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    FlorinNogueira le 12 août 2022
    Bonjour à toutes et à tous ! J’espère que vous passez un bel été.

    Vous avez été particulièrement nombreux à participer au défi d’écriture de juillet et je vous en remercie, lire vos textes est toujours un réel plaisir et j’ai hâte d’annoncer le texte gagnant la semaine prochaine.

    Ce mois-ci encore, je compte sur votre imagination et vos belles plumes pour participer au défi. Vous aurez jusqu’au 12 septembre, minuit, pour publier votre texte et tenter de remporter un livre ! 


    Voici le sujet de ce mois-ci :

    En vous promenant dans la rue, vous remarquez un ticket de caisse froissé par terre. Un peu plus loin, une silhouette vient de disparaître en tournant au croisement, trop vite pour que vous puissiez voir à quoi elle ressemblait. Pourtant, vous jureriez l'avoir vue planter son regard dans le vôtre avant de quitter votre champ de vision... Si ce n’est vous, il n’y a personne dans la rue à présent. Serait-ce l’inconnu(e) qui a jeté son ticket de caisse aussi improprement ? Afin de le jeter, vous ramassez le papier, quand soudain, une idée vous vient : Que peut vouloir dire ce ticket de la personne qui l’a jeté? Vous cherchiez justement de l’inspiration pour écrire ! De plus, ce ticket attire curieusement votre attention, sans que vous réussissiez à dire pourquoi au premier abord… 

    À partir des articles mentionnés sur le ticket de caisse, imaginez à quoi ressemble la vie de l’inconnu(e) qui l’a jeté. Ils peuvent en dire long sur quelqu’un. Construisez librement le personnage et racontez son histoire, celle dans laquelle vous voulez le faire apparaître (du moment que le ticket de caisse est votre base, vous pouvez partir dans la direction que vous voulez !). 


    Toutes les pistes sont envisageables sur le fond comme sur la forme : que vous souhaitiez écrire dans un genre romanesque, poétique ou théâtral, libre à vous ! 

    L’idée derrière tout ça est de partir de quelque chose d'anodin, ici un ticket de caisse, pour écrire un texte qui lui donne du sens et souligne sa singularité.


    Voici le ticket de caisse à partir duquel vous construirez votre personnage : 

    Ananas, 19 €
    Marshmallows, 3 €
    Insecticide, 9 €
    Navets, 15 €
    Un kilo de crevettes, 22 €
    Imprimante encre, 5 €
    Thé earl grey, 18 €
    Allume-feu, 21 €
    Ustentiles cuisine kit, 13 €
    Parapluie, 19 €
    Ail, 9 €
    Rasoir, 3 €
    Citrons,1 €
    Sécateur, 18 €
    Eau de javel, 9 €
    USB clé, 21 €
    Lait, 19 €

    Total : 48.862725
    2.287592


    J’espère que le défi vous plaira, à vos plumes !


    Snoopythecat le 13 août 2022
    Le sujet est fort inspirant. J'ai hâte de m'y lancer. Par contre, les prix du ticket sont farfelus 😂😂.

    Je sais que je vais paraître enquiquineuse (si peu) mais le ticket de caisse papier froissé ne mentionne pas d'ananas....
    sandre95 le 16 août 2022
    Bonjour
    où doit-on envoyer notre texte une fois terminé? et combien de caractère ? Merci d'avance
    Snoopythecat le 16 août 2022
    sandre95  Texte à poster sur cette page.
    Pas de limite de caractères. 
    FlorinNogueira le 16 août 2022
    Bonjour Snoopythecat  

    Content que le sujet vous plaise et que vous ayez fait attention aux prix sur le ticket :) 

    Le ticket de caisse froissé sert avant tout d'illustration ! Il y manque en effet l'ananas, qui a ensuite été rajouté à l'énoncé du défi. Toutes les informations dont vous avez besoin se trouvent dans le texte plus haut ! 
    charlene_bzh le 16 août 2022
    Bonjour, voici ma participation pour ce mois-ci. 


    Le jour où j’ai mis le pied sur un ticket de caisse, ma vie a changé. Attendez, je vais vous raconter.

    Je me promenais dans la rue de ma ville préférée. J’étais en vacances, je n’étais donc pas pressé. Je profitais du soleil et de l’air frais, je jouissais du temps libre d’un après-midi d’été. Je flânais sans but précis, lorsque sous mon pied, j’ai senti une boule de papier. Je me suis penché pour ôter l’objet gênant. Un ticket de caisse roulé en boule.

    Je relève les yeux et j'aperçois un homme ou peut-être une femme, je ne suis pas bien sûr de moi, passer le coin de la rue. Je n'ai pas bien vu. C’était une silhouette floue, comme une ombre. Tout est allé si vite.

    J'ai voulu lever la main pour héler la personne. J’ai voulu courir après elle. J’ai voulu l’interpeller, qu’elle s’arrête, qu’elle se retourne. Mais, trop tard. Il n'y avait déjà plus personne au coin de la rue. La voie était vide. Elle ne semblait pas engageante, je n’avais pas très envie de suivre cette direction. Les bras ballants, un peu dépité par ma déconvenue, je rebrousse chemin, non sans un certain soulagement.

    Je reviens dans le boulevard principal et je me penche pour ramasser ce bout de papier qui malgré tout m’intrigue. Je me penche pour le ramasser tout en regardant autour de moi. Je le mets dans ma poche et continue ma route. Je ne peux m’empêcher de jeter un œil autour de moi. 

    Préoccupé, je décide de m’arrêter en terrasse d’un café. J’ai chaud, et j’en ai assez de cette promenade. Je m’installe à une table ombragée, sur une petite place tranquille. La quiétude de l’endroit me ferait presque oublier les événements. Je commande un diabolo menthe. J’ai envie de bulle, de frais et de sucre. 

    Je sors le ticket de ma poche et je l'examine attentivement. Les achats se succèdent les uns sous les autres, classiquement, comme sur tous les tickets de caisse. Je ne remarque rien d’anormal si ce n’est les prix qui me paraissent, heu… comment dire… Ils me paraissent un peu saugrenus. Plus je regarde ce bout de papier froissé, plus je l’observe, plus je l’examine, plus je me trouve ridicule. Il n’y a pas de message écrit dessus, aucune trace de quoique ce soit. 

    Je le rejette sur ma table et ferme les yeux en sirotant mon diabolo bien frais. Cette situation est grotesque. Qui n’a pas jeté son ticket après avoir quitté la caisse ? Je me moque de moi-même. 

    En rouvrant les yeux, je prends le ticket et m'apprête à le chiffonner pour le jeter, lorsque je vois, je discerne, je trouve la solution. C'est écrit noir sur blanc. Comment ai-je pu manquer ce message ? A minuit au parc seul. 

    Mon cœur bat la chamade. Une multitude de questions me submergent. Qui ? Pourquoi ? dois-je y aller ? Avant même d'avoir fini de formuler la question, je savais déjà que j'irai. A minuit au parc seul. 

    J’ai de longues heures devant moi pour imaginer tout un tas d'histoires sur l’identité de la personne. Soit je l’imagine jeune personne rangée, soit en vieux loubard tatoué, en monstre sanguinaire, en écolier qui s'ennuie et veut s’amuser. 

    Depuis que j’ai décodé le ticket, je ne tiens plus en place. Je suis prêt, plus que prêt. Il est 23h30, je quitte mon appartement et me dirige vers le parc. Il fait nuit, mes pas et mon enthousiasme sont déjà moins assurés. Les lampadaires renvoient une lumière blafarde, les ombres gigantesques se transforment en créatures prêtes à fondre sur moi. Je rase les murs. La ville est étrangement calme. Mon cœur cogne si fort dans ma poitrine que j’ai l’impression qu’il veut sortir, me guider et montrer le chemin. 

    Enfin, les portes du parc. Il est 23h50. Elles sont fermées ! Bien entendu ! Comment ai-je pu oublié ! Je pense faire demi-tour, mais l’envie est trop forte. Je continue quelques pas plus à droite, où le grillage est moins haut, où un arbre se penche presque pour m’aider à escalader. J’y suis. 

    Le parc est plongé dans le noir. J’avance sans bruit. Je ne sais pas exactement où je me dirige. Mes jambes ne faiblissent pas, elles savent où me mener. Et puis soudain, je m’arrête ! Je suis comme paralysé. Mon cœur manque un battement.

    Il est là ! Plus beau que jamais. Plus grand que ce que j’avais imaginé. Plus magnifique que toutes les descriptions que j’ai pu lire. Celui que j’ai cherché pendant des années. Celui pour qui j’ai parcouru le monde. Celui qui a hanté mes jours et mes nuits ses dernières années. Il est là. Bien droit. Ses plumes bleues et argentées soyeuses et brillantes qui miroitent sous les reflets de la lune. Son bec jaune, luisant. Ses pattes aux griffes puissantes. L’oiseau d’or. Celui qui n’est qu’une légende, vient de m'apparaître. Celui qui n’existe pas, se tient devant moi et me regarde de ses yeux perçants. J’essaye de m’approcher, je tends la main, mais je m’écroule avant de ne pouvoir ne serait-ce qu'effleurer une de ses plumes.

    Le lendemain, je me réveille dans mon lit tout habillé, les cheveux en bataille, le visage froissé par un sommeil agité. Je tiens un ticket de caisse dans ma main.
    glegat le 16 août 2022


    Je marchais tranquillement sur le trottoir lorsqu’un homme sortant précipitamment d’une librairie me heurta. Sous le choc Il manqua de perdre l’équilibre mais poursuivit sa route sans s'excuser. Nos regards se croisèrent, ses yeux exprimaient de l'inquiétude. J'eus le temps de remarquer qu'Il tenait quelques livres à la main. Un petit bout de papier glissa d’un livre et virevolta comme une feuille morte avant d’atterrir à mes pieds.

    Je me baissais pour le ramasser et le rendre à son propriétaire, mais celui-ci s’était engouffré dans une bouche de métro.

    Il venait de perdre son ticket de caisse, j’en pris connaissance :


    … « Comment construire une machine à explorer le temps ? » De Paul Davies 13 euros
    … « Dans le cercle des intimes du Führer » de Pierre Stéphanie 19 euros
    … « Les poisons les plus efficaces » éditions Table rase, 15 euros

    Librairie « Le temps retrouvé », rue Saint-Jacques, Paris.

    Je n'ai jamais revu cet homme.
    franceflamboyant le 16 août 2022
    TICKET
    PERTURBATEUR

    Journal de Sara Monvoisin, 15 ans.

    Marre d'avoir quinze ans. Marre d'être coincée dans cette petite ville où, un jour lointain, mon père nous a plantés là, ma mère, mon frère et moi. Sillé le Guillaume, deux mille deux cent trente et un habitants. Un château, une église et le calme plat. En mai, il y a la fête du lac et octobre, celle de la forêt. Entre les deux, on tire un feu d'artifice le 13 juillet. Cette bourgade abhorrée s’enorgueillit d'avoir donné naissance à quelques gloires. Gloire un : Arsène le Feuvre, artiste décorateur. S'est distingué en dessinant le bébé Cadum. Gloires deux et trois : deux pilotes automobiles. Gloire 4 : Manon Houette, championne du monde de handball en 2017. Point final. En primaire et au collège, j'ai supporté Sillé mais au lycée, j'ai filé au Mans. J'habite avec Éliette, ma grand-mère. Ma mère ne peut se passer d'homme, ma grand mère, si et depuis longtemps. Avec elle, pas de beau père épisodique, indifférent ou libidineux mais un calme désolant.
    J'ai tout de moyen : la taille, le physique, l'intelligence scolaire et le sens de la répartie. Mais il va m'arriver quelque chose, c'est sûr. Et ça sera loin de Sillé le Guillaume et loin du Mans, ville horrible.

    AMINUK
    Message secret

    Quoi de mieux pour attirer une personne qui se sent banale qu'un objet intriguant ? Elle le trouvera et s'interrogera. Et nécessairement, elle me cherchera.
    Tu me seras précieuse
    Ou du moins, tu le croiras...

    Sabine Hautevant
    Hôtesse de caisse.

    J'ai lu qu'il y avait une poésie des tickets de caisse. Ah oui ? Moi, je vois des gens vérifier le leur ou le fourrer négligemment dans leur poche toute la sainte journée. Un ticket de caisse, ça ne pas rêver, ce n'est pas élégiaque et c'est normal. On ne sert pas d'octosyllabes pour donner le prix du pain et du fromage. Et pour ce qui est de la beauté, de l'amour, des baisers, des caresses, du bruit du vent ou des mèches de cheveux, on n'indique pas de prix. Moi, j'aimerais :
    -Baisers : 200 grammes. 10 euros.
    -Deux minutes d'amour intense (regards) : 12 euros. Mais 14 euros si on s'embrasse.
    Folle, je suis.
    Et cette fille ? En sortant du Franprix, je la vois. On la dirait sortie des années soixante-dix. Frange, cheveux tombants, jupe droite, anorak.
    -Madame ?
    -Oui.
    -J'ai trouvé ce ticket de caisse. Il vient de votre magasin. J'ai voulu suivre celui qui l'a laissé tomber mais il est parti très vite. Il a du faire ses courses chez vous. Vous voulez bien regarder. Vous saurez peut être qui sait.
    Je regarde.
    -Ce n'est pas l'en tête de notre magasin. Nous ne pratiquons pas des prix aussi hallucinants. Regardez : Babelio !
    -Un magasin concurrent ? Mais non, il sortait bien d'ici !
    -Babelio ? Non, non, on critique des livres là-dessus, on écrit aussi. Remarquez, il y a peut-être un problème de trésorerie : ils ont ouvert un supermarché. Oui, ça se tient ! Évidemment, ils ont l'air anarchique. Mais bref.
    franceflamboyant le 16 août 2022
    TICKET 
    PERTURBATEUR

    Elle tremble dans ses vêtements et soudain, je la regarde. Elle ne vit pas à Paris, cette fille, elle est perdue, elle a fugué.
    -Vous savez où dormir ?
    -Non.
    -Vous avez de l'argent ?
    -Un peu.
    -Quel est votre âge ?
    -Quinze ans.
    -Montparnasse, ce n'est pas une bonne idée la nuit.
    -Mais que je dois le retrouver !
    Je sors mon portable et j'appelle une auberge de jeunesse. Elle aura un lit pour la nuit. Je paie par carte.
    -Vous saurez y aller ?
    -Oui.
    Je lui dis mon nom, elle me dit le sien. Elle prend mon numéro.

    ITAUPAR
    Message secret

    Elle a filé de chez elle. Elle m'a croisé deux fois. Je lui ai paru jeune. Le ticket ? Elle l'a ramassé.
    Petite, elle mangeait des marshmallows. Adolescente, elle s'est mise à boire du thé Earl Grey et à y ajouter du citron. Les navets ne lui plaisait qu'au cinéma ou à la télévision. Elle adorait les ananas malgré l'acidité qu'ils ont dans les pays où on les a transportés. Et quant au parapluie, il en faisait bon usage : il pleuvait souvent dans son coin.
    Je lui rappellerai tout cela quand je cuisinerai pour elle.
    -Tu aimes les crevettes à l'ail? Je les ai payées cher. Mange.
    Elle me cherche.
    Elle viendra.


    Journal de Sara Monvoisin.
    L'inconnu au ticket de caisse, c'est la rencontre que je dois faire. Je l'ai guetté dans le train puis sur le quai de la gare avant de tourner dans le quartier. Quand je l'ai vu sortir du magasin, j'ai tout de suite compris que c'était lui. La trentaine, un air sérieux, des lunettes. Il faut que ça aille vite, il faut que je le retrouve ! Mamie a du comprendre que j'avais filé, elle a prévenu ma mère qui s'est fendue d'un coup de fil à la gendarmerie. Il paraît qu'en cas de fugue, il y a un délai à respecter. Le fugueur s'interroge et revient de lui-même.
    Pas dans mon cas. Pas dans mon cas.

    CSEJUL

    Évidemment, elle est revenue devant le Franprix. Elle m'a vu et s'est avancée.
    -C'est à vous ?
    Elle me tendait le ticket.
    -Non, maintenant, c'est le vôtre.
    -Il n'est pas vrai. Vous l'avez inventé ?
    -En quelque sorte.
    Je pensais qu'elle parlerait des prix plutôt surprenants mais non, pas du tout.
    -Les rasoirs, c'est normal, la clé USB et la cartouche d'encre aussi. Tout le monde achète ça.
    Elle n'a pas parlé de l’insecticide et du sécateur. Si en marchant elle le fait, je lui dirais que j'aime jardiner. Et pour le reste, si elle pose des questions, je saurais lui répondre.
    -On va se promener ?
    -Oui !
    Ses joues sont devenues rouges et ses yeux brillants. Tout fonctionnait à merveille. On a commencé à marcher en devisant quand une femme d'environ trente cinq ans, bien en chair, s'est interposée.
    -Sara ! Tu es revenue et tu sembles aller bien. Tu es avec monsieur...
    -Aedicks.
    -Aedicks ?
    -Ectide. Aedicks est mon prénom.
    -Ah oui ?
    Elle a voulu dissuader Sara de partir avec moi mais la jeune fille s'est renfrognée.
    -Tu connais cette personne ? Non, tu ne sais pas qui c'est. Tu es mineure...
    -Ta journée de caissière commence. Vas-y.
    Et toc.
    franceflamboyant le 16 août 2022
    TICKET
    URSUPATEUR

    Sabine Hautevant

    Malade mental
    Pervers
    Enlèvement
    Séquestration
    Où est-elle ?

    Sara Monvoisin

    Chez lui, il a été gentil d'abord : thé, biscuits. Du Earl grey, une tranche de citron. Ensuite, on a pris sa voiture, on est allé plus loin. C'était un logement en sous sol, sans fenêtre. On a parlé encore puis il est passé à l'acte. Il avait enlevé ses lunettes. Son visage était différent. J'ai crié.
    Les messages codées des ticket de caisse.
    Ne pas les lire.

    AMINUK
    Message personnel

    Il ne faut jamais croire que l'amour s'allume avec un allume-feu, n'en déplaise à toutes les chansons du monde. Tu deviendras par moi et tu resteras là. Qui irait te chercher là où je t'ai cachée ? Quand tu souilles le sol, je passe la serpillière, ça sent la javel. Quand tu te débats, je te menace avec un sécateur.
    Ma rose pleine d'épines.
    Ma fleur.
    Mon kit d'ustensiles de cuisine fait merveille. Tant de sévices en germe, de flatteries, de caresses.
    Une certaine obscénité ? Bien sûr.

    Dans ta solitude, tu as crié :
    -224
    Tu sais compter ; c'est bien le total en euros de ces improbables achats. Que feras-tu de ce chiffre ? Sur ton téléphone, tu n'aboutirais à rien si tu composais ce numéro.
    -Allo ?
    -Il n'y a personne au 224. Votre appel ne peut aboutir.
    Le 112, ne fonctionne pas non plus, ma chérie.
    -Et 48 862. 725 !
    -Des secondes de désespoir. 2.287 592. Des kilos de regrets. C'est que ça en fait, c'est sûr !
    Ou alors, le poids de la haine ? Elle se débat toujours et j'ai toujours le dessus.

    Sabine Hautevant
    La police enquête. Sa famille s'est affolée et on la cherche. Grâce à Franprix, on a retrouvé la trace de ce ticket. Un inconnu l'a laissé tomber devant le magasin et elle, qui semblait aux aguets, l'a ramassé. Le bonheur l'a envahi. Un ticket de caisse c'est une faible piste, surtout que celui-ci est d'un genre spécial. Reste le descriptif de l'homme qui a emmené Sara.
    -Trente ans, brun, physique athlétique. Pas vraiment beau. Lunettes. Un nom bizarre.
    -Ah oui ?
    -Aedicks Ectide.
    -En effet …
    Mais ça me saute aux yeux tout d'un coup ! A peu de choses prêt, c'est l'anagramme de « ticket de caisse. »
    -Oh, je suis désolée...
    Les policiers gardent leur calme.
    -Bon, il ne s'appelle pas Ectide ! Nous trouverons.
    Je n'ai pas osé leur dire ce que je pensais des pseudos de cet être perfide...

    ITAUPAR
    Mais elle est là depuis deux mois !

    CSEJUL
    Quatre puis cinq puis six.

    Sara Monvoisin
    Changer l'ordre des achats, changer les prix.
    Ananas : 3 euros
    Navets : 9 euros...
    Oui ?
    Oui ?
    Si ça marchait, je composerais un autre ticket, un qui le prend au piège, lui. Il en pâlirait.
    Mais non.

    AMINUC
    On va se marier à ma façon, on aura des enfants. On ira vivre ailleurs bien sûr.
    La Reine des Marshmallows
    L'Impératrice des parapluies
    La Sultane des ananas

    Le lait coulera à flot le jour des nos noces. Je change la cartouche d'encre de mon imprimante et j'imprime chaque jour des versions différentes de ce grand jour !

    ITAUPAR
    Elle a hurlé et m'a menacé.
    Sécateur.
    franceflamboyant le 16 août 2022
    TICKET
    USURPATEUR

    CSEJUL

    Rasoir
    Kit de cuisine
    -C'est un ticket Babelio. On en fait ce qu'on en veut !
    -Logiquement, non.
    -Mais si ! Regarde : je n'invente pas.
    Cette fois, elle a fait tout ce qu'elle a pu. Le sang a coulé.

    Sabine Hautevant
    Elle a appelé, hagarde puis surgi devant moi, hagarde ! Ce qu'elle est changée !
    -Je me suis enfuie !
    -On prévient la police. Ils vont l'arrêter. Il t'a bien séquestrée ?
    -Oui.
    -Il s'appelle comment ?
    -Aedicks Ectide. Il te l'a dit.
    -Mais non ! Son identité, la vraie.
    -Je n'en connais pas d'autre.
    Nous courons. La police se cabre, les voitures rugissent. Dans un sous sol, on tire des coups de feu. C'est en vain car il n'y a rien qu'un ticket de caisse. Le même. Vraiment le même.
    Sara retourne chez elle. Je sers les clients.
    La vie s'écoule, fade et douce.

    AMINUK
    Préparer nouvelle recherche.

    ITAUPAR
    Proie identifiée. Est à Paris. A trouvé le ticket. Il est modifié, bien sûr. Les fondamentaux restent : le sécateur, le kit de cuisine...Mais le reste ! C'est une nordique. Belge, hollandaise, danoise ou autre ? La géographie...
    -Saumon fumé : 15 euros
    -Blinis : 10 euros
    -Vodka : 2 euros
    -Frites surgelées : 6 euros.
    -Mayonnaise : 34 euros.
    J'ai rajouté de la corde, de l'adhésif, un marteau.
    Et j'ai effacé le logo Babelio en fin de liste !
    J'en ai enlevé trois avant elle, qui n'ont pas survécu. Elles disaient me connaître depuis toujours. Elle, non. Je pensais que c'était la bonne. Elle attendait tout du hasard, croyait aux signes. Ah le monde contemporain ! En guise de présages, elle scrutait un ticket de caisse...
    Vivement la nouvelle !

    CSEJUL
    Changement de logo. J'ai préféré Darty. Ce sera efficace si jamais elle-aussi lit scrupuleusement ce qu'elle estime être un message.

    Elle s'approche. Dix sept ans, blonde, pas vraiment belle, un peu gauche, perdue. Elle a quitté quelqu'un ou se quitte elle-même...
    -Bonjour !
    -C'est vous oui c'est vous !
    -A cause du ticket de caisse ? Bien sûr !
    -Ah oui, c'était merveilleux de le trouver. C'est vous ! C'est toi ! Mon Prince !
    Un an jour pour jour en fait. Nous sommes le 12 août et il est 22 h et des poussières.
    Les initiales sur le ticket ne sont pas les mêmes. Mes pseudos changeront.

    Que fera la nouvelle caissière? 
    evelynebrimont le 17 août 2022
    Les humeurs de "Ticket"  

    Vert de peur comme un ananas en rayon
    Sucré dès qu'il prend le soleil !

    Rond comme un marsmallow dans un sac
    Carré pour régler les problèmes dès que j'en mange un, deux, trois... !

    Dangereux comme un insecticide
    Pas de moustiques chez moi ; on ne pique pas !

    Bête comme un navet !
    Je ne contredis personne ; tu te crois intelligent !

    Craquant comme un kilo de crevettes
    Chatouilleux avec mes antennes ! 

    Je répète tout comme une imprimante à encre
    Mais à une seule personne à la fois !

    Doux comme un buveur de thé earl grey
    Vif comme un cappuccino dès le matin !

    Brûlant comme un allume-feu
    Mais je sais contrôler les flammes !

    Toujours dispo comme un ustensil de cuisine
    Entre les mains d'un chef étoilé !

    Protecteur comme un parapluie
    Dès qu'une larme coule sur ta joue !

    Piquant comme une gousse d'ail
    Juste une petite pour relever les coeurs à plat !

    Saoulant comme un rasoir
    Ca brise les silences pesants !

    Acide comme un citron
    Pour faire taire les rumeurs !

    Incisif comme un sécateur
    Pour couper les mauvaises langues !

    Décapant comme de l'eau de javel
    Pour effacer les passés pesants !

    Une mémoire de clé de USB
    Pour y retrouver les bons souvenirs !

    Bouillant comme le lait sur le feu
    Pour partager mes courses avec vous !


    Je m'appelle "ticket de caisse", personnage imaginaire ! 
    Chlegranger le 17 août 2022
    TICKET GAGNANT !

    Ras-le-bol des papiers et autres détritus qui jonchent les trottoirs ! Mais cette fois-ci le coupable ne va pas s'en tirer à si bon compte car son attitude ressemble fort à de la provocation. Après avoir jeté la boulette de papier à deux pas de mon domicile, je l'ai vu se retourner et me regarder avant de disparaître en courant
    à l'angle de la rue. Je suis sûre que son regard ne visait que moi étant donné que nous étions seuls sur le boulevard en ce mois d'août désert. Je cours en vain à perdre haleine car le bougre a l'avantage de l'âge et cent mètres d'avance sur moi. J'ai compris, je ne le rattraperai pas et je m'arrête toute essoufflée en constatant
    que je serre toujours le papier froissé dans ma main. Machinalement je l'ouvre pour découvrir qu'il s'agit d'un ticket de caisse.
    Voilà un banal ticket que ce malotrus a jugé bon d'accepter de la caissière afin de pouvoir le jeter délibérément sur mon trottoir.
    La course que je viens de fournir a calmé ma colère et en déchiffrant le ticket, l'attitude de l'homme m'intrigue soudain. Le ticket ne date pas d' aujourd'hui et je me rappelle que le malfaisant avait les mains vide. Aucun panier qui aurait pu contenir l'ananas, le kilo de crevettes ou le parapluie mentionnés sur le ticket. A la lecture de celui-ci j'en déduis qu'il s'agit d'un homme qui possède un jardin, sûrement un barbecue, une imprimante et qu'en plus des citrons il est gourmand de Marshmallows. En soupirant je le retourne et ce que le lis au verso me laisse perplexe.

    "Si vous voulez savoir ce que contient la clé USB que je viens d'acheter, regardez dans votre boite aux lettres"

    Qu'est ce que c'est que cette blague ? Je regarde autour de moi....personne ! Et si je m'étais trompée, si ce n'était pas moi qu'il regardait ?

    Plus intriguée que jamais, je retourne à la maison pour regarder dans ma boite aux lettres . Ce que j'y trouve me soulage, rien qu'une publicité pour un dépannage de serrurerie. Allons bon, je me suis fait un film, il ne s'agissait pas de moi mais bien d'une autre personne que je n'ai pas vue et à laquelle était destiné ce message codé. Je repars chercher mon pain comme tous les matins mais je n'arrive pas à oublier le regard de l'homme, je reste
    persuadée qu'il m'a regardée. Pensivement je prends le chemin du retour et me heurte au facteur qui remonte la rue en vélo. Bonjour Madame, je viens de vous déposer un petit colis, bonne journée !.... Je cours à la boite aux lettres en pressentant déjà ce que je vais y trouver.

    J'ouvre fébrilement le paquet pour en sortir une clé USB. Mais c'est quoi ce délire ? C'est bien ma veine, j'ai sûrement affaire à un malade perturbé par la chaleur, je m'attends à visionner un film érotico-pornographique et avant de brancher l'ordinateur je prends la peine d'aller donner un tour de clé à ma porte d'entrée. On ne sait
    jamais avec les pervers !....
    Ce que je vois en premier, c'est la porte d'une maison qui s'ouvre sur un salon. Une femme d'une cinquantaine d'années encadrée par deux adolescents sont assis sur un canapé en cuir et sourient à la caméra. Plan circulaire sur la bibliothèque et un meuble bas où sont disposés des cadres contenant des photos de famille. Zoom sur les photos et mon coeur fait un bond. Je reconnais mon père, il a trente ans environ et tient une inconnue dans ses bras avec un bébé sur les genoux. Plus loin, un petit garçon sur un vélo poussé par mon père, puis un adolescent tenant fièrement un diplôme, toujours à côté de mon père.

    Retour caméra, gros plan sur le visage d'un homme qui s'adresse à moi :

    "Bonjour, je m'appelle Philippe . J'ai emménagé il y a un an et j'ai découvert par hasard que nous habitions la même ville. Je ne savais pas comment vous aborder. Comment annoncer à une personne qui est en âge d'avoir des petits enfants qu'elle a un frère dont elle a toujours ignoré l'existence.
    Ce matin j'ai agi impulsivement, je vous ai guettée car je sais que vous allez chez le boulanger à peu près à la même heure. Je n'ai trouvé que ce procédé que vous allez sûrement trouvé minable mais vous comprendrez peut-être que je suis un peu perdu depuis que je vous ai retrouvée.
    Lorsque votre (notre) père a connu ma mère, il était déjà marié et avait fondé une famille. Ma mère le savait et n'attendait rien de lui, sinon un enfant qu'elle a voulu garder. Notre papa était quelqu'un de bien, il ne pouvait pas me reconnaître mais s'est toujours occupé de moi autant qu'il a pu et à toujours été présent pour les moments importants de ma vie. Comme il l'a été pour vous et votre soeur. Il ne voulait pas vous faire de peine et n'a jamais pu avouer mon existence à votre mère.
    Que son âme repose en paix, il n'a été coupable que d'avoir aimé deux femmes à la fois à une certaine période de sa vie.
    Voilà vous savez tout, ou presque. Je ne demande rien, je voulais juste que vous sachiez que vous avez un frère que vous pouvez choisir de rencontrer ou non.
    J'ai une femme et deux enfants, ils connaissent votre existence et seraient eux aussi très heureux si nous pouvions nous rapprocher. Si vous le souhaiter, vous pouvez m'appeler à ce numéro, dans le cas contraire pardonnez mon intrusion dans votre vie et soyez sûre que je ne chercherai plus à vous revoir".

    Je n'ai jamais eu de chance au jeu et mes tickets ont toujours affiché "PERDU". Aujourd'hui, je crois que je viens de gagner à la loterie. 







    Roselinejoseph le 18 août 2022
    Quel vent!
    Quelle pluie! pas étonnant que ce jeune homme, qui sort de l’épicerie avec on sac sous le bras, perde son parapluie tout neuf.
    Il court sans pouvoir le rattraper.  Son sac s’éventre, s’éparpille. Des citrons roulent dans tous les sens.  Le ticket de caisse s’envole.  Je le rattrape. 
    Et, me voilà, trempée, le ticket de caisse froissé en main, avec un œil sur les marshmallow, le thé et tout le reste.  J’attends.  Je ne le vois plus.
    Quelle journée perdue!
    Snoopythecat le 18 août 2022
    Depuis ce matin, j'attends désespérément le retour de mon chat, Chopin.
    Après avoir parcouru le quartier dans tous les sens, sans succès, le visage ravagé par les larmes, je suis rentrée chez moi et j'attends.

    J'ai bien tenté de travailler sur le dossier publicitaire que Gabriel, mon patron, m'a confié en vue de la réunion de remuage de pulpe du cerveau de mercredi prochain, en vain.
    Aucune idée, aucun soupçon d'approche pour le produit dont il est question. Le vide intersidéral.

    J'ai multiplié les allers-retours entre le jardinet situé à l'avant de ma maison et la terrasse située à l'arrière, en criant régulièrement le prénom de mon chat.
    Cette fois, je suis indubitablement cataloguée comme cinglée par mes voisins.

    Je me trouve sur la terrasse, tenant à la main l'enveloppe scellée reçue le matin même, hésitant à l'ouvrir, quand j'entends le bruit d'une portière aussitôt suivi par celui d'aboiements.
    C'est lui. C'est eux.
    Gabriel et ses trois chiens qui vont m'aider à retrouver Chopin.
    Trois adorables grosses boules de poils, trois sauvetages réalisés par Gabriel.

    Je me précipite pour leur ouvrir. Aristote, Platon et Socrate se ruent à l'intérieur.
    Gabriel suit, un sourire confiant et rassurant aux lèvres.
    Il me demande de faire renifler aux trois inspecteurs des objets appartenant à Chopin, de préférence des objets n'étant pas fraîchement sortis du lave-linge.
    Aussitôt, je dépose devant eux un plaid couvert de poils roux, un panier fluffy assez grand pour accueillir un Saint-Bernard et un canard en peluche qui a connu des jours meilleurs.
    Gabriel me jette un regard malicieux mais ne fait aucune réflexion sur le canard-doudou.

    Les trois chiens sentent longuement les objets, font le tour de la maison et se précipitent sur la porte d'entrée. Gabriel attrape les trois laisses et ouvre la porte. J'empoigne mon sac à main dans lequel je glisse le canard. En route pour l'opération « Retrouvons Chopin ».
    Dans la rue, les trois chiens prennent sans hésiter la direction de droite. Ouf, je suis rassurée, je craignais qu'ils ne soient indécis ou en désaccord.

    Tout droit, à gauche, tout droit, à droite, ils enchaînent les bifurcations.
    Où donc vont-ils nous mener ?
    Nous approchons du parc. Vont-ils y entrer et ressortir de l'autre côté, à quelques mètres du marchand de poulets rôtis ?
    Négatif.
    Nous longeons les grilles du parc.

    Soudain, ils marquent un arrêt sur le trottoir, à hauteur d'une grosse voiture noire. Ils aboient comme des forcenés.
    Auraient-ils retrouvé Chopin ? Dans la rue pas un chat, rien qu'une silhouette vêtue d'un survêtement de sport noir, des baskets blanches aux pieds et une casquette mise à l'envers sur la tête, une silhouette qui disparaît au coin de la rue.
    Les chiens continuent de japper comme des possédés et trépignent devant un papier froissé qui tournoie au sol, ballotté par le vent.

    Gabriel les félicite. « Bravo, vous êtes de bons chiens. »
    Je suis sidérée. Pourquoi une telle euphorie animale et humaine pour un simple bout de papier ?
    Les chiens philosophes ont-ils compris qu'ils devaient chercher un chat ?
    Gabriel m'explique, avec la fierté d'un père, qu'il leur a appris à traquer les pollueurs inciviques, tous ces bipèdes qui jettent allègrement par terre des papiers, des emballages, des canettes, des mégots de cigarette. A chaque flagrant délit, ils aboient. Gabriel se dirige alors vers le coupable, lui fait un discours sur la pollution, la propreté et les règles de vie en société, ensuite il lui demande de ramasser ce qu'il vient de jeter. Cette technique très particulière fonctionne bien. Effrayés par la taille des chiens et leurs aboiements mécontents, les pollueurs obtempèrent.

    Aujourd'hui le ou la coupable a disparu trop rapidement.
    Je ramasse le bout de papier et le défroisse machinalement.
    Un ticket de caisse.

    Gabriel essaie de calmer ses chiens encore tout excités par leur trouvaille et frustrés de ne pouvoir poursuivre la silhouette entraperçue.
    Il me demande si cela ne me dérange pas qu'il fasse courir ses chiens dans le parc, le temps qu'ils oublient leur mission écologique et se recentrent sur leur quête première.
    Hum, que dire si ce n'est « oui ».

    Pendant que tous les quatre s'amusent sur les pelouses du parc, j'examine le ticket de caisse, assise sur un banc.
    Intriguant. Bizarre. Farfelu.
    Gabriel me rejoint sur le banc.

    - Pourquoi regardes-tu ce ticket avec fascination ?

    - Ce ticket est inhabituel.

    - En quoi ?

    - Regarde. Il y a 16 articles et 17 prix. Le total ne correspond à rien. Il est beaucoup trop faible par rapport aux prix affichés au-dessus. De plus, ce total est un nombre décimal alors que tous les prix sont des nombres entiers. Et puis, qui achèterait pour 19 € de marshmallows ?

    - Quelqu'un qui envisage de faire un barbecue avec des enfants ?

    -Tu as toujours réponse à tout.


    Gabriel me prend le ticket des mains. Il fronce les sourcils. Son visage s'éclaire.

    - C'est exact, tu as raison, ce ticket est particulier. Sur la gauche il y a un acrostiche. Le message est  bref. « Minuit parc seul ».

    - Cela n'explique pas les chiffres bizarres.

    - Sauf s'il s'agit d'un message codé.

    - Une sorte de jeu de piste ? 

    - Regarde le bas du ticket. « Merci d'avoir participé à ce défi ». C'est probablement un jeu, un mystère à résoudre. Ce ticket de caisse ressemble à un ticket de caisse mais ce n'est pas un vrai ticket de caisse.

    - A minuit dans le parc. Ok. Mais quel jour ?

    - Le ticket est daté du 12 août sans préciser la date du rdv.

    - Si la silhouette qui a jeté le papier l'a fait aujourd'hui c'est que le défi est encore d'actualité.

    - Il faut se pencher sur le décryptage. Et vite

    - Euh, et Chopin ?

    Gabriel se lève et pousse un long sifflement. « Aristote, Platon, Socrate, venez vite les loulous. On doit continuer à chercher Chopin ».
    Il se tourne vers moi me demande de ranger le ticket précautionneusement.
    J'ai compris, la soirée sera consacrée au décryptage ....

    Moi qui pensais lire la lettre scellée et y répondre.

    Charlotte, tu attendras encore un peu.
    ChristianDecroze le 19 août 2022
    Purée non mais, quel con ! Tu parles d'un con, c'est pas possible d'être aussi con !

    Voilà que je rentre chez moi et je m'aperçois que j'ai paumé le ticket de caisse. Ouais, ben rigole pas, toi, c'est pas marrant, j'ai bien l'impression que je vais l'avoir dans l'os. Bouge pas, j't'explique.

    C'est la faute à Denis. Denis, c'est pas vraiment un pote mais on se connaît un peu, on se croise de temps en temps car on achète nos chemises en jean dans la même boutique. Lui il aime bien le bleu. Disons qu'on pourrait presque être potes, mais lui c'est une star de la télé et moi je suis personne. Il est sympa, une fois on est même allé boire un coup ensemble vite fait.

    L'autre jour, on a failli se rentrer dedans, j'entrais dans la boutique et il en sortait. Ou l'inverse, bref on s'en tape. Il me dit : "Tiens, salut, Nanard, ça va ?" Après les politesses d'usage, il me sort qu'il aimerait que je lui rende un petit service. "Tu vois, Nanard, je prépare le prochain Koh-Lanta et je suis complètement débordé. On part après-demain en Papouasie Nouvelle-Guinée et j'ai un tas de choses à faire, il faut encore que j'inspecte les soutifs de Vanessa, d'Elise et de Lucille, histoire de contrôler que le contenu sera assez télégénique pour l'audience cible. Tu connais ma conscience professionnelle. En plus, je dois aller chez le coiffeur avant de partir. Il paraît que là-bas ils se coupent les cheveux avec des dents de cobra, ça ne me dit rien. Je n'ai plus le temps. Ecoute, Nanard, tu pourrais aller faire quelques achats pour moi ?".

    Et il me tend une liste de courses. Moi, tu me connais, toujours prêt à rendre service, en plus j'ai rien à foutre du matin au soir à part glander sur des sites littéraires genre Blablalio, alors je lui dis : "Banco, Lanta, héhé, elle est bonne, non ?" et me voilà parti.

    Bon, l'eau de Javel et l'insecticide, pour un mec qui va se gaver 40 jours dans une jungle de merde, normal. Le parapluie aussi, il pleut 360 jours par an dans ce trou (tu vas voir la tronche à Kevin et Hamida, la troisième nuit sans dormir sous la flotte, ça va valoir son pesant de cacahuètes). Le sécateur, ouais, ça peut servir si t'as une corde sur les poteaux qui veut pas se détacher. L'allume-feu, je l'ai acheté même si je sais que Léonard arrivera à faire du feu en 47 secondes en frottant des petits bouts de bois sur les cuisses de Joëlle.

    Je me suis quand même posé des questions à propos de la cartouche d'encre pour imprimante. Mais bon, les mecs qui bossent à la télé, ils savent ce qu'ils font. Ils ont peut-être remplacé les colliers d'immunité par des imprimantes HP, va savoir. Par contre, dissimuler une imprimante dans son slip pour pas montrer qu'on en a trouvé une, ça va être délicat. Ou alors faudra avoir un slip vraiment large.

    Le seul truc qu'était pas sur la liste à Denis, c'était l'ananas. J'ai pris l'initiative de l'acheter, parce que je sais que là-bas, sous les tropiques, c'est nul y a pas un Leclerc, pas un Lidl, que dalle, nulle part où tu peux te procurer des fruits, c'est la misère totale. J'espérais que l'ananas lui ferait plaisir.

    Bon, le Denis, c'est pas le mauvais cheval, mais quand je vais lui dire que j'ai paumé le ticket de caisse, y va faire la gueule. Je l'entends déjà : "Tu comprends, Nanard, moi je te fais confiance, mais la Prod, elle veut des justificatifs pour les dépenses. Je ne peux pas te rembourser sans justificatif. Et puis, un ananas à 19 €, c'est une blague ? Tu te fiches de moi ?".

    Je le sentais, finalement j'ai pas été remboursé, je l'ai dans l'os. C'est décidé, je ferai plus de courses pour Denis. Il est trop méfiant. Au moins, quand je vais retirer des sous au DAB pour Mémé Favard, je lui dis que j'ai retiré que 50 €. Le reste va dans ma poche, elle me demande pas le ticket.

    J'adore les vieilles dames.
    Snoopythecat le 19 août 2022
    ChristianDecroze  Je dois absolument regarder la prochaine saison de Koh Lanta 😃. Des dents de cobra en guise de tondeuse à cheveux 😂. Bravo pour l'imagination. 😁
    Tefon le 19 août 2022
    Je suis perdu … complètement perdu. Non, plutôt impuissant… prisonnier. Englué dans les fils de soie que l’assassin a tissés à travers les rues de Paris. Voilà bientôt six mois que je poursuis cette pourriture, celui ou celle que l’on surnomme « l’araignée ». Ses morsures sont fatales et instantanées. Les malheureuses victimes n’ont aucune chance.

     

    Désireux de faire le vide, de m'aérer l’esprit, j’entrepris de chevaucher ma CB500 et d’arpenter les rues de la capitale. C’est fou ce que le simple fait de se retrouver sur deux roues motorisées offre un sentiment de liberté, tels les cowboys parcourant les plaines du Colorado.

    Après quelques kilomètres et plusieurs courbes revigorantes, la chaleur suffocante de ce mois de juillet, me poussa à me mettre à la recherche d’un saloon pour étancher ma soif.

    Repérant un café accueillant, Je stationnai ma moto, ôtai mon casque et m'approchai de la porte lorsqu' un individu me bouscula.

    Dans l’agitation, je crus voir un billet tomber au sol. Je me baissai pour le ramasser tout en hélant le costume gris qui était déjà loin. Juste avant de disparaître au coin de la rue, je le vis faire un arrêt, me fixer intensément et repartir d’un coup. Je me précipitai à sa poursuite pour lui rendre son billet mais arrivé à l’intersection, je ne vis qu’une rue noire de monde… impossible de retrouver le costume gris.

    C’est en ouvrant ma main, que je m’aperçus que ce n’était qu’un ticket de caisse. Bof, pas si grave finalement. Je m’apprêtai à le jeter mais le souvenir de son regard avant de s’évaporer dans la foule m’en empêcha.

    Bon, c’est bien gentil tout ça mais cela n'a pas étanché ma soif. Je repris le chemin du bistrot, ouvris la porte, commandai un diabolo menthe et m’assis sur une banquette, profitant ainsi de la climatisation. Je dépliai le ticket de caisse et regardai machinalement son contenu.

    Sans trop savoir pour quelle raison, je trouvais ces achats étranges.

    Non pas que je sois un expert dans les commissions mais le genre d’article que cette personne avait acheté ne me semblait pas logique. J’entrepris donc une analyse rapide : Alors, dis-moi ce que tu consommes je te dirai qui tu es.

    Ananas, Marshmallow, Insecticides, … bon un campeur qui prépare son week-end autour d’un feu; navet, un kilo de crevettes, Imprimante encre, Thé Earl Grey, Allume feu, Ustensiles de cuisine, Parapluie, Ail, Rasoir, Citron, Sécateur, Eau de javel, USB clé et Lait.

    L’idée du campeur me plaisait mais certains articles ne collaient pas avec le profil établi.

    Le serveur déposa mon diabolo menthe sur un sous verre et le sous verre sur mon ticket, ne laissant apparaître que les premières lettres de chaque produit.

    « AMINUITAUPARCSEUL »

    À minuit au parc seul… Je m’y repris à trois fois pour être sûr que la chaleur ne me jouait pas des tours. Oui, c’est bien ça… pas de doute. Aucune faute d’orthographe qui aurait pu souligner que ce ne soit qu’une coïncidence. Le regard insistant de cet inconnu, ce message caché, cette affaire de meurtre, ce n’était pas un hasard.

    Bon, calmons-nous. Je fermai les yeux et respirai profondément : à minuit au parc… mais quel parc ? Parce que des parcs à Paris, y 'en a un puis un autre!

     J 'examinai à nouveau le billet en quête d'autres particularités.

    Le total : 48,862726 2,287592

    Bizarre toutes ces décimales. Attends une minute… Je pris mon cellulaire, ouvris l’application Google Map et entrai cette série de numéros. Bingo !! L’application me transporta directement place du Trocadéro et du 11 novembre…je cliquai sur la photo et vis la célèbre vue de la tour Eiffel, depuis l’esplanade à côté du musée de la Marine. Très bien, j ' y serais.

    Je pris une gorgée de mon diabolo, pour me remettre de ces découvertes. Voyons si ce ticket de caisse à encore quelque chose à me raconter.

    Le prix à droite des articles. Une série de numéros 19-3-9-15-22-5-18-21-13-19-9-3-1-18-9-21-19 et si… Je repris mon téléphone portable et tapai : alphabet lettre numérotée.

    S-C-I-O-V-E-R-U-M-S-I-C-A-R-I-U-S. Ouais, là je faisais chou blanc. A moins que ce soit une anagramme. Après plusieurs tentatives, j'abandonnai cette piste. Puis, un mot se découvrit devant mes yeux : Verum. Vérité…

    Je remerciai mes parents de m’avoir pris option Latin en sixième et retournai sur mon IPhone. J’ouvris Google translate, Français-Latin, pour vérifier si ma mémoire ne me faisait pas défaut. C’est bien ça !!

    Puis je vis le mot Sicarius. Google est mon ami, je retournai donc utiliser ses services. Une image d’araignée apparut. Je m’empressai de retourner sur Google traduction et tapai ces trois mots : Scio verum sicarius.

    Ce que je vis me refroidit autant qu’une gorgée de mon diabolo menthe : Je connais le vrai tueur.

    Je restai là, assis sur cette banquette, je ne saurai dire combien de temps mais cela faisait longtemps que les glaçons avaient fondu.

     

    Le temps qui me séparait de l’heure du rendez-vous me parut une éternité. Mais enfin j ' y étais : place du Trocadéro et du 11 novembre, minuit allait sonner et je scrutais chaque personne, cherchant vainement un costume gris, un regard insistant, mais tout le monde semblait avoir un but. Un métro à attraper, un musée à visiter ou une Tour Eiffel à regarder.

    Je me retournai sur cette dernière et la contemplai quelques instants lorsque je sentis un souffle chaud sur ma nuque et une pointe dans le bas du dos. Sans doute un poignard.

    Je tournai légèrement la tête et il me sembla reconnaître le costume bleu.

    « - Vous êtes vraiment très intelligent, inspecteur.

    - Mais qui êtes-vous ?

    - Vous savez très bien qui je suis, me répondit l’homme au costume gris, avec un léger accent Sud-Américain.

    « Beaucoup trop intelligent. Mais cela ne fait que rendre mon œuvre encore plus passionnante. Je vais vous laisser un petit souvenir de moi, mais n’ayez crainte, cela ne vous tuera pas. Juste vous laisser une légère douleur qui, même après sa guérison, vous chatouillera et vous rappellera notre première rencontre. Parce qu’il y en aura d’autres, c’est certain. Notre histoire est loin d’être terminée, Inspecteur. »

    Je sentis la lame s’enfoncer dans mon dos, doucement. Je ne criai même pas mais tombai à genoux doucement puis m’allongea sur le ventre, la joue collée sur les dalles fraiches de l’esplanade, au milieu de tous ces touristes, qui ne prêtèrent aucune attention à la scène qui venait de se dérouler.

    Je vis le costume gris s’éloigner avec la tour Eiffel en toile de fond. Puis mon regard se brouilla. J’entendis un cri puis « qu’on appelle une ambulance », juste avant de m’évanouir.
    Snoopythecat le 19 août 2022
    Tefon  Mille fois merci d'avoir décrypté le message pour moi.
    Je vais pouvoir lire mon courrier et y répondre dès ce soir 😉.
    CAZAUX le 19 août 2022
    Bonjour,

    Merci Florin pour ce nouveau défi ! Voici mon texte :

    Jean-Pierre est un écrivain célèbre, la cinquantaine, les cheveux bruns mais déjà grisonnants, il est resté vieux garçon en dépit d’un physique de séducteur. D’une belle prestance, avec un port altier, l’homme a conservé son allure athlétique et si l’on rajoute au palmarès une brillante carrière professionnelle, il aurait pu faire chavirer des cœurs, mais voilà, il n’a que deux passions : les livres et les bonzaïs.
    Entièrement absorbé par l’écriture, il a choisi de venir s’installer à Mouthe, le village le plus froid de France lové au cœur des montagnes du Jura, pour la rédaction de son prochain roman policier. Située à 5 km de la ville, à l’orée de la forêt du Noir Mont, la maison de famille dont il a hérité à la mort de ses parents lui servira de cadre de travail. L’isolement de cette vieille demeure, alliée à la froideur hivernale de ce début novembre, l’aideront à mieux ressentir l’atmosphère glaçante qui devra imprégner son futur polar. Le trajet en voiture fut long et fatiguant, entrecoupé de plusieurs haltes sur l’autoroute en raison des intempéries, sans compter un détour par le centre-ville pour faire quelques courses au supermarché, pour deux, trois trucs qu’il a oublié d’emporter dans la précipitation de son départ ce matin. En vrai tête de linotte qu’il est, il enrage quand il y pense… Il est 17h30 lorsqu’il prend enfin possession des lieux, la nuit a déjà recouvert la forêt environnante de son linceul noir alors qu'une pluie fine et glaciale s'est mise à tomber ; dans le lointain résonne l’ululement de quelque chouette ou hibou, imprimant aux lieux une ambiance encore plus effrayante. Une fois garé, il se dépêche de rassembler ses affaires et de rentrer, en s’abritant sous son parapluie flambant neuf.
    - « Et voilà ! bienvenue chez-moi » annonce-t-il gaiement en se frottant les mains, puis il jette en vrac sur la table en bois de la salle de séjour le produit de ses emplètes qui lui permettront de tenir quelques jours avant de repartir au ravitaillement. Bien entendu, il fait un froid de canard dans la bicoque inhabitée depuis plusieurs mois mais heureusement il trouve quelques bûches de bois entreposées dans un coin pour allumer un feu dans la monumentale et très ancienne cheminée, adossée à un mur de la salle.
    - « Ah enfin te voilà, Jean-Pierre, lui répond la cheminée, je sais que tu ne m’entends pas mais je suis contente de te revoir car tu vas pouvoir me réchauffer un peu. Il faut dire que tu ne viens pas souvent, très rarement en hiver il faut bien le dire, et je reste transie de froid pendant des mois ! »
    - « Ah ! les allume-feux, dit-il, heureusement que j’y ai pensé tout à l’heure ».
    - Oui, c’est même la première chose à laquelle tu as pensé car le froid lancinant qui t’attendait dans la maison, celui-là tu ne pouvais pas l’oublier, Brr… Allez, dépêche-toi de me ranimer, je meurs de froid moi !
    Après avoir allumé un bon feu, il passe en revue et à voix haute, le restant de ses courses pour voir s’il n’a rien oublié.
    - « Ok, j’ai un rasoir, de toute manière j’accorderai très peu de temps pour ma toilette du matin mais il m’en fallait un pour être présentable, au cas où ?».
    - Au cas où quoi ? Tu comptes recevoir de la visite ? Quelque jolie fille j’espère ? Avec ton physique de jeune premier tu vas faire des conquêtes. Ah, ah ! la température va peut-être monter de quelques degrés dans cette pièce, ça va chauffer comme mes braises et je pense que je vais adorer ! »
    - « Et le lait pour le petit-déjeuner demain matin, ça ira très bien avec des tartines de pain, du beurre et de la confiture ».
    - Ah ça tu n’as pas oublié d’emporter le beurre et la confiture, gourmand va…
    - « Pour dîner ce soir, je me contenterai de quelques crevettes grillées avec de l’ail haché et du jus de citron et pour finir, quelques morceaux d’ananas en guise de dessert, tout ça me semble parfait ! ».
    - Oui c’est pas mal, c’est diététique et très léger pour le repas du soir, excellent pour la santé aussi, mais ne force pas trop sur l’ail tout de même… D’ailleurs, vu la quantité de crevettes que tu as achetée, il t’en restera pour demain midi, et de l’ananas aussi…
    - « Bon sang, mais pourquoi ai-je pris des navets ? Je devais être fatigué sûrement, en plus je déteste ça, c’est insipide, enfin je ne vais tout de même pas les jeter…bon, on verra plus tard ! »
    - Ah non, il ne faut pas gaspiller… Mais oui, tu verras demain, ou après-demain, ça se conserve bien les navets, surtout en cette saison, et tu trouveras bien à les manger pour améliorer l’ordinaire, fris par exemple avec le restant de crevettes, il ne faut pas non plus que tu fasses trop le difficile ! Bon, voyons la suite Jean-Pierre…  
    - « Je n’ai pas oublié les couverts, une poêle et une casserole, tous les ustensiles de cuisine nécessaires pour préparer de quoi me sustenter, vite fait, bien fait, enfin quand je parle de « cuisiner », tout est relatif... »
    - Ah oui, tu l’as dit bouffi, tu ne sais même pas te faire cuire un œuf, je sens que je vais rigoler…
    - « Question nourriture, voyons qu’est-ce qu’il me reste ? Ah oui ! le thé earl grey, mon préféré, avec des Marshmallows, indispensables pour mes pauses détentes et réconfortantes après plusieurs heures de travail acharné ! »
    - Yes Sir, at five o’clock and tea for Two, perhaps ? Comme dans la chanson…
    - « Alors ensuite, voyons… j’ai pris de l’eau de javel pour désinfecter un peu les WC, la salle de bains, ils doivent être un peu crades depuis le temps, mais j’ai surtout pensé à de l’insecticide parce que j’ai horreur des « crecre » et des « cracra » et ils vont passer un sale quart d’heure avec ça !» dit-il en brandissant l’aérosol.
    - Ah ! Ah ! tu me fais rire, avoue plutôt que tu en as une peur bleue, surtout des araignées, je te connais… Tu es pire que les gosses ! Les éradiquer ? tu vas avoir du travail et tu vas passer plus d’un quart d’heure à les débusquer… un conseil regarde sous ton lit avant de te coucher…
    Bien entendu, Jean-Pierre a emporté son magnifique bonzaï qu’il appelle affectueusement Popaul et dont il ne se sépare jamais. Censé lui procurer une paix intérieure salutaire, indispensable à sa réflexion, il le dépose délicatement au centre de la table et s’adresse à lui fièrement, en lui montrant un sécateur :
    - « Tu vois, j’ai pensé à toi Popaul et à ton entretien, mon beau ! Puisqu’on va rester ensemble pendant plusieurs mois, il faudra que je te bichonne un peu, de temps en temps, n’est-ce pas ? »
    - Popaul ! Mon beau ! mais ma parole, tu es devenu zinzin ? Voilà que tu parles à une vulgaire plante maintenant, on aura tout vu… je m’en ferais bien un feu de joie de ce ridicule arbre nain, ma foi pour mon dîner…
    - « Et enfin, le plus important de tout : une cartouched’encre de rechange pour mon ordinateur portable ainsi qu’une clé USB pour enregistrer toutes les pages d’écriture sorties tout droit de ma talentueuse imagination… voyons où vais-je installer l’ordinateur ? »
    Dans un coin, près de la cheminée, il aperçoit un bureau qui ferait bien l’affaire. Il est assez grand et le fauteuil ergonomique à côté semble bien confortable. Il approche un lampadaire, pose l’ordinateur puis se recule pour observer l’effet rendu : - « ça n'est pas mal du tout… En plus, je profiterai davantage de la chaleur, tandis que si je m’installe un peu plus loin, dans la chambre…
    - Surtout pas ! Tu es très bien ici, reste près de moi. Si tu t’installes dans la chambre, tu auras moins chaud... En plus, ici, tu me liras chaque jour les nouvelles avancées de ton roman. On se tiendra compagnie… On se sentira moins seuls…
    Au bout d’un moment, il retourne vers l’entrée et fouille les poches de son manteau.
    - « Ben mince alors ! Je ne sais pas ce que j’ai fait de mon ticket de caisse ? Je ne le retrouve pas… J'ai dû le perdre...ça n’a pas d’importance, je ne pense pas en avoir eu pour bien cher ! »
    - Pas bien cher, tu crois ? Avec tout ce tu as acheté ! A vue d’œil, tu en as eu au moins pour 224 euros, mais je peux me tromper… Tu as perdu le ticket de caisse, ça ne m'étonne pas de toi... En tout cas, je peux te dire qu'il n'a pas fini brûlé dans mon âtre !

    J'espère n'avoir oublié aucun mot !

    Bonne soirée à toutes et à tous
    Cordialement
    Jacqueline





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