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ISBN : 2290054097
Éditeur : Editions 84 (05/04/2013)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 19 notes)
Résumé :
En haut, en bas... Voilà deux expressions qui n'ont pas cours à Flatland.
À les employer, on risque de perdre la tête, au propre comme au figuré.
Car si les habitants de cet univers qui ne connaît que DEUX DIMENSIONS n'ont pas à craindre que le ciel leur tombe sur la tête, ils détestent les illuminés et les faux prophètes qui prêchent l'évangile de la TROISIÈME dimension.
Pourtant, le narrateur de cette étrange aventure, un très raisonnable Carr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Jipi
  21 juin 2019
Une fourmi aura-t-elle un jour la capacité de réaliser qu'elle peut vivre à deux pas d'une autoroute ?
Sera-elle capable sans aucune aide d'en percevoir le sens et de créer en sa compagnie un nouveau partenariat lui permettant de conquérir une nouvelle envergure?
Dans l'univers de Flatland il n'y a depuis toujours que deux dimensions constituant de la figure la plus sommaire à la figure la plus élaborée la garniture intellectuelle de chacun de ses éléments.
La ligne droite pour les plus demeurés. le cercle pour les plus évolués.
La femme au pilon, le prêtre au balcon.
3*3 pour l'éternité en acceptant son rang sans broncher.
Flatland n'ayant toujours connu que ce principe s'en accommode parfaitement n'ayant nullement besoin de la révélation d'un autre monde.
Il suffit simplement d'en accepter les règles, de savoir manipuler un organigramme à son avantage, en sachant bien que le plus opulent des polygones réguliers restera toujours malgré le maximum de ce qu'il pourra réaliser que le vassal de la figure la plus parfaite.
Spaceland agrandit les choses.
En prenant de la hauteur, le triangle, le carré et le polygone s'observent (tout en élargissant leur champ de vision) enfin dans leur intégralité et non plus pièce par pièce.
Pour certains cette nouvelle approche malgré sa valeur reste déstabilisante, inacceptable mais avec beaucoup d'efforts et l'incapacité de contester une évidence elle commence à perturber de plus en plus certaines certitudes.
3*3*3
L'évangile à trois dimensions offre une chance inespérée, celle de sortir de la caverne et de ses dépendances visuelles imperméables à tout chamboulement de leurs emprises.
La conception d'un solide préalablement ignoré dont la tubulure hissée vers le ciel, abandonne un septentrion plat procédurier et ronronnant.
N'en serions-nous pas au même point.
Nos méninges domestiquées possèdent au même titre que l'univers visible, une ligne d'horizon que nous n'arrivons ou ne voulons pas franchir.
Ou tout simplement masquée suite à nos comportements décevants.
Le dépassement des capacités humaines ressemble pour l'instant à la vision d'une nuit étoilée dont le contenu est intouchable.
Des milliards de connexions inconnues dans un labyrinthe infini cadenassé suite à nos routines et à nos difficultés d'entreprendre.
Une vie simple passée dans un enfermement quotidien dont le prologue consiste à se reproduire et l'épilogue à transmettre à sa descendance, un infime pic lumineux ou un misérabilisme ténébreux, permettant à l'histoire de l'espèce humaine de continuer dans le reformatage de ses accumulations sensitives.
Pendant que scintille au dessus de nos têtes dans l'indifférence quasi générale une rivière de diamant infinie et absolue.
Le mouvement, ressource première et nécessaire à tous nos déplacements et créativités ne produit plus que des devenirs basiques semblables à des balbutiements locaux cadencés par nos icônes terrestres.
Comment accéder à toutes les clés de tous ces manques? le pouvons-nous par nous-mêmes? En avons-nous vraiment envie? Nous faudra-t'il pour cela l'apport d'un maitre venu d'ailleurs?
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Prudence
  24 novembre 2017
Un livre extrêmement étrange où l'auteur est un carré qui nous raconte son monde d'origine, Flatland, un univers en 2 dimensions… enfin peut être. La perspective adoptée est incroyablement originale et étonnante, plus mathématique que littéraire.
J'ai une version numérique sans schémas, mais il semble que le livre soit prévu avec de nombreux schémas et illustrations.
Le monde est organisé en fonction de castes sociales : les triangles isocèles en bas de l'échelle sociale et représentants les ouvriers, ensuite les triangles équilatéraux, et les figures à plus de 4 côtés comme les carrés commencent à être le dessus du panier, avec tout en haut les figures à quelques vingtaines de côtés et les prêtres qui sont ronds (du moins le prétendent-ils)... ou avec tellement de côtés qu'on ne peut pas les compter. Et très loin, tout en bas de l'échelle sociale : les Femmes, celles qu'on enferme car elles sont stupides, irrationnelles et terriblement dangereuses. Plus on est en bas de l'échelle sociale plus on est physiquement dangereux et intellectuellement faible. Les figures doivent impérativement être régulières, les irréguliers étant mal traités et éliminés.
Rien ne pourrait paraître plus éloigné de notre monde et pourtant j'y vois tellement de parallèles ! Qu'on parle de caste, de races (d'une manière sociologique, pas biologique), de milieux sociaux et socio-professionnels… que d'échos sur les représentations que se font les gens, que de miroirs de nos problèmes de stéréotypes, de préjugés et de discriminations !
J'ai parfois trouvé ça assez violent à lire tant l'empathie pour les lignes droites (les Femmes) était forte, cela m'a rappelé des livres sur les conditions de vie des femmes dans certains pays : enfermées à la maison, obligées d'être accompagnées par des hommes de leur famille quand elles sortent… pas besoin d'être à Flatland.
Notre héros carré se baladera ainsi dans plusieurs univers ayant chacun un nombre différent de dimensions ce qui évidemment influence considérablement le point de vue des habitants, leurs coutumes, lois et représentations sociales.
« "Voyez", dit mon Guide. "C'est à Flatland, au Plat Pays que vous vivez. Vous avez vu en rêve Lineland, le Pays de la Ligne. Vous vous êtes élevé avec moi vers les hauteurs de Spaceland le Pays de l'Espace. Et maintenant, pour compléter vos expériences, je vous conduis jusqu'au niveau le plus bas de l'existence à Pointland, le Pays du Point où il n'y a pas du tout de Dimensions. »
En conclusion j'ai trouvé ce livre très intriguant, intéressant et profondément original.

De point de vue de la misogynie qui a été reprochée à ce livre, je n'en suis pas persuadée (alors que c'est une préoccupation principale pour moi et que je la pense omniprésente en littérature) à cause de trois points :
1/ La dénonciation d'un état de fait ne veut pas dire que la personne le soutien et dans notre réalité les femmes sont fréquemment opprimées de manière systémique ainsi que dans son monde.
2/ La sphère (considérée presque comme une divinité dit: « Il ne m'appartient pas de classer les qualités humaines selon leurs mérites. Cependant, parmi les Êtres les meilleurs et les plus sages de Spaceland, il en est beaucoup qui éprouvent plus de respect pour les sentiments que pour l'intelligence, qui ont meilleurs opinion de vos Lignes Droites, si méprisées, que de vos Cercles tant loués. »
3/ Au fur et à mesure qu'il découvre des dimensions son point de vue change, évolue et cela peut nous pousser, nous, lecteurs, à remettre en question nos à priori, nos évidences et cela implique nos représentations sociales.
Il est donc tout à fait possible que l'auteur ait voulu défendre un point de vue plus égalitaire.
« Je me bornerai à mentionner les risques d'affaiblissement que court l'intellect masculin pour demander humblement aux Autorités supérieures de bien vouloir reconsidérer les principes qui régissent l'éducation féminine. » Même si le propos reste phallocentrés cela me semble orienté vers une demande de plus de droits des femmes, et il faut souvent passer par le fait de rassurer ou d'orienter son discours dans le sens du profit pour les hommes pour pouvoir faire passer des messages en vue d'augmenter les droits des femmes.
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Gusseuh
  29 décembre 2012
Chef d'oeuvre fou et méconnu de la science-fiction des origines, ce texte étrange, écrit en 1884, est le fruit du labeur d'un professeur de mathématique et théologien de renom, Edwin Abbott. Nous découvrons ici un monde en deux dimensions, régi par des règles strictes qui sont cohérentes de par l'univers décrit. Triangles, carrés et cercles vivent dans une harmonie apparente, étouffante de par ses conventions très victoriennes. Jusqu'au jour où une forme changeante, indéfinissable, traverse ce plan d'existence : une sphère, et ses révélations sur une troisième dimensions...
Sur un point de départ drôle et presque enfantin, Abbott développe un monde glaçant, cynique et rappelant les pires périodes de l'histoire moderne de l'humanité, se rapprochant par là même de la dystopie la plus profonde. Cette création d'univers force le respect par sa logique implacable et sa constante justification, ensuite secouée dans ses fondations par l'arrivée d'une autre dimension.
Jusqu'à cette question : de quoi est-on certain ?
À noter la qualité de cette édition, qui reprend la traduction de Philippe Blanchard pour les éditions Anatolia puis 10/18, bénéficie d'un soin de fabrication et de mise en page tout particulier : la couverture est en effet un jeu surprenant de découpe, de pliage et de vernis sélectif, tandis que la mise en page intérieure exploite à foison les formes géométriques, jusque dans les formes des pavés de texte. Une réussite éditoriale étonnante, pour un ouvrage majeur !
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Elouan00
  05 juillet 2017
En soi, l'idée du livre est assez captivante ; les aventures d'un carré dans d'autres dimensions, "la mise en cause de son monde plat par la découverte de l'intrusion d'une sphère" (j'aime la limpidité des résumés wiki). On devine l'enthousiasme avec lequel Flatland pourrait embrasser des possibles. On pourrait même parler de foi. Edwin Abbott condamne la certitude absolue quand elle ne se fonde que sur un mépris conformiste de la croyance (comme la foi aveugle en la suprématie de son monde, voire de l'inexistence des autres). Récemment je voulais lire L'homme éternel de Chesterton, peut-être qu'il y a un rapprochement à faire ?
"Quand, par exemple, fut soulevée la question du traitement des fous qui disaient avoir reçu le pouvoir d'observer l'intérieur des choses, je citai les paroles d'un vieux Cercle qui affirmait que les Prophètes et les gens inspirés sont toujours considérés par la majorité comme des fous"
Mais ce qui m'a le plus parlé, c'est le pessimisme qui semble traverser tout le récit d'Abbott. Flatland est le roman de l'incompréhension ; malgré tous leurs efforts, les formes singulières de ce livre ne traversent jamais vraiment l'opacité de leurs frontières, qu'elles soient dimensionnelles ou intellectuelles. Et de fait, ne comprenant pas le monde d'autrui, ils ne comprennent rien au monde. Mais encore, Abbott décrit et déplore l'inévitable pente que descend selon lui la société à son époque, celle du nivellement par le bas, au nom de l'égalité sociale, qui n'est pas sans évoquer le démantèlement de l'aristocratie.
"Au lieu de pouvoir se contenter de toucher, ou d'estimer par la vue, un seul angle pour déterminer la forme d'un individu il serait nécessaire de faire subir à chaque angle l'expérience du Toucher afin de l'évaluer. Et la vie entière ne suffirait pas à ces fastidieux attouchements. L'ensemble des sciences et des arts de la Reconnaissance Visuelle disparaîtrait dans l'instant ; le Toucher, pour autant qu'on puisse le considérer comme un art, ne survivrait pas longtemps ; les rapports deviendraient dangereux voire impossibles ; ce serait la fin de toute confiance, de toute prévoyance ; personne ne pourrait, sans risque, commettre l'acte social le plus simple."
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delitterys
  28 février 2013
Imaginez que le monde soit une feuille de papier. Dans cet univers gouverné par une logique mathématiques à deux dimensions, des figures géométriques sexuées évoluent, nous présentant leurs physiologies (les femmes sont des lignes, les hommes des formes), leurs moeurs (misogynes, donc…), leur armée (des triangles bornés) leur religion (la foi parfaite de cercles-prêtres), leurs classes sociales (organisées selon un principe de segmentation), leurs idées politiques…
Dans ce petit monde peu à peu perturbé par l'arrivée de la couleur, un Carré en vient à appréhender la troisième dimension et fait trembler les fondements de cette utopie euclidienne.
Dans le cheminement de Carré, on peut lire une lutte contre le conformisme de la pensée ambiante et une défense de la liberté d'opinion...
La suite par ici : http://www.delitteris.com/au-fil-des-pages/flatland/
Lien : http://www.delitteris.com/au..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
PrudencePrudence   24 novembre 2017
Je me sens parfois écrasé par un fardeau pesant: l'idée que mon imagination ne se représente plus en toute exactitude la forme précise de ce Cube vu une seule fois et souvent regretté dans mes visions nocturnes, le mystérieux précepte "Vers le Haut, et non pas vers le Nord" me hante comme un Sphinx et me dévore l'âme.
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GuindouleGuindoule   17 octobre 2015
"L'irrégulier, disent-ils, est depuis sa naissance repoussé par ses propres parents, tourné en dérision par ses frères et sœurs, négligé par les domestiques, méprisé et suspecté par la société et exclu de tous les postes à responsabilité, de confiance et d'utilité. Ses moindres mouvements sont scrupuleusement surveillés par la police jusqu'à ce qu'il devienne majeur et qu'il se présente à l'inspection; il est alors autorisée, soit emmuré dans un Bureau gouvernemental comme employé de septième classe ; il lui est interdit de se marier ; il est enchaîné à une tâche sans intérêt pour un salaire de misère ; il est obligé de vivre et de manger au bureau et, même pendant les vacances, de rester sous étroite surveillance : et l'on s'étonnera que la nature humaine, même chez les meilleurs et les plus purs, s'aigrisse et se pervertisse dans un tel environnement!"
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ShakespeareShakespeare   31 mai 2014
Imaginez une immense feuille de papier sur laquelle des Lignes droites, des Triangles, des Carrés, des Pentagones, des Hexagones et d'autres Figures, au lieu de rester fixes à leur place, se déplacent librement sur ou à la surface, mais sans avoir la faculté de s'élever au-dessus ou de s'enfoncer au-dessous de cette surface, tout à fait comme des ombres - à cela près qu'elles sont dures et ont des bords lumineux - et vous aurez une idée assez exacte de mon pays et de mes compatriotes. Hélas, il y a quelques années encore, j'aurais dit "de mon univers" : mais à présent mon esprit s'est ouvert à une conception plus haute des choses.

(Chapitre I, De la Nature de Flatland)
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PrudencePrudence   24 novembre 2017
Il y a environ trois cents ans, un Cercle Suprême décréta que les Femmes, étant dépourvues de Raison, mais riches en Emotions, il ne fallait plus les traiter en êtres relationnels ni leur donner une éducation mentale quelconque. Le résultat fut qu'on ne leur apprit plus à lire et qu'on ne leur inculqua même plus assez d'Arithmétique pour leur permettre de compter les angles de leur mari ou de leurs enfants et, par voie de conséquence, leurs facultés intellectuelles déclinèrent sensiblement d'une génération à l'autre. Ce système qui refuse l'éducation aux femmes, ou quiétisme, est encore en vigueur.
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Anis0206Anis0206   16 février 2017
Chez nous, une Loi de la Nature veut qu’un enfant mâle ait toujours un côté de plus que son père, de sorte que chaque génération s’élève (en règle générale) d’un échelon sur la voie du progrès et de l’anoblissement. Ainsi le fils d’un Carré sera un Pentagone ; le fils du Pentagone, un Hexagone ; etc.
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Videos de Edwin A. Abbott (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edwin A. Abbott
Bande annonce du dessin animé de Ladd Ehlinger Jr, Flatland (2007).
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