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Soudain le fascisme
Liste créée par Alzie le 25/10/2022
17 livres. Thèmes et genres : fascisme , italie , politique , histoire , xxème-xxième siècles

L'actualité italienne se télescopant avec le centenaire de la marche sur Rome et de la prise du pouvoir par Mussolini (28 octobre 1922), cette liste resserrée autour de quelques livres fait retour sur l'histoire de la naissance du fascisme en Italie.

Mais qu'est-ce que le fascisme ? Pour y répondre des historiens, diplomates, essayistes, romanciers qui, à côté d'acteurs ou de témoins de l'époque comme Emilio Lussu (son livre épuisé paraîtra en poche en janvier) ou le journaliste Angelo Tasca (souvent réédité) ont raconté la naissance du fascisme, suivis d'autres édités plus récemment ayant aussi le fascisme ou Mussolini pour sujet (Emilio Gentile, la trilogie d'Antonio Scurati, Umberto Eco, Maurizio Serra, Alberto Toscano).



1. Du fascisme
Pascal Ory
3.50★ (8)

Le fascisme a fait couler presque autant d'encre que de sang. Pourtant, il est difficile de trouver un ouvrage à la fois exhaustif et accessible sur le sujet. Conçu comme une série de douze " leçons ", ce livre répond à des questions simples, et donc redoutables, telles que : Qu'est-ce que le fascisme ? D'où vient-il ? Pourquoi a-t-il eu tant de succès ? Est-il bien mort ? Les réponses de l'auteur sont synthétiques, bien que fondées sur l'étude critique d'une abondante bibliographie. Elles sont, surtout, politiquement incorrectes. Bref, elles sont en résonance avec le XXIe siècle. Un livre de référence qui renouvelle l'histoire du fascisme.
2. Qu'est-ce que le fascisme ? : Histoire et interprétation
Emilio Gentile
4.50★ (31)

Mussolini et le parti fasciste conquirent le pouvoir le 28 octobre 1922. Depuis lors, les historiens n'ont cessé de disputer de questions concernant la nature du fascisme et son sens dans l'histoire contemporaine : fut-il un mouvement autonome ou l'instrument d'autres forces ? Eut-il une idéologie et une culture ? Fut-il moderne ou antimodèrne, révolutionnaire ou réactionnaire, autoritaire ou totalitaire ? Fut-il spécifiquement italien ou international ? Faut-il parler de "fascisme", c'est-à-dire d'un phénomène unique avec de nombreuses variantes, telles les branches d'un même arbre, ou au contraire de "fascismes", comme autant d'arbres différents partageant des caractéristiques communes ? A partir d'une réfléxion - articulée notamment autour de l'idéologie, de l'économie, de la culture de l'"homme nouveau", du rôle du parti, de l'Etat et du mythe de Mussolini, ou bien encore de la religion politique -, Emilio Gentile, spécialiste mondialement reconnu du fascisme, cette "voie italienne du totalitarisme", retrace ici les faits et interprétations indissolublement constitutifs d'un phénomène international tel qu'il a été historiquement : politique, moderne, nationaliste, révolutionnaire, totalitaire, raciste et impérialiste, décidé à détruire la civilisation démocratique et libérale et se posant en alternative radicale aux principes de liberté et d'égalité réalisés par la révolution des droits de l'homme et du citoyen.
3. La marche sur Rome et autres lieux
Emilio Lussu
Emilio Lussu (1890-1975) est l’un des grands témoins de la montée du fascisme en Italie. Député de 1921 à 1924, opposant de la première heure à Mussolini, il est déporté à Lipari, l’île prison où la dictature éloignait ses ennemis politiques. Il s’en évade de façon spectaculaire et trouve refuge en France où il publie, en 1933, La Marche sur Rome et autres lieux, un livre militant, destiné aux Français, qui raconte la prise du pouvoir par les fascistes. Cette chronique permet de saisir, avec une étonnante finesse, littéraire et politique, la réalité du fascisme quotidien. Intimidations, violences, manipulations… le fascisme se révèle dans ce livre, par petites touches, tel qu’il fut perçu par les Italiens de l’époque. Un document exceptionnel, devenu un classique de la littérature antifasciste. Témoin privilégié, poursuivant en exil sa lutte contre le pouvoir du Duce, Emilio Lussu est nommé ministre dans le gouvernement issu de la Résistance, puis dans celui dirigé par Alcide De Gasperi. Parmi ses autres ouvrages, Un anno sull’altipiano (Une année sur le haut plateau) a inspiré le scénario du film de Francesco Rosi, Les Hommes contre, une charge impressionnante contre les horreurs de la Première Guerre mondiale. Préface d'Antonio Tabucchi
4. Soudain, le fascisme: La marche sur Rome, l'autre révolution d'Octobre
Emilio Gentile
4.50★ (8)

Il s’était rasé de près, avait dissimulé son crâne chauve sous une perruque, pris un tram et, en cette nuit du 24 au 25 octobre 1917, s’était rendu au Palais d’Hiver pour s’emparer du pouvoir. Lénine avait compris qu’il fallait saisir l’occasion favorable qui ne se représenterait pas. Cinq années plus tard presque jour pour jour, dans la soirée du 29 octobre 1922, Benito Mussolini, chauve et mal rasé, vêtu d’une chemise noire, monta dans un train, acclamé par la foule, pour se rendre à Rome et y prendre le pouvoir. Lui aussi avait pressenti qu’il fallait profiter du moment propice. Au terme d’une insurrection de deux jours qu’il avait lui-même baptisée «marche sur Rome», l’Italie n’eut pas seulement un gouvernement, mais une dictature. Si les historiens conviennent qu’il y eut non une révolution bolchevique, mais un coup d’État, il n’en va pas de même pour la marche sur Rome. Comment se peut-il, pour reprendre des expressions de contemporains de l’événement, qu’«un opéra-bouffe», «une kermesse maladroite», «un rassemblement sans importance d’idiots utiles» ait donné naissance à l’un des régimes les plus tragiquement antidémocratiques et impérialistes du XXe siècle? Prenant pour fil conducteur du récit la confrontation entre l’homme d’action et l’occasion à saisir, c’est-à-dire le moment où la décision humaine intervient sur les circonstances pour fixer la voie à suivre, sans aucune garantie de succès, Emilio Gentile, dans une étude radicalement nouvelle, montre à l’œuvre un parti organisé comme une milice qui conquiert le gouvernement d’une démocratie parlementaire paralysée par ses renoncements. Le but de la conquête est affiché depuis le commencement : détruire l’État libéral et la démocratie, grâce à l’indifférence et à la passivité de la majorité de la population. La dictature fasciste débuta dès la marche sur Rome, puisqu’elle était l’inexorable conséquence de la nature même du parti.
5. La marche sur Rome, entre histoire et mythe
Didier Musiedlak
La marche fut massivement repensée après coup par le régime fasciste italien afin d'asseoir sa légitimité : Didier Musiedlak examine ce qui relève du mythe et de l’histoire. C’est au déroulement de la marche sur Rome, qui permet à Mussolini d’arriver au pouvoir et d’instaurer le fascisme en Italie, que ce livre est dédié. Ayant pris le train le 29 octobre au soir, ovationné par la foule à son départ de Milan, le Duce franchit le Rubicon en wagon-lit. Arrivé à Rome le matin du 30, il revêtit, selon la légende, une nouvelle chemise noire et se serait vêtu ainsi pour se rendre au Quirinal, la résidence du roi Victor Emanuele III. À la lumière d’une documentation essentiellement inédite, Didier Musiedlak, cent ans après, tente de déceler ce qui relevait du mythe dans la structure de l’événement. Interprété par les fascistes comme une révolution, la marche répondit en réalité peu à cette définition. Mussolini ne cessa d’hésiter sur la meilleure tactique à adopter, en demeurant à Milan loin du champ de bataille. Le Duce fut le plus souvent en retrait, attentiste, spectateur plus qu’acteur, sans savoir parfois comment il allait pouvoir se sortir des situations les plus épineuses. L’insurrection fut effectivement une entreprise collective menée par l’état-major du Parti national fasciste dans son ensemble. La première place revient aux chefs squadristes qui se mobilisèrent par eux-mêmes. Mais cet appareil militaire représenté par la Milice était loin d’être opérationnel. Estimés à un peu plus de 19 500 hommes par Italo Balbo, loin des 26 000 hommes souvent avancés, tout laisse à penser que les miliciens fascistes auraient été anéantis par l’armée régulière si un affrontement avec l’armée avait eu lieu. La véritable bataille remportée aux dépens des représentants de l’Italie libérale se joua sur le plan politique. C’est bien à Rome que se solda l’issue de la prise du pouvoir. Aux principaux membres du Parti fut dévolue la mission de négocier une solution constitutionnelle, avec l’assentiment du roi, d’abord en faveur d’Antonio Salandra, l’ancien président du Conseil rallié aux fascistes, puis de Mussolini. Option insurrectionnelle et option politique furent ainsi menées conjointement pour assurer la prise du pouvoir. L’événement fut massivement repensé après coup à partir de la perception des nouveautés engendrées par le fascisme, régime qui se chargea de magnifier la marche pour en faire la source de sa légitimité.
6. Naissance du fascisme : L'Italie de l'armisticeà la marche sur Rome
Angelo Tasca
4.50★ (7)

Publié en 1938 sous le pseudonyme de A. Rossi, et plusieurs fois réédité depuis, Naissance du fascisme analyse, avec une rare lucidité, l'apparition et le développement en Italie du phénomène historique le plus important de la première moitié du siècle. " De l'histoire la plus sûre ", dit Charles-André Julien dans son avant-propos. Par l'ampleur et la sûreté de la documentation. Par cette passion qui anime et ne trahit pas. Par une prodigieuse curiosité des faits relevée d'un sens profond des forces politiques et sociales. Par un don d'écrivain. Mis au pilon pendant la guerre sur l'ordre des Allemands,cet ouvrage, dont la portée dépasse de beaucoup le cadrechronologique et géographique volontairement limité, reste encore, comme le souligne Ignazio Silone dans sa préface, " le meilleur, c'est-à-dire le plus vivant, le plus véridique, le plus instructif de tous ceux qu'on a publiés jusqu'à présent ".
7. M, l'enfant du siècle
Antonio Scurati
4.26★ (309)

"Inutile de le nier, je suis comme les bêtes : je sens l’air du temps." Le 23 mars 1919, le groupuscule Faisceaux de combat est constitué à Milan par Benito Mussolini, un obscur journaliste et activiste. Le 3 janvier 1925, désormais chef du gouvernement italien, le même Mussolini assume ses responsabilités dans l’enlèvement et l’assassinat d’un député qui s’était opposé à lui au Parlement. C’est le début du régime fasciste. Il a fallu seulement six ans à cet agitateur populiste et sans scrupule pour devenir le dictateur charismatique qui fascine tout un peuple. Le romancier italien Antonio Scurati a reconstitué minutieusement les faits et gestes de l’ascension du Duce sous la forme d’une fiction, et l’a confrontée à un choix de documents historiques – correspondances, articles de journaux, extraits de discours, affiches. Ces deux récits alternent en courts chapitres et se répondent de manière vertigineuse. C’est l’Histoire qui s’écrit sous nos yeux, comme si nous en étions les contemporains, et que l’on redécouvre avec curiosité. M, l’enfant du siècle est une tentative passionnante, vivante et neuve, de raconter notre Histoire. Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
8. M, l'homme de la providence
Antonio Scurati
4.66★ (79)

" JE SUIS L'ITALIE, JE SUIS LE FASCISME, JE SUIS LE SENS DE LA BATAILLE, JE SUIS LE DRAME GRANDIOSE DE L'HISTOIRE. "Février 1925. Depuis trois ans, Benito Mussolini a obtenu les pleins pouvoirs. Il règne en maître incontesté sur l'Italie. À la tête du Parti national fasciste, il a évincé ses principaux rivaux. Adoubé par le roi d'Italie et le pape Pie XI – pour qui il est " l'homme de la providence " –, le Duce suscite l'adoration du peuple qui reconnaît en lui une force irrésistible. De 1925 à 1933, ce roman raconte les huit années pendant lesquelles la mécanique implacable du fascisme étouffe les dernierssursauts de la démocratie et propulse l'Italie dans une guerre coloniale violente en Libye.Dans ce deuxième tome, un récit puissant et des archives passionnantes se répondent d'un chapitre à l'autre.Antonio Scurati restitue avec brio l'ascension de Mussolini, cet autocrate féroce, bourreau de travail, qui ne craint pas de forcer le destin en proclamant : " Mon successeur n'est pas encore né.
9. Le mystère Mussolini
Maurizio Serra
4.29★ (59)

"La" biographie de Mussolini. Un événement historique et littéraire. "Ce livre n'est ni une biographie au sens strict de Mussolini ni une histoire du fascisme italien mais la première tentative - et pas seulement en France - d'essayer de dévoiler le "mystère" d'un personnage qui ne ressemble véritablement à aucun des dictateurs, de droite ou de gauche, au XXe siècle mais qui, d'une certaine mesure, les résume tous, de Lénine à Castro." (M. Serra) Homme et leader politique extrêmement complexe, pétri de contradictions, puisant ses modèles chez Napoléon puis César avant d'être fasciné par Hitler, le Duce peut donner l'image d'un comédien tragique au sens nietzschéen du terme, et d'un révolutionnaire manqué. Il a pourtant modernisé son pays et fasciné l'Europe avant de sombrer dans la déchéance et les haines d'une guerre civile prenant la relève de la guerre mondiale. Maurizio Serra raconte ce destin sinueux et passionnant sur la base d'une documentation impeccable, dans un style fluide qui s'inscrit dans la filiation d'Italo Svevo et a fait la réputation de ses magistrales biographies de Malaparte ou d'Annunzio. Un très grand livre appelé à faire date.
10. Mussolini, "Un homme à nous": La France et la marche sur Rome
Alberto Toscano
Le 28 octobre 2022 correspond au centenaire de la "Marcia su Roma", la Marche sur Rome, qui a installé Mussolini au pouvoir. Quelle a été l'attitude de la France par rapport à cette prise de pouvoir? Manifestement, elle n'a pas vu le danger que pouvait représenter le fascisme instauré par le Duce. Ce sont des Français qui ont forgé la pensée politique de Benito Mussolini, entre la gauche syndicale (représentée par Jules Guesde qui a introduit le marxisme en France et qui est l'auteur de la citation du sous-titre, "Un homme à nous") et la droite nationaliste. Georges Sorel notamment, bien que mort deux mois avant la Marche noire mais aussi Gustave Le Bon (l'auteur de Psychologie des foules, livre qui a aussi inspiré Hitler) ont joué à leur insu un rôle important vis-à-vis du Duce (il considérait Sorel comme son maître à penser). A l'heure où de nombreux migrants italiens (de l'ordre de 800 000) ont gardé la nationalité italienne, la répercussion fascisme-anti-fascisme a été très importante en France. Cet ouvrage retrace l'histoire de cette Marche sur Rome à travers des épisodes mettant en scène des personnages, connus ou moins connus. Le point de vue singulier de l'auteur fait ressortir le rôle plus ou moins ambigu de la France par rapport à l'instauration du régime fasciste italien.
11. Reconnaître le fascisme
Umberto Eco
3.98★ (234)

« Je crois possible d’établir une liste de caractéristiques typiques de ce que j’appelle l’Ur-fascisme c’est-à-dire le fascisme primitif et éternel. L’Ur-fascisme est toujours autour de nous, parfois en civil. Ce serait tellement plus confortable si quelqu’un s’avançait sur la scène du monde pour dire “Je veux rouvrir Auschwitz…” Hélas, la vie n’est pas aussi simple. L’Ur-fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes. Notre devoir est de le démasquer, de montrer du doigt chacune de ses nouvelles formes – chaque jour, dans chaque partie du monde. » Umberto Eco L’auteur mêle ici souvenirs personnels de sa jeunesse sous le fascisme et analyse structurelle des 14 archétypes du fascisme primitif et éternel.
12. Totalitarisme fasciste
Marie-Anne Matard-Bonucci
"Avec l’essor des nationalismes et des populismes en Europe, la notion de fascisme revient en force dans le débat politique, qu’il s’agisse, pour les uns, de dénoncer un hypothétique retour des années trente ou pour les autres, de stigmatiser l’« islamo-fascisme ». Au moment où les démocraties européennes montrent des signes de fatigue, il est impératif de revisiter le sens de ce mot en mobilisant une approche historique et en replaçant ce phénomène politique dans le pays qui l’a vu naître : l’Italie. Marie-Anne Matard-Bonucci rappelle ainsi le rôle et la place inédite de la violence dans l’idéologie fasciste et dans ses pratiques. Une violence non seulement utilisée pour anéantir les adversaires politiques mais aussi mise en œuvre sur un mode génocidaire dans les colonies italiennes. En étudiant certains domaines peu abordés par les historiens, elle décrypte l’impact du projet fasciste sur le quotidien des Italiens, le projet de construction d’un « homme nouveau » conduisant le régime à vouloir contrôler les comportements, changer les caractères jusque dans la sphère de l’intime : des usages linguistiques au rire, des loisirs aux affects. Elle souligne aussi la plasticité de l’idéologie fasciste, l’exaltation de l’action et du pragmatisme permettant métamorphoses et reniements. À rebours des idées reçues, Marie-Anne Matard-Bonucci insiste enfin sur la nature raciste et antisémite du régime mussolinien : l’Italie fasciste fut le seul État à avoir expérimenté en même temps une politique raciste coloniale et un antisémitisme d’État."
13. Les mouvements fascistes. L'Europe de 1919 à 1945
Ernst Nolte
2.50★ (8)

Grand classique de l'histoire contemporaine, l'ouvrage d'Ernst Nolte dresse le portrait des nombreux mouvements fascistes européens de 1919 à 1945. Comment le fascisme s'est-il développé ? Par quelles figures a-t-il été porté au pouvoir ?Tout en cherchant à définir les traits essentiels de l'idéologie fasciste, Ernst Nolte examine les singularités de chacun des mouvements qui s'en revendiquent, livrant une analyse comparative de la montée du fascisme en Europe. Salazarisme portugais, métaxisme grec, oustachis croates, Croix fléchées hongroises : tous sont ici présentés et étudiés à l'aune d'un contexte historique européen aux enjeux complexes.
14. Rome en noir
Philippe Videlier
3.46★ (24)

« C'est toi le boxeur ? » avait demandé l'individu au boxeur avant de lui mettre son poing dans la figure et de lui coller trois balles dans le buffet. Ce jour là, un dimanche, Benito Mussolini était en deuil. Il venait de perdre son professeur de violon. Le meurtre du boxeur eut lieu dans un bal à Villeurbanne, banlieue ouvrière, mais la victime était originaire de Roccasecca, un village pelé du sud de Rome. Pour la police française, c'était une affaire d'immigrés sans grande importance. Mais pour les Chemises noires, la vengeance est un plat qui se mange froid. Philippe Videlier déroule l'aventure mussolinienne depuis les années trente jusqu'à la mort du Duce, en organisant son récit autour d'un fil rouge : l'assassinat en 1932 du boxeur Pietrantonio Di Mauro, athlète moyen mais fasciste d'élite. La reconstitution minutieuse de l'enquête sur ce meurtre, devenu un enjeu politico-médiatique, accompagne la fresque historique de l'épopée fasciste. Les suspects, anarchistes ou communistes, seront tour à tour emprisonnés, innocentés, de nouveau traqués par les services secrets tout-puissants de Mussolini, la redoutable OVRA, jusqu'à la déclaration de guerre. Mussolini a beau plastronner, ses troupes subissent revers sur revers. Le récit s'achève avec l'écroulement du fascisme : Mussolini est destitué, emprisonné, libéré à la faveur d'une opération spectaculaire ordonnée par Hitler. Les nazis lui concèdent la présidence d'une république fantoche, à Salò, avant la déroute finale. En fuite, Mussolini est reconnu, arrêté et tué. Son corps et celui de sa maîtresse sont exposés à Milan, pendus par les pieds. On retrouve ici la méthode et le style tout à fait singuliers de Philippe Videlier. La folle aventure fasciste arbore les couleurs d'une farce grinçante. Le récit, d'une implacable précision documentaire, est ponctué par les apparitions bouffonnes d'un super-héros jailli d'une bande dessinée à la gloire du régime. Le personnage de Mussolini triomphant, délirant de narcissisme, se piquant d'art, adulé par les foules en Italie et en Amérique, mais aussi, on a tendance à l'oublier, en France et en Europe, domine le livre de sa stature à la fois effrayante et grotesque. Philippe Videlier offre ici une fascinante restitution de la tragédie fasciste.
15. Salò, l'agonie du fascisme
Pierre Vallaud
3.79★ (16)

Le 25 juillet 1943, alors que l’Italie ne parvient pas à résister aux assauts des Alliés, le Grand Conseil fasciste désavoue Mussolini. Le Duce est limogé et arrêté. Le 8 septembre, l’Italie tire les conséquences de sa situation militaire et politique, et signe un armistice. L’Allemagne hitlérienne ne l’entend pas de cette oreille qui envoie de nouvelles troupes et libère Mussolini pour le remettre en selle sous son contrôle. Le 1er décembre naît la République sociale italienne, dont les principes ne s’embarrassent plus de « compromis » avec la monarchie ou l’Église. Si la Seconde Guerre mondiale semble se jouer ailleurs, sur le front de l’Est, c’est en Italie que l’Allemagne nazie est confrontée à l’ouverture du second front et qu’elle perd de facto son allié principal. C’est aussi durant ces quelques mois que se construit l’Italie d’après-guerre, celle de la conciliation entre communistes et chrétiens démocrates. Dans ce livre captivant, Mathilde Aycard et Pierre Vallaud retracent les 600 jours de la République de Salò, véritable tragédie antique, avec ses traîtres, ses figures tutélaires, ses enjeux politiques et humains, ses intrigues amoureuses.
16. Canal Mussolini
Antonio Pennacchi
3.60★ (193)

Les Peruzzi: dix-sept frères et soeurs, une tribu. Des paysans sans terre, tendance marxiste, à la tête dure et au sang chaud. Parce qu’un certain Benito Mussolini est un ami de la famille, ils abandonnent le rouge pour le noir. En 1932, avec trente mille autres affamés, ils émigrent dans les marais Pontins, au sud de Rome, où démarre le chantier le plus spectaculaire de la dictature. Huit ans sont nécessaires pour creuser un gigantesque canal, assécher sept cents kilomètres carrés de bourbiers infestés de moustiques et bâtir des villes nouvelles. Enfin, les Peruzzi deviennent propriétaires de leurs domaines. Mais tandis que l’histoire emporte les aînés dans le tourbillon des conquêtes coloniales et de la Seconde Guerre mondiale, au Canal, les abeilles d’Armida, l’ensorcelante femme de Pericle, prédisent un sombre avenir. Entre chronique et farce, Pennacchi signe un roman époustouflant où la saga d’une famille sur trois générations croise un demi-siècle de l’histoire italienne.
17. Les hommes de Mussolini
Frédéric Le Moal
4.50★ (6)

Les hommes du Duce, ou l'histoire collective d'une fidélité trahie. Auteur d'une très remarquée Histoire du fascisme, Frédéric Le Moal poursuit son travail d'analyse et de compréhension du fascisme italien avec cette série de portraits des principaux compagnons de Mussolini. Peu connus du grand public, ces hommes entourèrent et servirent le Duce avec une ferveur quasi religieuse, tels des disciples vénérant le fondateur de l'Italie nouvelle. Ils furent les protagonistes en chemises noires des violences de l'après-guerre, les acteurs de la Marche sur Rome, les architectes de la dictature, les penseurs de l'idéologie fasciste, les maîtres d'oeuvre d'une diplomatie originale. Beaucoup venaient des rangs du socialisme italien, d'autres du nationalisme. Tous communièrent dans le culte du dictateur, qui exerçait sur eux une sorte de sortilège et ne cessait de les dresser les uns contre les autres dans une sanglante émulation. Pourtant, une majorité d'entre eux se retourna contre lui quand les désastres de la Seconde Guerre mondiale précipitèrent l'Italie dans l'abîme. Les hommes de Mussolini le trahirent, y compris son propre gendre, avec un courage que n'eurent ni les séides de Hitler ni ceux de Staline. C'est cette histoire d'une fidélité rompue que raconte ce livre à travers la vie de quinze personnages au destin particulier. Soit Dino Grandi, Roberto Farinacci, Italo Balbo, Giuseppe Bottai, Emilio De Bono, Cesare Maria De Vecchi, Michele Bianchi, Costanzo Ciano, Galeazzo Ciano, Augusto Turati, Achille Staraci, Giovanni Gentile, Luigi Federzoni, Pietro Badoglio et Alessandro Pavolini.
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