gens pacifiques, ouvriers tranquilles, géniteurs prolifiques, pliant sous le poids de la hache, de petits lutins faciles à l’épouvante et prompts à l’enthousiasme, prêts à la farce comme à la fuite; puis au milieu d’eux, quelques Nains tristounets, débris d’une division moulue lors d’une escarmouche, des Géants taciturnes alignés avec ces créatures diverses et, parfois, la chevelure dorée d’un Prince Charmant au pied pesant qui surveillait avec lassitude la marche monotone des personnages.

    Des légions de monstres errants à la réputation terrifiante tels le Dragon de la Tour, Barbe Bleue ou Le Grand Méchant Loup passaient à leur tour, avec l’œil terne des journées sans pitance.

    Leurs chefs, le Marquis de Carabas, le Roi de Mataquin, l’Empereur de Cantalabutte, festoyeurs de renom plutôt que gens de bâton, guerriers de circonstances, nommés chefs pour leurs écus ou la longueur de leurs souliers, couverts d’armes, de flanelle et de galons, parlaient d’une voix retentissante, discutaient plan de campagne et prétendaient soutenir seuls l’Histoire agonisante sur leurs épaules de fanfarons ; mais ils tremblaient parfois devant leur propre ombre.

    La Plume était cassée, disait-on, la feuille prête à être froissée.

    Le Petit Chaperon Rouge qui, depuis deux mois faisait des reconnaissances très prudentes dans les bois voisins, se disputant parfois avec de petits groupes de fées effrayées et faisant de grands détours quand un petit lapin remuait sous des broussailles, s’était cloîtré dans ses foyers. La galette et le petit pot de beurre dont elle régalait naguère sa Mère Grand avaient subitement disparu.

     Menés par Le Petit Poucet, les derniers protagonistes venaient enfin de sortir du bois pour se réfugier dans le palais du Roi; et marchant après tous, Le Chat Botté désespéré, ne pouvant rien tenter avec ses loques disparates, éperdu lui-même dans la grande débâcle d’une espèce habituée à voler d’exploits en exploits et désastreusement abattue malgré son moral légendaire, s’en allait simplement, deux lourds sabots aux pieds.

    Puis un calme profond, une attente épouvantée et silencieuse avaient plané sur toutes les têtes des héros. Beaucoup d’entre eux,  amollis par une plume trop complaisante, attendaient anxieusement, tremblant qu’on ne considérât comme un signe d’embourgeoisement le léger gonflement de leur estomac.

    La vie semblait s’être arrêtée, les boutiques étaient closes, la rue muette. Quelquefois, un habitant, intimidé par ce silence, revêtait une peau d’âne et, dissimulé dessous, filait rapidement le long des murs.

    Sœur Anne, de sa tour, ne voyait toujours rien venir. La Princesse Aurore n’en finissait plus de dormir. Cendrillon et le Roi poussaient de longs soupirs, tous deux assis loin de l’autre, le menton calé dans la paume.

    L’angoisse du verdict devenait intolérable.

    Dans l’après-midi qui suivit, quelques traits rageurs, venus on ne sait où traversèrent la Cité Royale avec célérité. Puis, un peu plus tard, une masse noire descendit du rebord supérieur tandis que deux autres flots envahisseurs apparaissaient sur les côtés. Les avant-gardes des trois corps, juste au même moment, se joignirent sur la place du Palais; et, par toutes les rues voisines, une armée anonyme et sombre arrivait, déroulant ses bataillons qui  glissaient sur les pavés comme d’immenses tentacules.

    Le flot vainqueur montait le long des maisons qui semblaient noires et désertes, tandis que derrière les volets fermés, de grands yeux guettaient  l’intrus, maître de la cité, des fortunes et des vies, de par le "droit de conquête". Les personnages, dans leurs chambres assombries, avaient l'affolement que donnent les cataclysmes, les grands bouleversements meurtriers de la terre, contre lesquels toute sagesse et toute force sont inutiles. Car la même sensation reparaît chaque fois que l'ordre établi des choses est renversé, que la sécurité n'existe plus, que tout ce que protégeaient les lois des personnages de papier se trouve à la merci d'une brutalité inconsciente et féroce ou d’une panne d’inspiration. Le froissement de la feuille écrasa sous les maisons croulantes un peuple entier; le flot noir roula les paysans avec les poutres arrachées aux toits et les héros naguère glorieux.

    Et puis, au bout de quelque temps, une fois la rage disparue, une détermination  nouvelle s’empara de Monsieur Perrault. Il se saisit d’une feuille, bourré de regret pour l’acte irraisonné qu’il venait de  commettre et fit courir la plume.

    La ville reprit peu à peu de son aspect ordinaire. Les principaux personnages ne se montraient pas encore mais déjà le bon peuple grouillait dans les rues.  Il y avait quelque chose dans l'air, quelque chose de subtil et d'inconnu, une atmosphère étrangère, comme une odeur répandue, l'odeur du neuf. Elle emplissait les demeures et les places publiques, changeait le goût des aliments, donnait l'impression d'être en voyage, mais chez des cousins prospères et accueillants.

    Bientôt, les Ogres, qui laissaient traîner leurs grandes massues sur le pavé, les posèrent sur l’épaule et prirent résolument la direction de leurs cavernes. Enhardis, les bûcherons, accompagnés de leurs fils et de quelques Nains, comiques avec leurs grands bonnets colorés et leurs joues rebondies, gagnèrent les bois à leur tour, en sifflotant un air guilleret.

    Le Dragon de la Tour, Barbe bleue et Le Grand Méchant Loup, après s’être gargarisés, entamèrent un concours de rugissements qui pencha les peupliers en bordure de la Cité. Rassurés sur l’état de leurs cordes vocales, ils s’en allèrent dans des directions opposées avec des mines de conspirateurs. Les braves gens ne s’en alarmèrent pas : c’est ainsi qu’on les avait toujours connus.     

    Le Prince Charmant se montra enfin, le Chat Botté sautillant devant sa monture. 

    Et quand le roi et Cendrillon sortirent descendre quelques marches du Palais, main dans la main, on sut que la crise était passée et tous et toutes levèrent haut leurs chapeaux et acclamèrent Monsieur Perrault de son inspiration retrouvée
    Vernst il y a 2 semaines
    Allumette, gentille allumette.

    – Papy, papy ! Ils ne font rien qu’à m’embêter !
    Lily se jeta sur le canapé à côté du vieil homme somnolant. La chaleur irradiante du feu de bois avait eu raison des piaillements des enfants et des bruits de cuisine d’où commençait à émaner de savoureuses senteurs de fête. Lily, joues roses et boucles en cascade fixait son grand-père d’un air renfrogné. Répondant au sourcil interrogateur du vieil homme, elle poursuivit :
    – Les grands, ils disent qu’elle est morte !
    – Qui donc ? s’interloqua papy.
    – La petite fille aux allumettes !
    Papy y vit immédiatement l’œuvre de ses grands petits-fils, des garnements de 13 et 14 ans, titillés par leurs hormones, bien que plutôt raisonnables d’habitude. Ah, les fêtes de famille auront eu raison de leur réserve habituelle... Les galopins avaient dû se faire une joie de faire mousser les petits à qui mieux mieux car Lily fut vite rejointe par Moustique, son petit frère de 4 ans, pouce en bouche et doudou sous le bras, et par Lauriane, sa cousine de deux ans son aînée, dont le bonnet d’elfe à grelot avait bien dû mal à rester en place à califourchon sur son imposante queue de cheval hirsute. Tous trois semblaient bien contrariés. Le vieillard, sorti de sa torpeur, s’empressa de faire de la place pour tout ce petit monde et s’éclaircit la voix :
    – C’est parce qu’ils ne connaissent pas la vraie histoire, déclara-t-il en se tapotant le nez d’un air entendu.
    – C’est quoi la vraie histoire ?
    – Mais voyons, on ne laisse pas un enfant en péril dehors par un temps pareil ! Il faut dire aussi qu’elle avait fait un fameux tapage qui n’avait pas manqué d’attirer l’attention.
    – Ah oui ? s’enquit Lauriane dont l’œil commençait à s’illuminer.
    – C’est qu’il est très imprudent de craquer des allumettes sous un sapin de Noël ! s’exclama papy. Ce qui devait arriver, arriva : toute la grand place fut sens dessus-dessous quand le magnifique arbre de Noël de vingt mètres s’embrasa d’un coup, séché qu’il était depuis un mois !
    – Elle a brûlé alors, la tifille ? susurra Moustique, le pouce brillant de salive.
    – Bien sûr que non ! Monsieur Andersen, qui venait d’acheter sa dinde farcie, s’est précipité pour la sauver. Il s’est pris d’affection pour la pauvrette et l’a adoptée. Quand il a eu l’idée d’écrire cette histoire, il s’est simplement abstenu de dire toute la vérité.
    – Pourquoi ? s’exclamèrent en cœur trois petites voix étonnées.
    – C’est que, plus il vend des livres, plus il gagne de l’argent. Et les histoires tristes, ça se vend mieux que les histoires qui finissent bien.
    – Pourquoi ?? répéta Lily, les yeux ronds.
    – Parce que les vilains grands frères ont plus d’argent de poche que les petites filles pour acheter des livres pour les embêter ! conclut le vieil homme ne riant. D’ailleurs ces chenapans de frères Grimm ont fait bien pire, mais ça, c’est une autre histoire !
    parigo1968 il y a 2 semaines
    Les fées n’existaient pas, Cendrillon en fut sûre

    Et elle eut ras-le-bol de ces contes de chaussures !

    Ses sœurs étaient des pestes, sa marâtre une garce

    Elles ne rechignaient pas à lui faire moultes farces ;

    Ménage et repassage rythmaient son quotidien

    Elle vivait chaque jour une vraie vie de chien ;

    Pendant que ses deux sœurs faisaient fête sur fête,

    Elle trimait sans relâche, un fichu sur la tête



    Un beau jour, un grand bal fut fixé par le Roi

    Qui voulait marier son fils Henri Vingt-Trois ;

    On fit sonner partout, par trompettes et hérauts,

    Pour avertir les gueux de la fête annoncée,

    Des libations prévues et des tables dressées ;

    Les sœurs de Cendrillon, ridicules et rieuses

    Commencèrent à sortir leurs pierres les plus précieuses,

    Leurs robes de gala et leurs souliers vernis.

    Cendrillon, on s’en doute, resterait au logis.



    Le bal eu lieu, bien sûr, en présence du roi,

    Du Prince et des barons ; on y but, y dansa,

    Y forma des alliances. On y trouva maris,

    On y trouva épouses ; les sœurs y furent marries

    De n’avoir point séduit le Prince convoité.

    Celui-ci attendait, les pupilles allumées,

    Mais ne distinguait pas la femme de ses rêves

    Parmi toutes ces dames pourtant pleines de sève.

    Il observait leurs pieds et leurs souliers soignés,

    Et cherchait quelque chose, sans pouvoir le nommer.

    Le Prince avait fini par aller se coucher

    Dépité, très déçu, et même un peu fâché.



    Au retour des deux sœurs, Cendrillon demanda :

    Alors, le Prince vous aime, vous a pris dans ses bras ?

    Les sœurs le prirent mal et lui collèrent des beignes

    (Quand elles étaient furax, elles savaient être teignes)

    Cendrillon fut rouée de coups et de taloches

    Sous le regard tranquille de sa chère belle-doche



    Ce furent les coups de trop ! Cendrillon en eut marre

    De finir tous les soirs épuisée, l’air hagard :

    Elle prit un avocat, le plus cher du royaume,

    Qui plaidait au palais protégé par un heaume.

    Les gens ne l’aimaient pas mais il était tenace

    Et luttait pied à pied au milieu des menaces.

    Le procès fut gagné, les deux sœurs condamnées,

    La belle-mère aussi, pour sa complicité.

    Vingt années de prison sans remise de peine

    Dans les geôles obscures, elles firent moins les reines !



    Cendrillon devint riche et épousa l’oiseau

    Qui l’avait défendue mais qui n’était pas beau

    Ils eurent des marmots, fort laids mais sympathiques

    Qui n’eurent pas besoin de plus de coups de trique

    Que les autres gamins. Cendrillon continua

    A faire le ménage, mais sans être battue.

    Un bonheur tout tranquille qui fut le bienvenu.
    Isabellalacoste il y a 2 semaines
    BONjour, 
    je ne participe plus à aucun défi car déçu!!!!!!!!!!!!!
    MDWI il y a 2 semaines
    Une trop jolie chaussure... 

    Je n’ai jamais eu de chance ! 

    Toute petite, j’ai perdu ma mère. Comme si cela ne suffisait pas que je sois orpheline, il a fallu que mon père s’amourache d’une autre femme. Mais cela ne semblait pas encore assez pour les fée de la destinée, car celle-ci vint avec deux grandes filles, aussi méchantes que leur mère. Et pour couronner le tout, mon père mourut à son tour, me laissant à la garde de mon horrible marâtre.

    Celle-ci n’aimait que sa progéniture, Anastasia et Javotte. Je pourrai même dire qu’elle me détestait mais elle ne pouvait me jeter à la rue car je restais l’héritière de mon père. Malgré ses manœuvres sournoises, ma belle-mère n’avait pas réussi à me spoiler tout à fait. Furieuse, elle me vira de ma jolie chambre et me relégua dans la cuisine à l’entretien du feu. A force de dormir près des cendres, je fus bientôt perpétuellement couverte d’une fine particule grise et elles finirent toutes par m’appeler Cendrillon.

    Je n’avais plus qu’une idée en tête. Quitter cette maison qui m’avait vue naître et qui me rendait maintenant si malheureuse. Mais une fille ne pouvait subvenir seule à ses besoins. Il me fallait rencontrer un garçon qui m'emmènerait loin d’ici. Et comment y arriver alors que je ne quittais jamais de la maison, si ce n’est vêtue de guenilles ?

    Justement, lors d’une sortie pour vider les cendres de la cheminée, j’entendis l’annonce faite par un héraut. Le roi organisait un bal et invitait toutes les jeunes filles du pays pour trouver une épouse à son fils. C’était ma chance. Je n’avais pas l’ambition de devenir princesse bien sûr, mais une telle assemblée serait remplie de jeunes gens prêts à nous faire danser.

    Ma belle-mère eut aussi vent de l’annonce et aussitôt, elle fit venir la couturière pour qu’elle réalise une nouvelle robe de bal à chacune de ses filles. Pas à moi bien entendu, je ne pus même pas récupéré une vieillerie portée par Javotte deux années plus tôt.

    —- Mais moi aussi, je suis invitée, protestai-je. 

    Mes belles-sœurs se moquèrent de mes prétentions, moi qui étais si sale et déguenillée. Pourtant sous la crasse, je me savais plus belle qu’elles.

    —- Tu n’iras pas, trancha ma belle-mère. Ou plutôt tu pourras y aller quand tu auras vidé le foyer de toutes ces cendres. Je ne veux plus en voir une seule.

    Je soupirai devant la tâche impossible tandis que mes belles-sœurs se préparaient pour la soirée. Puis ce fut l’heure et toutes les trois quittèrent la maison.

    Je commençai à balayer pour rassembler les cendres, mais quoi que je fasse, il y en avait toujours qui volaient hors de la portée de mon balai. Je me mis à pleurer de découragement. Jamais je ne partirai d’ici. Quand tout à coup je vis une apparition surgir dans la cuisine et éparpiller mon pauvre tas patiemment rassemblé. C’était ma marraine. 

    Je ne l’avais pas beaucoup vue depuis ma naissance. On ne peut pas dire qu’elle avait été une marraine attentive.

    —- Pourquoi pleures-tu ? me demanda-t-elle.

    Je reniflai à travers mes larmes et lui expliquai tout : les cendres, le bal et mon envie désespérée de m’y rendre pour échapper à ma condition. Peut-être que, prise de pitié pour ma situation, elle m’emmènerait chez elle ?

    Je me trompai, mais comme elle avait seize ans de cadeaux d’anniversaire à rattraper, elle voulut bien m’aider.

    —- Tu vas ordonner aux oiseaux de ramasser les cendres, puis me fabriquer un carrosse à partir d’une citrouille et des chevaux à partir de souris ?

    —- Tu n’y penses pas ! Que dirait la ligue de protection des animaux ! Mais j’ai mieux. Prends ma main... après avoir essayé la tienne avec un chiffon bien sûr.

    Je fis ce qu’elle m’ordonnât et quelques instants nous nous retrouvions dans une verrière immense remplie de lumière, de musique et de gens.

    —- Ou sommes-nous ? demandai-je, vaguement effrayée.

    —- Nous avons fait un bon dans l’avenir. Ceci s’appelle un centre commercial. Dans quelques siècles, tout le monde viendra acheter les objets de la vie courante ici.

    —- Ils ont besoin de tout ça pour vivre ? m’exclamai-je abasourdie par la multitude des objets présentés.

    —- Viens, nous n’avons pas beaucoup de temps.

    Ma marraine me traîna derrière elle tandis que je regardais tout autour de moi, la bouche grande ouverte de saisissement. Nous nous arrêtâmes dans une première boutique, remplie de cubes métalliques couverts de nombreux boutons. Ma marraine s’arrêta auprès d’un long tube, surmonté d’un cylindre transparent. Elle s’en saisit avant de continuer sa route.

    —- Qu’est-ce que c’est ? demandai-je.

    —- Cela s’appelle un aspirateur. Avec cet appareil, ta cendre va disparaître en un clin d’oeil. Ne l’utilise qu’à bon escient car tu ne pourras pas le recharger. Mais vite, nous allons être en retard.

    Je me tins coite. Je ne comprenais rien à ce qu’elle disait, mais je la suivis, aussi rapide et pressée que les passants alentours. A les voir courir partout, j’aurai pu croire que la nuit allait déjà tomber et les loups sortir du bois pour les dévorer.

    L’allée dans laquelle nous finîmes par nous engouffrer contenaient différents objets en formes de L, surmontés de roues. Ma marraine en prit un, rouge puis se dirigea vers une file de gens qui attendaient les bras chargés devant des comptoirs.

    —- On paie et on s’en va, m’expliqua-t-elle. 

    L’attente ne dura guère. Nous fûmes vite dehors. 

    —- Vite, ma petite. Il te faut une robe et des chaussures maintenant pour ton bal. Et après tous ses achats, je pense que je me serai bien acquittée de ma charge de marraine. Tu m’as ruinée.

    La robe ne prit guère de temps. Malgré le nombre conséquent de modèles présentés, je choisis celui qui me paraissait le plus décent. Les gens de ce monde n’avaient aucune pudeur. Puis nous nous rendîmes dans le rayon des chaussures. Une paire attira immédiatement mon attention.

    —- Je veux celles-là, déclarai-je, avisant une sublime ballerine à talon rose brillant surmonté d’un nœud démesuré doré. 

    Un véritable coup de cœur. Les chaussures de mes rêves.

    Je m’emparai de la paire et la passai à mon pied. 

    —- Trop grand, fut le jugement lapidaire de ma marraine. Il te faut une demi pointure de moins.

    Mais après avoir cherché dans les paires existantes, puis demandé à une vendeuse de voir dans la réserve, il fallut me rendre à l’évidence. Il n’y avait pas ma taille.

    —- Choisis vite un autre modèle, m’enjoignit ma marraine. Et dépêche-toi, car je vais au cinéma ce soir.

    Je regardai autour de moi, mais comparé à la sublime paire que je tenais dans ma main, aucune chaussure ne trouve grâce à mes yeux.

    —- Non, je veux celles-là, insistai-je en les passant à nouveau. Regarde ! J’arrive à marcher. J’arriverai bien à me débrouiller avec le temps d’une soirée.

    —- Soit, soupira ma marraine. 

    Elle paya (une fortune encore, comme elle me l’expliqua), et munies de nos précieux achats, nous regagnâmes ma maison au moment où le clocher annonçait 20h.

    —- Déjà, m’exclamai-je. 

    —- Ma séance ! se plaignit ma marraine.

    Pendant que je m’habillai, elle aspira en quelques minutes toutes les cendres avec son appareil. Puis alla vider l’appareil dehors.

    —- Et voilà le travail. Rien ne vaut un Dyson pour le ménage.

    Je ne pouvais qu’approuver. 

    Je finis de me coiffer et me chaussai, puis ma belle-mère sortit le deuxième appareil.

    —- C’est une trottinette électrique. Tu appuies sur ce bouton et elle t’emmènera jusqu’au château. Voilà, je crois que tu es prête.

    —- Oh merci ma bonne marraine, m’écriai-je en la serrant dans mes bras.

    —- Mais n’oublie pas. Tu dois rentrer avant minuit. Il n’est pas question que quelqu’un voit cet engin.  Mon film sera fini et je viendrai le rechercher à cette heure-là. Compris ?

    Munie de ces derniers conseils, je me mis en route pour le château. J’eus quelques ratés avec la trottinette, plutôt difficile à utiliser affublée d’une longue robe et des talons, et arrivai finalement vers 22h. Je la cachais sous un buisson et débarquai dans la salle de bal. 

    Dans le magasin revêtu d’une sorte de tapis, je n’avais pas remarqué à quel point mes talons pouvaient claquer comme ils faisaient sur le marbre de cette salle. Tout le monde se retourna. Ma belle-mère et mes belles-sœurs qui ne semblaient pas me reconnaître, et surtout le prince. Il s’avança vers moi, m’invita pour une danse, ruinant dans le même temps mes projets d’accoster quelques garçons dans la salle.

    —- Désolée pour le retard, glissai-je avant de prendre sa main et de le suivre au milieu de la piste.

    Nous dansâmes durant deux heures. Le prince loua ma beauté, ma grâce et mon esprit pendant tout ce temps et je me finis par me dire qu’il était plutôt charmant et qu’il ferait un excellent parti pour me mettre hors de portée des griffes de ma belle-mère. Même s’il bégayait un peu.

    Quand soudain minuit sonna. Je devais rentrer. Affolée, je m’arrachai aux bras qui me retenaient et dévalai les escaliers. Dans ma fuite, je perdis une chaussure. J’aurais dû écouter ma marraine et en prendre une à ma taille. Mais c’était trop tard pour les regrets. Et je n’avais pas le temps de faire demi-tour, le prince venait d’apparaître en haut des marches. Si je revenais sur mes pas, il m’apercevrait sûrement. La mort dans l’âme, j’abandonnais mon exquise ballerine et regagnais ma maison où ma marraine m’attendait.

    —- Donne-moi ta robe et tes escarpins, m’ordonna-t-elle.
    MDWI il y a 2 semaines
    suite :

    Je m’exécutai pour la robe mais lui expliquais que je n’avais plus qu’une chaussure, l’autre étant restée sur les marches de palais que j’avais quitté précipitamment.

    —- Petite maladroite, s’écria-t-elle. Comment pourrais-je les revendre maintenant ? Personne ne m’achètera une seule chaussure. Tu n’as qu’à garder l’autre.

    Puis elle rassembla trottinette, robe et aspirateur et disparut dans un éclair. 

    Je me laissai tomber auprès de l’âtre. Mis à part deux heures de féerie, j’avais retrouvé ma maison et ma triste vie d’avant. Je n’avais même pas eu l’occasion de donner mon nom et mon adresse à un seul beau jeune noble. Tout était perdu.

    Mais le lendemain, je repris espoir. Des hérauts parcourèrent la ville déclarant que le prince avait fait son choix et qu’il épouserait la jeune fille qui l’avait enchantée pendant deux heures lors du bal. Celle à qui la chaussure qu’il possédait irait parfaitement.

    Les recherches se mirent en place et les gardes du roi passèrent dans toutes les maisons avec la ballerine. J’attendais impatiemment mon tour. Enfin ils débarquèrent dans ma demeure. Anastasia et Javotte se battirent pour essayer en premier l’escarpin présenté, mais l’une avait le pied trop grand et l’autre, trop gros.

    —- N’avez-vous pas une troisième fille ? s’enquit le héraut auprès de ma belle-mère. Nous avions laissé trois invitations.

    —- Oh ! Il n’y reste plus qu’une souillon, une sauvageonne un peu simplette. Elle n’est pas la jeune fille que vous recherchez. 

    Mais le héraut insista pour me voir et ma belle-mère me fit demander. J’avais eu le temps de nettoyer mon visage et mes bras, mais je ne pouvais rien faire pour mes vêtements. Le héraut recula à l’odeur mais, par acquis de conscience, me fit quand même essayer la chaussure.

    —- Elle est trop grande, lâcha-t-il. Voyez comme elle flotte. D’une demi-pointure au moins.

    —- Mais c’est bien la mienne, m’exclamai-je affolée. C’est moi qui ai dansé avec le prince.

    La troupe ne put s’empêcher de ricaner.

    —- Encore une hystérique, entendis-je murmurer.

    Piquée au vif, j’affirmai.

    —- Je peux le prouver. J’ai la deuxième chaussure.

    —- Comme la moitié des jeunes filles de cette ville qui, voyant la préférence du prince, se sont empressées de faire copier les chaussures de la favorite, ironisa le héraut. C’est comme cela que fonctionnent les modes.

    Puis ils rassemblèrent leurs affaires, prêts à partir.

    —- C’est pourtant moi, insistai-je. Amenez-moi au prince. Je suis sûre qu’il me reconnaîtra.

    —- Cendrillon, ça suffit, gronda ma belle-mère, outrée de mon impertinence. 

    —- Ca ne risque pas ma petite demoiselle, me chuchota un gros sergent avec un clin d’oeil. Il était trop bourré pour se rappeler les traits de la demoiselle. Pourquoi organiserions-nous tout ce cirque dans le cas contraire ?

    Je suffoquai sous la révélation et la porte claqua, anéantissant tous mes espoirs.

    Ma belle-mère me fit chèrement payer mon insubordination et j’appris quelques jours plus tard que le prince avait trouvé sa belle, une jeune fille qui ne me ressemblait en rien mais qui avait le mérite d’avoir le pied à la bonne taille.

    Moralité : N’achète jamais une paire de chaussures qui ne te va pas parfaitement.
    albbert il y a 2 semaines
    Le petit pull rouge
    Ma version du conte: Le petit chaperon rouge



    Il était une fois une petite fille qui vivait dans une jolie ville. Sa mère était folle d'elle et sa grand-mère qui pourtant n'aimait personne l'adorait.

    Pour son anniversaire, sa mère lui avait acheté un pull H&M en laine rouge qui lui allait si bien que tout son entourage l'appelait le petit pull rouge.

    Un jour d'automne, sa mère à qui il restait une pizza au congélateur appela sa fille et lui dit:
     -Quand cette pizza sera cuite, tu iras chez Mémé et tu lui la donneras  avec un pot de Nutella que tu prendras dans le placard. J'aimerais bien y aller mais j'ai rendez-vous  chez le dentiste (j'ai une carie).
     -Pfff, soupira le petit pull rouge qui regardait une série sur Netflix
     -Pas de discussion jeune fille, tu vas y aller et avec le sourire.

    Dix minutes plus tard le petit pull rouge était partie, sa carte de bus dans une main son sac à dos sur l'épaule.
    Elle s'assit à l'arrière du car car il n'y avait de place nulle part ailleure. Il y'avait trois bonnes heures de voyage pour aller chez sa grand-mère, c'était pour ça qu'elle avait pris un livre et son téléphone.

    Après deux heures trente de lecture, elle s'apprêtait à sortir son téléphone quand un jeune homme de vingt-cinq ans vient s'asseoir à coté d'elle. Il engagea la conversation en se rapprochant à chaque phrase un peu plus d'elle.

    Par précaution le petit pull rouge fit une vidéo pour enregistrer ce que disait cette homme qu'elle trouvait de plus en plus suspect.

    Quand elle arriva à son arret, le jeune homme lui dit d'un ton enthousiaste:
     -J'ai une idée, on à qu'à faire une course jusqu'à chez moi. On prend deux chemins different et on se retrouve à ma maison, j'habite 13 impasse paul Bert.
    Bien sur, il vit au fin fond d'une impasse, pensa t-elle en arrêtant la vidéo.
     -Oui, oui, répondit-la jeune fille

    Quand le bus s'arrêta le petit pull rouge et l'homme se mirent côte à côte et quand le monsieur cria "PARTEZ!" 
    La petite fille courut chez sa grand-mère où elle appela la police.  Elle arrêta le délinquant qui avait apparemment enlevé d'autres enfants.


     -Papa? appela une petite fille de neuf ans couché dans son lit
     -Oui? lui répondit son père assise sur un tabouret
     -À quoi tu penses?
     -Ben, je me disais, expliqua t-il, imagine si la fille n'avait pas eu de téléphone et qu'elle était au milieu de nul part. Qu'est-ce qui se serait passé?

    Quand sa fille s'endormit, Mr Perrault se rendit à son bureau et écrit un livre où la fille n'avait pas de téléphone et où elle était au milieu de nulle part. Quelque mois plus tard s'étalait dans les vitrines des librairies "Le petit chaperon rouge".
    Ogrimoire il y a 1 semaine
    Cendrya - une version de Cendrillon


    Après que le cancer lui eût enlevé sa première épouse - une douce et bonne femme dont il avait eu une fille, Sabryna – Jacky, chauffeur-routier de son état, avait finalement rencontré Samantha. Après quelques semaines, cette dernière vint s’installer, avec ses deux filles, dans l’appartement de Jacky, au sixième étage d’une tour, dans une banlieue comme toutes les banlieues du monde. Très vite, toutes les commères du quartier, que Samantha snobait consciencieusement, se mirent à la détester, ainsi que les deux pestes qu’elle avait amenées avec elle.

    À peine eut elle pris ses aises dans le petit domaine qu’elle venait d’annexer, Samantha se mit à pourrir la vie de la pauvre Sabryna, qui était pourtant la gentillesse même. Non seulement elle devait prendre en charge toutes les corvées de la maison - descendre les poubelles, faire la vaisselle, préparer les repas… -, mais, en plus, se vit progressivement interdire tout loisir. Et Samantha, dont l’animosité envers sa belle-fille n’avait plus aucune limite, profitant d’une absence de Jacky, alla jusqu’à lui confisquer son téléphone portable !

    Désespérée, la pauvre fille n’eut plus qu’une idée en tête : fuir cette vie-là. Mais ses études - gentille, elle l’était, certes, mais cela ne préjugeait pas d’une quelconque appétence pour les matières scolaires théoriques - étant ce qu’elles étaient, Sabryna finit par échouer en CAP d’esthétique, avec pour principale perspective d’épiler le maillot des dames du quartier dans le Body Minute situé dans la petite galerie marchande située au pied de l’immeuble.

    Mais le sort en avait décidé autrement, et bien qu’elle ait donné entière satisfaction pendant le stage qu’elle y avait effectué pendant ses études - les clientes ne tarissaient pas d’éloge sur sa douceur et sa gentillesse -, jamais elle n’obtint le travail qui lui avait pratiquement été promis alors. Comment sa belle-mère s’y était-elle pris, mystère, mais il fait peu de doute que c’est le venin qu’elle distillait à qui voulait bien l’écouter qui fit que Sabryna ne fut jamais embauchée. Et voilà la pauvrette contrainte de chercher un autre échappatoire.

    N’y tenant plus, elle fit le tour de toutes les boutiques et entreprises du quartier. Mais le seul qui lui proposa quelque chose fut le responsable du crématorium, qui cherchait quelqu’un pour faire le ménage dans son établissement. Et c’est ainsi que Sabryna se retrouva à nettoyer les cendres que l’installation laissait malencontreusement échapper. Sa belle-mère ayant décidé qu’elle ne prendrait pas plus d’une douche par semaine, Sabryna eut rapidement l’aspect d’une souillon, et ses belles-sœurs se firent une joie de la surnommer Cendrya.

    Chaque année, à l’automne, un grand bal était donné à la mairie, à l’occasion duquel le maire, qui effectuait alors son septième mandat, paradait devant toute la cité réunie. Mais, s’il croyait encore, dans son aveuglement, que les regards énamourés de toute la gent féminine lui était destinés - l’attrait irrépressible du pouvoir, pensait-il -, c’était en réalité à son fils, Xavier-Frédéric, que ceux-ci s’adressaient. Le jeune homme, véritable gravure de mode, choisi d’ailleurs par une célèbre marque de cosmétiques pour une campagne de publicité, faisait battre les coeurs, et n’hésitait d’ailleurs pas à en jouer un peu…

    Toutes et tous étaient conviés, mais, on l’imagine aisément, la belle-mère décida que Sabryna ne pouvait participer, et qu’elle-même se rendrait au bal avec ses deux filles. Les deux pestes se mirent alors à choisir ce qu’elles considéraient comme leur plus belle tenue, bien trop colorée pour l’une, trop courte et vulgaire pour l’autre. Et le soir du bal, Sabryna, après avoir repassé leurs tenues et coiffé leurs cheveux, n’eut d’autre choix que de les regarder partir, la mère avec, d’un côté sa fille multicolore, de l’autre sa fille provocante.

    À peine eurent-elles tourné le coin de la rue que Cendrya sentit la tristesse l’envahir. Oh, ce n’était pas tant qu’elle y tenait, à ce bal. Mais elle aurait aimé, elle aussi, sortir pour la soirée, penser à autre chose… C’est alors que se matérialisa au milieu du salon sa marraine, manquant du même coup faire tomber le téléviseur - un grand écran, LED 4K, acheté récemment et qui faisait la fierté de la maîtresse de maison -.

    - Oh, ma marraine ! Je suis ravie de vous voir, s’exclama la jeune fille. Voulez-vous un thé ?
    - J’ai senti que je devais passer te voir. J’étais à mon club, et j’ai senti que tu étais triste…

    La marraine en question, qui portait dans son sang les traces de son hérédité - elle était la descendante d’une longue lignée de fées - s’était prise de passion pour la cause féministe. Après avoir vu son adhésion refusée dans un groupe de Femen, sous l’argument réaliste mais néanmoins fallacieux que sa poitrine flétrie ne ferait pas le « buzz » sur les réseaux sociaux, avait finalement trouvé chaussure à son pied, en rejoignant le Club Émilie du Châtelet, une société féministe qui organisait des débats et conférence pour inciter les jeunes filles à prendre leur vie en main.

    - C’est à cause de ce bal, c’est cela qui te rend triste ? Tu sais ce que j’en pense, ma chérie, se faire belle pour être remarquée, en espérant qu’un homme te trouvera suffisamment présentable pour devenir ton seigneur et maître, c’est désespérant. Mais bon, je suis de bonne humeur ce soir - son ton et son air bougon démentaient pourtant cette affirmation ! Je vais donc, contre mes principes et convictions, t’aider à assister à ce bal.

    La marraine se mit alors à regarder autour d’elle, fit le tour de l’appartement, et s’empara du rideau de douche, d’une boîte à chaussures, d’une statuette africaine en bois probablement fabriquée en Chine, d’une casquette Billabong, et d’une vieille paire de tongs en plastique. Visiblement insatisfaite de sa cueillette, elle se mit à quatre pattes, et, soulevant le plaid qui habillait le canapé, alla récupérer un mouton de poussière.

    - Bon, je devrais pouvoir faire avec cela, grommela-t-elle, davantage pour elle-même que pour être entendue de Sabryna.

    Puis elle sortit d’une de ses poches une sorte de matraque télescopique, qu’elle déplia. Quelques mouvements de sa matraque - ne croyez pas que les fées modernes emploient encore ces objets peu pratiques que sont les baguettes magiques au long manche terminé par une étoile. Elles ont depuis longtemps choisi des objets plus simples à dissimuler, ou, dans le cas de la marraine de Sabryna, susceptibles d’avoir un double usage, ladite baguette ayant, la veille encore, permis de tapoter le crâne d’un malappris qui avait cru pouvoir impunément tripoter la fée lors d’un déplacement en métro - suffirent à transformer le rideau de douche en une magnifique robe aux reflets irisés, dont Anna Wintour aurait immédiatement repéré la filiation avec l’un des modèles de la dernière collection de Karl Lagerfeld. La statuette africaine fut pareillement transformée en un athlétique jeune homme noir, qui, coiffé de ce qui était désormais une casquette noire sans lien avec une marque de surfeur, ferait un chauffeur et garde du corps tout à fait présentable. Le mouton, pour sa part, se transforma bientôt en un diadème étincelant de diamants. Enfin, les tongs laissèrent la place à de magnifiques escarpins.

    Enfin, la fée s’occupa de la boîte à chaussures. Le sortilège, visiblement plus complexe, prit davantage de temps, mais, lorsqu’elle eut fini, reposait sur la table un trousseau de clés, qu’elle ramassa pour le tendre au chauffeur.

    - Vous trouverez la voiture au coin de la rue, dit-elle avec un sourire.

    Puis, se tournant vers sa nièce qui, dans l’intervalle, avait revêtu la robe et le bijou, elle sourit.

    - Ah, il ne manque plus qu’un détail, ajouta-t-elle, en sortant de sa poche un collier orné d’une magnifique pierre rouge sang. Ce collier va orner ton cou gracile, souligner sa finesse, rehausser ton teint. Voilà qui attirera les regards ! Et personne d’autre ne pourrait le porter que toi.

    En effet, Sabryna avait le cou le plus fin qu’on pût imaginer, au point qu’aucun collier ne semblait jamais avoir été fait pour elle. Mais celui-ci était magique, et, à peine sa marraine l’eût-elle mis à son cou, s’adapta parfaitement.

    - Te voilà prête, ma chérie. Il ne me reste plus qu’à te souhaiter de bien profiter de ta soirée, mais, surtout, n’oublies pas de rentrer ici avant minuit. Car, passée cette heure, la voiture, la robe, le chauffeur, la voiture, le diadème redeviendront ce qu’ils ont toujours été.

    Le chauffeur lui ouvrant le chemin l’emmena jusqu’à une magnifique voiture de luxe, dans laquelle il l’emmena jusqu’à l’Hôtel de ville. La rumeur aidant, avant même qu’elle n’eut atteint le haut de l’escalier d’honneur, de nombreux curieux étaient là pour observer l’arriver de cette grande dame inconnue. Son entrée dans la salle de réception mit un terme à toutes les conversations, et tous les yeux se tournèrent vers elle. Les hommes la dévoraient des yeux, les femmes la détestèrent tout aussi uniment avant même que de la connaître. Mais le plus époustouflé de tous fut bien le fils du maire, qui, sans même s’en rendre compte, s’approcha et lui offrit son bras, pour l’emmener jusqu’à la place d’honneur. Rougissant comme un collégien, il l’invita à partager la première danse, et sembla irrémédiablement pris dans d’invisibles filets tout le reste de la soirée. Jamais il ne fut bien loin.

    Emportée par le tourbillon du bal, et peu rompue à ces choses-là, Sabryna ne vit pas l’heure passer. Et ce n’est qu’en entendant le premier coup de minuit sonner à la cloche de l’église qu’elle repensa à l’avertissement de sa marraine. Effrayée, elle prit congé sans tarder et s’enfuit, sous les regards ébahis de la foule. Au troisi
    Ogrimoire il y a 1 semaine
    Cendrya (suite et fin)

    Au troisième coup, elle apercevait l’escalier d’honneur, au cinquième elle le descendait en courant, au sixième elle repéra la voiture. Ce qu’elle ne vit pas, en revanche, c’était le garde qui surveillait la cour et lui tournait le dos. Elle le percuta, mais, sans s’arrêter, elle poursuivit sa course et, au huitième coup de minuit, s’affala sur le siège arrière du véhicule, dans lequel l’attendait le chauffeur, moteur tournant. Et, à peine le premier tournant passé, le dernier coup de minuit ayant retenti, elle se retrouva sur la chaussée, entortillée dans un rideau de douche, près de boîte à chaussures, d’une casquette Billabong et d’une statuette africaine de pacotille. Dans le vent, un léger mouton de poussière s’éloignait déjà… Rassemblant le tout, chaussée de pauvres tongs en plastique, elle prit le chemin de la maison, heureusement toute proche.

    Ce n’est qu’une fois rentrée qu’elle réalisa que le collier, avec sa magnifique pierre rouge sang, n’était plus à son cou. Elle ne tarda pas à réaliser que, probablement, il avait dû tomber lorsqu’elle avait percuté le garde.

    Naturellement, un tel bijou, qui était effectivement tombé à l’occasion du choc, n’était pas passé inaperçu, et lorsque Sabryna se rendit compte qu’elle l’avais perdu, il était déjà entre les mains du fils du maire. Les yeux encore emplis de l’image de la belle, ce dernier était figé dans la cour de la mairie. Et son coeur battant lui disait de se mettre immédiatement à la recherche de celle qui était la cause de cet émoi.

    Pendant quelques semaines, il ne sut comment faire pour la retrouver. Aucune piste, rien. La seule idée qui lui vint fut de solliciter les bijoutiers de la région, pour essayer de retrouver celui qui aurait vendu ce collier. Mais, naturellement, aucun ne pût apporter de réponse en la matière. En revanche, le troisième qu’il consulta fit une remarque sur l’originalité du bijou et, surtout, la finesse remarquable et rare du cou de celle qui le portait. Le fils du maire, que ces semaines d’attente avait mis sur des charbons ardents, n’hésita guère et, reprenant le bijou, se mit immédiatement à faire le tour des grandes demeures de la région, demandant à rencontrer les filles de famille pour leur essayer le bijou. Chacun étant au courant de l’histoire, il était bien reçu partout, mais aucun cou ne s’avéra assez gracile pour que le collier pût être correctement fermé.

    Et bientôt, il ne resta plus aucune grande famille dont il n’eût rencontré les filles. Mais il n’avait toujours pas retrouvé sa belle. Il recommença alors depuis le début, toquant à chaque porte, frappant à chaque carreau, sonnant à chaque sonnette, entrant dans chaque boutique. Et c’est au crématorium que, finalement, il retrouva - sans encore s’en douter - Sabryna. Évidemment, en le voyant entrer, elle n’imagina pas un instant qu’il pouvait être là parce qu’il la cherchait : elle se tenait consciencieusement à l’écart de tous les cancans et rumeurs, et était probablement la seule personne, dans toute la contrée, à ignorer qu’il recherchait la dame au bijou !

    Interpellant le directeur de l’établissement, il lui demanda combien de jeunes femmes travaillaient chez lui. Il s’en fallut de peu que l’homme n’oublie Sabryna, mais, finalement, il la désigna au fils du maire, en lui disant qu’elle était sa seule employée. Vêtue de ses vêtements ordinaires, salie par la cendre qu’elle s’évertuait à évacuer, le fils du maire hésita à seulement lui demander d’essayer le collier. Pourtant, à peine eut-elle posé le collier sur son cou, celui-ci se lova autour d’elle, prenant sa place comme s’il n’avait jamais quitté la place.

    Alertée, sans doute par un procédé magique dont la nature nous échappe évidemment, la marraine sa matérialisa alors auprès de sa filleule et, d’un coup de baguette magique, la transfigura : dépoussiérée, coiffée, légèrement maquillée, élégamment mais sobrement vêtue.

    Le fils du maire, qui avait d’abord eu un mouvement de recul, reconnut alors sa belle. Il lui jura tout de go de ne plus jamais la laisser partir, et l’étourdit littéralement du manque ressenti pendant toutes ces semaines. Lui jurant un amour éternel, il la cajola tant et si bien qu’elle accepta une invitation à le rejoindre le soir même, à l’occasion d’une petite fête qu’il organisait chez lui avec trois amis.

    La marraine, regardant le fils du maire s’éloigner, décida de rester dans les parages. Et bien lui en prit, car le soir même, vers 2h30 du matin, elle perçut, grâce à ses dons, que sa filleule avait besoin d’elle. La pauvre fille, assise sur un banc public, pleurait toutes les larmes de son corps. Lui laissant le calmer de calmer son chagrin, la marraine l’invita ensuite à lui faire le récit des causes de son chagrin et finit par comprendre, malgré les phrases hachées de sanglots, que la soirée avait tourné au cauchemar. Les flots d’alcool ingérés par le quatuor avaient désinhibés les garçons qui, devenant entreprenants, ne regardèrent bientôt plus Sabryna que comme de la chair fraîche. Quelques lignes de cocaïne plus tard, les sinistres individus passèrent des paroles d’invite aux premiers gestes, heureusement maladroits. Sentant que la situation tournait mal, Sabryna chercha comment se sortir de ce piège. Elle finit par trouver l’occasion, en prétextant qu’elle allait à la cuisine chercher une nouvelle bouteille, de sortir discrètement de la maison.

    Et la voilà donc, sur un banc, pleurant de plus belle. La déception de découvrir que le beau jeune homme dont elle pouvait espérer la considération n’était, en réalité, qu’un animal assoiffé de conquête, alcoolique et brutal était forte. Le contrecoup de la peur renforçait encore la caractère épidermique de sa réaction.

    - Je le savais, maugréa la marraine. J’aurais mieux fait de m’écouter, de toute façon, maquillage et jolie robe, ça se finit toujours comme ça, crois en ma longue expérience des mouvements féministes ! Ah mais je vais lui apprendre, à ce chien galeux, susurra-t-elle soudain en regardant dans la direction de la maison du maire. J’ai ma petite idée !

    Mi-grommelant, mi-pouffant, la marraine se mit à chercher autour d’elle quelques composants dont elle avait besoin pour tisser un nouveau sortilège. Elle rassembla ainsi un gland, un morceau d’écorce de chêne, un abricot, une touffe d’herbe. S’emparant de sa baguette télescopique, elle ferma ensuite les yeux et incanta.

    Et c’est ainsi que, depuis, certains humains naissent pourvus des attributs des deux sexes. Plus jamais le fils du maire n’approcha de Sabryna, ce qui était l’objectif. Malheureusement, ce que la marraine, dans sa colère, n’avait pas anticipé, c’est que, pour une autre partie de l’humanité, cela se traduisit par une inadéquation entre leur genre physique et leur genre psychique. L’exercice de la magie a toujours un prix...
    Tetrizoustan il y a 1 semaine
    Un haiku alors... 

    Rance et naphtaline
    un mauvais goût dans la gueule... 
    goûtons la petite !
    SALGRENN il y a 1 semaine
    Jour,
    C'est rapport à quel conte connu ? Le petit chaperon rouge peut-être ?

    Dansez ma praline
    hein ? love les bouts d'tes meules...
    glouton et vite !





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