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EAN : 9782351787526
256 pages
Éditeur : Gallmeister (02/04/2020)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 92 notes)
Résumé :
Le ranch de John Vogelin est toute sa vie. Sous le ciel infini et le soleil éclatant du Nouveau-Mexique, le vieil homme ne partage sa terre qu'avec les coyotes, les couguars et autres animaux qui peuplent les montagnes et le désert. Jusqu'au jour où l'US Air Force décide d'y installer un champ de tir de missiles. Déterminé à défendre sa terre, le rancher irascible et borné engage alors un bras de fer avec l'armée. Or un vieil homme en colère est comme un lion des mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  23 mai 2016
Une lumière éclatante qui donnait au paysage une vision surnaturelle. Une chaleur sèche et féroce. L'éclat brut du désert lui brûlait les yeux. Aussi, Billy, dans le pick-up de son grand-père, John Vogelin, était obligé de les fermer de temps en temps pour les soulager. En ce mois de juin, comme tous les ans, le jeune garçon va passer des semaines chez le vieil homme. Dans son ranch, le Box V, dans le village de Baker, au Nouveau-Mexique. Entouré de vaches, de chevaux, de coyotes ou de vautours, de montagnes à perte de vue, de cactus desséchés. le vieil homme vit en parfaite harmonie avec ce coin désertique, parfois ingrat, soumis à la sécheresse depuis des décennies. Il est né ici, tout comme son père et le père de son père. Il y mourra. Malheureusement, le gouvernement américain souhaite étendre son champ de tir de missiles et exproprier John. le vieil homme ne compte se laisser faire, même face à cet ennemi tout-puissant...
Inspiré de faits réels, ce roman fait avant tout la part belle à cette nature sauvage, étendue à perte de vue et plombée sous une chaleur écrasante. Une nature que John chérit par-dessus tout et qu'il ne quittera jamais, il se l'est promis. À travers les yeux de Billy, aussi attaché à son grand-père qu'à cette terre aride, émerveillé, comme à chaque fois qu'il revient, de la majesté, de la magie et de la grandeur des lieux, étonné presque de s'y sentir chez lui, l'on suit ce duo terriblement touchant à travers ce rude désert. Edward Abbey décrit avec force et sensibilité la relation entre le vieil homme et l'enfant, qui, cette année-là, sera confronté au monde parfois sans pitié des adultes. Un duo qui nous émeut. Ce roman nous plonge dans une atmosphère lourde et écrasante d'autant que l'écriture d'Edward Abbey est très contemplative, fouillée et minérale. Un roman intense, riche et lumineux...
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Crossroads
  13 août 2016
De grands espaces indomptés, une belle histoire de famille et un enflé de première qui fera rien que les embêter, le Feu Sur La Montagne se veut aussi contemplatif qu'éprouvant pour les nerfs.
Véritable modèle de western homérique et révolté, ce récit s'inscrit dans la même veine que David contre Jonathan. Bon, Jonathan étant de corvée "chouchous, boissons fraîches" à holliday beach, c'est finalement Goliath qui s'y collera.
Cadre, le ranch de John Vogelin, Nouveau-Mexique.
Un espace épanouissant que Billy, son petit-fils, s'empresse d'apprivoiser depuis quelques étés maintenant.
La vie s'écoule, paisible, rythmée par un quotidien harassant et les visites de leur ami commun, Lee.
Si le ranch de John est un terreau fertile en nuisibles, il en est un nouveau particulièrement malfaisant qui allait supplanter coyotes, lion, et autres crotales en tout genre: l'US Air Force et son ambition tenace de le délester de ses terres au profit d'un champ de tir de missiles.
Et là je vous vois venir. John, gave-toi de pépettes et barre-toi, que vous vous disâtent.
Ben non. le bonhomme, en plus d'être obtus, est blindé de principes.
Cette terre, j'y suis né, j'y mourrai !
Au vu de la tournure des évènements, c'est un enterrement en première classe qui lui pendait au pif...
Tout comme l'ultime lion qui hante encore son territoire, John, malgré ses soixante-dix printemps, en a encore sous la griffe.
Le combat semble inégal, il n'en est que plus beau.
Épaulé par son meilleur ami qui tentera bien de lui faire entendre raison et le p'tit Billy qui lui voue un amour irraisonné, le vieil homme rugit encore, sûr de son fait, habité d'une volonté indéboulonnable.
Si les envolées lyriques d'un Edward Abbey, amoureux fou de la nature, ne laissent pas de séduire, les nombreuses joutes verbales opposant John aux adorateurs du droit d'expropriation légitimé par la sécurité d'état et incarné par une puissance à la force de persuasion peu commune, nous ramènent rapidement sur terre.
En révolté de la première heure, Abbey s'insurge ici formidablement contre un état de droit duquel il s'émancipera toute sa vie.
Tissant habilement un récit émouvant et particulièrement injuste, il rallie à son blanc panache les adorateurs de liberté, de celle qui ne s'achète pas fût-ce au prix le plus fort, celui de la vie.
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Asterios
  16 juillet 2018
Edward Abbey a la faculté de transformer les mots en images animées. Passant de plans larges sur des paysages désertiques enveloppés d'une lumière blanche éclatante et chaude qui faut ondoyer les montagnes à des plans serrés sur des visages figés et transpirants. On est pas loin du western, tant dans ce qu'il renvoie dans la dureté des personnages, dans la fermeté des visages que dans la splendeur du soleil qui se réverbère sur la roche nue.
Dans ce cadre sec et désertique, le vieux Vogelin ne s'en laisse pas conter, malgré les efforts déployés par le gouvernement pour qu'il quitte son ranch, il est déterminer à y rester jusqu'au bout et à ne se laisser adoucir par aucun argument. L'idée que sa propriété serve de terrain d'essai à des missiles ne le séduit pas vraiment, d'autant plus qu'il a la ferme intention de finir ses vieux jours chez lui tout comme ses ancêtres.
A ses côtés, ses indéfectibles alliés en les personnes De Lee, et de son petit fils Billy. Ce livre relate aussi cette histoire d'amitié sans compromis, de fidélité et de l'intimité qui se crée entre lui et Billy. Une relation émouvante jusqu'au bout qui met en avant la transmission intergénérationnelle des valeurs familiales.
Un livre jusqu'au boutiste plein de charme qui véhicule les termes chers à Abbey que sont la résistance, l'insoumission à l'autorité, et la préservation de l'environnement. Lut quasiment d'une traite tellement j'ai été pris par l'atmosphère, ce texte se lit très facilement.
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JIEMDE
  27 septembre 2015
Ca va mal finir, ça va forcément mal finir... Et puis non. Enfin oui, mais non.
John Vogelin, propriétaire - comme son père avant lui - d'un ranch et de terres dans le grand Ouest américain, se soit menacer d'en être dépossédé par le Gouvernement et l'armée US qui ont entrepris de faire du pays alentour, une zone militaire d'essais de missiles. Tous ses voisins ont cédé. Mais comme dans Astérix, lui seul résiste encore. Avec son petit-fils Billy et son ami Lee, il va se battre, jusqu'au bout, pour conserver son droit à la propriété, à la transmission, à la Terre.
Il y a d'abord dans ce livre une atmosphère extraordinaire de nature, de grands espaces, de paysages, d'animaux, qu'Abbey arrive à faire parfaitement ressentir au lecteur. On ferme les yeux et on y est. On parle de "nature writing". Moi j'y retrouve les agréables sensations éprouvées dans ma jeunesse devant les grands westerns, aux images grandioses, aux couleurs rougeoyantes sous les feux du soleil, aux ambiances héroïques.
Il y a surtout deux belles histoires : celle d'un homme attaché à ses principes, à ses valeurs et à son amour pour ce qui fut sa vie, qu'il place au-dessus de sa propre existence. Et l'histoire d'un adolescent, qui en un été, sous l'influence du Grand-Père adulé et de Lee, le modèle, va se forger ses valeurs de futur adulte. Liberté, combat, obstination...
Je me suis souvent pris à repenser à La Terre de Zola en lisant le feu sur la montagne... Un thème universel, de A(bbey) à Z(ola).
Un (léger) coup de griffe (au traducteur) : l'abus du passé simple, devenant lourd au fil de la lecture.
Un (grand) coup de coeur : le livre est un bel objet, qui augmente le plaisir de la lecture ; bravo donc au travail de l'éditeur !
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blandine5674
  24 octobre 2015
Supposons que l'on me dise que je n'ai le droit que lire qu'un seul auteur. Eh bien ce serait lui Edward Abbey. Cette façon d'écrire me transporte. Lorsqu'il parle de paysage et d'humains, je les ai devant les yeux. Ces descriptions me ramènent vers d'autres endroits connus de moi. S'il fallait mettre en citations toutes les phrases que j'ai aimées, j'y mettrais tout le livre. Voici l'histoire de Billy qui, comme chaque année, passe trois mois dans le ranch de son grand-père. Et quel grand-père ! Seulement cette année, cela va mal. L' US Air Force va réquisitionner ses terres pour y installer une zone militaire de tir de missiles. On retrouve ce qui est cher à Abbey : les grands espaces et l'écologie. La fin du livre est, à mon avis, un clin d'oeil à la fin de l'auteur. C'est avec regret qu'en tournant la dernière page, on quitte nos trois cow-boys contestataires si attachants. Faits réels.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
CerisemarmotteCerisemarmotte   28 août 2015
- Viens par là une seconde, tu veux, Billy ?
Il regarda Lee. Lee opina et se mit en route sur la piste à chariots. Lorsque j'eus rejoint le vieil homme, Lee était hors de vue, caché par les arbres.
- Approche, Billy, dit Grand-père en jetant un nouveau coup d'oeil pour s'assurer que Lee ne pouvait nous voir.
Puis il ouvrit une de ses sacoches et en sortit un bidon du surplus de la guerre, marqué U.S. ARMY.
- Je te taquinais, Billy, au sujet de l'eau.
Il dévissa le bouchon et me tendit le bidon.
- Prends-en une bonne goulée, dit-il en me regardant boire, un grand sourire aux lèvres. Elle est bonne, hein ?
Je bus encore un peu et lui rendis le bidon.
- Oui, Grand-père.
C'était de la bonne eau de puits tiédasse, la meilleure que j'aie jamais bue, me sembla-t-il.
- Tu sais, ce serait folie que de venir traîner ici sans emporter d'eau du tout, dit Grand-père.
Il but lui-même une gorgée et remit le bidon dans sa sacoche.
- Mais tu dis rien à Lee, d'accord ?
- Pas un mot, Grand-père.
- Promis ?
- Promis.
Parfait, dit-il en me tapotant l'épaule. Et si vous trouvez ce canasson, passez-lui une corde et ramenez-le avec vous. D'accord ?
- Oui, Grand-père.
- Parfait. Maintenant, va rejoindre Lee. Ne le laisse pas se perdre. A ce soir.
Il fit tourner son cheval et s'en alla au trot sur la sente sinueuse qui montait vers la crête. Il fut bientôt hors de vue derrière les pins.
Je lançai le vieux Blue au trot vers la piste à chariots et rattrapai Lee, que je trouvai debout à côté de son cheval.
- Tout va bien ?
- Oui, oui, Grand-père est en forme.
Lee tourna la tête vers l'embranchement de la sente de la crête.
- Il a pris le petit chemin ?
- Oui.
Lee me lança un sourire.
- T'as toujours soif, Billy ?
- Non, pas trop, ça va.
- Je vois ce que tu veux dire, fit-il, et, sans se départir de son sourire, il ouvrit une sacoche et en sortit un bidon de style militaire.
- Tiens, bois quand même un peu.
Nous prîmes tous les deux quelques longues gorgées, puis Lee rangea son bidon.
- Ton Grand-père est un homme super, m'expliqua-t-il en bouclant le rabat de sa sacoche, j'en connais pas de meilleur. Mais tu sais comment sont les vieux. Un peu butés, parfois. Trop fiers pour reconnaître qu'ils ont tort.
- Ce serait folie que de venir traîner ici sans emporter d'eau du tout.
- Bien parlé, Billy. Mais promets-moi une chose : ne lui dis rien de tout ça.
La main gauche agrippée au pommeau, prêt à remonter en selle, il me regarda droit dans les yeux.
- Alors ?
- Motus et bouche cousue, Lee.
- Je savais que je pouvais compter sur toi, dit-il en sautant en selle. Maintenant, en route, allons voir ce que les montagnes ont bien pu fabriquer pendant qu'on avait le dos tourné.

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marina53marina53   23 mai 2016
Le monde avait l’air différent d’en haut. Il avait l’air meilleur. Une joie primitive s’épanouit dans mon cœur alors que je guidais mon cheval vers la sortie. Un léger coup de talon, et il avançait; une petite tension sur les rênes, il s’arrêtait. Je me penchai en avant et caressai sa puissante encolure. Ce bon vieux Blue… J’avais l’impression de faire dix pieds de haut, j’étais le maître des chevaux et des hommes. Les oiseaux sauvages qui criaient dans le désert faisaient écho à l’ivresse de mon âme.
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musaraneusmusaraneus   20 juillet 2020
— Je sais ce que tu ressens, et je partage ton sentiment. Moi aussi, j’ai consacré dix ans de ma vie à cet endroit, hein. Mais écoute, John. (Il fit un geste vague avec la main.) Est-ce que cette terre t’appartient vraiment ? Est-elle vraiment à toi ? À qui appartient la terre ? Il y a cent ans, elle appartenait aux Apaches, et rien qu’à eux. Ton père et d’autres comme lui la leur ont volée. La compagnie de chemin de fer et les grosses entreprises d’élevage et les banques ont essayé ensuite de la voler à ton père et à toi. Aujourd’hui, c’est le gouvernement qui va te la voler. Ce pays a toujours été infesté de voleurs. D’où crois-tu que cette montagne tire son nom, hein ? Dans cent ans, quand nous serons tous morts, tous enterrés, tous oubliés, cette terre sera toujours là, ce seront toujours les mêmes arpents de cactus et de sable desséchés, brûlés, qu’aujourd’hui. Et un autre voleur stupide tirera une clôture autour deux et clamera qu’ils sont à lui, qu’ils lui appartiennent, et interdira à tout le monde d’y mettre les pieds. 
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marina53marina53   23 mai 2016
Au-delà du mur de la ville irréelle, au-delà des enceintes de sécurité coiffées de fil de fer barbelé et de tessons de bouteille, au-delà des périphériques d’asphalte à huit voies, au-delà des berges bétonnées de nos rivières temporairement barrées et mutilées, au-delà de la peste des mensonges qui empoisonnent l’atmosphère, il est un autre monde qui vous attend. C’est l’antique et authentique monde des déserts, des montagnes, des forêts, des îles, des rivages et des plaines. Allez-y. Vivez-y. Marchez doucement et sans bruit jusqu’en son cœur. Alors…
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musaraneusmusaraneus   18 juillet 2020
L’été avança, chaud et sec et magnifique, si magnifique que ça vous brisait le cœur de le voir en sachant qu’il n’était pas éternel : cette lumière éclatante vibrant au-dessus du désert, les montagnes pourpres dérivant sur l’horizon, les houppes rose des tamaris, le ciel sauvage et solitaire, les vautours noirs qui planent au-dessus des tornades, les nuages d’orage qui s’amassent presque chaque soir en traînant derrière eux un rideau de pluie qui n’atteint que rarement la terre, la torpeur du midi, les chevaux qui se roulent dans la poussière pour sécher leur sueur et se débarrasser des mouches, les somptueuses aubes qui inondent la plaine et les montagnes d’une lumière irréelle, fantastique, sacrée, les cactus cierge qui déploient et referment leurs fleurs le temps d’une seule nuit, les rayons de lune qui tombent à l’oblique par la porte ouverte de ma chambre, dans le baraquement, la vue et le bruit de l’eau fraîche tombant goutte à goutte d’une source après une longue journée dans le désert… Je pourrais citer mille choses que j’ai vues et que je n’oublierai jamais, mille merveilles et mille miracles qui touchaient mon cœur en un point que je ne maîtrisais pas.
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