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    Bibalice le 07 février 2011
    ... donc on dit Just Kids comme lecture du mois ?? :-D

    LiliGalipette le 07 février 2011
    Bibalice : ... donc on dit Just Kids comme lecture du mois ?? :-D


    Ouiiii !
    alicejo le 07 février 2011
    ça me va :-D
    MarcF le 07 février 2011
    ma foi, pourquoi pas

    Marc
    austen le 07 février 2011
    Je passe ce mois ci (on se demande pourquoi). Je suis au milieu de celui de janvier et je ne désespère pas de trouver le temps avant fin février de poster une vraie critique :?
    Bonne lecture à tous
    LiliGalipette le 07 février 2011
    austen : Je passe ce mois ci (on se demande pourquoi). Je suis au milieu de celui de janvier et je ne désespère pas de trouver le temps avant fin février de poster une vraie critique :?
    Bonne lecture à tous


    Merci Austen. On attend ton avis sur le Mohican avec impatience !
    alicejo le 08 février 2011
    J'ai commencé ce matin et, c'est révélateur de la qualité du bouquin, j'ai raté ma station de métro :lol:
    LiliGalipette le 08 février 2011
    alicejo : J'ai commencé ce matin et, c'est révélateur de la qualité du bouquin, j'ai raté ma station de métro :lol:


    Et hop, voilà une amorce de critique toute trouvée ! :-D
    kiki23 le 09 février 2011
    Je passe aussi mon tour ce mois-ci... trop de lectures en retard et trop de boulot.
    Rendez-vous en mars...
    Cela dit, je viendrai lire vos commentaires, peut-être me donneront-ils envie de lire "just kids" : les premiers posts st plus que positifs ;)
    jibe52 le 09 février 2011
    @kiki23
    ma biblio municipale est fermée jusqu'au 25 mais j'espère que j'y trouverai Patti Smith ...

    à +
    alicejo le 10 février 2011
    159 pages lues avec toujours autant de plaisir! :-D
    alicejo le 12 février 2011
    Terminé les yeux légèrement humides. Je ne pensais pas que ce livre acheté avant tout pour mon homme fan de musique (et de Patti Smith en l'occurrence) me plairait autant!
    LiliGalipette le 13 février 2011
    Commencé hier et je suis déjà conquise !
    LiliGalipette le 14 février 2011
    Un récit magnifique ! Ma chronique ci-dessous.

    Préambule : "On a dit beaucoup de choses sur Robert et on en dira encore. Des jeunes hommes adopteront sa démarche. Des filles revêtiront des robes blanches pour pleurer ses boucles. Il sera condamné et adoré. Ses excès seront maudits ou parés de romantisme. À la fin, c'est dans son oeuvre, corps matériel de l'artiste, que l'on trouvera la vérité. Elle ne s'effacera pas. L'homme ne peut la juger. Car l'art chante Dieu, et lui appartient en définitive."

    Patti Smith et Robert Mapplethorpe ont à peine 20 ans quand ils se croisent dans le New York de 1967. Patti rêvait "de rencontrer un artiste pour l'aimer, le soutenir et travailler à ses côtés." (p. 24) Robert, lui, "était un artiste, et il le savait. Ce n'était pas une lubie enfantine. Il ne faisait que reconnaître ce qui lui revenait de droit." (p. 25) Les deux jeunes gens, presque des gamins, partagent une histoire d'amour qui durera plus de vingt ans, influençant sans cesse le travail de l'autre. Si la passion amoureuse fait lentement place à l'amitié et à une relation nourrie d'art et d'émulation, ils ont fait le serment de ne pas se séparer et de prendre soin l'un de l'autre, "d'être fidèles, sans cesser d'être libres" (p. 102). Just Kids est le récit que fait Patti Smith de ce lien unique. "Nous nous étions promis de ne plus jamais nous quitter tant que nous ne serions pas tous les deux certains d'être capables de voler de nos propres ailes. Et ce serment, à travers tout ce qu'il nous restait encore à traverser, nous l'avons respecté." (p. 110) Entre eux, c'est plus que de l'amitié, c'est un pacte charnel et spirituel, une interaction artistique et une relation indissoluble pour l'art et par l'art.

    La pauvreté des débuts, les années de galère ponctuées de petits boulots et de combines débrouillardes, les séjours dans des hôtels glauques ou des appartements miteux n'entament que rarement l'incroyable optimisme que nourrissent Patti et Robert. Ils vivent pour l'accomplissement de leur art et se donnent les moyens de la création, quels que soient les risques. "Tels des enfants de Maeterlinck en quête de l'oiseau bleu, nous nous étions aventurés dehors, et nous étions pris dans les ronces sinueuses de nos expériences nouvelles." (p. 100)

    Dans ce témoignage, on découvre comment Patti a poussé Robert vers la photographie, au-delà d'une simple intégration de clichés dans ses constructions, mais véritablement comme un art à part entière. Même si son art tarde à être reconnu, il semble que tout ce que touche Robert se transforme en or. "Que ce soit pour l'art ou pour la vie, Robert insufflait aux objets son élan créateur, sa puissance sexuelle sacrée." (p. 165) Et d'autre part, on assiste au cheminement artistique de Patti qui, pétrie de poésie, se lance peu à peu dans les performances scéniques et à la chanson, constamment épaulée par Robert. Le lien artistique ne se distend jamais entre eux. C'est Robert qui crée les couvertures et pochettes des livres et albums que produit Patti. L'influence artistique entre eux est double : "notre relation : artiste et muse, un rôle qui était pour nous deux interchangeable." (p. 295) Les deux gamins qui se sont croisés dans un parc de New-York par une nuit d'été savaient qu'ils deviendraient célèbres et s'encourageaient mutuellement sur la voie de la réussite. " Mon succès était pour Robert l'objet d'une fierté sans mélange. Ce qu'il voulait pour lui-même, il le voulait pour nous deux." (p. 302)

    L'homosexualité de Robert, d'abord mal assumée par lui comme par Patti, n'entrave finalement pas leur relation mais lui permet d'accéder à une nouvelle incarnation jamais dépourvue d'amour. "Il avait envers les hommes des pulsions dévorantes, mais je ne me suis jamais sentie moins aimée pour autant. Il n'était pas facile pour lui de rompre nos liens physiques, je le savais. Nous restions fidèles à notre serment, Robert et moi. Aucun de nous deux ne quitterait l'autre. Je ne l'ai jamais vu par le prisme de sa sexualité. Mon image de lui est demeurée intacte. Il était l'artiste de ma vie." (p. 189) Patti envisage Robert comme un être à part, non défini par les codes qui sont ceux du reste du monde. Cet homme-là, elle ne peut s'en passer et elle n'a pas besoin de lui assigner une place précise. "Robert n'a jamais quitté mes pensées ; il était l'étoile bleue dans la constellation de ma cosmologie personnelle." (p. 307)

    Le changement d'orientation sexuelle de Robert conduit le couple à se séparer sur le plan physique. Chacun connaît d'autres amants et espèrent en d'autres relations. Pour Robert, la rencontre avec Sam Wagstaff, "l'homme qui devait devenir son amant, son mécène, et son ami pour la vie." (p. 242) est déterminante. Il a enfin trouvé un compagnon à sa mesure, solide et passionné par son art. "Ils avaient besoin l'un de l'autre. Le mécène pour être grandi par la création, l'artiste pour créer." (p. 275)

    Tout au long de son récit, Patti Smith révèle ses références et artistiques : Rimbaud et ses Illuminations, William Blake, Jean Genet, André Gide, Baudelaire, Diego Rivera, Maïakovski, Bob Dylan et tous les représentants de la Beat Generation. Toute sa création est imprégnée des oeuvres des monstres sacrés mais se nourrit également de ses rencontres avec les artistes de son temps. Les années 1960-1970 semblent une époque traversée de comètes artistiques et de destins fulgurants. "Abattues, la gloire tant désirée à portée de main, des étoiles éteintes tombaient du ciel." (p. 247) : Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, ou Brian Jones laissent des empreintes durables et encouragent les créations. Dans les lieux emblématiques que Patti et Robert fréquentent, le Chelsea Hotel, le Max's Kansas City club, la Factory, El Quixote, la MaMa ou les studios Electric Lady, la foule des célébrités se croise, se reconnaît et s'influence. D'Andy Warhol à The Velvet Underground, tout semble possible dans un monde ouvert à toutes les audaces.

    Patti Smith donne à voir toute la puissance de son imagination et son immense amour des livres, de la prose et des mots. "J'étais complètement éprise des livres. Je voulais les lire tous, et ceux que je lisais généraient de nouveaux désirs." (p. 16) Elle insiste particulièrement - et comment ne pas la comprendre - sur ce qu'elle doit à Jim Morrison : "c'est lui qui m'avait mise sur la voie de la fusion de la poésie et du rock and roll." (p. 223) "Tel un saint Sébastien de la côte Ouest, il exsudait un mélange de beauté et de mépris de soi, et une douleur mystique." (p. 76)

    Just Kids, ce n'est pas seulement un hommage à Robert Mapplethorpe et encore moins un mémorial en son honneur, c'est aussi un manifeste artistique. Patti ne dissocie pas la vie de la création. Chaque acte entre dans le processus créatif parce qu' "être artiste, c'est voir ce que les autres ne peuvent voir." (p. 23) Patti est sans cesse en quête de signes. Les dates anniversaires de ses proches et des artistes qu'elle admire sont des jalons et des vademecum quand elle perd pied. Robert et elle explorent une nouvelle façon de voir le monde et Robert le répète souvent, "Personne ne voit comme toi et moi." (p. 127). Quand Patti Smith s'engage, elle le fait complètement. "Ma préférence allait à l'artiste qui transforme son temps plutôt qu'à celui qui se contente de le refléter." (p.88 ) Elle ne craint pas d'imposer ses vues et de suivre des voies dangereuses. "Il est de la responsabilité de l'artiste d'équilibrer la communication mystique et le labeur de la création." (p. 297)

    À lire son témoignage voire sa confession, il apparaît que l'artiste est en souffrance constante, tiraillé entre les extrêmes qui le composent et qu'il alimente. La quête que Robert et Patti entreprennent doit les aider à "accepter [leur] nature double et [...] [les] mettre en paix avec l'idée [qu'ils renferment] des principes opposés, la lumière et l'obscurité." (p. 20) Just Kids est finalement le confiteor de l'artiste moderne.

    Le paratexte est riche et émouvant. Les photographies côtoient les reproductions d'oeuvres, de lettres ou de textes. La photo de la première de couverture a été prise à Coney Island en 1969. Elle a immortalisé deux enfants artistes à l'aube de leur épanouissement, au plus fort de leur beauté. "Nous avons eu de la chance que cet instant soit immortalisé par un appareil photo rustique. C'était notre premier vrai portrait new-yorkais. Qui nous étions." (p. 134) Mais la pièce qui me touche le plus, c'est celle présentée en quatrième de couverture, une lettre écrite par Robert à Patti, dans leur chambre du Chelsea Hotel en 1969. "Sitting in our room - waiting for you. Thinking of all that we have gone through - knowing we have somehow done it together. And it will always be that way - loving you. We'll have a real home soon one way or another - and it's there that we'll be famous - with or without the rest of the world - just you and me together - drawing, writing and loving each other. For you always - Blue STAR." Cette lettre pleine de promesse est à l'image du récit : fondamentalement optimiste et résolument tournée vers la création.

    Patti Smith n'évoque que peu la maladie qui terrassa Robert à l'âge de 42 ans. Son récit n'est pas une plainte mais un écho tendre aux années passées, un regard posé avec nostalgie sur les instants trop vite envolés d'une jeunesse qui semblait éternelle. On ressort de cette lecture avec des larmes dans les yeux mais également une envie incommensurable d'étoiles.


    http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/02/14/20371075.html
    fichetoux le 14 février 2011
    Hum, ne sais pas si ce message sera lisible vu que je ne sais pas trop bien comment ca marche cette histoire de forum ni si je fais les bonnes manipulations..bref, quand on a 2 mains gauches en informatique, on essaye un peu tout et n'importe quoi!
    Pour ma part, suis super content de voir que Just Kids fait partie de la lecture du mois, c'est un super bon bouquin, tendre, sensible, nostalgique...
    Pour poursuivre l'aventure, voici 2 autres bouquins dont je vous file les ref, perso, je ne les ai pas encore lu donc, sous reserve

    Patii Smith
    Jennifer Lesieur
    ed Castormusic

    Patti Smith Fille de Rimbaud
    Etienne Ethaire
    Ed Camion Blanc

    bien à vous :wink:
    Tampopo le 14 février 2011
    tu te débrouilles pas mal Fichetoux pour une première :wink:
    Bienvenue parmi nous, les "forum addict" !
    LiliGalipette le 14 février 2011
    Bravo Fichetoux : tu as fait grossir ma liste d'envies ! :wink:

    Peux-tu nous dire un peu plus longuement ce qui t'a plu dans Just Kids ?

    By the way, bienvenue sur le forum !
    fichetoux le 14 février 2011
    opps, çà y est, piégé! forum addicté lol
    ah, ce qui m'a plu...bon déja j'ai découvert Patti Smith à 12 ans et ai de suite accroché,ai donc suivi son parcours musical mais n'ai jamais trouvé de bio sur elle, puis ai suté sur le livre des qu'il est sorti en belgique en novembre je pense
    C'est le côté simple,poétique,sensible sans tomber dans la sensiblerie, cette tranche de vie de 2 êtres pour qui tout semblais possible(cf ma "critique"...ou plutôt avis ) j'ai eu l'impression de vivre cela de l'interieur, comme si j'étais à coté d'eux, immergé dans cette aventure humaine, c'est dur de l'expliquer, mais oui, j'étais dedans,dans l'époque,dans leurs joies,leurs galeres, leurs moments de gloire
    et puis c'est si bien écrit tendre,lucide,aigre doux mais sans le cote mievre
    une tranche de vie , comme tout un chacun peut en avoir, célebre ou non
    un coup de coeur quoi, un livre qui me fait vibrer un peu plus que les autres car justement, ce n'est pas une fiction
    Et puis, c'est une sorte de lecon de vie, il faut croire en ses reves et son potentiel,
    bon, c'est peut etre "gnan gnan" ce que je dis, mais ce livre m'a boulversé

    voila :wink:
    LiliGalipette le 14 février 2011
    Hey non, pas gnangnan du tout !
    Ton avis est pertinent ! C'est en effet une belle tranche de vie.
    Sodapop_Curtis le 15 février 2011
    fichetoux : Patti Smith Fille de Rimbaud
    Etienne Ethaire
    Ed Camion Blanc

    Je ne l'ai pas lu, mais je sais par expérience que Camion Blanc sort de très bons livres sur le rock. :wink:


    Voici ma critique de Just Kids :

    Dans ce livre qui se lit comme un roman, Patti Smith raconte avec une extrême douceur et une grande humilité sa rencontre avec Robert Mapplethorpe, l’homme qui sera successivement et simultanément durant les décennies qui suivront son partenaire, son complice, son alter ego.

    J’ai choisi de commencer cette lecture plus par intérêt pour la période (la fin des 60s et les 70s à New York) que pour intérêt pour les personnes au centre de ce livre ; pour être honnête, je n’avais jamais entendu parler de Robert Mapplethorpe. Cette lecture fut donc l’occasion pour moi d’une double découverte : celle, en détail, de la vie fascinante de la jeune Patti Smith, et celle de l’œuvre de Robert Mapplethorpe.

    Le style de Patti Smith est en tout point admirable : riche, évocateur, poétique, voire à certains moments touché par la grâce. Ce récit aurait pu être complaisant et empreint de pathos, mais il n’en est rien. Patti Smith nous émerveille avec des anecdotes sur la vie de deux jeunes marginaux à New York à la fin des 60s : sa première rencontre avec Allen Ginsberg, le Chelsea Hotel où vous pouviez trouver une chambre en échange d’un morceau d’art… Le portrait qu'elle dresse de Robert Mapplethorpe est tendre et pudique, répétant sans cesse qu'elle ne serait jamais devenue l'artiste qu'elle est aujourd'hui si leurs chemins ne s'étaient pas croisés un jour en été 1967. C'est pourquoi Just Kids n'est pas une simple autobiographie mais plus la biographie d'un tandem
    La fin m’a particulièrement émue, notamment lorsqu'elle retrouve par hasard le bureau de Robert Mapplethorpe des années après son décès.

    Je n’ai qu’un seul regret : ne pas avoir pris la version brochée du livre afin pouvoir admirer les photos qui le parsème dans un plus grand format et surtout une meilleure impression.





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