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EAN : 9782709643856
350 pages
J.-C. Lattès (30/10/2013)
2.97/5   92 notes
Résumé :
Addy et Beth sont fortes, dures à cuire, inséparables et invincibles. Membres de l'équipe de pom-pom girls du lycée, « parce qu'il faut bien quelque chose pour occuper le vide de l'adolescence ». Elles sont parfaites : leurs jambes galbées, leur ventre plat, leurs queues-de-cheval de la même longueur, leur maquillage irréprochable.
Une nouvelle coach arrive au lycée et les choses commencent à changer. Grande, belle, intimidante, elle est parfaite elle aussi e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
2,97

sur 92 notes

NoemieTrnr
  23 mai 2020
Je referme ce livre en me disant que ce n'est qu'une lecture de plus. Je ne suis ni déçue, ni surprise. En fait, la série est à l'image du livre.
Il y a peu de temps la série « Dare Me » est sortit sur Netflix, adaptation du livre Vilaines Filles de Megan Abbott. En terminant la série j'étais plutôt intriguée et je me suis dis pourquoi pas acheté le livre. Seule la moitié du roman a été adapté et la saison 2 étant finalement annulée, j'ai donc en lisant ce livre trouver les réponses à mes questions.
Mais au final rien de spécial. C'est une lecture comme une autre. Ambiance malsaine, aucun suspens, aucun mystère, personnages beaucoup trop stéréotypés et donc pas du tout attachant.
Ce livre me laisse complètement indifférante.
Je ne recommande pas, à moins que vous ayez vu la série et ayez envie de connaître la fin de l'histoire... c'est tout pour moi.
Commenter  J’apprécie          220
Woland
  19 juin 2015
Dare Me
Traduction : Jean Esch
ISBN : 9782709643856
Les romans de Megan Abbott ont, tous, quelque chose de vénéneux. Mais "Vilaines Filles" remporte pour moi - jusqu'ici en tous cas - la médaille du venin, avec une plongée hallucinante dans le monde des cheerleaders (ou pom-pom-girls), des relations qu'elles entretiennent entre elles bien sûr mais aussi avec leur coach et aussi, tout bêtement, des relations de pouvoir au sein de la gent féminine. Au sujet d'Abbott, certains n'hésitent pas à évoquer Ellroy et plus j'avance dans la connaissance de son oeuvre, plus je me dis qu'ils n'ont pas tort. Ellroy est certes plus brutal - en tous cas en apparence. Mais Abbott l'est tout autant - sans avoir l'air d'y toucher.
Quel est le pire ? Ou plutôt le meilleur ? Cela n'a pas d'importance : on adore les deux ou, à mon avis, on les déteste complètement - mais il ne peut pas y avoir de milieu.
Tout commence ici avec une équipe de pom-pom-girls qui change d'entraîneur - ou plutôt d'entraîneuse. La capitaine, Beth, amie intime depuis la maternelle de la narratrice, Addy, voit l'arrivante d'un mauvais oeil. de fait, elle perd bientôt son titre de capitaine. Et c'est son petit "toutou", qui aimerait tant qu'elle la remarque, Tacy, qui devient voltigeuse en titre. A bien y regarder, cette activité, tout à fait banale dans les high schools américaines, est un véritable casse-gueule. le travail accompli par ces filles relève à la fois de la gymnastique professionnelle et du numéro de cirque : la perfection, une concentration absolue, un esprit d'équipe (ou plutôt de pyramide, devrait-on dire), y sont exigés. Sinon, cela peut se révéler très grave - si ce n'est mortel ...
Les rivalités sont nombreuses au sein du groupe. Surtout que la Coach - avec une majuscule, comme la désignent les filles - se prend d'amitié pour Addy. Or Beth n'est pas de celles qui partagent leurs amis ou amies. Et puis, la Coach, pourtant mariée et mère d'une petite fille, a une liaison avec un policier local, un "beau mâle", veuf de surcroît, que Beth et RiRi, les deux filles les plus fêtardes du lycée, se sont juré de séduire.
Là-dessus - il fallait s'y attendre - Will, le policier, est retrouvé mort, chez lui, une balle en plein visage. Cela, nous le savons depuis longtemps, nous, lecteurs, car c'est là-dessus que s'ouvre le roman, sur l'arrivée d'Addy, appelée par une Coach paniquée, dans l'appartement de Will. Pourtant tellement responsable quand il est question de sauts, de pyramides et de flips arrière ou avant, la Coach n'a pas hésité à entraîner dans cette aventure sinistre l'élève que, en apparence en tous cas, elle préfère.
Par la suite, Megan Abbott nous fait revenir quatre mois en arrière, nous détaillant par le menu la situation qui s'installe avec l'arrivée de la nouvelle Coach. Et comme toujours avec cet auteur, il faut lire lentement - et souvent entre les lignes - s'appesantir sur telle ou telle phrase, sur telle ou telle scène ... Dès le début, l'auteur parvient à ce que nous nous fassions une idée de la situation qui, en fait, on va mettre tout le roman pour nous en apercevoir, est intégralement fausse - ou plutôt faussée. Par un détail que nous ignorons et qui ne nous est livré qu'à la dernière minute, ou presque. Mais c'est accompli de manière supérieurement habile, nous suivons comme des moutons hypnotisés, nous soupçonnons même Colette French - la Coach - d'avoir voulu impliquer Addy alors que seule la peur l'a fait agir et bien sûr, nous soupçonnons tout le monde d'être le coupable ... sauf la seule personne qui avait bien des raisons pour devenir très méchante, le soir où Will a été assassiné.
Mais le pire reste à venir. Car cet assassinat a été pour ainsi dire téléguidé par un esprit jeune mais singulièrement tordu, une jeune fille qui, en fournissant certaine photo à l'assassin, a poussé celui-ci au crime alors que la photo ne représentait en rien Will et la Coach dans les bras l'un de l'autre.
Ah ! oui, c'est écrit de main de maître. Un petit tour par-ci, un petit tour par-là, une queue de cheval qui tremblote sur la pyramide, les ordres secs de la Coach pour "le Grand Match", des chutes, certaines très dangereuses, sans être fatales, des mots doux ou cruels qui volent et s'envolent, d'invraisemblables régimes pour avoir le poids qu'il faut, et un climat général d'homosexualité féminine latent - ce qui apparaît d'ailleurs très souvent en filigrane chez Abbott. Dans ce roman cependant, peut-être parce que les héroïnes sont de jeunes adultes, cela se perçoit de manière beaucoup plus intense et les rivalités autour de la Coach rappellent aussi bien celles de filles voulant attirer l'attention de la Mère que d'une amante potentielle. Oui, je sais, je vais en choquer certaines et certains mais la préférence sexuelle n'est pas affirmée à l'adolescence. de même, "La Fin de l'Innocence", du même auteur, évoque à la fois la pédophilie et l'inceste. Mais nous en reparlerons.
En tous cas, je ne saurais trop vous engager à lire "Vilaines Filles" : les romans noirs écrits par des femmes sont rares mais ils sont souvent d'une redoutable efficacité. Et c'est le cas pour ceux de Megan Abbott même si, on ne le répétera jamais assez, son écriture est extrêmement subtile, à un point tel que certains lecteurs n'y verront que du bleu et ne comprendront pas l'intérêt que soulèvent ses intrigues. ;o)
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Sio
  25 novembre 2013
Tout le monde a en tête des images de pom-pom girls graciles, empilées en de vertigineuses tours humaines, bordant les terrains de football américain. Apparu au XIXe siècle, le cheerleading est peu à peu devenu une pratique largement répandue – même en France. La pom-pom girl fait désormais partie des clichés du lycée américain : athlétique, populaire, adulée, elle fait généralement partie des lycéens les plus en vue des établissements. Ce qui induit nécessairement des frictions, jalousies, mesquineries. Un univers complexe de faux-semblants, que Megan Abbot explore dans son dernier roman, Vilaines filles.

Parce qu'il faut bien « occuper le vide de l'adolescence », Addy et Beth sont membres de l'équipe de pom-pom girls du lycée, respectivement seconde et capitaine. Comme il se doit, elles sont parfaites : jambes galbées, ventre plat, queues-de-cheval de la même longueur, maquillage irréprochable. Fortes, inséparables, ce sont d'invincibles dures à cuire, que rien ne perturbe. Elles ont la mainmise sur l'équipe et, de fait, sur une grande partie du lycée.
Arrive alors une nouvelle coach pour l'équipe : grande, belle, intimidante, Colette French ne s'en laisse pas conter et place de grands espoirs dans l'équipe. Si Beth n'est pas séduite, Addy, elle, est immédiatement attirée par Colette, comme le reste de l'équipe. Et les filles changent, car elles sont prêtes à tout pour obtenir les faveurs de Colette, et se façonner à son image. Chacune – sauf Beth, la forte-tête – redouble d'effort et s'entraîne toujours plus dur pour devenir plus rapide, plus forte, plus résistante, plus mince, quelles que soient les conséquences.
Fini le temps de l'innocence, du laisser-aller, des interminables après-midis à ne rien faire. Avec Colette arrivent les sanctions, la discipline, le travail et la souffrance. Les règles changent, les filles se transforment, et en viennent à apprécier et rechercher cet entraînement qui repousse leurs limites. À la nonchalance habituelle succède donc une période d'intense activité, et de tourments sans fin : ce beignet si appétissant est-il vraiment nécessaire ? N'est-il pas trop gras, trop lourd, totalement inapproprié ? La question de l'anorexie, des régimes à outrance est là, mais seulement en toile de fond. Ce sont celles de la relation coach-élève, et des amitiés adolescentes qui prennent toute la place. Car il est clair que les filles tombent toutes, et très rapidement, sous la coupe de Colette. Toutes, sauf Beth Cassidy, la terrifiante capitaine. La nouvelle intimité entre la coach et son équipe agace profondément Beth qui se rebelle et dédaigne ses amies, notamment Addy.
La relation entre les deux jeunes filles est forte, quasi-fusionnelle, et toujours sur la corde raide : on sent que la situation est prête à imploser. Habituées à toujours tout faire ensemble, et à toujours être du même côté, les deux jeunes filles négocient difficilement ce virage. Addy ne supporte plus l'influence de Beth, et celle-ci ne supporte pas de voir Addy s'éloigner. Forcément, les choses tournent au vinaigre, car l'amitié de Beth vire à l'obsession. En manipulatrice experte, Beth se jure de remédier à la situation, quitte à impliquer n'importe qui dans ses plans machiavéliques. Cette obsession, la jalousie, les compétitions entre filles prennent peu à peu une place folle et écrasent le reste.
L'ambiance est oppressante, nocive, quasiment délétère, mais la coach semble s'en satisfaire, alors que l'équipe se transforme peu à peu en sac de mesquineries abjectes.
Et soudain, le drame. Celui que l'on pressentait venir sans mettre tout à fait le doigt dessus, celui qui va changer la donne. Il n'est plus seulement question de qui tiendra la place de voltigeuse dans l'équipe, ou de qui réussira la première à s'attirer les faveurs des sergents-recruteurs placés dans le hall. le quotidien des filles est brutalement rattrapé par la sordide réalité. D'oppressante, l'ambiance devient carrément malsaine : Addy a le sentiment que Beth a sa part de responsabilités dans l'histoire, sans réussir à soutirer des informations sur le rôle qu'elle a – forcément – joué. Beth, de son côté, vit sa vie, continue de tyranniser l'équipe sans sourciller. La coach, quant à elle, s'enfonce dans les méandres d'un comportement étrange et pour le moins suspect.
Megan Abbott mène sa barque dans la psyché de ces filles avec talent : les comportements sont détaillés, finement étudiés, et cela renforce le malaise ambiant. Les filles sont des figures froides, hermétiques, auxquelles on a du mal à s'attacher, ou pour lesquelles il est difficile de ressentir de la compassion ; l'auteur parvient à mettre en scène les subtilités d'un univers adolescent au bord de la crise. le rythme du récit est lent, ce qui ajoute au malaise latent. On s'attendrait à ce que le drame entraîne un changement de rythme, ou de registre, mais il n'en est rien : le roman poursuit sur sa lancée avec cette ambiance prenante mais oppressante, ces non-dits, ces manipulations sans fin, sans proposer de nouveauté, ce qui est un peu dommage. Au malaise du début succède une indolence peu adéquate pour un récit flirtant avec le thriller psychologique. Mais ce qui compte, ici, ce n'est pas tant la découverte du coupable que l'autopsie des relations entre ces adolescentes poussées à bout, pleine d'une ambition sans bornes, et pas toujours très regardantes sur leurs actes. de ce point de vue-là, Vilaines filles est un roman très réussi : on est embarqués dans cette ambiance glauque, légèrement rebutés, mais absolument fascinés par les événements – macabres – qui nous sont décrits. Avec Vilaines filles, Megan Abbott présente donc un roman très prenant du point de vue du contexte, avec une analyse psychologique assez fine, mais que le rythme (trop lent, et pas assez dosé) rend assez long et peu dynamique, ce qui est un peu dommage. Ceci étant dit, le roman flirte allègrement avec le thriller psychologique, et l'étude des moeurs, et s'avère aussi prenant que dérangeant. Déroutant à souhait, c'est à n'en pas douter un très bon roman sur l'univers trop peu connu des cheerleaders, mais surtout sur les troublantes amitiés adolescentes !
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PierreF
  04 mars 2016
Depuis Adieu Gloria, Megan Abbott fait partie des auteurs dont je lis tous les romans, car j'adore sa façon d'écrire, sa subtilité, sa finesse, la façon qu'elle a de construire ses intrigues par petites scènes avec un choix fin de ses phrases, de ses mots, et des émotions qu'elle transmet. Ce roman, encore une fois, tape dans le mille.
A Sutton Grove, les cheerleaders agrémentent les matches de leur équipe. Beth est la capitaine et Addy, sa meilleure amie est sa lieutenante. Pour démarrer cette nouvelle saison, une nouvelle coach débarque. Elle s'appelle Colette French et est bien décidée à leur faire franchir un pas, devenir les meilleures. Elle leur fait faire des entrainements extrêmement durs physiquement, arbore une attitude distante et sans concession, et sa première décision est de destituer Beth de son rang de capitaine.
Addy est subjuguée par Colette. Elle passe bientôt beaucoup de temps avec la famille French, Matt le mari qui est comptable, travaille beaucoup et est souvent absent et la petite Caitlin, âgée de quatre ans. Addy, qui ne voyait que par Beth, la suivant partout, croyant ce qu'elle disait, buvant chacune de ses paroles se trouve une nouvelle icône, Colette, passant de nombreuses soirées en sa compagnie.
Le sergent Will est recruteur pour l'armée, détaché auprès du lycée. Il est d'une beauté confondante et a cet air triste des gens qui ont perdu leur femme trop tôt. Beth a vite compris que Colette et Will sont amants. Addy va aussi le découvrir. Après quelques semaines, Will est retrouvé dans son appartement, suicidé d'une balle dans la tête. Mais s'est-il réellement suicidé ? Addy, aveuglée par ses idoles, va découvrir une vérité douloureuse.
Une nouvelle fois, Megan Abbott nous concocte un suspense psychologique parfait, à travers les yeux d'Addy qui en est la narratrice. Addy, jeune adolescente, en mal d'émancipation, à la recherche d'un pilier sur lequel se reposer, curieuse du monde des adultes et à l'écoute du moindre des ragots, faisant toutes les déductions sur ce qu'elle apprend pour comprendre ce monde auquel elle ne comprend bien.
Il y a de l'amour dans ce livre, il y a de la haine dans ce livre, il y a de la manipulation dans ce livre, et dans chaque phrase, chaque mot est soigneusement choisi pour semer le doute, pour faire naître le trouble. Encore une fois, la traduction rend formidablement hommage à la subtilité du style de Megan Abbott et en cela, je vous remercie, M. Jean Esch. Car, jusqu'à la dernière ligne de la dernière page, on appréciera le suspense, les questionnements et les doutes que l'on ressent à la lecture de ce roman. Et Megan Abbott excelle dans ces situations intimes de faux semblants.
J'avais déjà apprécié La fin de l'innocence ou Envoutée, qui avançait selon le même principe, mais avec une addition de petites scènes. Cette fois-ci, la narration est plus linéaire, mais avec toute une foultitude de détails qui nous plongent dans le monde inconnu (ou mal connu) pour nous des cheerleaders, ces reines du sport qui prennent des risques inconsidérés pour se lancer des défis, pour se sentir plus grandes que la vie, pour grandir, franchir le pas et devenir adultes.
Megan Abbott creuse aussi le thème du mensonge et de son poids dans la vie. Si Beth apparait comme une intrigante, une star déchue de son piédestal, Colette apparait comme une idole étrange, auréolée d'un mystère fascinant tandis qu'Addy est triturée entre les deux personnes qu'elle adore. Mais que s'est-il réellement passé dans cette chambre ? Megan Abbott ouvre toutes les portes du possible et nous livre un roman sur les adolescentes rêvant de la pureté du soleil remarquable. Mais, qui s'approche trop près du soleil se brule les ailes. D'ailleurs, le soleil existe-t-il pour ces jeunes en mal de reconnaissance ? La fin justifie-t-elle tous les moyens ?
Lien : https://blacknovel1.wordpres..
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janessane
  23 octobre 2016
"Vilaines filles" est un roman profondément dérangeant mais dont on ne peut se soustraire à la lecture, tant l'envie d'en savoir plus nous tenaille.
Bienvenue dans le monde cruel et pailleté des cheerleaders, vous savez, celui de ces jeunes filles aux jupes si courtes, aux corps élancés et dont tous les regards sont tournés vers elles. Car oui, elles sont populaires ces filles-là. Elles appartiennent à un groupe très prisé, voire une caste. Parmi elles, il y en a toujours une plus belle, plus "garce" que les autres. Tout le monde l'aime autant qu'il la hait. Chacune souhaite avoir ses faveurs et chacune souhaite prendre sa place. Bien sûr, elle n'oeuvre pas seule. Elle a une meilleure amie qui la suit comme son ombre, qui est prête à tout pour elle et qui l'aime sincèrement...Du moins le croit-elle...
Dans ce "doux" climat de l'adolescence, ajoutez l'arrivée d'une nouvelle coach qui n'a que pour ambition de mener ces filles-là loin, très loin...Fini les minauderies, chacune va devoir apprivoiser son corps pour toucher à l'excellence et devenir une vraie cheerleader, capable des plus belles et dangereuses acrobaties.
Le décor est planté et la tragédie peut se jouer. Beth, la capitaine, est détrônée. Son "lieutenant"et donc meilleure amie; Addy, s'éloigne d'elle, captivée par cette coach énigmatique qui la choisit comme confidente. Toutes les frontières déjà bien fragiles s'écroulent. Beth ne supporte pas d'être ainsi écartée et n'aura que pour but la vengeance. Addy veut briller dans les yeux d'une autre et se découvre prête à tout pour cela. Et la coach, celle qui impose un corps parfait, se fourvoie dans des soirées avinées avec "ses filles", allant jusqu'à faire d'Addy le témoin de son adultère. Dorénavant, plus aucune règle n'existe. Ces filles sont livrées en pâture à cette femme si peu équilibrée. Les parents sont absents et seule la révolte adolescente gronde. La mort de l'amant de la coach finira par tout faire voler en éclat et nous dévoilera une vérité que même la protagoniste principale de l'histoire ne soupçonnait pas.
Ce roman a un goût de soufre, de scandale. le pouvoir, l'apparence mais aussi la recherche d'un amour exclusif y sont au centre et quand il s'agit de mettre tous ces ingrédients dans les mains de très jeunes filles on ne peut que se douter que cela finira mal...Et l'on retiendra qu'il faut toujours se méfier de celles qui restent dans l'ombre...
Une vraie découverte que cette auteur! Et si c'était une première pour moi, ce ne sera pas une dernière...
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critiques presse (1)
LesEchos   27 novembre 2013
Megan Abbott explore avec une sensualité suggestive les désirs adolescents : narcissiques, contradictoires et bisexuels… un appétit féroce qui traduit une soif infinie d’amour et de reconnaissance.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   19 juin 2015
[...] ... - "J'ai choisi d'exceller, pas de rivaliser ... Et vous ?

J'ai choisi d'apporter des changements, pas des excuses ... Et vous ?

D'être motivée, pas manipulée.

D'être utile, pas utilisée."

Beth pourrait revenir à l'automne, non ? ne cesse de demander Emily. Elle est rentrée chez elle, elle a passé ses exams, je l'ai même vue dans sa voiture.

Mais je sais qu'elle ne reviendra jamais. Et je lui ai pris quelque chose que je ne veux même pas regarder. Je ne regarderai pas.

- "J'ai choisi de vivre en vivant mes choix," dis-je, "pas le hasard. Et vous ?"

Elles se tiennent par la main, leurs doigts s'entremêlent, elles lèvent les yeux vers moi, vers RiRi et son corps magnifique, vers Emily et son sourire béat. Vers nous toutes.

- "Etre cheerleader m'a appris à faire confiance à mes camarades quand je tombe," dis-je, et c'est le visage de Beth que je vois quand mon regard glisse sur elle, sur les gradins vides, pas celui de la Coach. C'est le visage de Beth, avec toute cette obscurité, cette espièglerie, ce désordre, et, en dessous, ce coeur qui bat.

Tournant le dos aux tribunes pour faire face à mes filles, je rassemble tout dans ma poitrine. Et je le garde là. Je dois le tenir solidement. Toutes ces choses que j'ai apprises ...

- "Cela m'a appris," dis-je en retenant mon souffle, "à être une meneuse." [...]
+ Lire la suite
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WolandWoland   19 juin 2015
[...] ... Prologue

"Il s'est passé quelque chose, Addy. Je crois que tu devrais venir."

L'air est lourd, embrumé, agréable. Il est bientôt deux heures du matin et je suis au sommet de la crête, le pouce appuyé sur le bouton argenté : 27-G.

"Dépêche-toi, s'il te plaît."

L'interphone bzzzzzz, la porte émet un bruit sourd, j'entre.

Tandis que je traverse le hall, elle continue à bourdonner, les murs de verre vibrent.

Comme l'exercice sur les tornades à l'école primaire, Beth et moi collées l'une à l'autre, nos jambes qui se touchent à travers nos jeans. Le bruit de notre respiration. Avant que l'on cesse tous de croire qu'une tornade, ou n'importe quoi d'autre, puisse nous atteindre, jamais.

"Je ne peux pas regarder. Quand tu arriveras, ne m'oblige pas à regarder, s'il te plaît."

Dans l'ascenseur, jusqu'en haut, mes jambes flageolent, 1-2-3-4, les chiffres brillent, incandescents.

Il fait noir dans l'appartement, une lampe projette un cône halogène dans le coin le plus reculé. ... [...]
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NoemieTrnrNoemieTrnr   23 mai 2020
Une bonne cheerleader ne se mesure pas à la hauteur de ses sauts, mais à l’envergure de son esprit !
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OdlagOdlag   05 décembre 2017
Oh, la frustration quotidiennes sur le visage aux lèvres écarlates de RiRi, et pire encore : l'air renfrogné de Beth qu'elle porte toute la journée comme un voile noir.
Entre la Coach et le sergent, elle a grandement de quoi être malheureuse.
Mais au lieu de réagir par la colère et des complots, elle reste calme, elle ressasse.
Il y a un côté sorcière là-dedans, et ça m'inquiète.
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florignyflorigny   29 octobre 2021
Au départ, être cheerleader, c'était pour occuper mes journées, toutes nos journées. De quatorze à dix-huit ans, une fille a besoin de tuer tout ce temps, cette attente interminable, cette démangeaison, à chaque heure, chaque jour, avant qu'il se passe un événement, n'importe quoi.
"Il y a quelque chose de dangereux dans l'ennui des adolescentes".
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