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ISBN : 2070381080
Éditeur : Gallimard (02/02/1989)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 45 notes)
Résumé :
Un amour conjugal exceptionnel, assumé mentalement, intellectuellement, sensuellement dans les bonheurs et les difficultés, telle fut la raison de vivre de l'auteur. S'il s'adresse ici à sa femme disparue, c'est que la mort est impuissante à troubler la véritable mystique de l'alliance que le couple a su créer au jour le jour pendant quarante ans de vie commune.

Dans cette lettre bouleversante de simplicité, Bourbon Busset parle intimement à Laurence... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
mosaique92
  10 août 2016
Jacques de Bourbon-Busset, diplomate et membre De l'Académie Française, adresse dans une langue magnifique une lettre à sa femme décédée trois ans auparavant. Ne pouvant rivaliser avec la beauté de cette écriture, j'appuierai chacun de mes arguments sur des citations du livre.

En 110 pages, l'auteur parle d'un ‘'amour fou'' qui a duré plus de quarante ans et qui continue après la mort («L'aventure d'un amour fou durable et l'alliance du vertige et de la durée. (…) Tu étais pour moi ce qu'il y avait de plus réel dans le réel. (…) L'amour change la couleur du temps. Des points lumineux s'allument, s'éteignent, se rallument après des années. Les mois, les semaines, les jours sont multicolores. Il en est de noirs, de bleus, de rouges, d'écarlates. le temps n'est plus un long chemin qui s'étire tristement, c'est un feu d'artifice où les fusées de la joie s'efforcent d'éclairer la nuit obscure. (…) Ma vraie vie s'est terminée le jour de ta mort. (…) Désormais, nous sommes tout le temps ensemble. C'était ton rêve. Il est accompli. Il m'a fallu du temps et du courage pour le comprendre. Maintenant encore, par moments, je lâche pied. Tu es là et tu m'aides. Je ne veux pas te décevoir.»).
Il s'interroge sur les raisons qui ont poussé Laurence, enthousiaste et éprise d'absolu, à jeter son dévolu sur lui, le dilettante. (« Pourquoi me faisais-tu confiance d'une manière aussi inconditionnelle? Cet acte de foi me paraissait en contradiction avec ta lucidité et ton sens du réel. Il y avait là quelque chose d'inexplicable et qui, pour moi, reste inexpliqué. C'est ta confiance aveugle qui, en fait, a façonné notre destin. (…) Il y avait une inexplicable disproportion entre tes sentiments et l'homme que je suis. (…) Je désirais rester libre, mais, devant toi, je prenais conscience de la stérilité, de la mesquinerie de ce désir. (…) J'ai senti fortement à quel point l'être aimé pouvait être un obstacle, obstacle à la débauche bien sûr, obstacle à l'arrivisme, obstacle à la camaraderie facile, obstacle surtout à la vie sans histoires, prise comme elle vient. (…) J'ai entendu battre dans ton âme la passion de l'absolu et j'ai compris que jamais je n'écouterais aucune musique plus intense que celle-là. (…) C'est ton amour violent et généreux qui m'a fait passer sur l'autre rive, qui, en m'expulsant de moi, m'a fait devenir moi. (…) La joie d'exister, c'est toi qui me l'as apprise. Avant de te connaître, j'étais un de ces vivants qui ont l'air de s'excuser de vivre. »).
Cet amour est ancré dans le réel (« Une vie n'est pas faite que de temps forts. (…) Rien n'est jamais acquis, tout peut être remis en cause à chaque instant. ( …) Aimer, ce n'est pas rêver qu'on aime, c'est agir comme si l'on aimait. (…)Il a fallu désarmer de nos amours-propres. Ce fut long et difficile. Nous étions aidés dans cette conviction que rien ne tue plus sûrement l'amour que l'amour propre. (…) Nous n'avions pas déclamé des serments romantiques mais nous savions qu'aucune circonstance ne pourrait jamais nous séparer. Bien des fois, nous avons été mis à l'épreuve. Nous en avions longuement parlé et avions réduit l'obstacle à un incident de parcours.»)
Cet amour est basé sur le respect de l'autre, ‘'la nécessité d'une distance à conserver'' («Ce qui est le plus intime doit être protégé. Ce n'est pas un trésor, c'est beaucoup plus, c'est le ressort intérieur et il importe de le ménager chez l'autre comme chez soi. Aussi convient-il, entre amants, d'user de discrétion, de savoir renoncer à certaines questions et de respecter certains silences.»).
Cet amour est aussi basé sur une grande complicité (« Cette étrange complicité qui faisait de nous les coauteurs d'un roman où se mêlaient les lianes vertes du sentiment, les étincelles des idées, les nénuphars du souvenir, les tentacules de l'angoisse. (…) J'ai appris la valeur incomparable des vraies conversations à coeur ouvert. Sont-elles possibles s'il n'y a pas union des corps ? Sans doute, mais je crois qu'il faut avoir abandonné toutes ses défenses, s'être livré physiquement tel quel pour s'exposer entièrement au jugement de l'autre.»)

Une lettre à des années-lumière des SMS et autres MMS ; elle aurait pu avoir pour sous-titre la première phrase du livre ‘'J'ai connu la grâce de vivre un grand amour partagé'' et se termine ainsi : ‘'Je te remercie d'être, plus que jamais, la chance de ma vie, toi, ma raison ardente''.


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AmandineMM
  03 octobre 2012
Je te regarde et je comprends, une fois de plus, que j'écris pour qu'on t'aime. Mon journal n'a été publié que pour cette raison et, si je m'obstine à écrire, c'est pour augmenter les chances de te faire aimer.
J'écrivais pour toi. Je continue. Je te lisais la page. Maintenant, je m'adresse à toi. Je cherche à me prouver ainsi que mes mots sont capables de t'atteindre, même s'ils restent sans écho. [pp. 89-90]
Tel est le but avoué de Jacques de Bourbon Busset dans cette longue lettre à Laurence, sa femme défunte. Il a eu la chance de vivre avec elle un amour absolu et « cette étrange complicité qui faisait de nous les coauteurs d'un roman où se mêlaient les lianes vertes du sentiment, les étincelles des idées, les nénuphars du souvenir, les tentacules de l'angoisse. » [p.53] Cet attachement qui les liait et continue à les lier par-delà la mort est perceptible à chaque page à travers les mots de l'auteur. On sent toute sa pensée tournée vers son aimée lorsqu'il reconstruit leur histoire, lui rend hommage et reconnaît tout ce qu'il lui doit. Contrairement à André Gorz, il en a toujours été conscient et a toujours écrit pour évoquer sa femme. Il le fait à nouveau, non pour réparer un quelconque tort, mais la garder auprès de lui et la faire connaître au monde. le ton m'a semblé plus lyrique que dans la Lettre à D. et tout aussi touchant. L'auteur développe toute une conception de l'amour, celle qu'il a partagée pendant plusieurs années. Un seul aspect de cette « philosophie » de vie m'a dérangée, car je ne m'y retrouvais pas tout à fait : Jacques de Bourbon Busset et Laurence étaient très croyants, et cela se ressent fortement à la fin de cette lettre.
Une très belle lettre d'amour, très émouvante.
Lien : http://minoualu.blogspot.be/..
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lecassin
  26 décembre 2011
Veuf, Jacques de Bourbon Busset nous livre ses pensées, mélancoliques, nostalgiques... et quelles pensées ! Un hymne à l'amour, à l'aimée...
On atteint des sommets.
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pagani-lara
  13 septembre 2014
Je pense que ce petite livre c'est la chose la meilleure que j'ai lu dépuis des années.
Très emouvant, jamais banal, bref, très beau.
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Yuko
  10 novembre 2017
Avec tendresse, respect et admiration, Jacques de Bourbon Busset nous parle de sa femme, cet autre qui l'habite et ne le quitte pas même par-delà la mort. Celle qui, à travers son regard confiant et sa calme assurance aura su rassurer son coeur épris de liberté et gagner sa confiance timorée. Une connivence intellectuelle assumée, une alliance naturelle du couple sans sacrifier l'individualité, une délicate intimité, qu'évoque l'auteur avec beaucoup de mesure et d'intensité.
A travers une écriture plutôt recherchée, cette Lettre à Laurence n'est jamais aussi belle que quand elle évoque son sujet, son charme, ses failles, sa tendresse incarnée, son âme intrépide. Malgré quelques passages plus centrés sur l'auteur moins intéressants, la figure de la femme aimée reprend vite corps et irrigue avec force ce récit de la perte et de l'absence. Un hymne à la vie et à l'amour, parfois très intellectualisé mais où transparait une sincérité touchante.
Lien : https://leblogdeyuko.wordpre..
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
delitterysdelitterys   10 février 2011
« J’ai connu la grâce de vivre un grand amour partagé. C’est à toi qu’en revient le mérite. Du premier au dernier jour, tu m’as devancé. Je n’ai fait que te suivre. Les dernières années, pourtant, j’ai comblé mon retard et cela a été, pour nous deux, la source d’une joie extrême.

Il fallait ta mort pour que certaines choses pussent être écrites. Souvent, tu me l’avais dit. J’avais protesté, tout en te donnant secrètement raison.

Désormais, nous sommes tout le temps ensemble. C’était ton rêve. Il est accompli. Il m’a fallu du temps et du courage pour le comprendre. Maintenant encore, par moments, je lâche pied. Tu es là et tu m’aides. Je ne veux pas te décevoir. J’essaie de me montrer digne de ton âme intrépide.

A toi seule je pouvais dire certaines choses. Je te le disais mieux qu’à moi-même. J’ai besoin de penser que tu lis par dessus mon épaule pendant que j’écris. »
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PiatkaPiatka   06 novembre 2014
Proust dit que l'amour est " le temps rendu sensible au cœur ". Sans un amour profond le temps est, en effet, bête comme une voie de chemin de fer. On y va de gare en gare. L'amour change la couleur du temps. Des points lumineux s'allument, s'éteignent, se rallument après des années.
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FirentsueFirentsue   20 janvier 2013
C'est ton âme qui m'a vaincu. Certes, j'admirais ton intelligence, ta sensibilité, ton énergie, mais que m'auraient importé ces qualités si elles n'avaient été rassemblées, unifiées par une force plus forte qu'elle toutes, par une exigence inconditionnelle? J'ai entendu battre dans ton âme la passion de l'absolu et j'ai compris que jamais je n'écouterais aucune musique plus intense que celle-là.
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mosaique92mosaique92   10 août 2017
Il a fallu désarmer de nos amours-propres. Ce fut long et difficile. Nous étions aidés dans cette conviction que rien ne tue plus sûrement l’amour que l’amour propre.

Nous n’avions pas déclamé des serments romantiques mais nous savions qu’aucune circonstance ne pourrait jamais nous séparer. Bien des fois, nous avons été mis à l’épreuve. Nous en avions longuement parlé et avions réduit l’obstacle à un incident de parcours.

Ce qui est le plus intime doit être protégé. Ce n’est pas un trésor, c’est beaucoup plus, c’est le ressort intérieur et il importe de le ménager chez l’autre comme chez soi. Aussi convient-il, entre amants, d’user de discrétion, de savoir renoncer à certaines questions et de respecter certains silences.
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PiatkaPiatka   31 octobre 2014
Ce qui est essentiel, c'est d'avoir, face à soi, une résistance, une résistance complice, telle que seul l'être aimé peut en offrir. Alors on a une chance de se rapprocher du secret qui fait tenir ensemble ce chaos d'impressions, de calculs, de fantasmes qu'on appelle une personne. Le secret, c'est que l'unité tant recherchée existe à cause du regard de l'autre. Ton regard a créé mon unité. [..] On devient soi par l'autre.
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Video de Jacques de Bourbon Busset (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques de Bourbon Busset
"Jacques de Bourbon-Busset, Entre Chêne et Lion" Film documentaire sur Jacques de Bourbon-Busset, écrivain, diplomate, Académicien, maire de Ballancourt , auteur d'une oeuvre qui a placé l'amour pour sa femme, Laurence, au coeur de sa poétique. Ce film a été réalisé à l'occasion de l'inauguration de la Médiathèque Jacques de Bourbon-Busset à Ballancourt.
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