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    nathanaellebabelio il y a 2 semaines

    Bonjour à tous.tes !

    Je reviens vers vous pour le dernier défi d'écriture que je vous proposerai avant l'arrivée d'Ema-Alexandra la nouvelle stagiaire. Ce mois-ci, je vous propose d'écrire autour du thème « Sous la pile de vêtements ». Sous la pile de vêtements, un carnet rempli, des tickets de caisse, un billet abandonné, une bague perdue depuis des semaines... Sous ces habits accumulés et présentés en tour de pise, se cache des objets oubliés et perdus. Et parfois, on s'interroge, comment a-t-on pu en arriver à un tas aussi haut. Pourquoi un soir, au moment d'enfiler son pyjama, on laisse la fatigue décider et faire de nos vêtements une cabane d'intérieur ?

    Petit point sur les règles pour ce défi du mois de juillet : il prendra fin le 31 juillet à minuit, la taille et le format de vos écrits sont libres et nous ne prendrons en compte que le premier texte que vous publierez ci-dessous. Le gagnant ou la gagnante remportera un livre.

    J’espère que ce dernier défi d'écriture vous inspirera et je vous remercie grandement pour votre participation active durant ces 6 mois. Je vous souhaite plein de créativité, des journées remplies d'écriture et de la bienveillance continue dans vos lectures et avis !


    Merci,

    Nathanaëlle     

    GaLim il y a 2 semaines
    Merci nathanaellebabelio  pour ces six mois de défis 🙏 !
    Que la suite de votre parcours vous soit favorable... 🍀☺️

    Et d'ores et déjà, bienvenue à Ema-Alexandra 🙋‍♀️😁

    Allez, planchons sur ce thème fait pour les bordéliques 🤣😜. Bon courage à tous 💪

    Édith : dans le bandeau jaune sur l'image est inscrit "défi d'écriture de juin 2024"... au mois de juillet 🤭😉
    Verteflamme il y a 2 semaines
    Bonjour et merci ! Je soumets ma proposition : 

    Clarence frappa sur son clavier aussi délicatement qu'un hippopotame et rédigea une critique Babelio : 

    Clarence, ou Le Chantre de l’Art et du Goût.

    Panorgana ou la division du travail, Anonyme.

    Quatre étoiles sur cinq.

    Je mets quatre étoiles sur cinq à ce livre. Pourquoi pas cinq ? L’étoile manquante est due à ma mésaventure qui illustre ma lecture, à sa manière. Je ne vous ferai pas l’insulte de vous résumer ce classique, qu’évidemment toutes les têtes blondes ont parcouru, souvent par contrainte. Je vais plutôt vous raconter dans quelle circonstance je l’ai lu.

    J’étais dans ma chambre, entouré d’une pile de vêtements négligemment jetés. La dame, Mme J, allait ramasser, laver, repasser, en plus de nettoyer l’appartement de Papamaman. Je la surnommais la boniche, quand je n’avais pas encore acquis les bonnes manières, mais aux yeux scandalisés de ma mère je m’en tint à « la dame ». Ou Mme J, au nom étranger imprononçable (je ne suis pas raciste, mais ils feraient mieux de franciser leur nom !). Donc j’avais l’occasion de lire. Mme J rangerait la pile afin que je puisse lire, ça c’est ce que l’on dit.

    J’avais commencé cet étrange livre de science-fiction et j’étais parti pour le lire d’une traite. Je n’ose le qualifier de roman, même si c’est un lieu commun que de dire d’un roman d’anticipation qu’il est réalité. Mais je le trouvai d’une grande justesse, cela commença par une panne d’ascenseur, à l’heure où cette technique émergeait à l'époque d'écriture. Bien vite, on comprend ce qui ne va pas. Je ne te ferai pas l’affront, visiteur de Babelio, de te raconter que les ascenseurs, dans la Cité du Tout Organique (Panorgana, donc) tombent en panne afin que les réparateurs aient du travail. Cependant que les réparateurs passaient, la marcheuse (qui ne faisait que marcher) tournait en rond en maugréant. Il faut dire que les marcheurs marchent, les mangeurs mangent, les dormeurs dorment. L’éditeur aurait censuré les « moureurs », idée de l’auteur qu’il jugeait de mauvais goût. A mon sens, c’est dommage, mais ils étaient un peu puritains à l’époque. Même chose pour le sexe, d’ailleurs.

    Le phrasé de ce texte est doux, et il est fluide en même temps. Il émane de ce texte comme un… ah, un ineffable propos ! Et puis, la dame toqua. Bonjour, monsieur, me dit-elle.  Bonjour, Mme J. répondis-je. (on est civilisé, on parle poliment aux gens, surtout quand ils travaillent pour nous. Dans le fond, j’aime lui dire bonjour, je me sens en contact avec le peuple.) Le peuple de Panorgana, lui, a été manipulé génétiquement afin que chaque membre remplisse sa mission. D’où le sous-titre ma foi trop explicite : Panorgana ou la division du travail. Et puis, ce fut trop. Le style, ou l’histoire, je ne saurais dire, mais alors que la dame partit dans la cuisine, je saisis, ô éclair de génie, une feuille et un stylo, et j’écrivis. Un bon livre donne envie d’écrire. Alors j’écrivis un poème :

     

    Généreux est Clarence qui prenait la plume

    Permettant à la dame de gagner son pain

    Si j’écris, au fond c’est pour que ses vas et viens

    Puissent avoir lieu, au soleil ou sous la brume.

    Je n’en étais pas satisfait et j’avais chaud. Alors je jetais le poème au loin, mais la feuille n’atterrit pas loin, le poème génial dans son propos novateur me semblait plat, on eût dit du Annie Ernaux (je ne l’ai pas lue, encore heureux). Et puis, je jetais ma veste au sommet de la pile. Et je fis les cent pas à la manière de la marcheuse du livre, et la pile fut sans dessus dessous. C’est le moment que choisit Mme J pour revenir dans ma chambre. « Monsieur, j’ai bientôt fini, ce sera rapide. » (avant, elle disait ce sera vite, mais maman lui avait gentiment appris). « Mais oui, faites », dis-je, un peu comme le Duc Clarence de Clairevoix, mais j’en parlerai un autre jour, c’est seulement mon avatar imaginaire. Mme J fronça les sourcils, interprétant sûrement mon ton comme de la moquerie, mais se mit à sourire et à me dire : « il fait chaud, en ce moment ».

    « Ahlàlà oui, très chaud ! Il faut prendre de l’eau. Votre mère, elle a quel âge ?

     -Oh, soixante-dix ans.

     -Je vois… j’espère que ça ira pour elle, la canicule. » (c’était un peu, je l’avoue, pour expier ma « moquerie », on ne traite pas la femme de ménage comme on traitait les domestiques du début du vingtième siècle. Faites, vous pouvez disposez, ça en se dit plus guère). Et tout en parlant, sa main habile s’occupait de la pile. Juste au moment où elle tomba pile sur le poème. « Oooh, c’est très beau ! Un poème !

    -Oui. Ça raconte la division du travail. Ça explique que grâce à moi et au fait que je passe mes journées à lire et écrire et à ne pas faire grand-chose, vous pouvez travailler et gagner votre vie.

    -C’est très intéressant, Monsieur. Maintenant je vais aller faire la chambre de votre sœur, je vais aller gagner mon pain, comme dans le poème. » Bouffon, dut-elle me dire dans sa tête, même si son visage demeura imperturbable.

    Alors voilà. Sous la pile de ces vêtements que je ne mettais même pas dans le panier de linge sale, sous ses matériaux de travail, elle avait vu le poème. Ce n’était pas fait exprès. Mais d’un coup, le livre sur la division du travail prit un autre sens. Je savais, dans le fond, que j’étais un gosse de riche à qui une société comme Panorgana aurait profité, mais bon. Personne n’est parfait.

    En attendant, ce livre est bon, même si ma lecture a été gâtée par l’incident. Lisez le, il en vaut la peine.

     

    Clarence referma l’ordinateur, il venait de publier sa critique sur Babelio. Il ne s’était pas montré tendre avec la dame, même si le paternalisme se drape souvent d’une certaine bienveillance (pour Clarence, en tout cas). Et puis, il avait certes raconté sa vie, mais qu’importe après tout ? Sous la pile d’habillage pudique, sous le drapé de métaphores, d’analyse, de critiques, d’avis, quelque fois le lecteur se dévoile. On trouve alors, sur Babelio, des lecteurs qui se confient sur leur vie au détour d’un livre.
    JCRTigre il y a 2 semaines
    Le temps des légendes
    Le monde du cinéma des années 80 et 90 était comme une arène où les titans de l’action rivalisaient de coups de poing, de répliques percutantes et de regards brûlants. Des héros forts défendaient l’honneur, la justice et parfois le simple plaisir de brosser les dents des méchants. Moi, Jean-Claude Van Damme, j'ai fait partie de cet âge d'or, aux côtés de légendes comme Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Bruce Willis et Chuck Norris. Nous avions chacun notre propre style, notre propre philosophie de vie, et ensemble nous avons écrit l’histoire du long métrage. Mais cette histoire, ce que je vais vous raconter, va au-delà de la fiction. Il se concentre sur l’essence même de qui nous sommes : des guerriers, gardiens du temps et de la justice.
     
    Sous ma pile de vêtements, pliée par ma bonne, une vieille montre à gousset. Usés par le temps, sa chaîne en argent usée et son cadran craquelé évoquaient une époque révolue. Ce matin-là, alors que je nettoyais minutieusement ma cuisine avec une scie circulaire bien placée, j'ai retrouvé cette chose que je pensais disparue à jamais. Cette montre appartenait à mon mentor, un homme qui m'avait tout appris sur l'art de la guerre et de la vie, qui connaissait la théorie et les arts martiaux. La lumière dorée du matin brillait à travers les rideaux, projetant des ombres dansantes sur le désordre des tissus. J'ai tapé sur l'horloge, me souvenant des leçons de mon mentor. Mais ce n’était pas une matinée ordinaire. Ce jour-là, j’avais affaire à une bande de criminels dirigée par d’anciens champions de cinéma des années 80 et 90, ressuscités de leurs rôles pour faire des ravages dans le monde réel.
     
    J'ai décroché le téléphone et j'ai appelé Arnold Schwarzenegger, l'homme d'acier qui avait autrefois combattu des machines et des prédateurs extraterrestres. Arnold répondit par un cri d'approbation, sa voix sonnant comme une promesse de puissance brute.

    - Jean-Claude, il est temps de remettre les pendules à l'heure, déclara Arnold, une métaphore pleine de sens en chargeant son arme.

     Le deuxième appel était adressé à Sylvester Stallone, le boxeur invincible, le général coriace. « Rocky », comme j'aimais l'appeler, se prépara immédiatement, ses doigts déjà prêts à frapper avec la force d'un ouragan. Bruce Willis, l'homme qui a sauvé Noël à lui seul, a rejoint le groupe avec son sourire et une dernière cigarette allumée. « Yippee-ki-yay », murmura-t-il en hochant la tête.

    Enfin, la touche finale : Chuck Norris, le légendaire Texas Ranger, dont chaque coup de pied circulaire était véritablement légendaire. Sa présence était l'assurance d'une justice inacceptable. Et à son arrivée, sa chemise entrouverte révélait des poils sur la poitrine aussi épais que la forêt amazonienne, symbole de sa masculinité inébranlable. Le groupe réuni, nous nous retrouvons dans une vieille usine abandonnée, siège du syndicat du crime.

    Dans leur tête, Dolph Lundgren, adversaire implacable, au regard glacé et au physique exotique, complotait pour conquérir le monde entier. La montre de poche, solidement attachée à ma ceinture, sonnait comme un métronome de musique de guerre. Chaque papillon semblait compter vers la fin de la guerre. Nous sommes entrés dans l'usine, un fracas de métal et des cris. Arnold a pris les devants, démontrant sa grande force, écrasant les ennemis comme des morceaux de papier. Sylvester le suivit, ses poings précis et la puissance d'un boxeur bien entraîné.

    Bruce Willis s'est glissé dans l'ombre, tirant avec une précision mortelle, ses balles cherchant constamment des cibles. Chuck Norris, quant à lui, bougeait avec la grâce d'un danseur, ses mouvements de jambes transformant ses adversaires en souvenirs douloureux, sa poitrine velue captant la lumière comme un phare de masculinité. Moi, au milieu de cette tempête, je me bats avec la force d'une danseuse mouillée et d'un lion. Chaque mouvement était un art, un acte de poésie. La montre de poche semblait vibrer de sa propre énergie, des échos des batailles passées, des victoires futures. En rencontrant Dolph Lundgren, j'ai ressenti le poids du passé et la promesse de l'avenir. Nous avons échangé des coups de poing, des morceaux de métal et des morceaux de mémoire.

    - Je dois te briser, cria Dolph.

    J'ai souri, un sourire teinté du feu des batailles précédentes.

    - Le temps est un cadeau précieux, Dolph, répondis-je d'une voix calme et puissante. Et ton temps est écoulé. D'un dernier coup, précis et implacable, j'ai mis fin à la menace de Dolph. Le syndicat s’est effondré et leurs rêves de domination mondiale ont été réduits en poussière. Prenant une pause, nous nous sommes retrouvés à l'extérieur du bureau, le soleil levant illuminant nos visages fatigués mais triomphants. J'ai regardé la montre à gousset, la sagesse de mon mentor résonnant encore en moi. Nous étions plus que des guerriers. Nous étions les gardiens du mythe, du temps et de la justice. Et tant que le temps presse, nous saurons que nous avons fait notre devoir.

    - Nous affronterons la prochaine bataille, mes amis, déclarai-je en tenant la montre à la main. Et quand j'ai jeté un dernier regard sur mes compagnons, j'ai su qu'ensemble, nous étions invincibles.

    Le temps, c'est comme un coup de pied circulaire bien exécuté – précis, puissant et fluide. Chaque seconde est un cadeau, une chance de vivre pleinement et de combattre pour ce qui est juste. Comme les rouages d'une montre, nos actions sont interconnectées, formant le mécanisme complexe de notre destin. Alors, vivez avec passion, combattez avec intégrité et souvenez-vous que chaque instant compte. Parce que le temps, mes amis, c'est l'énergie pure de l'univers.
    JulianAArdennes il y a 2 semaines
    Si vous voulez du frisson, venez en pleine nuit.
    Emportez une pioche, un pied-de-biche.
    Peut-être une massue.
    Le portail grince.
    Je me tiendrai prêt.
    La bâtisse n'est pas eclairé.
    Les allées sont en gravier.
    Tout au fond, tout au fond jusqu'au mur.
    Et puis tournez à gauche.
    Personne ne pourra vous entendre.
    Piochez, pied-de-bichez, massuez.
    Ôtez moi cet habit de pierre et de bois.
    Ôtez me le, qu'il m'empêche de voir la nuit et les étoiles.
    Quoi, m'ont-ils mis des bas de contention. Pouah je les exècre. À quoi croit-ils qu'ils vont me servir ?
    Ôtez les.
    Ôtez moi le costume honorable.
    Jamais je n'ai été honorable.
    Quoi, encore des bas.
    Enlevez les moi.
    Enlevez moi ce coton gris et confortable.
    Vite, vite.
    Jusqu'à ce que les couleurs reviennent.
    Là, je vois du rouge.
    Du sang. C'est du sang.
    Je me souviens.
    Oui, avant cela, les couleurs toutes, elles reviennent.
    Plus de bas.
    Des chaussettes.
    Des pieds nus.
    Des habits de soies chamarrés.
    Des laines chanfreinées.
    Des velours chantournés.
    Je me souviens de chacun d'eux, qui ont été ma peau pour masquer ma peau.
    Pour masquer les plis, les voûtes, les éboulis.
    Ôtez les comme les autres.
    À mes côtés, formez des collines vertes et jaunes, de paisibles lacs bleus, semez des fleurs aux corolles rouges.
    Un paysage de soie, laine, velours.
    Ma peau qui habille la peau de la nuit.
    Et qui porte mes plis, mes voûtes et mes éboulis.
    Mon odeur sur les corolles rouges.
    Ôtez les vite, élargissez le paysage.
    Viennent la blouse est l'uniforme.
    Papa-Maman ne suis-je pas beau, n'êtes vous pas fier.
    Papa-Maman je l'ai fait pour vous, pour être beau, pour que vous soyez fier.
    Blanche et triste montagne. Ôtez la.
    Quel âge j'ai maintenant ?
    Oh je me souviens de cela.
    Nous jouions aux cartes. Celui qui perdait, ôtait un vêtement.
    Voici la femme que j'aimais et l'homme que j'ai épousé.
    Arrêtez vous. Laissez les rires de la nuit d'autrefois habiller la nuit d'aujourd'hui.
    Voilà que je suis nostalgique.
    J'ai vingt ans. Je suis nu.
    Je n'ai jamais aimé mon corps.
    Pourtant les trois choses, qui pour le poète, doivent être blanches, noires, rouges,
    longues, courtes, larges,
    étroites, grosses, deliées et petites, le sont.
    Mais mon corps est laid.
    Papa-Maman je ne suis pas beau et vous n'êtes pas fier.
    .
    Ôtez tout ça.
    Faites en un tas informe, impropre, inodore.
    Enterrez les sous les corolles rouges.
    Que reste t-il ? L'enfance.
    Les vêtements choisi par Papa-Maman.
    Les tailles rétrécir jusqu'à l'habit de trophoblaste.
    Assez, assez, c'est fini.
    Maintenant que je me vêtisse de poils, de plumes, d'écailles ou d'écorce.
    Roberte53 il y a 2 semaines
    Bonjour,

    Voici ma contribution pour ce défi du mois de juillet :

    La lettre cachée (*)

    En cet après-midi ensoleillée du mois de juin 1936, la voiture enchaînait les virages sans le moindre flottement. La traction avant Citroën, sortie deux ans auparavant, était exceptionnellement stable. La conduite accaparait Marie. Un virage à droite. Elle allait très vite. Sans ralentir, elle calcula sa trajectoire. La voiture passa avec élégance. Devant elle, à cent mètres, le dernier tournant avant la ligne droite. Elle l’avait pris mille fois et allait le couper. Quelqu’un en face ? Un petit, tout petit risque qui l’excita. La courbe se précipitait à sa rencontre. Elle sourit, tendue et passionnée. Elle tourna le volant. Trop ferme, il tarda à répondre. Sous la force centrifuge, l’automobile dérapa puis bascula dans le vide. Marie vit le viaduc se jeter sur elle. Ultime poussée d’adrénaline, plaisir fugace, elle s’envolait vers l’ailleurs. 

    Pierre ne ressentait rien. Marie, sa femme, était morte ; et lui vide. On venait de la porter en terre. Après les funérailles et les témoignages de sympathie, sincères ou de circonstance, après la collation d’usage, les visiteurs venaient de se disperser. Il était anesthésié, indécis. Sa vie ? En fait : rien, plus personne à aimer…
    Il erra de pièce en pièce, finit par s’asseoir devant une armoire lingère hors d’âge en merisier patiné dont il aimait la silhouette à la fois élégante et solide. Il la caressa. Elle appartenait à Marie. Il l’ouvrit. Pierre espérait vaguement que cela l’aiderait à la retrouver. Sur une étagère, il souleva délicatement une pile de vêtements de sa défunte épouse : des chemises, des combinaisons, des nuisettes qu’il pressa contre ses lèvres en fermant les yeux… Une enveloppe tomba au sol, le cachet de la poste datait de quelques jours à peine. Marie n’avait pas résisté à cette enveloppe qui baillait. Était-ce vraiment une indiscrétion ? En tout cas, elle avait lu la lettre. Pourquoi l’avait-elle cachée ? L’enveloppe contenait une feuille pliée en quatre. Il la déplia. L’écriture était ronde, féminine. Il lut :

    « Comment vous appeler ? Monsieur ? Père ? Papa ? Je m’appelle Diane. Ma mère va mal, sa famille la dit folle. Bientôt, une ambulance l'emmènera chez les fous. Elle gardait ses secrets dans un semainier verrouillé. Il y a quelques jours, elle a oublié la clé sur la serrure. Il y avait plusieurs lettres qu’elle vous avait écrites et jamais envoyées. J’ai commencé à lire la première, elle disait que vous étiez mon père ! Je n’ai pas pu poursuivre, je pleurais trop, mais j’ai relevé votre adresse sur les enveloppes… Je suis née fin mai 1919. Pour ne pas rester toute seule, mon tuteur va me prendre chez lui. Il me fait peur quand il me regarde. Je ne le suivrai pas. Je partirai avant. Je ne sais plus quoi dire. Je voulais que vous sachiez tout ça. Voilà. S'il vous plaît, répondez vite à cette lettre que je jette à la boîte comme une bouteille à la mer. »
    La signature, « Diane », était suivie du nom « Lagarde », puis d’un point d’interrogation.

    Ariane Lagarde ! Fulgurant, ce nom jaillit de sa mémoire. La fille d’Ariane ! La sienne aussi ! Pierre le ressentit de tout son être. Les dates concordaient. Ariane… Il se souvint. La date d’abord : le 1er septembre 1918. Il partait en permission et tuait le temps entre deux trains à une terrasse de café. S’était-il assoupi ? Une belle fille blonde, tout de noir vêtue, les yeux emplis de larmes, était soudain apparue devant lui. Une veuve de guerre. Toute jeune. « Il vous ressemblait, avait-elle dit. Lui aussi était lieutenant. » Ému par sa détresse, il l’avait invitée à s’asseoir, lui avait commandé un cognac…
    Il avait partagé sa tristesse. « Nous sommes des enfants perdus », avait-il dit… Alors, en révolte contre sa peine, au nom de la vie, Ariane avait entraîné chez elle cet homme qui ressemblait à celui qu’elle avait aimé. Libre, il s’était laissé faire. Rien n’est plus contagieux que le désir d’une jolie femme, surtout à vingt-trois ans.

    Six semaines après leur rencontre, au front, il avait reçu d’elle une lettre ambiguë : « Un soleil va renaître qui m’empêchera de vous oublier » écrivait-elle. Phrase troublante qu’il n’avait pas voulu décoder. Ayant fait la connaissance de Marie, il avait réduit cette passade à un moment fugace. Leurs chemins s'étaient croisés sans converger. Aujourd'hui, ce « soleil » renaissant s’était incarné en une fille, sa fille qui surgissait dans sa vie, dix-sept ans plus tard, et implorait son aide !

    (*) Le nom de "Lagarde" et les prénoms mentionnés dans ce récit sont totalement fictifs et uniquement nés de mon imagination.
    Snoopythecat il y a 2 semaines
    GaLim   Certains ont des piles de vêtements bien pliés et bien rangés,pas du tout bordéliquement organisés. Si, si, ça existe .
    nathlef06 il y a 2 semaines
    Pour Snoopythecat. Chez moi, ça commence toujours par des piles bien droites et par saison/couleur et ça finit invariablement par des tours de Pise bariolées… c’est grave docteur??!!😂
    Snoopythecat il y a 2 semaines
    nathlef06   Je dirais que si vous êtes architecte, c'est plutôt inquiétant .
    gythaogg il y a 1 semaine
    Anonyme.

    J'aime écrire. Au crayon le plus souvent.
    Sur n'importe quel bout de papier disponible.

    Et aujourd'hui, je dispose d'un inestimable trésor.
    J'ai récupéré des centaines de bulletins de vote.
    Leur dos vierge et blanc offert à mon imagination.
    C'est comme la vision d'un avenir sans limites, sans pénurie, sans économies de bouts de chandelles.
    Du jamais vu !

    Tiens ! Je vais me lancer dans une saga médiévale où un moine, Nicomède, triomphera d'un tas d'épreuves.
    Avec des loups et d'obscurs parchemins.

    Ou non ! Plutôt des histoires d'animaux. Un hérisson ? Une vache ?
    Je côtoie surtout des pigeons et des rats mais raison de plus ...

    Et pourquoi pas un roman d'aventures ? La traversée d'un désert, la faim, la soif. Puis la mer avec ses tempêtes et les compagnons engloutis. J'ai de quoi raconter.

    Ah ! Aussi un manuel pratique pour faire face aux difficultés de la vie ! Se nourrir, se vêtir, rester propre et digne en toutes circonstances. Je me débrouille.

    Je vais éviter la romance pour l'instant. Mon amour s'est perdu en chemin.

    La nuit est tombée et j'ai un peu froid.

    Mais demain, demain commence une nouvelle vie pleine de mots, mes mots à moi.
    Mes précieux bulletins pourront devenir des livres !

    Et pourquoi pas ?


    Ce texte a été trouvé il y a trois jours sur les quais de Seine. Dans un abri de fortune fait de bric et de broc, sans personne à l'intérieur. Un réchaud à alcool, une couverture, trois marguerites dans un pot de confiture, des tas de bulletins de vote bien rangés ...
    Et une pauvre pile de vêtements. C'est là, entre un pull et un T-shirt, qu'on a trouvé le billet. Sans signature.
    nathlef06 il y a 1 semaine
    Gythaogg. Tu es la plus forte, et tu n’as pas besoin de textes longs ni de mots compliqués ! Complètement scotchée après la lecture de ta participation !
    Carolina78 il y a 1 semaine
    gythaogg Merci pour ce texte qui m’a émue jusqu’aux larmes ! Il en émane une certaine fraicheur primesautière :
    J'aime écrire. Au crayon le plus souvent.
    Sur n'importe quel bout de papier disponible.
    Je trouve cette idée de ce clodo qui trouve des bulletins de vote vierges (qu’on suppose magiques), où il peut exprimer ses vœux, absolument extraordinaire.
    Toutefois, j’espère ne pas te froisser (pas toi mais tes vêtements) mais qui aime bien châtie bien. Pourquoi Nicomède et pas Diogène ?
    J’aurais aimé que tu donnes vie à ton Nicomède. J’aurais aimé que tu nous le présentes nu, découvrant miraculeusement une pile de vêtements. J’aurais aimé que tu nous décrives ce trésor vestimentaire : des vestes qu’il ne retourne pas, des bas de laine…
    gythaogg il y a 1 semaine
    Merci beaucoup nathlef06   🌺
    Pour être franche, j'ai du mal à lire de longs textes sur un écran. Alors je fais court ...

    Carolina78   Nicomède a déjà vécu plein d'aventures dans le groupe "Écriture collaborative" (sur mon profil) et il vit au Moyen Âge.
    Les bulletins de vote, c'est du vécu. J'écris mes brouillons dessus ...
    L'auteur anonyme du texte est peut-être un migrant, ou pas. Un homme, ou pas.
    Un laissé pour compte assurément.
    Merci de ton commentaire 🌸
    Alderika il y a 1 semaine
    Sous la pile de vêtements, j’ai trouvé 
    Ma volonté et mes décisions 
    Qui s’y sont bien cachées, 
    Laissant place nette à la procrastination 
     
    La tétine perdue depuis des semaines 
    Grand drame dans la vie de mon bébé 
    Comment s’endormir et rêver  
    Quand la tétine s’est fait la belle 
     
    Le pain cuisiné avec amour et caché par besoin 
    Pour ne pas mourir de faim 
    En ces temps de guerre et de restriction 
    Quand l’occupant vient se nourrir dans ta maison 
     
    La raison de ma grand-mère perdue depuis des années 
    Avec son innocence et ses jeunes années 
    Quand la marâtre digne des contes de fées 
    L’a martyrisée et rendu fou son frère adoré 
     
    Ces saucisses et nuggets qui se font la malle 
    Pour éviter de finir dans la poêle 
    Comment croire le cuisinier, qu’il n’a rien mangé 
    Quand d’un nombre pair un impair sur la table est arrivé 
     
    Les bérets, portefeuilles et autres clés de mon chéri 
    Perdue pour la vie et dans l’oubli 
    Quand on ne fait pas attention à ses affaires 
    Elles en profitent pour partir prendre l’air 
     
    Sous la pile de vêtements j’ai trouvé 
    Un matin brun et des souris 
    Qui se cachait avec des colibris 
    Je les ai ressortis tout indignée  
     
    Je les protègerai et les transmettrai 
    A mes enfants et leurs descendances 
    Pour leur apprendre la danse 
    De l’espoir, l’amour et l’amitié
    nathlef06 il y a 1 semaine
    Pour Alderika.   Excellent j’adore !! Étant moi-même une petite souris de temps en temps ( lire le joyeux foutraque), je suis d’autant plus sensible à la fin de ton texte… mais en fait j’aime toutes les strophes !
    Carolina78 il y a 1 semaine
    Alderika C’est un poème sublime, profond, dans les règles de l’art, avec des rimes et un merveilleux message :
    Je les protègerai et les transmettrai 
    A mes enfants et leurs descendances 
    Pour leur apprendre la danse 
    De l’espoir, l’amour et l’amitié
    C’est d’une grande finesse et plein de sous-entendus, dont certainement beaucoup m’échappent. En tout cas, à bas la procrastination, place à l’action, avanti popolo !.
    Alexbeauregard il y a 1 semaine
    Ce thème étrange m'a inspiré cette petite histoire :

    Sous la pile de vêtements
     
    -  Ma chérie, as-tu vidé ton panier à linge ?
    -  Oui maman, cria l’adolescente dans sa chambre à l’étage.
    -  Très bien, allons voir ça, se dit à elle-même Marie en se dirigeant vers la buanderie au sous-sol.
    Elle descendit les marches en chantonnant comme elle le faisait souvent. Marie était une mère épanouie qui aimait faire la lessive et préparer de bons petits plats à ses trois enfants. Une mère modèle comme elle aimait le penser.
     
    La fausse blonde se pencha au-dessus du panier et commença à trier les vêtements par couleurs. Une pile de tissus foncés, une pile de blanc, une dernière pile pour les vêtements ultra colorés de sa benjamine.
     
    Au fond du panier vide, quelque chose de lumineux attira son attention. Une sphère violette brillait et diffusait un léger éclat apaisant. Marie se pencha pour l’attraper mais fut incapable de la soulever avec une seule main. Les sourcils froncés elle réitéra son geste mais cette fois ses deux avec ses deux mains. L’orbe luminescent brilla plus fort à son contact. Elle réussit avec moult efforts à le sortir de sa cachette et à le poser sur le lave-linge. Un son aigu retenti et la femme du se couvrir les oreilles. La sphère se mit alors à trembler puis à léviter au-dessus de la machine. Marie ne comprenait pas ce qu’elle voyait et commençait à avoir vraiment peur. Elle avait lu assez de livres de Stephen King pour savoir que cette histoire ne sentait pas bon du tout.
     
    Elle tenta d’attraper la boule volante mais ses doigts la traversèrent. Sous le choc, elle hurla et se retourna pour s’enfuir. L’orbe s’ouvrit alors et un rayon violet en sortit. Il se dirigea directement sur la femme qui grimpait l’escalier au pas de course, mais elle n’atteignit jamais la quatrième marche car elle fut aspirée par la lumière. En un claquement de doigts, elle avait disparue.
     
                                                                                 *     *
                                                                                    *
     
    La femme reparut au même endroit, quelques minutes plus tard. Elle s’écrasa sur le sol, recouvert d’une poussière noire épaisse. Il n’y avait autour d’elle que des cendres, des flammes et une puissante odeur de fumée dans l’air. Quelques reliques de sa vie d’avant étaient toujours visibles, comme la machine à laver rouillée et renversée sur le côté.
    Marie avait eu l’impression de n’être partie que quelques minutes mais elle était en réalité partie depuis plus de cent ans. Son monde avait été emporté par la guerre. Marie ne ferait plus jamais la lessive.
    nathlef06 il y a 1 semaine
    Pour Alexbeauregard . Pas si mère de famille modèle que ça … elle ferait n’importe quoi pour ne plus faire de lessives..!😂
    Blague à part, texte court mais très sympa et complètement lessivée par la fin ! 👍👍
    Alexbeauregard il y a 1 semaine
    Nathlef  Ah ah merci! Le thème ne m’inspirait pas du tout puis j’ai eu l’idée et j’ai suivi mon délire!
    JonathanCollet il y a 1 semaine
    Bonjour à tous et toutes, je me permet de vous partager mon texte pour ce défi de Juillet.

    Cette histoire reprend le personnage que j’avais utilisé dans mon histoire pour le thème 4h08, intitulée « L’attaque du Vamloubi ». Bonne lecture 
     
     
    Sous la pile de vêtements
     
    Cela faisait maintenant des mois qu’Alaric Blackstone accumulait les affaires…quelques peu foireuses. Ça avait commencé avec l’attaque du monstrueux vamloubi dans son propre immeuble de résidence, ensuite il y avait eu ce problème sur la côte engendré par une étoile de mer démoniaque et pour finir, la Fondation l’avait récemment affecté à l’éradication d’une race de vers de terre génocidaires, l’humanité était passé à deux doigts de l’extinction mais bien sur le grand public n’en avait rien su.
     
    Élisabeth et lui n’étaient partis que depuis trois jours lorsque la Fondation le rappela en urgence : un couple de techniciens travaillants au confinement des créatures provenant d’exoréalités se plaignait de bruits étranges dans leur sous-sol.
     
    Alaric avait accepté de se rendre sur place à contre cœur, pour lui il ne s’agissait sans doute de rien de très alarmant.
    Cela faisait maintenant un peu plus de cinq minutes qu’il avait sonné à la porte de la vaste maison. L’orage grondait dans le ciel qui déversait une forte pluie sur le mage dont l’humeur ne faisait qu’empirer à mesure que son lourd cache-poussière s’imbibait d’eau. La Fondation lui pourrissait une fois de plus ses vacances pour une stupide affaire et il devait en prime attendre qu’on daigne venir lui ouvrir. Il songea un instant à repartir quand soudain la porte s’ouvrit dans un grincement sonore qui révéla un homme de taille et de corpulence moyenne, totalement essoufflé et en sueur comme s’il avait couru un marathon.
    « Je…je…suis désolé pour l’attente, j’étais au sous-sol, vous allez comprendre par vous-même » déclara-t-il en haletant.
    « Pour ça il faut que vous me laissiez entrer, vous m’autoriser à entrer oui ou non ? » répondit sèchement Alaric.
    L’homme l’invita a entrer et lui expliqua qu’il s’apprêtait à découvrir une chose atroce, une chose qu’il n’avait jamais vu en quinze années au service de la Fondation. Alaric retint un rire intérieur, les non mages sont tellement…impressionnables parfois.
     
    L’homme dont Blackstone avait déjà oublié le prénom et avait décidé de surnommer « Bob » lui fit traverser le vestibule, ils tournèrent ensuite sur la gauche et traversèrent une immense cuisine équipée des dernières technologies. A chaque pas, les rangers d’Alaric produisaient un petit son désagréable comme seul le caoutchouc humide peut en proposer. Bob grimaçait à chaque fois mais continuait son trajet. Ils empruntèrent un long escalier en colimaçon dans lequel le mage faillit chuté par deux reprises, retenant à chaque fois une série de jurons.
     
    Finalement les deux hommes atteignirent le sous-sol, et traversèrent une pièce pratiquement aussi grande que la maison elle-même, cette pièce contenait des bibliothèques à pertes de vue, toutes remplies de livres classés par ordre alphabétique bien sûr. Alaric se demanda un instant si le couple était atteint du syndrome de Diogène ou s’ils étaient simplement collectionneurs…dans tous les cas il serait bon de leur expliquer que les livres sont des passerelles vers d’autres monde, au sens propre, des univers de poche, bien plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur et une telle concentration en un lieu précis pourrait facilement provoquer une conjonction dimensionnelle. Le mage nota mentalement d’en parler au Haut conseil de la Fondation pour placer Bob et son épouse sous étroite surveillance…juste au cas où.
     
    A la grande stupeur du Magicien, son hôte continua son chemin et traversa l’immense pièce pour se diriger vers une porte close qu’il ouvrit d’un tour de clé. Allumant la lumière de cette espace restreint il dévoila une petite buanderie composée d’un lave-linge, d’un sèche-linge et…d’une pile de vêtements qui touchait le plafond.
    « C’est…ici…c’est de la pile que proviennent les bruits, les voix » déclara Bob en déglutissant péniblement avant de rebrousser chemin à reculons, laissant Alaric seul face à l’inconnu.
     
    Le sous-sol redevint calme et silencieux, le mage s’approcha du tas de linge et invoqua son bâton pour pousser délicatement la montagne de tissu quand soudain une voix d’outre-tombe retentit :
    « Pauvre mortel…tu as éveillé Azteroc le puissant, tu vas maintenant en subir les conséquences et ton monde sera anéanti ! »
    « Oh mais merde ! faudrait voir à changer de refrain à la longue, c’est la quinzième fois cette année que le monde menace d’être détruit et on est qu’en février ! » s’exclama le magicien en empoignant son bâton à deux mains prêt à affronter son ennemi quel qu’il soit.
     
    Soudain un tentacule de tissu s’enroula autour de sa cheville et l’attira d’un coup sous la pile de vêtements. Là Alaric Blackstone découvrit avec horreur que les énergies combinées des livres à proximité et du désespoir des vêtements non lavés dans ce qui était littéralement un cimetière du linge sale s’étaient on ne sait comment combinés pour ouvrir un portail duquel émergeait à présent un démon colossal formé de chaussettes sale, de morceaux de t-shirt, de pantalons, et de divers dessous que Blackstone préféra ignorer pour le bien de sa santé mentale.
     
    Sans crier gare, le démon passa à l’attaque avec un violent coup de poing en jean qui envoya voler le mage à plusieurs mètres. « Toi mon gros tu vas être pénible ! » déclara le magicien en se relevant difficilement avant d’éviter un string projeter à vive allure en sa direction tel un projectile mortel.
     
    Le démon fou de rage projeta un soutien-gorge en dentelle en direction des jambes de son adversaire tel un bolas de tissu que Blackstone fit disparaitre grâce à une simple boule de feu.
     
    Ce dernier compris très vite que s’il voulait s’échapper il devrait vaincre le démon Aztéroc, le problème était que si comme il le pensait il se trouvait au centre de la pile de linge…ses attaques incendiaires pourraient facilement se propager au reste de la maison et ainsi détruire tout l’édifice…ce qui tout bien réfléchit n’était pas la perspective la plus positive… il opta pour une autre stratégie. S’approchant lentement du démon, il canalisa sa volonté dans son baton de combat, attendant le bon moment pour frapper son adversaire.
    Ce dernier se recroquevilla avant de projeter une myriade de vêtements sales vers cet insupportable humain qui prétendait pouvoir lui faire face.
    « Sgiath » hurla Alaric en décrivant un arc de cercle avec sa main gauche pour invoquer un bouclier invisible qui dévia la plupart des projectiles. Lorsqu’enfin il fut suffisamment prés, il relâcha tout le pouvoir qu’il avait accumulé en une prodigieuse tempête de glace qui gela le démon sur place. Un léger coup de bâton eu raison de la créature qui se brisa en un millier de morceau, libérant au passage Alaric de sa prison sous la pile de vêtements.
     
    Le mage sortit de la buanderie et remonta jusqu’au rez-de-chaussée ou l’attendait Bob.
    « Et alors ? ça y est c’est fini ? » le questionna ce dernier en tremblant de tous ses membres.
    Ce à quoi le mage répondit « Je serais toi Bob, j’attendrais pas que ma femme revienne de mission pour faire la lessive…on sait jamais ce qui peut se cacher sous une pile de linge »….puis il sortit de la maison en claquant la porte….ces vacances l’attendait.





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