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Quand la science-fiction se fait poésie
Liste créée par HordeDuContrevent le 12/02/2022
61 livres.

Il y a différents styles de science-fiction, depuis la hard SF, en passant par le space opéra, les romans d'anticipation jusqu'au post-apocalyptique. Quel que soit le genre, certains livres se singularisent par leur poésie, leur onirisme, beauté des paysages, beauté de l'écriture, peuvent en plus de nous embarquer nous faire rêver.... Je vous propose cette liste afin de réunir les livres associant ces deux ingrédients que beaucoup de lecteurs ne pensent pas pouvoir associer...Merci pour vos suggestions et idées !



1. La Horde du Contrevent
Alain Damasio
4.35★ (16029)

Par la diversité et la beauté des paysages et des villes traversés, par la féérie du monde imaginé par Alain Damasio cette lecture est précieuse. On pense parfois à Mad Max, le Te Jekka, maître foudre de la Horde, fait irrésistiblement écho au maître Jeddi de Star Wars. La ville d'Alticcio fait penser une fraction de seconde au 5ème élément de Luc Besson avec le bas peuple au niveau du sol (les « racleurs ») et la bourgeoisie dans les airs, et ses divers moyens de locomotion qui s'entrecroisent dans les airs (Barcarolles longues et fines, toutes ailes rétractées ; ballons passifs à air chaud ; ballairs dirigeables ; vélivélos ; planeurs ; parapentes de poche ; éolicoptères). L'osmose réussie de la science-fiction, de la philosophie et de la poésie est ce qui caractérise le plus ce livre.
2. Oiseau
Sigbjørn Skåden
3.69★ (177)

L'onirisme qui se dégage de la couverture est à l'image de celui que nous ressentons dans le livre. « Oiseau » du norvégien Sigbjørn Skåden nous donne l'impression de rêver, un rêve en noir, blanc et rouge, un rêve où le cours du temps est fluctuant, un rêve composé de multiples signes à interpréter comme ces obélisques, doigts inquiétants tournés vers le cosmos maintes fois présents, un rêve qui se termine de façon abrupte…
3. Terre errante
Liu Cixin
3.81★ (722)

En moins de cent pages, nous retrouvons dans ce livre les ingrédients qui font la pâte de Cixin Liu : des explications scientifiques poussées (ce qu'en science-fiction nous appelons la « hard SF ») enrobées de réflexions passionnantes et de poésie. Oui hard-SF et poésie…Lorsque cette dernière permet, en l'enveloppant de beauté, de se passionner pour la première. Combo étonnant. Des scènes majestueuses et colorées ponctuent le récit, telles des étoiles scintillantes dans cette épopée somme toute sombre. Nous assistons aux derniers instants du Soleil, aux derniers couchers de soleil, à l'élévation de propulseurs gigantesques qui émettent des lumières bleues, à l'arrêt de la rotation terrestre, les scènes sont grandioses et nous captent dès le début du récit.
4. La Nuit du faune
Romain Lucazeau
3.63★ (683)

Vertigineux car nous voyageons, nous partons de la terre vers l'infiniment loin afin de contempler le Cosmos, de plonger dans les horreurs glaçantes galactiques. Vertigineux quant aux réflexions philosophiques offertes, riches et profondes. Vertigineux quant aux concepts scientifiques manipulés, quant aux possibles offerts par la science, concepts qui m'ont laissé de nombreuses fois sur le bord de la route. D'où mon 4 étoiles. Certes. Mais, vertigineux de poésie aussi. Lorsque je ne comprenais pas, je me laissais porter par la poésie. Vertigineux car ce roman contient tant qu'il est difficile d'en parler, de résumer…
5. Dernières fleurs avant la fin du monde
Nicolas Cartelet
3.43★ (328)

Lorsque le post-apocalyptique n'est que prétexte à un roman révolutionnaire mélancolique... Une très belle découverte, un coup de cœur même, pour ce livre « Dernières fleurs avant la fin du monde » de Nicolas Cartelet dont l'écriture m'a charmée. Un livre que je n'ai pas beaucoup vu passer sur Babelio, il a fallu la critique très élogieuse de @Indimoon pour me donner envie. Nième livre post-apocalyptique que je lis ces derniers mois, celui-ci se singularise par sa vision sombre et sans concession servie par une écriture hors norme. Quel style ! J'ai lu et relu certains passages, notamment la description des personnages, incroyablement campés, ainsi que leur psychologie et réactions dont le processus est relaté telle une mécanique de précision. Ce n'est pas tant le côté post-apocalyptique qui m'a tant séduite que cette façon de décrire la peur, la fatigue, la colère, l'angoisse, la joie pure. Certains passages sont dignes de scènes fantastiques telles ces scènes dans la forêt en pleine nuit. Oui, j'ai été émerveillée par l'écriture de Nicolas Cartelet.
6. Le problème à trois corps
Liu Cixin
4.07★ (7094)

Tome 1 d'une trilogie incroyable de space opera, j'ai surtout trouvé poétique le tome 2...le tome 1 pose les bases de la trilogie. C'est l'histoire d'un feu que nous allumons puis que nous ne sommes plus en mesure de contrôler. Un feu que nous allumons car nous n'avons plus foi en rien, plus foi en l'humanité : la révolution culturelle en Chine a été une source d'horreurs et de barbaries, tout comme les multiples guerres auxquelles se sont livrés ou se livrent encore les humains dans le monde entier, nos carences et contradictions sont sources de destructions : épuisement des ressources, absence d'harmonie avec la nature, notamment avec les autres espèces animales dont certaines ne cessent de disparaitre chaque année à cause de l'Homme : « La civilisation marche toujours sur le même sentier, celui de la destruction de toute vie sur Terre en dehors de la sienne ». Un feu que nous allumons alors que nous vivons sur une planète extraordinaire, tempérée, sur laquelle les cycles réguliers sont éternels. Un feu que nous allumons car nous avons tendance à oublier la chance que nous avons, le paradis dans lequel nous vivons, toujours à rechercher un autre dieu, une main vengeresse. Un nouvel espoir.
7. La forêt sombre
Liu Cixin
4.42★ (3427)

Tome 2 de la trilogie de Cixin Liu. Les multiples ramifications de cette fable écologique de SF chinoise m'auront permis pendant des heures et des heures de cheminer. Ce livre est une forêt touffue et luxuriante. Certaines feuilles m'auront caressée, quelques branches m'auront griffée en me sortant de ma zone de confort. Je ne m'y suis jamais perdue malgré sa densité, la complexité de ses méandres. Certaines clairières auront su apporter des moments de respiration bienvenus car parfois le chemin s'est avéré être long. La panoplie des couleurs rencontrées fut vaste : le timide vert tendre de l'espoir, le kaki foncé du militaire, le vert généreux du message écologique, le brun de la terre convoitée, le rouge flamboyant des soleils couchants, le bleu profond permanent d'un ciel virtuel stratosphérique, le noir mystérieux du ciel la nuit, ouverture sur cet espace si menaçant, le blanc scintillant des étoiles et des vaisseaux…mais aussi le rose pur de l'amour et de la beauté, sans doute la couleur la plus claire du roman par pétales oniriques et idéalistes posés ça et là sur les sentiers. Car oui globalement le roman est plutôt sombre.
8. Dune, tome 1
Frank Herbert
4.33★ (21732)

De cette épopée écologique, politique et religieuse, il me reste mille et une sensations. J'ai du mal à atterrir… J'ai vu les dunes de sable couleur de biscuit, mer de vagues figées sous la lune, plis de sable sur plis de sable se détachant du ciel bleu. Ce paysage de l'infini, comme peut l'être le paysage marin, est propice à la méditation, à la vie intérieure, au cheminement. Les dunes, à la fois toutes semblables et uniques, en constante évolution, sont l'écho de nos pensées, insaisissable et changeantes. Paysage rude qui nous promet en filigrane une quête, comme le fait le vent dans la Horde du Contrevent, j'aime ces mises à l'épreuve proposée par le décor d'une histoire. J'ai vu également les yeux bleus du peuple des sables, complètement bleus, sans le moindre blanc, leur sang étant saturé par le Mélange d'épices. Peau tannée tel un cuir usé, corps déshydratés et yeux bleus, tels furent mes hôtes...
9. La constellation du chien
Peter Heller
4.19★ (1606)

Le génie de Peter Heller ne se situe pas dans le scénario post-apocalyptique somme toute de facture assez classique (une poignée d'être humains ont survécu après une catastrophe), il se niche ailleurs. Dans les interstices. Dans le contenant. Il enrobe cette histoire d'une poésie sublime et colmate les silences de beautés inoubliables. Poésie et beauté. Jusqu'aux larmes. Larmes jaspérienne pour celles et ceux qui ont lu le livre.
10. Sidérations
Richard Powers
4.01★ (3077)

Le terme d'ascenseur, ascenseur vertigineux, me vient à l'esprit car « Sidérations » nous montre que nous sommes tout petits dans cet univers gigantesque, que nous sommes là miraculeusement, et pourtant nous arrivons à la détruire, notre planète. Il montre que l'univers est un être vivant et le cerveau un univers condensé, l'infiniment grand et l'infiniment petit se télescopant et s'entrelaçant dans une danse cosmique pleine de grâce, de simplicité, de complicité entre Théo et Robin, entre ce père astrobiologiste qui a perdu récemment sa femme et son fils de 9 ans, hypersensible. Cette danse, parfois transe, tourne autour de questions existentielles : qu'est-ce qui est plus grand et plus important, l'espace du dedans ou l'espace du dehors ? Autrement dit que ce nous ressentons intimement, notre bien-être ou le devenir de la planète, voire la découverte de vie sur d'autres planètes ? le dehors ne conditionne-t-il pas notre dedans ? Ou devons-nous faire barrière pour ne pas être atteint et se protéger ? Comment ?
11. Le roman de Jeanne
Lidia Yuknavitch
2.93★ (165)

La résistance lorsqu'il n'y a plus d'espoir. Dans le totalitarisme poussé à l‘extrême. Un cri pour garder dignité même dans l'horreur absolue. Quel livre…Je me suis basée uniquement sur une critique, celle de @Kirzy, 5 étoiles et coup de coeur pour elle, avant de me lancer moi aussi dans ce livre avec curiosité. Une plongée dans un roman post-apocalyptique féministe, militant, rebelle, et d'une beauté noire et baroque. Seulement ensuite j'ai vu combien les critiques étaient très partagées, voire franchement négatives. Je fais partie de celles et ceux qui l'ont profondément aimé mais je comprends que la grande singularité de ce récit puisse déplaire. Je ne l'ai pas seulement aimé, je suis bluffée par l'intensité de son message, par la beauté de ses images. L'écriture de Lidia Yuknavitch est étourdissante, c'est une plume sensorielle et sensuelle qui m'a fait vibrer.
12. Nous autres
Evgueni Zamiatine
3.82★ (2529)

Voilà un chef d'oeuvre…un livre magnifiquement écrit, aux images saisissantes, une oeuvre engagée, militante, qui a valu à son auteur exil et censure. de la science-fiction écrite par un russe, Evguéni Zamiatine, en 1920, précurseur et influenceur d'un Orwell et de son 1984. Rien que ça ! Une des premières dystopies jamais écrite ayant pour colonne vertébrale l'amour et pour objet la dénonciation du communisme…Un roman violemment hérétique ! Epoustouflée par son audace et sa plume je suis. Quelle claque ! Ce livre raconte l'histoire d'une tentative, celle de faire exploser un Etat totalitaire.
13. Dans la forêt
Jean Hegland
4.18★ (10571)

Dans la forêt de Jean Hegland vous trouverez, vous lecteurs cueilleurs de belles histoires, une magie sylvestre, qui enveloppe de ses nuances de verts, de la douceur de ses feuilles et du piquant de ses épines, les épreuves de vie de Nell et de sa soeur Eva, ces deux nymphes des bois. Cette forêt qui de repère austère et isolé, va devenir au fil de ce roman initiatique, une nature nourricière et généreuse, un nid sauvage. Pour peu qu'on prenne le temps de connaitre sa logique et de percevoir son mystère. de la respecter. En cela ce livre est avant tout à mes yeux une merveilleuse fable écologique. Dans la forêt, craquent des étincelles de poésie à chaque feuille tournée, à chaque page retournée. Une poésie aromatique. Mélancolique. Bucolique. Magique. Cosmique. Animiste.
14. Cantique pour les étoiles
Simon Jimenez
3.91★ (381)

J'aime de plus en plus voyager dans l'espace. La galaxie est étrange, et ses terreurs variées. Ses paysages aussi. Prenez la planète Umbai-V, son soleil rouge et à sa culture de dheba, sorte de céréale gélatineuse violette. Quels contrastes de couleurs cela offre aux paysages, quelle lumière ainsi diffusée, quelles étranges créatures dignes d'un conte fantastique rencontrées dans ses forêts ! Si le dépaysement d'un pays à l'autre sur Terre ne manque pas de nous émerveiller, imaginez ces dépaysements à l'échelle de la galaxie, d'une planète à une autre. J'ai adoré éprouver cette excitation de la découverte dans cette formidable épopée, excitation qui n'est pas sans me rappeler celle ressentie récemment pour « Apprendre, si par bonheur » de Becky Chambers. Et, j'ai été ravie de découvrir une SF profondément humaine. Un space-opera poétique, original, haletant. Quelle lecture agréable et addictive !
15. Apprendre, si par bonheur...
Becky Chambers
4.14★ (893)

Voilà un petit livre très agréable à lire et qui sort des canons habituels de la SF. On y retrouve les ingrédients classiquement utilisés en SF mais distillés ici à doses homéopathiques : il y a bien des éléments scientifiques mais ils sont avancés simplement et de façon pédagogique, il y a bien un vaisseau mais nous ne sommes pas vraiment dans du space-opera, la présence sur une planète étant centrale par rapport au voyage pour y arriver, les notion d'humains augmentés et de trans-humanisme sont également présentes mais avec subtilité, le côté post-apocalyptique est aussi une préoccupation du récit mais appréhendé avec un certain recul, à des années-lumière de la Terre…ce livre plairait sans aucun doute aux personnes non férues de SF pour un joli voyage sur quelques planètes très différentes les unes des autres. Eric (@casusbelli) grâce à qui j'ai découvert ce livre parle d'une lecture dépaysante, et oui, c'est tout à fait ça. Cette lecture est un voyage d'un exotisme exquis !
16. Des fleurs pour Algernon
Daniel Keyes
4.35★ (18642)

Une image qui résume de manière la plus imagée et poétique ce livre à mon sens, l'histoire d'un ressac fulgurant : « Tout autour de moi est en attente. Je rêve que je suis seul au sommet d'une montagne, que je contemple le panorama – des verts, des jaunes, et le soleil à la verticale, qui réduit mon ombre à une boule resserrée autour de mes pieds. Quand le soleil baisse dans le ciel de l'après-midi, l'ombre se déroule et s'étire vers l'horizon, longue et mince, loin derrière moi… »...
17. L'Alphabet de flammes
Ben Marcus
3.55★ (101)

Les mots, ceux des enfants, comme sources de douleur, voilà donc l'idée de départ. Non seulement sources de douleur mais carrément mortels. Une épidémie dévastatrice qui pousse peu à peu tous les parents à fuir leurs enfants. Seule la fuite est la solution à moins de les tuer, de leur coudre les lèvres ou de mourir en continuant à les écouter…Finalement tous les mots, même ceux des adultes, mêmes ceux écrits, voire mimés par gestes, deviendront mortels de sorte que le monde sera vide de toute parole, de tout écrit, de toute communication, un monde dans lequel les « sans-paroles » fuiront et s'isoleront. Les enfants, seuls à être immunisés, ont été laissés en quarantaine, séquestrés, et encerclés par une barrière de répulsif vocal vomi par des haut-parleurs ceinturant les zones interdites. Impossibles aux éventuels parents nostalgiques de les approcher sans mourir. Une inventivité à la fois réjouissante et étrange colore ce livre au point d'en devenir par moment poétique. J'ai adoré cet aspect-là. Les inventions de Samuel pour fabriquer des médicaments ou trouver un nouvel alphabet sont incroyables.
18. After®
Auriane Velten
3.91★ (656)

Un grand cataclysme a décimé l'humanité qui vit aujourd'hui, à l'écart des terres renoncées, une utopie collective autour d'un baobab, le reste du paysage étant monochrome, terre ocre et végétation racornie. Nous nous situons dans 3000 ans. le millier d'humains restant suit aveuglément le Dogme dont il récite les mantras, ensemble de règles qui les empêchent d'exprimer leurs sentiments, d'être curieux ou créatifs, les humains doivent rester humbles, modestes, impassibles, égaux avec « touts » (humains, nature, animaux) sous peine de de se faire ôter leurs souvenirs. La curiosité, l'impatience, la colère ou la joie sont considérés comme étant hérétiques. Les humains sont ainsi strictement égaux et vivent en harmonie avec la nature jusqu'au jour ou Paule et Cami reçoivent pour mission d'explorer les terres renoncées.
20. La fontaine pétrifiante
Christopher Priest
3.92★ (302)

Proposé par Nicepours. Extrat de sa critique : "L'archipel du rêve, rien que ce choix pour nommer l'ensemble d'îles qui abrite plusieurs de ses textes permet de se faire une idée du point de départ de l'imaginaire de C Priest. La réalité se mélange au rêve, elle se dissout à tel point que le héros et le lecteur ne savent plus si ils vivent/lisent une description de la réalité ou la vision d'un fantasme. Le personnage se persuade de cette réalité et nous avec, c'est tout le talent de l'auteur qu'il porte avec un mélange de poésie et de fantastique. Une expérience qu'il faut vivre/lire absolument".
21. Le monde inverti
Christopher Priest
4.01★ (2070)

Loin d’être insipide, l’incipit de ce livre de science-fiction « Le monde inverti » donne le ton : « J’avais atteint l’âge de mille kilomètres ». Déjà nous devinons qu’il sera question d’une perception du temps modifiée, différente. Une question de perception d’espace-temps. Et, en effet, dans le monde étonnant que nous présente l’anglais Christopher Priest il y a bel et bien deux façons de percevoir le temps qui passe : par rapport au système habituel de rotation de la planète autour du soleil et par rapport à l’avancée d’une cité en direction du Nord. En journée et en distance donc. Sachant qu’il faut une dizaine de jours pour faire avancer la cité de un kilomètre. Une avancée vers un optimum toujours mouvant, inatteignable, car le sol ne cesse de bouger. Or cet optimum garantit à la ville de rester dans des conditions de vie terrestres normales. Un roman singulier qui ouvre plein de questions, d’interrogations. Ce livre captivant est une vraie réussite !
22. Chroniques martiennes
Ray Bradbury
4.02★ (13894)

Proposé par Patlancien Dans les années 1950, Ray Bradbury donnait ses lettres de noblesse à un genre tant décrié par les intellectuels français de l’époque. Avec ses Chroniques martiennes, il ouvrait la science-fiction à l’univers de la poésie fantastique et onirique.
23. La ménagerie de papier
Ken Liu
4.19★ (1179)

Proposé par HundredDreams. Auteur multiprimé, Ken Liu propose dans ce recueil de dix-neuf nouvelles, des atmosphères très différentes, souvent surprenantes, toujours porteuses de réflexions. En seulement quelques pages, il réussit à faire voyager le lecteur dans son monde avec intelligence et émotions. Son écriture, juste, percutante et poétique, montre toute l’étendue de son immense talent en donnant vie à des personnages étoffés et des univers originaux.
25. Solaris
Stanislas Lem
3.86★ (1445)

Proposé par Burn_After_Reading
26. Les Cantos d'Hypérion, tome 1 : Hypérion 1
Dan Simmons
4.24★ (5278)

Proposé par HundredDreams. Récompensé par le prix Hugo en 1990, Les Cantos d’Hypérion composent une œuvre très aboutie de 6 volumes qui mêle frisson, épouvante, mystère, poésie et suspens. Magnifique de justesse et de lyrisme, cette épopée est comme un puzzle dont chaque pièce s’assemble avec la minutie et la précision d’un orfèvre. D’une beauté saisissante, d’une inépuisable imagination, d’une complexité passionnante, cette histoire traverse le temps et l’espace. Un des plus grands space opéra de tous les temps, à lire absolument.
27. Auprès de moi toujours
Kazuo Ishiguro
3.77★ (4207)

Proposé par Sachka
28. La nuit des temps
René Barjavel
4.20★ (49819)

Proposé par Burn_After_Reading
29. Les Furtifs
Alain Damasio
3.90★ (5729)

Proposé par Indimoon
30. Des milliards de tapis de cheveux
Andreas Eschbach
4.17★ (2337)

Proposé par @Indimoon. Ce livre de SF allemande est un véritable chef d’œuvre. Combinant de façon originale science-fiction et obscurantisme médiéval, il touche du doigt l'absurdité des caprices des hommes puissants, leurs conséquences tragiques, la puissance de l'emprise et de l'endoctrinement dont les peuples ont du mal à s'extirper même lorsque le pouvoir despotique n'est plus, tant ce pouvoir laisse une empreinte profonde dans l'âme même de ces peuples serviles.
31. Le papillon des étoiles
Bernard Werber
3.72★ (5870)

Proposé par Sylviedoc Le papillon des étoiles est un vaisseau de 32 km de long propulsé par des voiles solaires qui emmène plus de 140 000 humains à l'aventure pour découvrir une nouvelle planète colonisable, suite à la destruction probable de la Terre par ses propres habitants. On assiste aux prémisses du projet, puis à la vie dans le vaisseau sur plusieurs générations, et enfin à la découverte d'un monde potentiellement habitable. Classique, mais passionnant !
32. L'Avenir
Catherine Leroux
3.57★ (145)

Proposé par MargueriteMartin
34. La Main gauche de la nuit
Ursula K. Le Guin
3.96★ (2565)

Proposé par Pazuzu
35. L'Équateur d'Einstein : Nouvelles complètes 1
Liu Cixin
4.02★ (333)

Proposé par elea2022 Dans ce recueil intégral de nouvelles, Cixin Liu se révèle maîtriser parfaitement l'art du récit bref, et poursuit la réflexion mélancolique sur le sens de la vie et l’avenir de l’humanité qui caractérisent tous ses romans.
36. L'incivilité des fantômes
Rivers Solomon
3.83★ (422)

Proposé par elea2022 premier roman d'une jeune auteure non-binaire, sur le spectre autistique, L'Incivilité des fantômes a été remarqué par la critique. Le roman met en scène dans un monde futuriste une jeune femme noire qui se rebelle contre une nouvelle forme d'esclavage, avec ses différences et un caractère bien trempé. Solomon Rivers nous parle des maux qui hantent l'Amérique, tels des fantômes.
37. Lorsque le dernier arbre
Michael Christie
4.27★ (2541)

Proposé par HundredDreams "Lorsque le dernier arbre" est une surprenante fresque, une dystopie brillante et unique par sa construction autour de la structure de l’arbre, de ses cernes et de ses ramifications. La forêt, omniprésente, apporte une force poétique et une beauté singulière à cette histoire. De sa plume aérienne et imagée, Michael Christie fait naître un monde merveilleux, mais en sursit par la faute des hommes. Chaque cerne a un souffle particulier, un rythme, une écriture qui s’accordent aux variations climatiques et aux évènements stressants subis par les arbres. A découvrir absolument !
38. Le choix
Paul J. McAuley
3.64★ (242)

C'est une lecture à la fois angoissante, nostalgique mais aussi étonnamment poétique qui dégage un charme singulier. L'eau et la brume qui souvent la surplombe du fait des températures élevées, créent une ambiance ouatée et mystérieuse. Emergent de l'eau des clochers d'église, des pylônes, des branches d'arbres noires abimées par des années d'embruns sales et d'infiltration d'eau de mer, entre lesquelles les deux amis se déplacent, se faufilent, étrange ballet caressé par de longues étendues d'herbes aquatiques, spectacle dont on devine les odeurs terreuses, le son des clapotis et des gouttes d'eau étouffé par le brouillard, le faseyement des voiles. Ce qui arrive aux deux adolescents est une histoire marquante touchant à l'intime, elle est narrée avec poésie et mystère.
39. 24 vues du mont Fuji, par Hokusai
Roger Zelazny
3.63★ (290)

Mari se lance dans un voyage solitaire durant lequel elle va tenter de retrouver 24 vues des 46 estampes du mont Fuji peint par Hokusai au 19ème siècle. Un pèlerinage vers des scènes disparues, voyage entre la vie et la mort, d’autant plus que nous la devinons malade, proche de la mort. Et nous savons que son mari Kit est mort…mais qu’il est toujours vivant. « Kit a jeté sa vie et l’a récupéré. J’ai conservé la mienne et je l’ai perdu ». La vie et la mort semblent entrelacées, et les frontières entre les deux sont mouvantes. Une SF surprenante mêlant anticipation et spiritualité avec en ligne de mire les vues magnifiques du mont Fuji !
40. Poumon vert
Ian R. MacLeod
3.32★ (239)

Proposé par @Sachka Coup de coeur pour ce court roman aux allures de fable au-dessus duquel flotte le mystère de la création et du Poumon Vert. Un récit qui vous enveloppe d'une douce caresse et duquel émane une sensation de grande sérénité, rythmé par les saisons et le renouvellement d'une nature si belle et en même temps si fragile avec laquelle les habitants de la planète Habara ont un lien très fort. Ce récit c'est aussi la découverte de l'amour pour la douce Jalila dans un monde où l'homme n'a pas sa place.
41. Noël 2041
Camille Romain-Smith
4.36★ (24)

Proposé par @Eva1955. Belle surprise que cet excellent roman d’anticipation, à la fois dystopique, utopique mais également poétique, grâce la douceur de l’atmosphère de Noël qui est instillée tout au long des chapitres, et la musicalité du texte. Le récit se déroule en 2041, à Londres, qui est maintenant situé dans « le Monde du Sud ». On y suit l'héroïne, Katherine, qui se rend dans son ancienne université ; dans ce lieu, des souvenirs de son passé ressurgissent, donnant quelques indices sur ce qui a pu se passer avant l'avènement du Monde du Sud. S’ensuit une trame brillamment rythmée où s’entrelacent dystopie et utopie, avec des inventions originales et de remarquables réflexions sur le sens de la modernité, de la technologie, de la nature, de la justice, du pardon et de l’amour, et qui s’achève de manière tout à fait surprenante.
42. Frankenstein ou Le Prométhée moderne
Mary Shelley
3.91★ (13820)

Proposé par @Eva1955 Comment présenter un livre dont le titre est entré dans le langage courant depuis plusieurs siècles maintenant ? Peut-être justement, en revenant à l’origine de ce titre bicentenaire, qui correspond au nom des deux héros de cet ouvrage ancêtre de la SF. Frankenstein désigne à la fois le créateur/savant-fou (Victor Frankenstein), et sa créature, dont le corps et la vie, littéralement « fabriqués », relève à la fois de l’exploit et de la folie médicale et physique (au sens de Science Physique). Au travers de pages écrites avec un lyrisme indéniable (ci-dessous quelques courtes citations pour laisser aux lecteurs apprécier eux-mêmes la beauté poétique du texte), on suit le créateur tout au long de sa recherche scientifique dans son atelier sombre à Ingoldstadt, puis lors de la course-poursuite qui s’engage entre lui et sa créature de la Suisse au Pôle Nord. Un livre extraordinaire autant par sa prose que par ses idées modernes et ses réflexions sur l’éthique des « créateurs
43. Etoiles mourantes
Ayerdhal
4.07★ (356)

Proposé par @Jedao.
44. Le Mur invisible
Marlen Haushofer
4.15★ (3589)

Proposé par @Madameduberry Dans ce roman, une femme se retrouve un matin seule au monde, en compagnie de quelques animaux domestiques familiers. Autour d'elle, un mur transparent et infranchissable, et des êtres autrefois vivants, pétrifiée. Seule créature humaine vivante, l'héroïne survit grâce aux besognes quotidiennes auxquelles elle s'astreint, et aux interactions muettes avec les animaux qui dépendent d'elle et dont elle dépend, physiquement et psychiquement. Une méditation poétique, fervente , dur le lien de l'homme à la nature, auquel le langage et la communication donnent tout leurs sens, ce qui explique que l'individu ne se connaît et se reconnaît pleinement qu'à travers la reconnaissance de l'autre. Un chef d’œuvre.
45. Les Jardins statuaires
Jacques Abeille
4.09★ (1149)

Proposé par @Gatsbi Extrait de la critique de @Malaura : « Je vis de grands champs d'hiver couverts d'oiseaux morts. Leurs ailes raidies traçaient à l'infini d'indéchiffrables sillons. Ce fut la nuit. J'étais entré dans la province des jardins statuaires » [...] A la narration minutieuse des principes de vie d'une société, comparable aux écrits d'un Lévi-Strauss, aux explorations d'Utopie d'un Thomas More ou aux pérégrinations d'un Candide, se joignent le surréalisme d'un Buzzati et la poésie extatique des romantiques du XIXème siècle. La langue de Jacques Abeille, à ce point ciselée, sertie de rêves, enchâssée d'émotions, vaste pays lui-même à découvrir, est un bijou précieux que tous les amoureux des mots, les épris de littérature et d'imaginaire se feront une intense joie d'appréhender.
46. Fahrenheit 451
Ray Bradbury
4.05★ (37231)

Proposé par @Lutopie. Dans ce livre, il est question d'autodafé. La plume est lumineuse, d'une manière artificielle car Brad décrit la première technologie qui soit : le feu - mais aussi les nouvelles technologies, les écrans dont il est beaucoup question dans le roman. Il écrit finalement sur la lumière bleue (les flammes bleues d'une combustion parfaite, la lumière bleue des écrans).
47. L'Homme démoli
Alfred Bester
3.66★ (520)

Proposé par @Lutopie. C'est l'un des pionniers du genre, un classique resté dans l'ombre qui mérite d'être redécouvert pour son originalité, car Alfred Bester a su dans l'Homme démoli retranscrire à l'écrit le langage sans mots : la télépathie, c'est un exercice de style remarquable pour qui apprécie l'art du langage et la science-fiction ...
48. La ballade de Lila K
Blandine Le Callet
4.19★ (3192)

Proposé par @AnneAFB
49. Perles
Ta-Wei Chi
4.00★ (48)

Un délice de perles nacrées, exotiques, parfois sombres, souvent étranges, à l'éclat magnétique, à la rondeur sensuelle, voire érotique, à la grosseur reflétant la richesse contenue dans chacune d'elles…Six nouvelles très disparates qui rebondissent avec sensualité, avec grâce, parfois avec folie, toujours avec poésie, dans lesquelles nous retrouvons les thèmes et les obsessions de Ta-Wei Chi entraperçues dans son roman « Membrane ». Il est d'ailleurs intéressant de lire ces deux livres l'un à la suite de l'autre pour plonger totalement dans l'univers de cet auteur taïwanais. On y trouve, au-delà des problématiques liées à l'homosexualité, à l'incomplétude des êtres, à la quête d'identité et de genre, des références culturelles identiques mettant en valeur la constance des thématiques qui peuplent l'imaginaire de l'auteur malgré les années qui séparent parfois ces différentes nouvelles. En effet certaines sont récentes alors que d'autres ont été écrites alors qu'il était étudiant.
50. Kalpa impérial
Angélica Gorodischer
4.26★ (181)

"Kalpa Impérial" est une œuvre singulière, onirique et poétique, le premier livre de FFF argentin que je lis pour ma part, et qui, par le biais du conte, constitue une incroyable allégorie du pouvoir, allégorie d'autant plus troublante lorsque nous savons que ce livre a été écrit au moment même de la chute de la dictature argentine. C'est un livre universel contant l'Histoire de l'humanité depuis la nuit des temps. Un livre qui pourrait être emporté sur une île pour s'abreuver et se bercer de contes sur la société humaine et ne jamais oublier la folie, l'ignominie, l'absurdité et la beauté du monde tout en étant plongé dans une ambiance à la tessiture du rêve…
51. La peau froide
Albert Sànchez Piñol
3.95★ (805)

Lorsque la recherche de la paix du néant et du silence aboutit à un enfer peuplé de monstres… Un livre haletant, mystérieux, oppressant, bien rythmé mais aussi une riche réflexion sur notre rapport à l'autre, servi par une belle écriture, poétique, sensible et élégante. Un livre à découvrir sans hésiter !
52. La Maison des jeux, tome 1 : Le serpent
Claire North
4.04★ (832)

Beau, réjouissant et brillant, ce premier tome de la Maison des jeux m'a totalement charmée et m'a amenée dans la Venise du XVIIème siècle, lagune envoutante avec ses ruelles embrumées au charme suranné, ses effluves de marais et ses canaux, cadre idéal pour se perdre et pour observer, caché derrière un masque à long nez ou des voiles d'argent tressé, un jeu à l'échelle de la ville. Un jeu combinant Échecs et Tarot où les pièces et les atouts sont… humains, vivants, pièces de chair, de sang, et de sentiments, des pièces « d'entrailles et de douleur ». La collection Une heure-Lumière des éditions du Belial' n'en finit pas de me surprendre. Parmi les titres découverts, si je ne les ai pas tous aimés de façon égale, tous ont eu le don de m'étonner…et ce livre-là, décliné en 3 tomes, a sans conteste pour l'instant ma préférence.
53. La Maison des Jeux, tome 2 : Le voleur
Claire North
4.24★ (388)

Prenez garde à ce que vous acceptez lorsque vous êtes totalement ivre… Nous voilà de nouveau debout devant les portes de la Maison des jeux. Pas celle de Venise que nous avions quitté au tome 1, non. La Maison des jeux d’une autre ville, à une autre époque. Pourtant ce sont les mêmes portes d’argent derrière lesquelles, à l’intérieur, les murs, épais, étouffent les bruits extérieurs de la ville et la lumière tamisée éloigne l’idée que nous pouvons nous faire d’un vulgaire tripot. Nous tombons également immédiatement sur les joueurs de la Basse Loge qui se défient pour de l’or, du temps, des faveurs et des secrets. Gare à celles et ceux qui vont trop parier, trop perdre, ils deviendront alors des pièces. Oui, des pièces des différents jeux qui se jouent à la Haute Loge, séparée de la première par une double porte d’argent sur les panneaux desquelles rugissent des lions. Ici se trouvent les vrais joueurs, « hommes et femmes qui savent que le monde est un plateau », de rares élus. Nous allons assister de nouveau à une partie entre deux membres de la Haute Loge où tout peut être misé, vraiment tout… « Enjeux de vie et de sang, de vue et d’âme », l’amour d’une femme, le gout pour les fraises, une maladie, la mémoire… La jeune britannique Claire North a troqué la mystérieuse et brumeuse Venise pour l’exotique et chaude Bangkok, l’année 1610 pour l’année 1938, le jeu d’échec pour une partie de cache-cache. Une simple partie de cache-cache me diriez-vous, beaucoup moins ambitieuse et passionnante que le roi des jeux…pas si simple que ça en réalité, une partie de cache-cache effrénée que Rémy Burke a accepté une nuit, complètement ivre, le défi ayant été lancé par un certain Abhik Lee, joueur réputé et redouté. Le plateau du jeu : la Thaïlande toute entière. Celui qui cherche l’autre le plus longtemps a gagné. Les gains mis en jeu sont énormes : Si Rémy Burke gagne, il gagne 20 ans de vie et si Abhik Lee gagne il vole tous les souvenirs de Rémy qui deviendrait alors totalement amnésique...
54. Abattoir 5
Kurt Vonnegut
3.83★ (1564)

Abattoir 5 est un classique de la littérature de guerre. Certes. Mais c’est avant tout un livre halluciné qui part dans tous les temps et dans tous les lieux, c’est-à-dire à la temporalité éclatée, à la géographie disloquée. Un livre de science-fiction empreint d’humour noir et absurde qui propose un pas de côté étonnamment doux pour relater une sombre rétrospective historique. Un roman délirant et déluré, politiquement incorrect, mélangeant la poésie à l’horreur, l’humour au burlesque. Un livre inclassable devenu un classique. Ainsi vont les choses.
55. R.U.R. : Rossum's Universal Robots
Karel Capek
4.28★ (150)

Proposé à par @Eva1955. Cette pièce de théâtre dystopique est un vrai petit bijou, une perle littéraire qui est malheureusement un peu tombée dans l’oubli de nos jours, à l’instar de « Nous Autres » de Zamiatine. Pourtant, ces deux récits ont ouvert la voie à un nouveau genre … Mais, concentrons-nous sur « R.U.R » puisqu’il s’agit ici de notre propos. C’est de Rossum’s Universal Robots (R.U.R) que nous vient notre mot robot. Le mot « robota » signifie « corvée, travail » en tchèque, et Capek a créé le mot « robot » en enlevant une lettre. Le robot, c’est donc celui qui accomplit les corvées. La pièce est parue dans les années vingt et a connu un succès international extraordinaire (moults traductions, représentations dans les plus grands théâtres), et les lecteurs auxquels ce commentaire donnera envie de découvrir cet ouvrage, comprendront aisément les raisons de l’engouement mondial pour ce livre. Tout d’abord, l’écriture est remarquable : lignes après lignes fleurit une prose délicieuse, souvent poétique, avec des mots, des allitérations, méticuleusement choisis. Ensuite, l’histoire est ponctuée de dialogues drôles que le dramaturge a admirablement construits. Enfin, le sujet, pour tous les amateurs de dystopie est tout simplement fascinant : c’est déjà celui de l’intelligence artificielle sous la forme de créatures quasi humaines. L’histoire se déroule sur une île, au loin, « dans le futur » comme il est indiqué au début de la pièce. C’est là que se trouvent les usines de la société RUR, qui doit son nom aux inventeurs des robots, Rossum Senior et Rossum Junior. Ceux-ci ne sont plus, mais leur invention leur survit, année après année, et est un succès commercial phénoménal. La société est gérée, entre autres par Harry Domin. Un beau jour, une jeune fille idéaliste arrive sur l’île. Je n’en dévoile pas plus pour la trame. Concernant les idées, les questions et les réflexions développées dans la pièce, l’auteur a réussi le tour de force d’en condenser un nombre incroyable en moins de cent pages. Les personnages s’interrogent sur et débattent des notions de travail (travail-plaisir ou travail-corvée), de conscience, de sensibilité, d’humanité, de courage politique ; et même le rôle des dividendes et des actionnaires dans les choix sociétaux sont abordés. En fermant ce livre, on ne peut pas s’empêcher de penser que des années 1920, où paraît « R.U.R », aux années 2020 avec « Noël 2041 », en passant par « Nous Autres », « le Meilleur des Mondes », « Ravage », « 1984 », « Auprès de toi toujours », et d’autres ouvrages encore qui figurent dans cette liste, différents auteurs ont bien décrit les potentiels dangers des excès technologiques et les questions d’éthiques qui y sont liées. En conclusion, R.U.R est un ouvrage qui mérite d’être remis au goût du jour !
56. Céleste, ma planète
Timothée de Fombelle
3.92★ (1202)

Proposé par @Marianamarulanda. Littérature jeunesse. Elle est apparue un matin dans l'ascenseur. On a monté cent quinze étages en silence.Puis elle est entrée dans l'école, comme moi. Pendant la récréation, elle est restée dans la classe. Moi, penché au parapet de la terrasse de verre, je me répétais : "Ne tombe pas, ne tombe pas, ne tombe pas. " J'avais peur de tomber amoureux. A l'heure du déjeuner, elle est partie et n'a jamais remis les pieds au collège. Il fallait que je la retrouve.
57. Le retour de Janvier
Charlotte Dordor
3.94★ (133)

Le style est particulier. Les phrases sont courtes, nerveuses tout en étant poétiques sans fioriture et sans pathos pour autant. Un style direct qui sied bien à ce road movie, ce roman initiatique dans lequel le retour entravé fait irrésistiblement penser à l'Odyssée d'Homère. Ce livre est troublant car son côté dystopique semble si proche, si réel, si peu dystopique précisément. C'est la réalité dans une dizaine d'années, une vingtaine d'années, si le réchauffement climatique continue sur sa lancée. C'est troublant. Très troublant. Pas un livre post-apocalyptique mais bien « un apo »… Un apo où sauver sa peau permet de faire peau neuve…Et en même temps, le livre comporte une réelle beauté venant atténuer son côté effrayant. Une lecture que j'oserais qualifier de nécessaire.
58. La messagère
Thomas Wharton
3.60★ (42)

Un récit d'éco-fiction poétique face à l'extinction de masse des espèces animales et notamment des oiseaux… J'ai particulièrement aimé cette analyse de l'extraction d'une terre rare aux propriétés incontrôlées. Cela me rappelle indéniablement l'essai ô combien instructif lu l'an dernier de Guillaume Pitron « La guerre des métaux rares ». Ce paradoxe, pour ne pas dire cette ironie, d'extraire de façon sauvage et croissante, des métaux rares, voire des terres rares, de façon terriblement énergivore et de façon polluante, sur la base d'énergie carbonée, alors que ces métaux ont pour but d'alimenter notre transition numérique et écologique…ce paradoxe est poussé ici à son paroxysme puisque la terre rare a ici le pouvoir de provoquer des distorsions du temps (je ne sais pas pourquoi me vient à l'esprit la théorie des cordes entraperçue dans certains livres de SF). Mais c'est le même constat qu'aujourd'hui où nous constatons l'étendue des ravages causés à la terre, la combustion de millions d'années pour éclairer nos villes pendant une journée. « La transformation du passé en combustible pour nous propulser à pleins gaz vers l'avenir ». « On coupe la forêt boréale par tranches rectangulaires précises comme des morceaux de carrés aux dattes, on soulève le tapis détrempé des tourbière, on exhume ce qui y était enfoui depuis cent millions d'années, le miel amer et noir du temps ». J'ai été happée par la déambulation dans la zone dévastée, nommé « le Parc », et la façon dont les animaux ont repris voix au chapitre à présent que l'homme n'est plus là. Nous comprenons peu à peu ce qui est advenu de la jeune femme. Très instructifs également sont les chapitres consacrés aux animaux, aux différentes espèces. le dernier chapitre est tout à fait surprenant, il donne la parole aux oiseaux dans un langage poétique en vers, qui donne des clés importantes de compréhension. Les oiseaux inventent un nouveau langage commun, le Chuchotis, c'est très beau et très original. Malgré ces éléments très appréciés, j'ai été mal à l'aise car il y a par ailleurs trop de choses. La religion (l'Église de la conjuration dont les fervents pensent que les anomalies rencontrés sont des signes divins), les nombreux rêves, la technologie consistant à envoyer des nuages pour réparer l'atmosphère déréglée (pirater les nuages), et surtout les « Visiteurs », sorte d'extra-terrestres, par exemple n'apportent pas grand-chose au récit et viennent déstabiliser la lecture car ils sont ingrédients mineurs mais bien présents rendant le récit lourd et parfois pénible. C'est dommage car le message central du livre est de prévenir la disparition des espèces en les écoutant davantage, en tentant de communiquer avec eux, et en inventant une autre façon d'être au monde. C'est dommage car cela alourdit la méditation proposée sur la vie animale et le lien profond, aujourd'hui disparu, qui l'unissait jadis à l'espère humaine. « Lorsqu'une espèce disparait, se taisant pour toujours, cela nous importe peut-être pas, mais en vérité, c'est une partie de nous-mêmes que nous perdons ».
59. Les Maîtres chanteurs
Orson Scott Card
4.21★ (495)

Proposé par @Katicha. «Pendant soixante-dix-neuf ans, Mikal n'eut pas d'Oiseau Chanteur. Durant tout ce temps, il conquit la galaxie et imposa la discipline de Frey à toute l'humanité et fit régner la paix de Mikal, tant et si bien que chaque enfant à naître avait le raisonnable espoir de vivre jusqu'à l'âge adulte, puis il établit les meilleures formes de gouvernement pour chaque planète et chaque district et chaque province et chaque cité. Pourtant, il attendait toujours. Tous les deux ou trois ans, il envoyait un messager vers Tew avec pour le Maître Chanteur cette unique question: "Quand ?" Et la réponse lui revenait, immanquable: "Pas encore." Et Esste se faisait vieille, sous le poids des ans et du travail de toute une vie. Sa quête lui fit bien découvrir plus d'un Oiseau Chanteur mais jamais un qui fût capable de chanter en harmonie avec Mikal. Jusqu'au jour où elle rencontra Ansset. »
60. Étraves
Sylvain Coher
3.21★ (128)

Coup de cœur pour ce récit maritime aux allures de conte servi dans une langue tout à fait étonnante, totalement créative, empruntant à l’argot, aux récits maritimes classiques, à la technique marine, aux expressions que l’auteur tord et déforme à sa guise, aux néologismes surprenants. Cette lecture est une vague rafraichissante et romanesque qui sort des sentiers battus. J’en suis encore sonnée et éblouie, les orbites en cale sèche à les maintenir grande ouvertes tant mon admiration fut immense : comment Sylvain Coher a-t-il pu imaginer et écrire tout un livre de la sorte, avec cette plume si singulière, et faire de son livre une magnifique aventure de littérature ? Chaque phrase, lue à voix haute pour ma part, m’a donné l’impression d’une perle trouvée dans une huitre tant chacune d’elles est taillée au cordeau, irisée, subtile, élégante et imprévue. C’est à la fois drôle et poétique, cru et éclatant, suranné et ultra-moderne… Dans un futur impossible à situer, lointain disons, la mer recouvre désormais toutes les terres depuis l’avènement de « l’Inondoir » durant lequel « toute la flotte contenue dans la terre s’est retrouvée d’un coup sur la terre ». Quelques rares ilots subsistent où vivent les derniers « culs-terreux », des « Pousse-caillloux » désireux de garder jalousement ces derniers arpents de terre, éloignant avec violence toute tentative d’abordage de cette masse grouillante de marins, de claque-dent, de matafs, de Sang-salés, qui survivent comme ils peuvent sur leurs rafiots moisis. Les relations entre Marins, nombreux, et rares Terriens sont très conflictuelles. Précisément tout l’équipage du Ghost a été fait prisonnier par des Terriens et un marin, Blaquet, raconte comment et pourquoi ils sont arrivés ainsi proches des côtes interdites. Soliloque haut en couleur et courageux dans lequel nous suivons l’histoire d’un jeune marin d’une quinzaine d’années, Petit Roux, qui s’oppose au reste de l’équipage. Sa mère, Câline vient de mourir et, comme avec tous les macchabées, l’équipage désire fissa la manger. Petit Roux défend le corps maternel au péril de sa vie, il lui a fait la promesse de trouver un îlot pour pouvoir l’enterrer dignement, promesse véritable prouesse car il faut alors braver les lois et trahir les siens pour s’approcher de ce jardin interdit et fantasmé. Il s’enfuit avec le cadavre, désormais seul sur les eaux tumultueuses. Et c’est son Odyssée qui est racontée, ses différents périples pour trouver des vivres, changer d’embarcation, embaumer le corps le temps de trouver enfin la terre promise, déjouant la foudre des éléments et la fureur des hommes rencontrés sur son chemin. Le Ghost le suivait au loin, voulant punir le fuyard. Ainsi s’est-il retrouvé près des côtes.
61. La Mer de la tranquillité
Emily St. John Mandel
3.87★ (1196)

L'auteure renouvelle donc le thème très classique du voyage dans le temps à sa manière unique, dans une histoire envoûtante qui entremêle époques et personnages, jusqu'au vertige. C'est beau, mélancolique, haletant, c'est une façon vraiment singulière d'approcher ce thème récurrent de la Science-Fiction. Si certaines facilités ont quelque peu, par moment, tempéré mon enthousiasme heureusement il a également bien nourri par le charme réel du livre. Je l'ai lu d'une traite avec grand plaisir et c'est un livre de science-fiction accessible au plus grand nombre qui ne peut laisser indifférent.
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