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EAN : 9782266128834
158 pages
Éditeur : Pocket (19/05/2004)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 119 notes)
Résumé :
Ce récit se présente sous la forme d'un journal, celui d'Angélika, l'amie et belle-sœur de Klara qui revient d'Auschwitz à Paris après une déambulation à travers l'Europe en août 1945. Le journal s'organise autour de la parole de Klara qui, jour après jour, pendant un mois, dévoile ce qu'elle a vécu. Pas de lamentations, mais elle dit froidement, avec force et violence, sa stupeur et sa colère permanente, son incapacité à accepter les codes de la vie redevenue norma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  13 juillet 2017
Ce récit est écrit sous la forme d'un journal, celui d'Angélika, l'amie et la belle-soeur de Klara qui revient d'Auschwitz à ,Paris après une déambulation à travers l'Europe en août 1945. le journal s'organise autour de la parole de Klara qui jour après jour se dévoile.
Superbe texte, fort en émotion et d'intelligence.
Un très beau livre qui permet de mieux comprendre ce qu'a pu engendrer le retour des déportés notamment sur le plan psychologique.
Commenter  J’apprécie          290
horline
  04 décembre 2010
Traditionnellement je suis assez réticente au genre journal intime, aussi bien en raison de la forme (une écriture spontanée, hétérogène) que sur le fond ((c'est l'écriture de l'épanchement des sentiments, du repli de l'intériorité souvent excessif face aux évènements).
Pourtant, Soazig Aaron m'a réconciliée avec ce style dans cette oeuvre avec le journal intime d'une femme (Lika) confrontée au retout d'Auschwitz de sa meilleure amie et belle-soeur, Klara.
Il s'agit bel et bien d'une confrontation puisque Klara n'est plus la Klara d'avant-guerre : on découvre une femme réduite par les nazis à un état sauvage, dominée par ses instincts primitifs, jamais apaisée et dont la parole est souvent âpre, brutale, détachée. Quoi de mieux que l'écriture intime pour exprime le désarroi, l'impuissance et l'incompréhension de Lika face à cette Klara usée par la haine et balayée même jusqu'à l'identité.
D'autant plus que Soazig Aaron maîtrise parfaitement l'écriture intime à mon goût : pas d'effusion excessive des sentiments, le ton est sobre et pudique ; le texte n'est pas noyé dans les émotions.
Ce qui est agréable également c'est que l'auteur détourne les codes du journal intime : ce qui est retranscrit ce sont avant tout les émotions et pensées de Klara exprimées lors de ses monologues. Lika apparait alors comme le témoin, et ce journal intime comme un témoignage de ce qu'on ne pouvait imaginer.
Et ce témoignage est réellement poignant...déroutant aussi.
Très vite on comprend que derrière la morgue affichée et infligée à Lika, Klara n'est plus que refus et indifférence à la vie, elle se considère comme morte. La seule façon alors d'exister est de dire NON. Non à un retour de semblant de vie normale, à la maternité, à l'amitié. C'est également un refus de sa langue maternelle (l'allemand) et même de son identité.
Dans cette Europe dévastée, Klara ne peut se reconstruire sur des ruines. Elle fait alors un choix radical.
Assurément un récit à recommander ne serait-ce que pour l'intensité émotionnelle distillée finement tout au long des pages. J'ai réussi à faire abstraction de cette prose (on reste tout de même dans le domaine de la parole de l'intimité, des émotions et donc de l'écriture de l'immédiat) ; tout du moins le récit est si captivant qu'on oublie le style littéraire.
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CSBlitaussi
  01 août 2018
La narratrice, Angélika, est l'amie et la belle-soeur de Klara. Cette dernière est une survivante du camp de concentration d'Auschwitz. Après avoir déambulé un peu partout en Europe, elle retourne enfin dans sa famille. Angélika confie à son journal intime les révélations de Klara, qui jour après jour raconte ce qu'elle a vécu dans le camp de concentration. Klara ne se plaint pas, et raconte avec une certaine violence et froideur ce qu'elle a vécu. Elle se dit qu'elle n'est plus la personne qu'elle était avant et qu'elle ne sera plus la même personne. Elle se dit qu'elle n'est pas capable de retourner à sa vie d'avant ou de s'occuper de sa fille. Finalement elle part en Amérique.
Bien que "Le non de Klara" soit une fiction, je trouve qu'à travers les mots de Klara, que cette histoire permet de se faire une idée sur cette période confuse dont on ne connaît pas grande chose : l'après-guerre et le retour des déportés, la réadaptation difficile à la vie "normale", mais aussi le désespoir des familles n'arrivant pas à "aider" ou comprendre ces survivants.
Ce petit livre d'un peu plus de 150 pages et écrit sous forme d'un journal intime est un concentré d'émotions. Un très beau style, qui m'a tenu en haleine du début jusqu'à la fin.
Challenge ABC
Challenge Plumes féminines
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nena
  29 août 2014
Ce récit est écrit sous la forme d'un journal, celui d'Angélika, l'amie et la belle-soeur de Klara qui revient d'Auschwitz à ,Paris après une déambulation à travers l'Europe en août 1945. le journal s'organise autour de la parole de Klara qui jour après jour se dévoile. Pas de lamentations, mais elle dit froidement avec force et violence, sa stupeur et sa colère permanente, son incapacité à accepter les codes de la vie redevenue normale. Une réadaptation difficile... EXTRAIT: "-Mais dans ce monde d'où tu reviens, il y a bien eu un peu de pitié tout de même?... -Oui sans doute. Mais ceux-là qui en ont eu ne seront pas là pour te le dire. Ils sont morts. Ceux-là qui ont eu pitié des autres sont morts. Ceux qui ont eu pitié d'eux même sont morts. Et nous sommes tous morts. Morts pour rien. Nous avons soufferts pour rien, absolument rien. Tout est gratuit. Rien, rien qui puisse servir...Je suis partie avec un corps acceptable, un visage également, des cheveux blonds et des yeux gris. Je reviens avec un visage ravagé, des cheveux gris, un corps qui n'est plus regardable. Tout cela pour rien, rien, rien...oui, il y aura encore des gens savants, mais notre savoir extrême, notre savoir des extrêmes ne sera d'aucun secours, c'est un savoir sans continuité parce qu'il est en bascule, un savoir intransmissible, et qu'est-ce qu'un savoir qu'on ne peut pas transmettre...c'est rien. Là non plus, ce savoir n'a pas de nom..." Silence et respect Nena
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Cricri08
  01 novembre 2020
Un roman très dur : juillet 1945, les derniers rescapés des camps de concentration regagnent Paris et c'est au Lutétia qu'Angélika se rend fréquemment, en perdant petit petit l'espoir de retrouver son amie et belle-soeur Klara.
Jusqu'à ce jour de juillet où elle voit ce garçon blond aux cheveux très courts, aux joues creuses et ses grands yeux qui la regardent. C'est bien Klara.
D'apparence en tout cas. Elle commence à raconter, par bribes, de manière saccadée et partielle, sa vie depuis 1942. A Auschwitz tout d'abord puis son retour à travers la Pologne et l'Allemagne.
Tout son être déborde de colère, une rage froide et contenue qui transpire de ses récits.
Elle explique ses décisions : non elle ne parlera plus l'allemand, sa langue maternelle, synonyme maintenant de langue aboyée, qui cherche à faire mal. Non elle ne veut pas voir sa fille, elle est malade et ne lui fera que du mal.
Non elle ne veut pas rester près de ses proches, il faut partir loin, au soleil du Mexique peut-être.
Dur, riche, plein d'émotions, une lecture qui fait réfléchir.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
horlinehorline   04 décembre 2010
Ceux qui sont revenus sauront à jamais ce que sont les extrêmes, toutes les possibilités des extrêmes, et même l'entre les extrêmes, toutes les nuances de l'Être. Alors, plus de philosophie. Jamais. Comme Dieu est parti en fumée, la philosophie est partie en fumée, toutes les parties de la philosophie, la morale, l'esthétique, etc., tout, tout s'est effondré là-bas, rien n'a tenu
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Stephanie39Stephanie39   28 décembre 2015
-Mais dans ce monde d'où tu viens, il y a bien eu un peu de pitié tout de même?...
-Oui, sans doute. Mais ceux-là qui en ont eu ne seront pas là pour te le dire. Ils sont morts. Ceux-là qui ont eu pitié des autres sont morts. Ceux qui ont eu pitié d'eux même sont morts. Et nous sommes tous morts. Mort pour rien. Nous avons soufferts pour rien, absolument rien.
Commenter  J’apprécie          40
horlinehorline   04 décembre 2010
-J'ai dit bêtement, "tu as dit oui à la vie".
-Je n'ai pas dit oui, j'ai dit non à tout. C'était peut être un oui comme tu le dis, mais je l'ai pensé non, c'est sans doute ce qui me convenait le mieux. Avec un oui, je serais morte, physiquement morte.J'ai toujours dit non.
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dumurierdumurier   30 août 2018
La vie de Klara après son enfermement dans un camp de concentration, qui est véritablement Klara ou Sarah, pourra-t-elle reprendre sa fille Victoire ?, pourra-t--elle tout simplement continuer sa vie qui un jour a été interrompue car elle était Juive en Allemagne, à une période où cela n'était pas acceptable dans le délire et la folie d'un dictateur, Klara est malade, elle le sait et parle à sa belle-soeur qui l'écoute et qui retranscrit son histoire, de découverte en découverte car Klara n'est plus la même et ne sera plus jamais la même.
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MissGMissG   16 septembre 2010
Un jour, oui au début, une Polonaise a dit, "tu as de la chance d'avoir été e France, nous ici, on disait, heureux comme Dieu en France" alors j'ai dit, Dieu s'est fait rafler en France, i lest ici à Oswiecim, il part en fumée tous les jours, on est les premiers à le savoir.
Commenter  J’apprécie          40

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