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Benjamin Legrand (Traducteur)
ISBN : 225313418X
Éditeur : Le Livre de Poche (09/03/2011)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 32 notes)
Résumé :
7 octobre 1949. Jean Spangler, actrice de second plan, embrasse sa fille et quitte sa maison pour un tournage de nuit dans un studio hollywoodien. Personne ne la reverra jamais. Les seules choses qu’elle laisse derrière elle : un sac à main trouvé dans un parc voisin, une étrange note, et beaucoup de rumeurs sur de supposées aventures avec des stars de cinéma et quelques maffieux. L’affaire, délicate et sensible, puisque des acteurs comme Kirk Douglas s’y trouvèrent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  25 août 2014
The Song Is You
Traduction : Benjamin Legrand
ISBN : 9782253134183

J'ai lu une première fois ce roman à peu près à la même époque que notre amie Lydia. Je l'ai relu cet été parce que je voulais comprendre pourquoi je n'avais pas retrouvé, dans les romans de l'auteur parcourus depuis, c'est-à-dire "La Fin de l'Innocence" et surtout "Vilaines Filles", tout ce qui fait la puissance, indiscutable, d'"Absente." Ce n'est pas par hasard que j'utilise le mot "puissance." Bien plus qu'un policier, bien plus qu'un thriller, "Absente" est un vrai, un solide roman noir, qui aurait mérité de paraître chez les Rivages de la même teinte afin que personne ne pût se faire d'illusion sur son contenu.
Déjà, l'époque à laquelle il se situe, les années cinquante à L. A. et sa région, est typique du genre. On a vu Ellroy s'y attaquer avec le cynisme et le désespoir qui marquent sa griffe mais, sans aucune exagération, "Absente" s'inscrit brillamment dans son sillage. Tout ici est glauque ou émerge à peine des ténèbres. L'humour, quand il paraît, est d'une rare noirceur. Dire que l'univers hollywoodien y est dépeint sans complaisance relève de l'euphémisme : les paillettes elles-mêmes, lorsqu'elles font mine de ruisseler sur la scène, ne sont que des pépites d'obscurité. Lors de la disparition de l'héroïne, la rumeur redoute - et espère - un assassinat qui ressemblerait comme un frère à celui de Betty Short, triste et éphémère Dahlia Noir dont le sinistre destin n'a pas fini d'inspirer journalistes ... et écrivains.
Des vedettes ? Oui, on en croise : des petites comme des grandes. le narrateur-héros consacre son existence d'attaché de presse-prodige à leur remonter le moral et plus encore à gommer avec application tout ce qui pourrait détruire leur réputation car, du haut au bas de l'échelle, ces narcissiques intégraux se croient tout permis. Et quand j'écris "tout", c'est bien "tout" que je veux dire. Des journalistes ? Oui, il y en a aussi : ils traquent le moindre scandale avec l'acharnement de chiens de chasse traquant l'animal mourant. Des danseuses et des starlettes ? Mais bien sûr, mes bons messieurs, entrez et voyez : entre les auditions ratées, les coucheries qui doivent leur rapporter un peu d'argent pour payer le loyer du mois et, si possible, un peu de notoriété, et les visites chez les bons docteurs-avorteurs, ces demoiselles galopent de part et d'autre du roman, achevant de compliquer les pistes entre lesquelles Hop, notre narrateur (son vrai nom est "Hopkins" mais, à Hollywood, on se doit d'avoir un surnom cool, n'est-ce pas ?), n'arrêtent pas de s'emmêler les pinceaux. L'alcool ? Ah ! oui, je l'oubliais, celui-là : il est pourtant partout, que ce soit dans les appartements privés ou dans les bars, sans oublier les bouges infâmes où il unit ses efforts à ceux de l'héroïne et de quelques autres drogues pour faire jaillir les pires instincts de ceux qui se croient encore des êtres humains.
... Et parmi les personnages secondaires, demandez-vous timidement, il n'y en a pas un qui relève le lot ? ... Non. Aucun. Noirs. Noirs. Ils sont tous noirs. Sans espoir ou sans plus aucune attache mentale avec notre réalité, fuyant dans tous les sens et surtout en avant, chacun agissant pour soi et le moins narcissique d'entre eux oubliant, dans sa propre fuite, que celle-ci peut nuire gravement à la vie de sa meilleure amie.
"Absente" est un roman qu'on lit avec passion, avec ferveur. On n'a pas plus envie de le quitter qu'on a envie de voir une pub idiote s'immiscer dans la diffusion de "Pendez-moi haut et court", entre Robert Mitchum et Kirk Douglas. On en sort un peu sonné, comme toujours lorsqu'on en arrive à la fin d'un vrai roman noir - ou d'un film de la même famille. Mais il est incontournable dans le genre et, si les autres titres de Megan Abbott doivent un jour sombrer dans le néant littéraire, les aficionados en tous cas n'oublieront jamais "Absente" - assurément son meilleur livre. ;o)
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Taraxacum
  03 novembre 2015
Dans la grande jungle des studios, Gil « Hop » Hopkins facilite les choses. Armé de son téléphone et de son charme, il gomme les aspérités des stars, fait tomber dans l'oubli leurs petits travers et façonne l'image qu'ils présenteront au monde, aux journalistes qui ne sont pas dupes et au public qui l'est beaucoup plus. Seulement, peut-être qu'il a poussé sous le tapis l'affaire de trop. Qu'est-il donc réellement arrivé à la jolie, trop jolie, Jean Spangler? Deux ans après avoir aidé à s'occuper de cette affire, Hop , poussé par une amie de la disparue, reprend les questions.
Évidemment,le parallèle est le si célèbre roman 'Le dahlia noir ' est la première chose qui saute aux yeux de tout lecteur: là aussi, une disparition réelle, et jamais élucidée, est le point de départ d'un roman qui explore les tréfonds de l'âme en même temps que les tréfonds de la ville.
Le portrait d'Hollywood est assez fascinant: un miroir aux alouettes avec beaucoup d'appelés, si peu d'élus, et tous ces espoirs déçus... L'enquête en elle-même n'est pas à la hauteur du chef d'oeuvre de James Ellroy, il est toujours difficile de se confronter à de tels poids lourds. C'est beaucoup plus introspectif, parfois presque contemplatif pour certains moments, et la violence, tout aussi présente, y est cependant fort différente. On en retient surtout la fin, qui m'a beaucoup frappée et qui a fait monter d'un cran ma note de ce roman et qui empêche Absente d'être un livre trop souvent lu.
C'est un bon roman, mais à l'heure où les possibilités de choix offertes à un lecteur sont si dramatiquement étendues qu'il faut faire des choix drastiques, pas un roman indispensable non plus.
Je vous recommanderai 'Le Dahlia noir' de James Ellroy en premier, et de cet auteur, j'avais préféré 'Adieu Gloria' , bien plus original de par son point de vue et ses personnages.
Les lecteurs avides de roman noir dans le grand Hollywood, et qui seraient en recherche de nouveaux titres, y trouveront cependant leur miel pour l'ambiance et s'y risqueront sans crainte!
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zabeth55
  09 mars 2017
Jean, actrice de second plan , disparaît mystérieusement après une nuit scabreuse.
Abandon à la page 57
En général, quand j'ai beaucoup de mal, j'essaie de pousser jusau'à la page 100, mais là, STOP !
Tous ces dialogues indigestes et ce milieu hollywoodien superficiel n'ont pas réussi à m'entraîner dans l'intrigue.
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maltese
  05 juin 2013
A l'instar de James Ellroy avec "le Dahlia noir", Megan Abbott s'inspire d'une histoire vraie pour écrire son roman.
Les faits se passe à la fin de l'année 1949, à Los Angeles, et concerne la disparition d'une actrice, Jean Spangler, plus souvent recrutée pour sa plastique que pour ses talents de comédiennes, qui alors qu'elle prétendait rejoindre un tournage de nuit s'est évanouie dans la nature sans que l'on sache quel sort fut le sien.
Deux ans après cette affaire, qui défraya un temps la chronique, notamment parce que le nom de Kurt Douglas fut cité, le lecteur va suivre l'enquête de Gil Hopkins, dit Hop, qui va se lancer sur les traces de l'actrice, dans une quête qui deviendra une véritable obsession.
Hop, attaché de presse réputé, bien connu du milieu du cinéma, devra composer avec des vedettes dont on passe tous les caprices mais aussi avec son ex-femme à laquelle il reste d'autant plus attaché qu'elle fréquente son meilleur ami.
Megan Abbott rend très bien l'ambiance de l'époque et si le style n'a rien à voir avec celui d'Ellroy, le milieu décrit rappelle également "L.A. confidential", autre roman du Quatuor de Los Angeles. Il est par ailleurs plaisant de voir que l'auteur a en quelque sorte fait sienne l'histoire initiale, le fait divers qui l'a inspirée, puisqu'elle n'hésite pas à apporter une fin qui résout cette mystérieuse disparition.
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Chaplum
  28 janvier 2013
Dans le Los Angeles de la fin des années 40, une jeune actrice, Jean Spangler, disparaît sans que personne ne s'en soucie vraiment. L'affaire est rapidement classée sans suite par la police après que le sac de la jeune femme ait été trouvé dans un parc. Il faut dire qu'elle était réputée pour fréquenter les milieux mafieux. Ou alors peut-être est-ce un avortement qui a mal tourné.
Mais en 1951, Gil Hopkins, un jeune loup attaché aux bureaux de communication des grands studio voit ses souvenirs remonter à la surface quand l'amie de la disparue vient lui demander de l'aide, la peur dans les yeux. Il faut dire qu'il a croisé les deux filles ce soir-là et qu'il a participé à l'étouffement de l'histoire tant dans les médias qu'auprès de la police. Mais il était loin d'imaginer ce qu'il avait caché …
Les années 1900 à 1960 m'ont toujours fascinée, tant par la vie un peu folle que par les tenues portées par les femmes et les vedettes. Donc bien sûr, ce roman qui se déroule dans le milieu du cinéma dans les années 50 ne pouvait que m'attirer, surtout si il montre la face cachée du strass.
J'ai beaucoup apprécié cette plongée dans le Los Angeles sordide fréquenté par une poignée de stars qui veulent repousser leurs limites en tout genre. L'enquête est menée par un jeune prodigue de la communication, arrivé de son Est natal et débarqué à L.A. rempli d'ambition. J'ai aimé que ce personnage soit bourré de défauts, toujours imbibé, à la limite de la violence et de la débauche, sans vrai sens moral mais poussé par une volonté de découvrir ce qui était arrivé à Jean Spangler deux ans plus tôt à cause de la peur lue dans le regard de son amie. Ce que le lecteur découvre sur les individus qui gravitent dans ce milieu est loin d'être beau, frôle les comportements les plus malsains, plonge même parfois dans le glauque le plus total. J'ai d'ailleurs trouvé ce roman beaucoup plus sombre et noir que ce à quoi je m'attendais.
L'écriture est soignée mais en même temps visuelle. On imagine parfaitement bien ce roman adapté au cinéma. Ce qui n'empêche pas une construction brillante qui instille le suspense et des personnages fouillés et crédibles. J'ai très envie de découvrir les autres titres de l'auteure ou d'autres récits du même genre.
Lien : http://www.chaplum.com/absen..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   04 septembre 2014
[...] ... Il était tard, plus que tard, et ils avaient empilé pas mal d'additions au "Eight Ball", un relais routier aux murs collants de sueur dans un coin sombre de nulle part, juste à l'est de la civilisation. Vers 11 heures, ils avaient ramassé un groupe miteux mais parsemé d'étoiles. "Iolene et Jean - Jean et Iolene", chantait sans cesse l'un des types beurrés - elles avaient l'air de connaître tout le monde. Mais Jean ne semblait jamais satisfaite, regardait toujours par dessus les têtes, même les têtes célèbres. A un moment, Sammy Davis Jr, le chef d'orchestre Artie Shaw et le réalisateur Howard Hawks étaient tous agglutinés à leur table, payant des verres aux filles, qui incluaient une nouvelle recrue, une blonde platine à tomber. Iolene ne buvait que de toutes petites gorgées de bourbon citron vert soda, restait plutôt assise, fumant des cigarettes fourrées à la marijuana les unes derrière les autres. Jean s'imbibait à une vitesse plus sociable et la jouait yeux attentifs, laissant à la blonde platine le rôle de la fêtarde qui s'étale. Jean [confia à Hop] que c'était une danseuse de revue du Follies Theatre, où son nom de scène était Miss Hotcha. "Qu'est-ce que aurait pu être d'autre ?", avait soupiré Hop en lui souriant rêveusement.

Jean ne cessait de tourner et retourner sa boîte d'allumettes dans la main.

- "Qui t'attends, coureuse ?" lui avait dit Hop avec un clin d'oeil. "Clark Gable ne traîne pas dans des boîtes comme ça."

Elle l'avait regardé longtemps et lentement, et c'était un de ces regards les plus méchants et sexy qu'elles pouvaient vous balancer, ces filles. Torride.

- "Elle attend son nouveau pote," lui avait chuchoté Iolene, sa lèvre inférieure lui chatouillant presque l'oreille, tant ils étaient écrasés les uns contre les autres dans cette boîte. Elle pense qu'il pourrait venir." ... [...]
+ Lire la suite
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WolandWoland   04 septembre 2014
[...] ... " - Elle était ici. Je l'ai vue. Ils étaient cinq. La fille et une autre fille, qui avait la trouille, et trois hommes. Les deux des films et un autre gars qui n'arrêtait pas de rôder près de la porte parce qu'il voulait s'en aller avant que les choses ne deviennent encore pire ...

- Quelles choses ?

- Je sais juste qu'ils ont pris une chambre et que la fille est montée avec les deux mecs. Ils avaient acheté une espèce de saloperie de Moonshine de cinglé ...

- Moonshine ?

- Une gnôle de maïs frelatée. Ca et aussi quelques petits paquets d'héro, et ils ont emporté tout ça avec eux. La trouillarde et l'autre mec sont restés dans le petit salon avec moi et ils ont essayé de jouer aux cartes. Mais ils avaient peur, tous les deux. Ils m'ont demandé si je voulais bien aller devant la porte, voir si on entendait quelque chose.

- Et alors ?

- J'ai entendu des pleurs. Je l'ai entendue qui pleurait très doucement. J'entendais aussi le petit - tu sais, celui qui chante face à la caméra comme s'il allait pleurer dans leurs films - , il lui parlait, à voix basse et en disant des trucs de dingue. Il lui disait ce qu'il allait lui faire. Les trucs qu'il allait lui faire.

- Qu'est-ce qu'il disait qu'il allait lui faire ?" demanda Hop. Il entendit à nouveau la voix de la femme, se brisant lentement. "Non ... Non ..." Puis : "Oh ! non, oh ! non. Pas ça ! Pas ça !" ... [...]
+ Lire la suite
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