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EAN : 9782365770361
160 pages
Éditeur : Urban Comics Editions (22/06/2012)
4/5   26 notes
Résumé :
Pour le leader tribal et patron du crime organisé, Lincoln Red Crow, c'est l'aboutissement de trente ans de rêves, d'intrigues et de meurtres. Pour Dashiell Bad Horse, agent du FBI infiltré dans la l'organisation de Red Crow, ce n'est qu'une nuit de plus à risquer sa peau. Pour la mère de Dash, Gina Bad Horse, c'est un retour douloureux sur des faits qui ont mal tourné. Pour « Diesel », le sang-mêlé qui se veut indien, c'est l'occasion ou jamais de faire ses preuves... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Presence
  30 novembre 2014
Ce tome contient les épisodes 6 à 11 de la série, parus en 2007. Il fait suite à Pays indien (épisodes 1 à 5) qu'il faut impérativement avoir lu avant.
Dans le premier tome, le lecteur apprenait que le casino "Crazy Horse", projet voulu et réalisé par la volonté de Lincoln Red Crow (chef tribal de la réserve), était à quelques jours d'ouvrir. Chacun des 6 épisodes permet au lecteur de découvrir ce qui s'est passé pendant cette nuit, du point de vue d'un personnage différent à chaque fois. Lincoln Red Crow demande à Dashiell Bad Horse de s'assurer qu'un groupe identifié de contestataires ne sera pas en état de nuire pour le grand soir. de son coté, Red Crow peut savourer son accomplissement : établir une source de revenus licite en plein territoire de la réserve, permettant ainsi de faire des profits sur le dos des joueurs blancs. de son coté Diesel Engine (un blanc, Britt Fillenworth de son vrai nom) a réuni les opposants indiens au casino pour essayer de faire capoter son ouverture. Catcher (Arthur Pendergrass) est à la recherche de Gina Bad Crow et il interroge les personnes susceptibles de savoir où elle se trouve, d'Agnes Poor Bear à Lincoln Red Crow. Dino Poor Bear est un jeune adulte employé comme homme de ménage au casino et son rêve est de s'établir loin de la réserve. Gina Bad Horse rend visite à Lawrence Belcourt en prison et revient vers la réserve la nuit de l'ouverture du casino.
Après le premier tome, le lecteur avait acquis la certitude que le personnage principal était Dashiell Bad Horse et qu'il allait suivre son nettoyage brutal et sans fioritures dans la réserve Prairie Rose. Avec ce tome, Jason Aaron choisit une narration ambitieuse qui donne le point de vue de 6 personnages différents qui sont amenés à se croiser de manière plus ou moins brève au cours de cette nuit particulière. le résultat est à couper le souffle, sans donner le tournis. Aaron s'écarte d'une histoire manichéenne où un dur à cuire résout ses problèmes (et ceux des autres) à coup de poings et à coups de feu, pour introduire différents points de vue, mais aussi pour montrer les conséquences des actions des uns et des autres sur leur entourage, et l'imbrication de ces différentes vies entre elles. L'expression "narration chorale" semble ici réductrice. Il ne s'agit pas simplement de mettre en parallèle différentes expériences de vie, ou de montrer plusieurs points de vue. Il s'agit également de raconter comment ces individus interagissent, comment ce qui semble être un événement principal est constitué de l'imbrication de plusieurs actions effectuées par différentes personnes. Aaron réussit un tour de force qui consiste à décortiquer un événement complexe, sans perdre le lecteur, ni être redondant. Les rencontres entre 2 personnages constituent autant de moments communs à 2 épisodes. Il est donc facile de raccrocher les différentes chronologies entre elles, tout en bénéficiant d'un double éclairage sur la scène.
Aaron force le respect par la facilité avec laquelle il construit son intrigue autour de ce riche dispositif narratif totalement maîtrisé. Loin d'être virtuose et stérile, ce dispositif s'efface devant une intrigue haletante et une communauté complexe, un suspense addictif et les découvertes sur les relations entre les personnages, ainsi que les événements de 1975. Aaron continue d'écrire une histoire de genre en en respectant les codes inhérents : polar noir avec baston, sang, violence, langage ordurier, testostérone à gogo, concours de machisme à tendance sadique et masochiste, relations sexuelles animales et sauvages. Derrière ces apparences de débauche criminelle dégénérée, il y a également les agissements de la génération qui a précédé celle de Dashiell Bad Horse. Il y a le thème classique des répercussions des péchés des parents sur leurs enfants, il y a les manigances politiques de Red Horse qui ressemblent fort aux informations des JT... il y a beaucoup de thèmes abordés. Aaron incorpore également la culture des indiens à son récit sur plusieurs plans dont certains inattendus qui fonctionnent cependant bien. Il s'inscrit à ce titre dans la veine des ethno-polars, comme ceux de Tony Hillerman. Il n'oublie pas non plus la référence musicale de circonstance : Merle Haggard.
Il est facile de faire passer les illustrations au second plan, du fait de l'histoire prenante et haletante. Les 6 épisodes de ce tome sont illustrés par R.M. Guéra, comme ceux du tome précédent. le lecteur a donc le plaisir de bénéficier d'une continuité visuelle sur l'ensemble de ces numéros. Il retrouve l'incroyable ambiance poisseuse, brutale et sèche installée dans le premier tome. Guéra respecte lui aussi les codes propres à ce genre de récit : visages mangés par les ombres, silhouette du héros solitaire perdu dans la nature désertique, gueules marquées et antipathiques des individus (avec une mention spéciale pour Lincoln Red Horse, et Catcher au visage asséché et impénétrable), étalement ostentatoire et de mauvais goût de signes extérieurs de richesse, violence graphique explicite, etc. Mais il ne se contente pas d'effectuer des illustrations au diapason du scénario, il enrichit ses cases d'éléments qui augmentent le degré d'immersion. Les tenues vestimentaires évoluent en fonction des circonstances (superbe costume blanc de Red Crow pour la soirée d'ouverture). Les paysages rendent compte de la désolation désertique entourant la réserve Prairie Rose, avec les carcasses de voiture attestant d'un environnement maltraité. L'aménagement du casino "Crazy Horse" exsude le mauvais goût et le toc clinquant dans chaque objet. La carcasse de voiture sur laquelle s'acharne Dino Poor Bear exhale un parfum tenace d'huile et de graisse. Guéra a soigneusement étudié les aménagements de toilettes de bar pour les retranscrire de manière exacte et crédible, avec les dalles de faux-plafond. Chaque personnage dispose d'une morphologie spécifique, d'un visage unique et d'un habillement qui lui est propre. Tous sont crédibles, quelles que soient leurs bizarreries. Guéra sait également adapter son dessin à l'âge de l'individu qu'il représente, apportant des particularités idoines (impossible d'oublier le visage de cet enfant présentant le syndrome d'alcoolisation foetale).
La mise en couleurs assez sombre de Giulia Brusco renforce l'ambiance claustrophobe du récit, soulignant la sensation d'enfermement des individus, incapables d'échapper à la réserve et à leur identité d'indien.
Après un premier tome très brutal et macho centré sur Dashiell Bad Horse, Jason Aaron confirme de manière magistrale que son polar ne se limite pas à une histoire de vengeance axée sur un seul personnage. Il utilise un dispositif narratif délicat à manier de manière gracieuse pour que le lecteur ne perde jamais le fil dans un court laps de temps où beaucoup de personnages se croisent et interagissent dans un ballet complexe. R.M. Guéra poursuit sa définition graphique de la réservation et des personnages avec des partis pris propres aux récits de genre, mais aussi en faisant preuve d'une attention et une inventivité maîtrisée pour les décors, aux vêtements, aux apparences des personnages. Les intérêts conflictuels des uns et des autres continuent de se heurter dans Mères mortes (épisodes 12 à 18).
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Franz
  12 juillet 2016
Rouge, impasse et perd !
Le casino voulu par Red Crow sur la réserve indienne de Prairie Rose est inauguré. Ordre est donné à Dash Bad Horse d'éviter tout désordre. Red Crow tient à rassurer les clients Blancs afin de les plumer en toute légalité. Bad Horse s'attelle à la tâche avec toutes les prises de risque qui le caractérisent : coups de poing, de savate, gros calibre, nunchaku et macchabées… Il finit par museler les fomenteurs d'une manifestation contre l'ouverture du casino et maîtriser le colosse métis Engin Diesel, leader du groupe contestataire mais rien ne va plus car le bureau de Red Crow a été dévasté, ses mâtins égorgés et le mafieux et chef tribal est maintenant menacé au nez et à la barbe de ses nervis par Catcher, ermite lettré et visionnaire à la recherche de Gina Bad Horse, mère de Dash.
Tous les personnages se cherchent, se heurtent et portent leur passé comme une charge accablante. Les six épisodes réunis dans le second volume de la série sont axés autour de l'inauguration du casino et développent chacun le point de vue d'un personnage en l'étoffant à l'aide de retours en arrière. Ainsi le passé éclaire en partie les actes de chacun, accentuant l'aspect pathétique, conditionné, dérisoire des vies vouées à la déglingue et au chaos. Aucun personnage ne sort grandi de ses confrontations avec ses démons intérieurs. La vision développée par le scénariste est apocalyptique. Les terres sont dévastées, encombrées de carcasses rouillées et désossées. Les tares humaines liées à l'alcool, aux drogues, à l'alimentation, au vice sont exposées. Rien ne va plus au Nouveau-Monde sur les terres indiennes. Comme le dit Catcher : « Si vous écoutez les chrétiens, ils vous diront que tout ce qui est mal en ce monde est la faute d'un serpent, d'une pomme et d'un petit diable rouge… mais le serpent est un animal sacré, un symbole de renaissance, les pommes c'est bon et le diable… ? A ma connaissance, y a pas d'autre foutu diable que celui qu'un homme porte en lui.
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MahaDee
  12 novembre 2016
Depuis son retour dans la réserve indienne des sioux oglalas ou il avait passé sa jeunesse, Dashiel Bad Horse s'est mis au service de Red Crow, chef de la police et de la mafia locale. La réserve est ravagée par le crime organisé, la drogue, l'alcool et la violence.
Je choisis de décrire un personnage pour chacun des 10 volumes de la série :
Volume 02 – le chef Lincoln Red Crow
Ancien protestataire et militant de la libération amérindienne, devenu à la fois truand et figure politique puissante, Red Crow veille de près sur l'ouverture d'un casino. Il espère que cet établissement va permettre de redonner fierté à son peuple. Bien entendu, il espère aussi pouvoir de remplir les poches. Il ne reculera devant rien pour écarter quiconque entravera sa route.
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Yvan_T
  21 novembre 2020
Nous voilà de retour en plein territoire Lakotas, pour la suite de ce récit sans concessions qui mêle polar et western, tout en restituant avec beaucoup de réalisme et de dureté les conditions de vie déplorables qui règnent au sein de cette réserve indienne rongée par la misère, l'alcoolisme, la criminalité et le chômage. A l'image de ce héros violent et légèrement suicidaire, les différents personnages incarnent le malaise de tout un peuple et portent les stigmates de cet environnement régi par le crime et la misère.
Mais derrière l'omniprésence de la violence, les scènes de sexe, les dialogues vulgaires et ce héros irréfléchi, Jason Aaron parvient tout de même à développer une intrigue complexe et prenante. Jonglant avec les allers-retours, il fait lentement progresser l'intrigue et distille toutes les pièces de son puzzle narratif. En dévoilant petit-à-petit le passé de nombreux personnages secondaires, il leur donne beaucoup de profondeur et offre une nouvelle perspective aux événements présents. C'est très habilement raconté et le fait de conclure ce deuxième tome sur le même cliff-hanger que le précédent, ne manquera pas de surprendre ceux qui s'attendaient à découvrir la suite.
Le trait nerveux et dynamique de R.M. Guéra (« le lièvre de mars » chez Glénat) parachève l'ambiance sombre de ce polar et fait ressortir toute la tension et le désespoir qui règne au sein de cette enclave indienne du Dakota du sud.
Un excellente série !
Retrouvez ce comics dans MON TOP 2010 !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Yaneck
  10 octobre 2013
EXTRAIT: "Je n‘exagère pas, quand je dis qu'une plongée dans l'univers de Scalped est un moment difficile. Il n'y a aucun héros, que des mecs qui se trompent les uns les autres, des drogués en manque et des manipulateurs de première. Il faut s'accrocher à sa chaise, quand on fait une telle lecture. "
Lien : http://chroniquesdelinvisibl..
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critiques presse (1)
Sceneario   22 juin 2012
Scalped est réellement une série étonnante, non seulement parce qu'elle brasse plusieurs choses, la culture et l'identité indienne, une histoire familiale très lourde, elle parle de la violence, de la colère, de cette rancune que les indiens peuvent avoir contre les "blancs".
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
EnkiEnki   22 novembre 2014
Depuis l’arrivée de ce connard syphilitique de Christophe Colomb, les blancs ont afflué sur nos rivages pour prendre sans demander. A nous, les Lakota, ils ont pris les Balck Hills, notre Paha Sapa (terre, montagne sacrée). Ils ont pris les troupeaux de bisons et la prairie où ils vagabondaient. Ils ont pris la fierté et la dignité d’une grande nation, ne lui donnant que la misère en retour. Après avoir été spoliés, disgraciés, massacrés comme du bétail durant des centaines d’années… Il est grand temps de commencer à leur rendre la faveur. Nous allons te demander réparation Amérique Blanche… Pièce par pièce s’il le faut. Et lorsque nous auront récupéré notre dû, alors tous ces gens que j’ai flingués, poignardés, scalpés, pendus et enterrés en chemin… Tous ces pauvres bougres ne seront pas morts pour rien. Et pour la première fois depuis longtemps…peut-être que mes rêves l’emporteront sur mes regrets.
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EnkiEnki   21 novembre 2014
RED CROW : Si je peux te faire confiance sur ce coup-là, il se pourrait que tu te réveilles un jour dans une nouvelle tranche d’imposition.
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EnkiEnki   23 novembre 2014
GRAND-MÈRE POOR BEAR : Je t’ai déjà dit, Catcher. C’est pas parce que tu vois des choses quand tu picoles que c’est des visions.
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