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Jacques Mailhos (Traducteur)
EAN : 978B085CH6Y1N
224 pages
Éditeur : Gallmeister (02/04/2020)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Exploration de la beauté impérissable des derniers grands espaces sauvages américains, En descendant la rivière nous entraîne dans des paysages où le corps et l’esprit flottent librement. Leur immensité réveille des méditations sur des sujets allant de la vie d’Henry David Thoreau à la militarisation des grands espaces. On y entend alors une condamnation passionnée des coups portés à notre patrimoine naturel au nom du progrès, du profit et de la sécurité.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  06 mars 2021
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Tout d'abord , un grand merci à Jerenight dont la critique m'a informée d'une nouvelle traduction d'Edward Abbey , un auteur que je vénère , le mot n'est pas trop fort .
Avant même d'entamer la lecture , j'étais émue de tenir ce livre dans les mains , comme si je retrouvais un ami .

Et l'enchantement a commencé .
Les récits d'aventures vécues par l'auteur forment la trame de ce recueil .
On descend de fougueuses rivières parmi les plus majestueuses au coeur de grands canyons , on bivouaque au milieu d'une faune et d'une flore sauvage . Et, il faut toute la poésie et la sensibilité d'Abbey pour nous inviter à un merveilleux partage d'instants rares , uniques .
Et la magie opère , encore une fois .
Au début du livre , un invité de marque , Thoreau .
Abbey lui rend un très bel hommage .
Puis , les récits se suivent au gré de l'humeur et du vécu de telle ou telle expédition , émaillés comme toujours d'humour et de sarcasmes bien placés . C'est aussi l'occasion de dénoncer les basses attaques de certains détracteurs : le militantisme écologique est un violent combat mais Abbey reste porté par son intégrité .
Beaucoup de souvenirs évoqués aussi , c'est agréable car quand on connaît bien l' oeuvre d'Abbey , on replonge avec délectation dans certaines actions fictives ou non : je pense aux tribulations sur le lac Powell ou dans Glen Canyon par exemple .
Ces récits se lisent comme si Abbey nous faisait la conversation .
Il est terriblement lui-même .
Amoureux de la nature , il invite le lecteur dans son temple des déserts , des cayons , des rivières sauvages et quand il n'est pas philosophe ou poète , il redevient le prédicateur écolo emporté par sa passion :
" La domination de la nature rendue possible par une science utilisée à mauvais escient aboutit à la domination de l'homme ;
elle aboutit à une uniformité lugubre et totalitaire . "
p. 141

Bien sûr , le ton est parfois grave . Mais , les messages difficiles alternent avec l'ambiance potache entretenue par la personnalité des bateliers .
Et , jolie surprise , on assiste à la première grande aventure de Suzannah Abbey , 13 ans , digne fille de son papa qui est de l'une des expéditions .
Un mot quand même sur mon étonnement : ces récits ont été publiés en 1982 et seulement traduits en 2020 ! Alors , d'autres traductions suivront-elles ?
Bon , j'espère vous avoir convaincus des qualités que recèle ce livre . Cependant , je pense que pour l'apprécier pleinement , mieux vaut avoir lu d'autres ouvrages d'Edward Abbey avant . Mais ce n'est que mon avis très subjectif , l'essentiel est de lire Abbey !
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Bazart
  12 mars 2021

Edward Abbey, disparu en 1989, fut en son temps une icône de la contre-culture et un militant écologiste radical, pionnier de la contre culture et de la conscience écologique aux États-Unis.
Abbey aura publié un certain nombre de texte chantant les louanges de la nature, dans la droite lignée d'Henry David Thoreau, auteur qui est plus passé à la postérité que lui.
"En descendant la rivière" est un recueil de onze nouvelles publiées dans les années 80 et restées jusque là inédites en France avant que Gallmeister ne les publie en France en ce début d'année 2021 .
Dans ces nouvelles, Edward Abbey sonde la beauté impérissable des derniers grands espaces sauvages, exprime son incompréhension et même sa rage devant sa destruction annoncée; bref assène des réflexions bien dans l'air du temps un peu anarchistes de l'époque mais en même temps assez visionnaires.
Plus largement, ce recueil inédit rend un vibrant hommage aux grands espaces américains, et plus particulièrement aux rivières et remet en avant une personnalité incontestable du nature writing.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Jerenight
  23 janvier 2021
Ah... Abbey... Abbey... Abbey !
Installez vous confortablement, prenez tout votre temps afin de bien apprécier le paysage et venez patiemment descendre, en sa compagnie, les rivières de la vie de Mr Edward Abbey.
Ses descriptions sentimentales de la nature qui l'entoure et qu'il chérit plus que tout : on s'y croirait et on est totalement transporté dans les canyons de l'ouest des Etats-Unis.
Son humour et ses sarcasmes toujours au rendez-vous, qui rendent ses recits si distrayants.
Ses coups de gueule rageurs qui nous enjoignent à la révolte contre la décadence du capitalisme, le despotisme technocratique, l'industrialisation à grande échelle, la consommation à outrance, les tromperies de l'agrobusiness...etc
Ses réflexions profondes sur l'homme et la biodiversité qui peuple sa planète, qui nous poussent à remettre en question les modes de vie "toxiques" de nos sociétés modernes.
Décidément, quel que soit le genre littéraire, je suis toujours fasciné par les écrits de Mr Abbey.
Bref, vous l'aurez compris, je suis sous le charme et je vous recommande vivement ce recueil de nouvelles. Évasion et sérénité garantis.
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Corboland78
  18 janvier 2021
Edward Abbey (1927-1989) est un écrivain et essayiste américain, doublé d'un militant écologiste radical. Ses oeuvres les plus connues sont le roman le Gang de la clef à molette, qui inspira la création de l'organisation environnementale Earth First ! et son essai Désert solitaire. Après son décès à son domicile près de Tucson en Arizona (complications survenues après une opération chirurgicale) et selon ses dernières volontés, il est enterré illégalement dans le désert, probablement dans le sud de l'Arizona, en un lieu tenu secret, avec pour épitaphe : « No comment ».
En descendant la rivière, un inédit qui vient de paraître, est un recueil de onze textes regroupés en quatre chapitres. Et comme le titre de l'ouvrage l'indique, le fil rouge derrière tous ces écrits, ce sont des descentes de rivières, un peu partout aux Etats-Unis, soit avec des amis, soit dans de petits groupes d'amateurs de sensations au coeur d'une nature sauvage. La nature, sa préservation, la grande affaire de l'oeuvre et donc d'Abbey qui y consacra sa vie.
En conséquence, ces textes reposent sur deux piliers clairs et nets. le premier, description de paysages sauvages et sensations indicibles de liberté et bonheur primitif qui, sans être anecdotique, n'est que le prétexte pour l'écrivain à développer le second, à savoir ses thèmes de prédilection, plaidoyer pour l'écologie et son corollaire immédiat, la lutte contre le capitalisme sauvage qui détruit tout.
Globalement j'ai bien aimé ce livre mais mon avis reste quand même assez mitigé et je m'explique :
Le premier chapitre reste mon préféré, il s'agit d'une version romancée de la vie de Henry David Thoreau (1817-1862) - j'espère que tout le monde a lu son fameux Walden ou la vie dans les bois -, héros de notre écrivain anarchiste. La vie du vieux maître est disséquée, appuyées sur de solides références fournies par ses écrits ou ceux de ses collègues Ralph Waldo Emerson, Nathaniel Hawthorne etc.
La suite du livre, comme je l'ai dit, ce sont ces décors majestueux où « Cactus Ed » comme on le surnomme, notre homme des déserts, va passer son temps sur l'eau ! On dévore ces passages, enivrés d'air pur, de fatigue physique, toujours étonnés de ressentir cette immense liberté nous submerger quand on lit ce genre de récits. le texte n'est pas réellement dense, mais il est « plein ». Plein de sens, de remarques et surtout, on sent sous la plume, la culture et l'expérience, un background pas obligatoirement dit ou exprimé, mais qui fait apprécier à sa juste valeur le talent d'un écrivain.
Reste l'autre aspect du bouquin, le thème politique de notre activiste notoire. Globalement on ne peut être en désaccord avec Abbey, il faut sauver notre mère nature, rendre sa place à une agriculture responsable, repenser les notions d'échelle… mais il y a aussi derrière tout cela une vague impression de panthéisme un peu naïf, une quête de pureté idéaliste qui effraie notre prophète « Ce qui semble se profiler à l'horizon, c'est une planète dont la surface entière, océans compris, sera soumise à exploitation économique intensive ».
J'en viens enfin aux points qui me laissent songeur, Edward Abbey se laisse aller à des propos très discutables sur l'immigration mexicaine, pour laquelle il suffirait «d'arrêter tous les immigrants clandestins à la frontière, de leur donner un bon fusil et une caisse de munitions, et de les renvoyer chez eux. » Car si l'écrivain se déclare contre les violences physiques, il prône aussi le port d'armes à feu, membre déclaré de la NRA. Ce ne sont que quelques lignes dans ce livre mais ça ouvre des perspectives sur sa personnalité, or, ne le connaissant pas assez (même si j'ai lu ses principaux ouvrages) je ne m'étendrai pas plus.
Ceci étant dit, - et il fallait le dire -, ce bouquin reste très intéressant à lire, prête à la discussion tout en étant très plaisant, ne serait-ce que par son écriture et par ce crédo en guise d'avertissement de l'auteur « les textes de ce recueil (…), comme tout ce que j'écris, ils sont censés servir d'antidote au désespoir. »
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Warrenbismuth
  11 juillet 2020
L'ennui avec Edward ABBEY, c'est que tout ce qu'il a écrit est à peu près parfait, au point d'être rapidement rangé au rayon des chefs d'oeuvre du style. En tout cas, tous ses livres traduits en français (et publiés par Gallmeister) peuvent s'enorgueillir d'entrer dans cette catégorie. le septième, « En descendant la rivière », ne déroge pas à la règle. Bien qu'il soit présenté comme un recueil de nouvelles, il n'en est rien. Il s'agit bien d'un recueil, oui mais de textes écrits dans les années 1980 (ABBEY est décédé en 1989).
Tant l'écriture que la profondeur des textes d'ABBEY sont musclés et sans concession. Eco-anarchiste, individualiste révolutionnaire par Nature. Dans ce recueil qui vient tout juste de paraître (inédit à ce jour en France, et toujours paru chez Gallmeister), l'écrivain revient sur ses thèmes de prédilection : les grands espaces, le refus de la technologie industrielle, le sabotage, la faune, la flore, les rivières et tant encore.
Le génie d'ABBEY réside dans sa description des paysages. Par exemple, lorsqu'il descend en équipe la Green River, ce qu'il dépeint est tellement remarquable que je vous mets au défi de ne pas aller vérifier ses dires sur la toile. Vous serez à la fois stupéfaits de la justesse des images décrites ainsi que de la majesté des lieux.
En compagnie de sa femme, ABBEY a été observateur des forêts pour prévenir de problèmes, d'incendies notamment, il évoque ce métier dans l'un de ces textes, bien sûr sans omettre la description de la montagne qui les accueillent lui et sa femme.
Et puis tout à coup ses moments de rage, ses coups de gueule dont il a le secret : contre le capitalisme, le fléau de la surconsommation, de la concurrence entre tourisme à l'échelle humaine et tourisme purement commercial, le saccage des paysages pour la cupidité de l'Homme, un homme devenu esclave sans même s'en rendre compte des Dieux argent et progrès. de même pour l'agriculture intensive, épinglée à la lance d'ABBEY.
ABBEY revendique le droit de circuler gratuitement et librement dans la nature, partout et tout le temps, et que les lieux escarpés ne puissent recevoir que les plus aguerris, la grandeur ça se mérite. Entre Colorado, Utah et Arizona, ABBEY observe. Les animaux (oiseaux, poissons, insectes, ours, etc.), les arbres, les plantes, les pierres, rochers et divers minéraux. Il vibre pour ce qui n'est pas humain et n'a pas été fabriqué par ce dernier. ABBEY est un pur et dur, un juste de la cause écologiste.
Il n'oublie pas, tout en en reconnaissant le génie, de clouer EINSTEIN : « Je trouve la résume qu'Einstein nous fait de la situation un rien étriqué, et trop spécialisé. le point de vue du spécialiste peut nous dire beaucoup de choses, mais il ne peut pas tout dire. Comment le pourrait-il si le monde, bien que fini, est sans limite ? Et l'application pratique de ce point de vue – les bombes atomiques – ne compense pas vraiment son manque d'ouverture ».
ABBEY est l'un de ces pionniers de la décroissance, de la simplicité volontaire, il sait aussi être contemplatif. Il a beaucoup voyagé et a pu constater le désastre en cours à cause de la main de l'Homme : « L'Europe m'apparut comme un monde contraint, étriqué et surpeuplé, et je pris conscience, partout, des longs siècles obscurs de travail forcé, de servitude et d'esclavage, qui avaient été nécessaires à la création de la beauté historique de l'Europe. Au-dessus de chaque village au charme désuet plane l'ombre noire du château, ou du manoir – symboles et témoignages de mille ans d'injustice ».
Derrière sa colère, sa rage et sa détermination, il n'oublie pourtant pas de paraître dans un certain compromis : « pourquoi ne pourrions-nous pas avoir un nombre raisonnable de petites villes – comme autant de scintillants îlots d'électricité, de kultur et d'industrie – entourées de bancs de terres agricoles, de pâturages et d'exploitations forestières, au milieu d'un formidable océan infini de forêts primitives, de montagnes vierges et de déserts immaculés ? L'esprit humain est capable de concevoir un tel monde, libre et spacieux ; qu'est-ce qui nous empêche de faire en sorte qu'il devienne – de nouveau – notre chez-nous ? Les Indiens d'Amérique n'avaient pas de mot pour ce que nous appelons « la nature sauvage ». Pour eux, c'était seulement chez eux ».
Juste après le préambule, dans un long premier texte ABBEY dresse un portrait d'Henry David THOREAU, l'un des précurseurs (avec EMERSON) de cette écologie. Mais ABBEY reste ABBEY et le brocarde, notamment pour son puritanisme. Tout comme, écrit-il, après avoir parcouru les paysages les plus magiques du monde, il constate que l'Alaska est bien banal.
Ces récits denses, érudits et riches sont des odes à liberté, envers et contre tout, une supplique pour le respect de la nature, de la terre. Les descentes de rivières sont détaillées comme si vous étiez vous-même au coeur de l'un des radeaux, c'est tout simplement grandiose. Les activistes d'une telle trempe manquent peut-être dans le monde actuel. Raison de plus pour lire ABBEY et s'en inspirer. Si « En descendant la rivière » peut s'apparenter au « Désert solitaire » du même auteur, il vous faudra cependant goûter à tous ses livres disponibles en français, aucun à jeter, pas une page, pas une ligne, pas un mot. ABBEY fut l'un de ces géants de la littérature de combat pour la nature et la défense de l'environnement, contre les barrages et les grands projets inutiles. Monsieur, vous resterez longtemps dans nos coeurs.
https://deslivresrances.blogspot.fr

Lien : https://deslivresrances.blog..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
cardabellecardabelle   08 mars 2021
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[...après cinq ans de vie dans l'Ouest américain... ] l'Europe m'apparut comme un monde contraint , étriqué et surpeuplé , et je pris conscience , partout , des longs siècles obscurs de travail forcé, de servitude et d'esclavage , qui avaient été nécessaires à la création de la beauté historique de l'Europe .
Au-dessus de chaque village au charme désuet plane l'ombre noire du château ou du manoir — symboles et témoignages de mille ans d'injustice .

Ce terrible héritage a pu être en partie transcendé à force de révolutions et de progrès , mais son souvenir traîne encore dans l'air , dans l'atmosphère , comme un lugubre écho de " la musique calme et triste de l'humanité " .
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Aline1102Aline1102   12 février 2021
Comme de nombreuses personnes l’ont remarqué, la grande masse des hommes – et des femmes – vit des vies de désespoir non calme. Un affairement – “les affaires sont les affaires” – frénétique agite notre société où que nous portions le regard – en ville comme à la campagne, chez les jeunes, les vieux et les ni-jeunes – ni-vieux, chez les mariés et les célibataires, dans toutes les races, toutes les classes, tous les sexes, dans le travail et dans le loisir, en religion, dans les arts, les sciences, et peut-être de la façon la plus flagrante dans le culte autocentré de la méditation, de la retraite, de l’abstraction au monde. Les symptômes du malaise universel sont visibles partout. Nous voyons, par exemple, les économistes conventionnels réclamer un accroissement de la “productivité”. La productivité de quoi ? Au bénéfice de qui ? Dans quel but ? Par quels moyens et à quel prix ? Ces questions-là ne sont pas prises en compte. Nos politiciens, nos hommes d’affaires, nos chefs militaires et la clique de scribes qui les sert nous rabâchent perpétuellement que la “croissance” et le “pouvoir” sont intrinsèquement bons, et que nous ne pourrons jamais en avoir assez, ni même trop. Comme si le gigantisme était une fin en soi. Comme si un bon rat était un rat de douze mains de haut au garrot… qui grandirait encore. Comme si nous ne pouvions jamais avoir la paix sur cette planète tant qu’un État ne dominera pas tous les autres.
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Aline1102Aline1102   13 février 2021
Hier, j’ai arraché de l’ambroisie ; ce matin, j’ai creusé un trou jusqu’à hauteur de cuisse ; et cet après-midi j’y ai planté un jeune peuplier plein de bourgeons. Nous avons imbibé le trou d’eau du puits, mélangé de la tourbe aux pelletées de terre arable soigneusement mise de côté, et installé la motte de racines au creux de son nouveau foyer. J’ai vu l’arbre frémir tandis que je tassais la terre autour de son pied. Un frémissement de plaisir. Un bon présage. Quelques semaines de beau temps, et les petites feuilles vertes frétilleront au soleil. Quelques bonnes années, et il y aura de l’ombre sur la terrasse de l’entrée, puis sur le toit de la maison. Si la maison est encore là. Si quelqu’un, ou quelque chose, comme je l’espère, profite encore de cette demeure, de ce lieu, de ce jardin de rocaille, de sable et de palo verde, de soleil et de délices.
Nous ne verrons peut-être jamais nous-même ce peuplier atteindre la maturité, nous ne jouirons sans doute jamais de son ombre et de ses oiseaux, ni n’admirerons l’or clair de ses feuilles en automne. Mais quelqu’un le fera. Quelque chose le fera. Dans cinquante ans, Tucson sera redevenue ce qu’elle était jadis, une petite ville de huttes d’adobe sur les rives de l’étincelante Santa Cruz, plus heureuse qu’elle ne l’est aujourd’hui, et notre arbre sera là, avec ou sans nous. Je trouve dans cette expectative ce qu’il me faut de satisfaction.
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Corboland78Corboland78   18 janvier 2021
« Un homme dont les émotions sont vivantes, écrit Saul Bellow, est chez lui n’importe où. » C’est peut-être vrai pour un urbain comme Bellow, qui a passé toute sa vie entre des murs et sous un toit ; les grandes villes, il est vrai, sont plus ou moins les mêmes partout. Mais un homme de la campagne ressent les choses différemment. Il sait ce qu’il en est. Un homme de la campagne possède un lien sur terre qui est le sien, et s’il adore vagabonder, comme c’est mon cas, il adore le vagabondage surtout parce qu’il a un lieu vers lequel revenir, un lieu qui est le sien. Un lieu où vivre et, le moment venu, un lieu où mourir. La terre m’a nourri pendant un demi-siècle ; je dois un corps à la terre. Cette dette sera payée.
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JerenightJerenight   17 janvier 2021
"Le savoir, c'est le pouvoir", disait Francis Bacon, arrière-arrière-grand-père de l'ère atomique. Le pouvoir, absolument - c'est le but du jeu depuis le début. Mais le pouvoir ne mène pas à la sagesse, et encore moins à la compréhension. L'empathie, l'amour, le contact physique - le fait de toucher - sont de meilleurs moyens pour atteindre cette belle fin.
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