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    nathanaellebabelio le 03 avril 2024
    Bonjour à tous.tes !

    Je reviens vers vous comme prévu avec le nouveau défi littéraire d'avril 2024. Ce mois-ci, je vous propose d'écrire autour du thème « À vélo ».

    Un moyen de locomotion plus ou moins agréable selon la météo, mais toujours source d'aventures rocambolesques, que ce soit pour aller au travail ou lors de vacances. C'est souvent le premier véhicule que l'on apprend à conduire enfant, et on aime se rappeler ses souvenirs d'apprenti-pilote. Bref, à vous d’en donner votre interprétation.

    Petit point sur les règles pour ce défi du mois d'avril : il prendra fin le 30 avril à minuit, la taille et le format de vos écrits sont libres et nous ne prendrons en compte que le premier texte que vous publierez ci-dessous. Le gagnant ou la gagnante remportera un livre.

    Partez en balade, déraillez, faites de jolies rencontres, et remontez en selle !

    À bientôt,

    Nathanaëlle

    GaLim le 03 avril 2024
    Merci nathanaellebabelio  pour ce thème sportif 🚲 bienvenu après les excès des fêtes de Pâques 🍫😉.

    Bon courage à tous les Babeliotes 💪 et maintenant, en selle, en chanson 🎵🎶😁 ! 
    JCRTigre le 03 avril 2024
    La confrontation sur deux roues

    Le soleil se levait lentement à l'horizon, éclairant le bitume d'une lueur dorée, alors que deux légendes se préparaient pour une compétition qui allait marquer l'histoire. D'un côté, Jean-Claude Van Damme, l'icône du cinéma d'action, connu pour ses prouesses physiques et sa discipline inébranlable. De l'autre, Chuck Norris, la légende vivante des arts martiaux, dont la réputation de force et de détermination n'avait d'égale que son torse poilu, symbole de virilité et de robustesse.

    Jean-Claude, vêtu de sa tenue moulante qui mettait en valeur chacun de ses muscles sculptés (et pas que), se tenait sur la ligne de départ avec une assurance tranquille. Le vélo était pour lui plus qu'un simple moyen de transport ; c'était une extension de son corps, un prolongement de sa discipline martiale.

    Sa réputation de maître du grand écart était connue de tous. Dans ses films d'action, il avait montré au monde entier sa flexibilité extraordinaire, franchissant les obstacles avec une grâce et une agilité qui défiaient l'imagination. Et aujourd'hui, sur son vélo, il était prêt à démontrer que cette même agilité pouvait le mener à la victoire.

    Chuck Norris, quant à lui, était vêtu de sa légendaire tenue de sport, son torse puissant recouvert d'une épaisse toison poilue qui ondulait au gré du vent. Sa réputation de force brutale et de résistance inébranlable n'était plus à prouver. Mais derrière sa façade austère se cachait un homme passionné par les défis physiques et les exploits sportifs. Le vélo était pour lui un moyen de maintenir sa condition physique au top niveau, tout en profitant de la sensation de liberté que seule la route pouvait offrir. Il n'avait jamais appris à faire du vélo. Non, c'est le vélo qui avait appris à être piloté par Chuck Norris. Le vélo, voyez-vous, avait senti la présence de Chuck, l'aura de puissance qui l'entourait, et s'était soumis à sa volonté sans poser de questions. C'était un fait bien connu parmi ceux qui connaissaient la légende de Chuck Norris.

    Alors que les deux hommes se tenaient sur la ligne de départ, leurs regards se croisèrent dans un échange muet de respect et de détermination. Ils savaient tous les deux que cette compétition serait bien plus qu'une simple course ; ce serait un test ultime de leur force, de leur endurance et de leur détermination.

    Le signal retentit, et comme un seul homme, Jean-Claude et Chuck se lancèrent sur la piste, leurs vélos rugissant sous l'impact de leurs coups de pédale. Chaque coup de pédale était un défi lancé à l'autre, chaque virage une manœuvre stratégique pour prendre l'avantage.

    Le parcours était semé d'embûches, mais rien ne pouvait arrêter ces deux titans de l'action. Les montées abruptes et les descentes vertigineuses n'étaient que des obstacles à surmonter pour atteindre la victoire.

    Au fil des kilomètres, la compétition faisait rage, aucun des deux ne voulant céder un pouce de terrain à l'autre. Leurs visages étaient marqués par la concentration, leurs yeux fixés sur la ligne d'arrivée qui se rapprochait à grands pas.

    Et enfin, dans un dernier sprint effréné, JCVD et Chuck franchirent la ligne d'arrivée simultanément, le souffle court mais le regard fier. Dans cet instant, ils savaient tous les deux qu'ils étaient des égaux, que cette compétition avait forgé un lien indissoluble entre eux.

    Sur leurs vélos, Jean-Claude et Chuck étaient plus que des acteurs ou des combattants. Ils étaient des légendes, et cette compétition n'avait fait que renforcer leur statut dans l'histoire de l'action. Alors que la foule en délire célébrait cette confrontation épique, une question demeurait dans l'air : quand aura lieu le prochain défi entre les deux hommes ? Une rumeur planait déjà, évoquant une compétition de grand écart sur des avions de chasse. Une chose était sûre : le monde attendait avec impatience la prochaine confrontation entre ces deux légendes vivantes.
    Cathye le 03 avril 2024

    Je pédalais par là…..


    JCRTigre : Déjà sur la ligne du départ. 🚴Ça démarre fort !!! quelle belle envolée..pour deux pros inconnus de « la petite reine. » J’ai maté les coups de pédale et je dois dire que je m’voyais déjà parmi les spectateurs en train d’applaudir à tout rompre.
    Texte très vivant, d’une écriture…fluide, qui roule bien🤭heu…qui se lit bien🙈🤦‍♀️

    Verteflamme le 03 avril 2024
    Les petites roues

    Le soleil se levait, et le rythme enlevé des vélos délavait l'esprit d'Olivia. Il le délavait, tout simplement car Olivia n'avait jamais su se mettre en selle. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé : Olivia tombait systématiquement. Ses "amis", ses camarades se moquaient d'elle et elle ne pouvait participer aux promenades. Léïanor était le garçon le plus agile d'Orminge*, son pays. C'était un champion, un peu mécanicien, et le plus rapide par dessus tout. Son sourire moqueur, quoiqu'il ne se soit jamais directement moqué d'elle, raisonnait en sa tête. Il trouait sa pensée : elle voyait sa pensée comme un fil continu, et paf, elle pensait à Léianor, à son agilité qu'elle enviait, elle le voyait s'éloigner sur son vieux vélo rouge, à des kilomètres de son corps statique, et paf, le fil de sa pensée était comme découpé par les ciseaux de la déconcentration. Léianor, pensait Olivia, devait prendre un malin plaisir à la fondre dans un décor avant de filer à toute allure en la narguant. En réalité, Léianor s'en fichait, il n'embêtait pas Olivia puisqu'Olivia ne lui avait rien fait. Elle ne savait pas faire de vélo**, bon, cela s'arrêtait là. 

    Un jour, il y eut une énième promenade. Les jours s'allongeaient, et la peinture claire que l'on renverse sur une feuille sombre coulait, jusqu'à ce que la clarté égale la noirceur. Et puis ce fut l'équinoxe, et bientôt la clarté fit davantage qu'égaler. Equinoxe, ce fut le nom d'un poème écrit par Gaïanor (-nor signifie homme, dans le sens de "viril", et cette terminaison est assez commune dans les noms masculins). Gaïanor n'était pas du pays, il suivait des études d'hôtellerie afin de travailler dans de grands châteaux. Enfin, en théorie. En pratique, il s'intéressait davantage aux dispositions de fleurs et de grains étoilés d'Orminge, aux peintures et au modelage, aux nœuds et aux corsages, et à la pâtisserie, quand il ne se mettait pas, art inutile, à la poésie. Gaïanor savait aussi pédaler, et il appréciait les promenades dans les bois. Et cette digression sur Gaïanor l'apprenti poète (et pâtissier, et musicien, et peintre, et couturier) était dans le fond à son image, une image qu'il faisait mouvante, une image de quelqu'un qui laissait couler ses sentiments les plus profonds, et surtout incapable de se concentrer plus de deux secondes, et tant pis si ses tyrans de professeurs lui hurlaient dessus. Gaïanor était à l'écart, il s'était assis pour pique niquer, et quand ses compagnes et compagnons reprirent la promenade le jeune homme de dix sept ans avait décidé de peindre et les rejoindrait plus tard. 

    Or, Olivia mélancolique marchait, laçait son costume traditionnel, car une fête folklorique se préparait. Le précieux Gaïanor aperçut cette jeune femme (Olivia avait vingt ans) en train de lacer le costume, et de son rythme il peint des lignes qui se croisaient, qui se nouaient. Et puis, il peint une grande ligne droite, et deux petites lignes l'une à droite, et l'autre à gauche. Olivia s'approchait doucement, et elle fit ce qu'elle ne faisait jamais : Bouh ! "Ne me faites pas sursauter lorsque je peins des lignes, dans hasard il y a art, et ça peut être intéressant, mais bon, vous allez me faire salir mon œuvre ma chère Olivia". (Gaïanor battit des cils qu'il avait long comme ceux d'une génisse). "Oh, le pauvre petit Gaïanor", dit Olivia en rougissant. (Jamais elle n'oserait le lui avouer, qu'elle l'aimait, ce que Gaïanor avait très bien compris mais il faisait semblant de rien car il ne voulait pas être en couple; Du reste, Olivia ne savait pas que Gaïanor savait). "Bon, montre moi la peinture. J'ai l'impression que ce sont les traces de mon vélo." L'art de Gaïanor était aussi cohérent que le gouvernement d'Orminge, aussi carré qu'un grain étoilé, aussi constant qu'une étoile filante. Ce que peignait Gaïanor un matin, il peignait le contraire le soir. Olivia n'était donc pas accoutumée à ces lignes et les regarda attentivement. 

    Et elle eut l'illumination. Les deux petites lignes de part et d'autres de la grande représentaient de petites roues. Elle avait vingt ans, et c'était ridicule à son âge, mais il lui fallait avancer. "Ce n'est pas ridicule", dit Gaianor à qui elle en avait parlé. Mais de la part de quelqu'un qui s'était teint les cheveux de toutes les couleurs du spectre visible, ce n'était peut être pas le plus représentatif, car Gaïanor se foutait bien du ridicule. Pas Olivia. Un petit truc dépassait et elle paniquait. C'est ce moment que choisit Leïanor pour passer à vélo, et crier "alors le peintre, on peint le coeur d'Olivia en rose ?", de rigoler et de partir. Le précieux Gaïanor serra le poing et hurla que Leianor était un rustre. Leianor, à part les machines, ne sait rien manipuler de beau ou d'artistique. Il avait plus de vingt cinq ans, c'était un peu triste. Mais pour Leianor, Gaianor était bon à battre des cils en saluant les clients parce que wow il est trop riche et la richesse ça brille, et c'était un traitre de classe servile. Un jour Gaianor avait dit "servir est un honneur", et Leianor qui se fâchait rarement avait pris Gaïanor en grippe à cause de cette phase. 

    Et puis ce fut plus tard, plus tard, toujours plus tard. On avait installé de petites roues sur le vélo d'Olivia, mais elle ne s'en était pas servi. Et une grosse dispute éclata entre Leianor et Gaianor. C'en était trop. Olivia prit son vélo et ne chuta pas grâce aux petites roues. Les petites roues étaient inspirées par l'art, elles aidaient à avancer, faisaient bébé, et aidaient à fuir la réalité du conflit. Ce soutien, c'était la rêverie. La rêverie, c'était les petites roues d'Olivia, de même que celles de Leianor étaient l'humour (il avait dit à ses amis que l'humour déplaçait des montagnes et aidait à tenir)et que celles de Gaïanor étaient... l'amour ? Olivia l'ignorait. Quelles sont les petites roues de Gaïanor ? Quoi qu'il en soit, Olivia ordonna sa pensée et se dit deux choses : la première, c'est que deux questions restaient en suspens. Son amour envers Gaianor, on ne savait où il menait, et la réconciliation future des deux hommes restait hypothétique. L'histoire nous le dira, si les Gaïanor, jeunes hommes rêveurs et voulant côtoyer la richesse et les Leianor, agiles, costauds et pauvres pourront s'entendre. Cela ne se fera pas d'ici demain. 

    La deuxième chose, c'est qu'Olivia était une personne courageuse. Car tout le monde avait de petites roues, mais Olivia avait osé les rendre apparentes. 

    * Ormynx, francisé en Orminge, est un pays fictif où se déroulent beaucoup d'histoires que j'invente dans ma tête. Je n'ose écrire imaginaire, puisque rien de surnaturel en Orminge comme partout ailleurs, du reste. Cela dit, Orminge a sa langue, sa culture et son histoire propres, ce n'est ni une utopie ni une dystopie (même si certaines versions montrent une Orminge utopique). 

    **Je ne m'identifie pas à Olivia (mon alter ego, c'est un autre personnage absent ici, Oswalda) mais je ne sais pas faire de vélo. Je n'ai jamais réussi à apprendre.
    mfrance le 03 avril 2024

    A JCRTigre  
    Ça démarre fort le tigre ! Quelle course d'anthologie - mais tu as oublié un truc c'est que le souffle puissant du petit  dragon est venu leur voler la victoire sur le fil !
    Et puis, je me demande diablement ce que Gégé et Nanard vont bien pouvoir faire sur ce coup là ! vont-ils se surpasser et la jouer Béru sur le Tour de France ???
    Ouarf !


     
     
    nathlef06 le 03 avril 2024
    Pour JCRTigre  Super course! On y croit dur comme les muscles des deux compétiteurs ( j’avoue, j’ai un petit faible pour JCVD…). Texte très agréable et plein d’allant sans oublier la fin incroyable.
    Senna le 04 avril 2024
    JCRTigre  Quand on pense qu'en France, on a de beaux champions cyclistes actuels (Thibaut Pinot (je triche un peu avec lui), Julian Alaphilippe, Valentin Madouas, Benoît Cosnefroy, Christophe Laporte...), ainsi que des espoirs (Romain Grégoire; Lenny Martinez, Paul Lapeira...). On a aussi de beaux champions internationaux (Mathieu Van der Poel, Wout Van Aert, Remco Evenpoel...). Les femmes aussi sont douées (Juliette Labous, Annemiek Van Pleuten, Elisa Longo Borghini, Lotte Kopecky...). Enfin, du côté para-athlète, on a surtout les immenses Alexandre Léauté et Heïdi Gaugain. Tout ça pour dire, que je trouve ça triste de mettre en avant deux starlettes du passé qui n'ont rien à voir avec ce sport, bien ce soit vos héros

    Verteflamme   Quelle belle leçon de vie. Elle a raison Olivia de persévérer. Il ne faut pas avoir honte et avancer.
    Verteflamme le 04 avril 2024
    @Senna Olivia te remercierait si elle n'était  pas fictive ! Je te remercie en tout cas !
    JCRTigre le 05 avril 2024
    Senna  Je le comprends. Mais le temps n'a aucune emprise sur la qualité de ces acteurs. Je pense que vous le comprenez également, en regard de la corrélation de votre pseudo et d'un grand athlète défunt.
    Senna le 05 avril 2024
    Mon pseudo vient du genre Senna, qui comprends 250 à 300 espèces de plantes : https://en.wikipedia.org/wiki/Senna_(plant)
    martinlefe0992 le 05 avril 2024
    PARTIR ET REVENIR

    Partir… comme le jour qui file inexorablement vers la nuit et revient inondé de lumière et d’espoir. J’aime le matin qui me laisse chaque jour dans l’expectative.

    Partir… comme l’été qui laisse place à l’automne déployant tous ses charmes pour nous faire oublier que l’hiver sera bientôt là, gris, triste et froid … et revient annoncé par la bien nommée « primevère » et ce vert tendre promesse de tant fraîcheur. J’aime le printemps et les émois qu’il me procure.

    Jeune enfant, j’ai souvent fait ce rêve. Nous partions tous les quatre, mon grand-frère, Papa, Maman et moi. Nous partions à bicyclette pour une belle balade sur un ruban d’asphalte qui filait droit devant nous. Puis, à la croisée des chemins subitement, l’un après l’autre, ils prenaient un chemin de traverse. Je restais seule sur mon petit vélo rouge. Pédaler pour vous rejoindre était vain. Je pédalais, je pédalais et je pleurais.
    Ils partaient.
    Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre ce cauchemar …prémonitoire. Ils sont partis, l’un après l’autre. J’ai pleuré, ils ne sont pas revenus. J’ai encore pleuré, ils ne sont toujours pas revenus. Puis, j’ai cessé de pleuré et les souvenirs, les joies et les malheurs d’antan sont venus frapper à la porte de ma mémoire. Ils sont revenus.

    Dans ma vie, il m’est souvent arrivée de partir.
    Partir en voyage, au travail, en commissions, dans mes songes et puis revenir chargée de souvenirs, de nouvelles rencontres, de fatigue, de cadeaux, d’idées farfelues. Pour partir, il faut toujours revenir. C’est pour moi, à chaque fois un vrai bonheur.

    Il m’est aussi arrivée, plus rarement, de partir sans revenir. On dit alors quitter. Quitter une vie qui n’est pas ou plus la sienne, quitter un emploi qui vous rend malade. Il faut alors quitter pour se retrouver, redevenir soi-même, ne pas mentir, surtout ne pas se mentir. Ce fut douloureux mais sans regret. Je ne reviendrais pas là-dessus !

    Il y a peu de temps, j’ai fait un départ avec les « tambours et trompette » que sont les « gyrophares et sirènes » de l’urgence. Tout s’est fait dans la précipitation, rien n’avait été préparé. J’étais peu consciente. Heureusement, car j’ai horreur des départs précipités ! Pourtant, le séjour s’est avéré long.
    Neuf mois pour revenir. Pour ouvrir quelques instants une paupière, faire un signe de bienvenue avec le petit doigt, tenter de parler privée d’air sur les cordes vocales, rêver de boire un grand verre d’eau fraîche en levant le coude très haut vers le soleil éblouissant, réapprendre à déglutir deux minuscules cuillérées de compote et rêver de croquer une pomme rouge et juteuse, réapprendre à marcher. Peu à peu, revenir à la vie, revenir à la maison.
    Le printemps dans mon jardin me fait la fête et chaque matin est « encore un matin ». Neuf mois pour renaître, chiffre symbolique s’il en est.

    J’ai repris mon petit vélo rouge pour continuer la balade avec vous mes amours, mes amis à qui je dois ce retour et cette joie de vivre.

    Je sais qu’un jour il faudra bien partir. Quitter, je n’en ai aucune envie. Revenir, qui sait !

    nathlef06 le 05 avril 2024
    Pour martinlefe0992.  
    Pas très gai ( c’est la vie !) mais plein de tendresse ! Quelques pépites « partir sans revenir : on dit alors quitter. » ou « j’ai horreur des départs précipités ».
    martinlefe0992 le 05 avril 2024
    nathlef06 a dit :

    Pour martinlefe0992.  
    Pas très gai ( c’est la vie !) mais plein de tendresse ! Quelques pépites « partir sans revenir : on dit alors quitter. » ou « j’ai horreur des départs précipités ».


    Merci 
    Senna le 06 avril 2024
    martinlefe0992  Un peu triste cette nouvelle pleine de métaphores.
    martinlefe0992 le 06 avril 2024
    Senna Pas tant que ça 
    Cathye le 07 avril 2024
    Verteflemme : un texte déroutant…finalement, tous ont des petites roues mais les cachent bien…Olivia a bien fait
    martinlefe0992 : heureusement que le petit vélo rouge met une tâche de couleur sur une tranche de vie..assez difficile.
    Une belle vérité :  « Pour partir, il faut toujours revenir »
    En principe c’est « sans tambour ni trompette »🎺🤗🤭 mais là, vous les avez entendus…
    Senna : à chacun ses préférences. C’est quand même judicieux d’avoir mis en scène deux athlètes (pas du tout les préférences) de haut niveau en arts martiaux🥋🥋…et pas du tout cycliste pour deux roues🤦‍♀️🤭. Mais tout à fait d’accord, rien à voir avec l’éternel combat entre nos deux « ennemis » 🥊nationaux, de la petite reine, sur l’Enfer du Nord par exemple🚴🚵‍♂️
    Mais..peut-être, notre chroniqueur sportif😅🤔….
    Nini95 le 08 avril 2024
    Ma petite reine
    En danseuse, j'appuie de tout mon poids sur les pédales, je n'ai jamais monté cette côte aussi vite mais aujourd'hui est un jour spéciale je vais la retrouver. Mon corps se dandinant de gauche à droite les deux mains accroché au guidon ma bicyclette m'emmène vers elle. Dés que j'ai reçue son message me disant quelle avait réfléchit et qu'elle  m'aimait j'ai enfourché mon vélo le plus rapidement possible ma voiture étant au garage. Je ne suis pas une grande sportive mais aujourd'hui je suis Poulidor rien ne  m'arrêtera. A bout de souffle en haut de la montée je me prépare à la descente.  Encore cinq petits kilomètres, mes sens sont en extase, le plaisir du cyclisme. Autour de moi, le paysage qui m'entoure ressemble à une mosaïque de couleur: le jaune des champs de colza se mêlent au vert des champs de blé tout cela se mélange avec la vitesse telle une palette de peinture . Et que dire de l'odeur celle du réveil printanier de l'herbe fraichement tondu , des effluves de lilas légères et délicates. Les papillons volent dans le ciel bleu mais aussi dans mon ventre je vais enfin la retrouver. L'émotion mais aussi l'anxiété tout est à son maximum. Je lui ai fait part de mes sentiments il y a un mois par message une relation impossible comme dirait certaines personnes mais l'amour triomphe toujours elle a réfléchit, va quitter son mari et m'attend. Je dévale la pente, la ville se profile devant moi un virage à gauche, un secteur pavé puis deux virages et j'arrive à son cabinet . Un feu rouge retarde mes retrouvailles, mon cœur fait plus de bruit dans la poitrine que les oiseaux perchés dans les arbres, je n'ai jamais été aussi proche pour la prendre dans mes bras. Feu vert, je démarre prend mon virage à gauche et là le choc. Une voiture a grillé le feu je me retrouve à terre la tête sur le sol je ne sens plus mon corps ,tout est flou devant mes yeux il y a des ombres qui se bousculent devant moi mais qu'elles se poussent je vais la retrouver lui dire que je l'aime à en crever j'ai lutté contre mes sentiments mais ils étaient bien trop fort pour les combattre. Le sexe, la différence d'âge, on s'en fout l'amour gagne toujours mais pourquoi je n'ai pas mis ce fichu casque afin de partir te rejoindre il m'aurait sauvé la vie et j'aurai pu te le dire droit dans les yeux je t'aime.
    Verteflamme le 08 avril 2024
    Merci Cathye! :) Je suis plutôt heureuse de ma conclusion honnêtement.
    franceflamboyant le 09 avril 2024
    VELO TAXI

     

    Oncle André, à Rouen, il se vantait : c’est qu’il avait eu une idée de génie ! C’est vrai, quoi, c’était la guerre et, sauf si on était riche et si on trouvait la politique de collaboration plutôt passionnante, le carburant, on ne pouvait plus s’en procurer. Les voitures petites ou grandes, on n’en voyait que quelques-unes. Alors, utiliser le vélo pour transporter des biens et des personnes, ça apparaissait plutôt comme une idée intelligente. Mon oncle, André Bourdin, il a été une sorte de précurseur en la matière puisque, dès novembre 1941, il a utilisé ce qu’il a appelé « une voiture de service » : comprendre un vélo qui tirait une remorque. Plus tard, il en a commandé trois autres. Oncle André, c’était un as ! Il était directeur de la société au Journal de Normandie.

    Moi, le message, je l’ai reçu. J’avais trente-deux ans, toutes mes facultés physiques et intellectuelles mais je n’avais pas eu la chance de naître dans la partie de la famille qui avait quelques biens. Quand, en 1942, on vivait entre la Porte de Saint-Ouen et la Porte de Clignancourt, on ne pouvait pas appartenir à la bourgeoisie. J’étais un prolo, fils de prolo, mais je me disais que j’avais été protégé : je n’avais pas fait la guerre ou, plus exactement, je ne l’avais pas perdue. Je n’étais enfermé dans un camp pour soldats français et je ne passais pas mon temps à faire des travaux stupides en attendant d’avoir droit à des pommes de terre. Non, les Frisés, les Doryphores, les Fritz, je les croisais souvent. Pas le genre sympathique. Mais bref, ceci est une autre histoire. J’avais eu pas mal de boulots différents, le dernier dans une boulangerie mais j’avais envie de changer la donne, et je l’ai fait. Je me suis souvenu de l’oncle André et de ses vélos-taxis et j’ai fini par en avoir un à moi. En temps de guerre, il faut savoir être malin et quelquefois, ne pas avoir de scrupule. Je ne risque pas de vous faire la morale car moi, je n’en ai pas trop. S’équiper coûtait cher mais j’y suis arrivé. Je n’étais pas le genre à dénoncer des gens pour me faire bien voir et de ce côté-là, je me tenais tranquille ; mais pour le marché noir, je savais faire. Il y en avait toujours qui voulait bien manger, être bien habillés, bien chauffés, avoir de bons alcools et des cigarettes. Je savais faire ; mais je sentais bien que je ne devais pas me cantonner à cela. La guerre et l’occupation, ce ne serait pas éternel. Une fois que tout ça, ça serait fini, je voulais pouvoir dire que j’avais travaillé honnêtement, histoire que quelques témoins gênants la mettent en sourdine…Et puis, je voulais aider ma famille. Moi, Raymond Lapeyre, j’avais un frère encore plus sportif que moi, Armand. On était d’accord tous les deux : un tandem, ce serait mieux. Je serais devant, lui derrière et on inverserait si ça ne collait pas. Faudrait se surpasser ! Faut dire que notre vélo taxi, « impayable petite voiture attelée en remorque sur tandem » comme l’a décrit un journaliste de l’époque, pesait quarante kilos. Le client ou la cliente s’installait confortablement « sur un petit siège coquet » et pouvait ainsi admirer le travail « de deux solides gaillards ». Encore ce journaliste fabuleux qui écrivait aussi : « Pour profiter du vélo-taxi, les prix affichés dans la voiture sont fixés à 20 F pour une course de la Gare à Saint-Pierre, 30 F au-delà. En banlieue, le prix est de 40 F. « En campagne, dans un rayon de 50 kilomètres : 5 F au kilomètre. »

    Tout ça pour dire que ça a d’emblée très bien marché. C’est ma femme Paulette, qui était contente, et nos deux garçons aussi étaient très fiers. Armand et moi, on parcourait Paris. Je ne vais pas vous mentir : cette capitale avait bien deux faces. Pour certains, c’était une ville de plaisir ! On déposait des clients aux terrasses de café des beaux quartiers, on les conduisait au théâtre et au cinéma ou on les raccompagnait chez eux et on constatait que la guerre ne leur enlevait rien, à cela ! Une fois, on a eu une actrice, genre Arletty ; elle portait de vrais bas, pas comme ces femmes qui se teignaient les jambes et en dessinaient la couture d’un trait de crayon à l’arrière de la jambe. Elle portait un manteau de fourrure et un chapeau avec une petite voilette. Elle avait rendez-vous avec un officier allemand « parfaitement francophone et francophile ». Elle a bavardé avec nous après la course et nous a dit : « Ce qu’il y a, c’est qu’on ne leur arrive pas à la cheville, nous les Français ! Vous ne trouvez pas ? ». On n’a rien répondu. On gagnait bien notre vie et c’était tout. Mais quand même, il y avait l’autre côté de la médaille. Quelquefois, on était obligé de modifier notre itinéraire : il y avait une chasse à l’homme pas très loin et il ne fallait pas s’en mêler. On voyait aussi que certains lieux de Paris étaient réquisitionnés par nos occupants. Il s’y passait des drôles de choses. Et puis, il y avait des affiches placardées sur les murs, qui disaient des arrestations, des exécutions, qui hurlaient des mises en garde. Alors, c’est vrai, Armand et moi, on pédalait courageusement, on parcourait des distances considérables et ce vélo taxi nous enchantait, nous ravissait. On avait l’impression qu’en ce déplaçant sans cesse, on échappait à tout. Ce guidon, ces roues vibrantes, cette nacelle petite mais solide, ça nous mettait à l’écart de l’ordure, parce que quand même, les gens parlaient. On arrêtait des enfants dans les écoles, on allait prendre des familles chez elles, surtout celles qui portaient l’étoile juive, et on ne revoyait jamais personne. Alors, aller de Montmartre au Trocadéro, ça nous donnait des ailes. L’effort nous plaisait. On forçait sur les pédales, on respirait fort…





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