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EAN : 9782709643856
350 pages
J.-C. Lattès (30/10/2013)
2.94/5   106 notes
Résumé :
Addy et Beth sont fortes, dures à cuire, inséparables et invincibles. Membres de l'équipe de pom-pom girls du lycée, « parce qu'il faut bien quelque chose pour occuper le vide de l'adolescence ». Elles sont parfaites : leurs jambes galbées, leur ventre plat, leurs queues-de-cheval de la même longueur, leur maquillage irréprochable.
Une nouvelle coach arrive au lycée et les choses commencent à changer. Grande, belle, intimidante, elle est parfaite elle aussi e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
2,94

sur 106 notes
Hypnotisant, noir, malsain, ambigu, vénéneux, et venimeux...

Ne vous attendez pas à ce que ces vilaines filles ne soient que des pom pom girls sautillantes, un brin superficielles, des clichés ambulants. Ce qui intéresse Megan Abbott, c'est ce qu'elles ont dans le crane. Manipulatrices, manipulées, guerrières, volontaires, jusqu'au boutistes, travailleuses, acharnées, ambitieuses, très ambitieuses...

Quelque part aux USA... le lieu n'a aucune importance.
Elles sont une poignée d'heureuses élues, des cheerleaders ; et pour l'heure , elles vont changer de coach. Arrive Colette, elle est jeune, mariée, un enfant. Et très vite , elle se met les filles dans la poche. Admiration, fascination.
Toutes sauf une , l'irréductible Beth, qui ne voit pas d'un très bon oeil, son influence diminuer. Pas d'un très bon oeil, sa meilleure amie lui échapper.
Lorsqu'un suicide arrive, rien ne sera plus pareil.


C'est un roman noir, pas un roman policier, le lecteur ne sera pas du côté des enquêteurs, mais dans le camp des filles. Des vilaines filles.
C'est un exercice de haute voltige que ce roman, aucun personnage à aimer, auquel s'identifier.
Jalousies, désir, emprise, amitiés amoureuses, homosexualité, admiration, rivalités, domination... Quel méli-mélo ! Ces adolescentes aveuglées par leurs ambitions, leur régimes drastiques, et leurs sentiments , sont bien seules, aucun adulte digne de ce nom. de ce lycée , on ne croisera presque personne, et le lecteur est comme étouffé par la moiteur de ce gymnase, comme suspendu en vol devant cette pyramide de filles qui n'ont peur de rien, surtout pas de tomber ou de faire tomber leurs camarades. " Pas de pitié."
Plus dure sera la chute de certains personnages qui n'ont rien vu venir.
De bruit et de sueur.
Un roman noir profondément original et une plume toujours aussi trouble et vénéneuse.
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Je referme ce livre en me disant que ce n'est qu'une lecture de plus. Je ne suis ni déçue, ni surprise. En fait, la série est à l'image du livre.

Il y a peu de temps la série « Dare Me » est sortit sur Netflix, adaptation du livre Vilaines Filles de Megan Abbott. En terminant la série j'étais plutôt intriguée et je me suis dis pourquoi pas acheté le livre. Seule la moitié du roman a été adapté et la saison 2 étant finalement annulée, j'ai donc en lisant ce livre trouver les réponses à mes questions.

Mais au final rien de spécial. C'est une lecture comme une autre. Ambiance malsaine, aucun suspens, aucun mystère, personnages beaucoup trop stéréotypés et donc pas du tout attachant.
Ce livre me laisse complètement indifférante.

Je ne recommande pas, à moins que vous ayez vu la série et ayez envie de connaître la fin de l'histoire... c'est tout pour moi.
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Dare Me
Traduction : Jean Esch

ISBN : 9782709643856

Les romans de Megan Abbott ont, tous, quelque chose de vénéneux. Mais "Vilaines Filles" remporte pour moi - jusqu'ici en tous cas - la médaille du venin, avec une plongée hallucinante dans le monde des cheerleaders (ou pom-pom-girls), des relations qu'elles entretiennent entre elles bien sûr mais aussi avec leur coach et aussi, tout bêtement, des relations de pouvoir au sein de la gent féminine. Au sujet d'Abbott, certains n'hésitent pas à évoquer Ellroy et plus j'avance dans la connaissance de son oeuvre, plus je me dis qu'ils n'ont pas tort. Ellroy est certes plus brutal - en tous cas en apparence. Mais Abbott l'est tout autant - sans avoir l'air d'y toucher.

Quel est le pire ? Ou plutôt le meilleur ? Cela n'a pas d'importance : on adore les deux ou, à mon avis, on les déteste complètement - mais il ne peut pas y avoir de milieu.

Tout commence ici avec une équipe de pom-pom-girls qui change d'entraîneur - ou plutôt d'entraîneuse. La capitaine, Beth, amie intime depuis la maternelle de la narratrice, Addy, voit l'arrivante d'un mauvais oeil. de fait, elle perd bientôt son titre de capitaine. Et c'est son petit "toutou", qui aimerait tant qu'elle la remarque, Tacy, qui devient voltigeuse en titre. A bien y regarder, cette activité, tout à fait banale dans les high schools américaines, est un véritable casse-gueule. le travail accompli par ces filles relève à la fois de la gymnastique professionnelle et du numéro de cirque : la perfection, une concentration absolue, un esprit d'équipe (ou plutôt de pyramide, devrait-on dire), y sont exigés. Sinon, cela peut se révéler très grave - si ce n'est mortel ...

Les rivalités sont nombreuses au sein du groupe. Surtout que la Coach - avec une majuscule, comme la désignent les filles - se prend d'amitié pour Addy. Or Beth n'est pas de celles qui partagent leurs amis ou amies. Et puis, la Coach, pourtant mariée et mère d'une petite fille, a une liaison avec un policier local, un "beau mâle", veuf de surcroît, que Beth et RiRi, les deux filles les plus fêtardes du lycée, se sont juré de séduire.

Là-dessus - il fallait s'y attendre - Will, le policier, est retrouvé mort, chez lui, une balle en plein visage. Cela, nous le savons depuis longtemps, nous, lecteurs, car c'est là-dessus que s'ouvre le roman, sur l'arrivée d'Addy, appelée par une Coach paniquée, dans l'appartement de Will. Pourtant tellement responsable quand il est question de sauts, de pyramides et de flips arrière ou avant, la Coach n'a pas hésité à entraîner dans cette aventure sinistre l'élève que, en apparence en tous cas, elle préfère.

Par la suite, Megan Abbott nous fait revenir quatre mois en arrière, nous détaillant par le menu la situation qui s'installe avec l'arrivée de la nouvelle Coach. Et comme toujours avec cet auteur, il faut lire lentement - et souvent entre les lignes - s'appesantir sur telle ou telle phrase, sur telle ou telle scène ... Dès le début, l'auteur parvient à ce que nous nous fassions une idée de la situation qui, en fait, on va mettre tout le roman pour nous en apercevoir, est intégralement fausse - ou plutôt faussée. Par un détail que nous ignorons et qui ne nous est livré qu'à la dernière minute, ou presque. Mais c'est accompli de manière supérieurement habile, nous suivons comme des moutons hypnotisés, nous soupçonnons même Colette French - la Coach - d'avoir voulu impliquer Addy alors que seule la peur l'a fait agir et bien sûr, nous soupçonnons tout le monde d'être le coupable ... sauf la seule personne qui avait bien des raisons pour devenir très méchante, le soir où Will a été assassiné.

Mais le pire reste à venir. Car cet assassinat a été pour ainsi dire téléguidé par un esprit jeune mais singulièrement tordu, une jeune fille qui, en fournissant certaine photo à l'assassin, a poussé celui-ci au crime alors que la photo ne représentait en rien Will et la Coach dans les bras l'un de l'autre.

Ah ! oui, c'est écrit de main de maître. Un petit tour par-ci, un petit tour par-là, une queue de cheval qui tremblote sur la pyramide, les ordres secs de la Coach pour "le Grand Match", des chutes, certaines très dangereuses, sans être fatales, des mots doux ou cruels qui volent et s'envolent, d'invraisemblables régimes pour avoir le poids qu'il faut, et un climat général d'homosexualité féminine latent - ce qui apparaît d'ailleurs très souvent en filigrane chez Abbott. Dans ce roman cependant, peut-être parce que les héroïnes sont de jeunes adultes, cela se perçoit de manière beaucoup plus intense et les rivalités autour de la Coach rappellent aussi bien celles de filles voulant attirer l'attention de la Mère que d'une amante potentielle. Oui, je sais, je vais en choquer certaines et certains mais la préférence sexuelle n'est pas affirmée à l'adolescence. de même, "La Fin de l'Innocence", du même auteur, évoque à la fois la pédophilie et l'inceste. Mais nous en reparlerons.

En tous cas, je ne saurais trop vous engager à lire "Vilaines Filles" : les romans noirs écrits par des femmes sont rares mais ils sont souvent d'une redoutable efficacité. Et c'est le cas pour ceux de Megan Abbott même si, on ne le répétera jamais assez, son écriture est extrêmement subtile, à un point tel que certains lecteurs n'y verront que du bleu et ne comprendront pas l'intérêt que soulèvent ses intrigues. ;o)
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Tout le monde a en tête des images de pom-pom girls graciles, empilées en de vertigineuses tours humaines, bordant les terrains de football américain. Apparu au XIXe siècle, le cheerleading est peu à peu devenu une pratique largement répandue – même en France. La pom-pom girl fait désormais partie des clichés du lycée américain : athlétique, populaire, adulée, elle fait généralement partie des lycéens les plus en vue des établissements. Ce qui induit nécessairement des frictions, jalousies, mesquineries. Un univers complexe de faux-semblants, que Megan Abbot explore dans son dernier roman, Vilaines filles.

Parce qu'il faut bien « occuper le vide de l'adolescence », Addy et Beth sont membres de l'équipe de pom-pom girls du lycée, respectivement seconde et capitaine. Comme il se doit, elles sont parfaites : jambes galbées, ventre plat, queues-de-cheval de la même longueur, maquillage irréprochable. Fortes, inséparables, ce sont d'invincibles dures à cuire, que rien ne perturbe. Elles ont la mainmise sur l'équipe et, de fait, sur une grande partie du lycée.
Arrive alors une nouvelle coach pour l'équipe : grande, belle, intimidante, Colette French ne s'en laisse pas conter et place de grands espoirs dans l'équipe. Si Beth n'est pas séduite, Addy, elle, est immédiatement attirée par Colette, comme le reste de l'équipe. Et les filles changent, car elles sont prêtes à tout pour obtenir les faveurs de Colette, et se façonner à son image. Chacune – sauf Beth, la forte-tête – redouble d'effort et s'entraîne toujours plus dur pour devenir plus rapide, plus forte, plus résistante, plus mince, quelles que soient les conséquences.
Fini le temps de l'innocence, du laisser-aller, des interminables après-midis à ne rien faire. Avec Colette arrivent les sanctions, la discipline, le travail et la souffrance. Les règles changent, les filles se transforment, et en viennent à apprécier et rechercher cet entraînement qui repousse leurs limites. À la nonchalance habituelle succède donc une période d'intense activité, et de tourments sans fin : ce beignet si appétissant est-il vraiment nécessaire ? N'est-il pas trop gras, trop lourd, totalement inapproprié ? La question de l'anorexie, des régimes à outrance est là, mais seulement en toile de fond. Ce sont celles de la relation coach-élève, et des amitiés adolescentes qui prennent toute la place. Car il est clair que les filles tombent toutes, et très rapidement, sous la coupe de Colette. Toutes, sauf Beth Cassidy, la terrifiante capitaine. La nouvelle intimité entre la coach et son équipe agace profondément Beth qui se rebelle et dédaigne ses amies, notamment Addy.
La relation entre les deux jeunes filles est forte, quasi-fusionnelle, et toujours sur la corde raide : on sent que la situation est prête à imploser. Habituées à toujours tout faire ensemble, et à toujours être du même côté, les deux jeunes filles négocient difficilement ce virage. Addy ne supporte plus l'influence de Beth, et celle-ci ne supporte pas de voir Addy s'éloigner. Forcément, les choses tournent au vinaigre, car l'amitié de Beth vire à l'obsession. En manipulatrice experte, Beth se jure de remédier à la situation, quitte à impliquer n'importe qui dans ses plans machiavéliques. Cette obsession, la jalousie, les compétitions entre filles prennent peu à peu une place folle et écrasent le reste.
L'ambiance est oppressante, nocive, quasiment délétère, mais la coach semble s'en satisfaire, alors que l'équipe se transforme peu à peu en sac de mesquineries abjectes.
Et soudain, le drame. Celui que l'on pressentait venir sans mettre tout à fait le doigt dessus, celui qui va changer la donne. Il n'est plus seulement question de qui tiendra la place de voltigeuse dans l'équipe, ou de qui réussira la première à s'attirer les faveurs des sergents-recruteurs placés dans le hall. le quotidien des filles est brutalement rattrapé par la sordide réalité. D'oppressante, l'ambiance devient carrément malsaine : Addy a le sentiment que Beth a sa part de responsabilités dans l'histoire, sans réussir à soutirer des informations sur le rôle qu'elle a – forcément – joué. Beth, de son côté, vit sa vie, continue de tyranniser l'équipe sans sourciller. La coach, quant à elle, s'enfonce dans les méandres d'un comportement étrange et pour le moins suspect.
Megan Abbott mène sa barque dans la psyché de ces filles avec talent : les comportements sont détaillés, finement étudiés, et cela renforce le malaise ambiant. Les filles sont des figures froides, hermétiques, auxquelles on a du mal à s'attacher, ou pour lesquelles il est difficile de ressentir de la compassion ; l'auteur parvient à mettre en scène les subtilités d'un univers adolescent au bord de la crise. le rythme du récit est lent, ce qui ajoute au malaise latent. On s'attendrait à ce que le drame entraîne un changement de rythme, ou de registre, mais il n'en est rien : le roman poursuit sur sa lancée avec cette ambiance prenante mais oppressante, ces non-dits, ces manipulations sans fin, sans proposer de nouveauté, ce qui est un peu dommage. Au malaise du début succède une indolence peu adéquate pour un récit flirtant avec le thriller psychologique. Mais ce qui compte, ici, ce n'est pas tant la découverte du coupable que l'autopsie des relations entre ces adolescentes poussées à bout, pleine d'une ambition sans bornes, et pas toujours très regardantes sur leurs actes. de ce point de vue-là, Vilaines filles est un roman très réussi : on est embarqués dans cette ambiance glauque, légèrement rebutés, mais absolument fascinés par les événements – macabres – qui nous sont décrits. Avec Vilaines filles, Megan Abbott présente donc un roman très prenant du point de vue du contexte, avec une analyse psychologique assez fine, mais que le rythme (trop lent, et pas assez dosé) rend assez long et peu dynamique, ce qui est un peu dommage. Ceci étant dit, le roman flirte allègrement avec le thriller psychologique, et l'étude des moeurs, et s'avère aussi prenant que dérangeant. Déroutant à souhait, c'est à n'en pas douter un très bon roman sur l'univers trop peu connu des cheerleaders, mais surtout sur les troublantes amitiés adolescentes !
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le cheer a toujours été pour Addy et ses coéquipières une activité pour passer le temps. Entre la vie sociale des jeunes filles et leur scolarité, ce sport était devenu un passe-temps d'usage. Mais cette année tout change avec l'arrivée de la nouvelle coach. Jeune, fraîche mais surtout très passionnée, elle change tout l'ordre jusque là établi par la bande de filles.

Je ne vais pas plus tergiverser….Je n'ai pas réussi à accrocher. Beaucoup de choses m'ont déplu? toutefois c'est assez dur de mettre des mots dessus car j'ai peur d'être parfois à la limite du spoil, je vais donc essayer d'être la plus claire et compréhensible possible.

Déjà, Addy est la protagoniste. On perçoit l'histoire de son point de vue…Maintenant, on ne la connaît vraiment pas. Qui est-elle? Comment est-elle? Qu'aime-t-elle faire? Qu'est-ce qui la caractérise? Toutes ces questions demeurent sans réponse, mise à part qu'on soit qu'elle fait du cheer et que sa meilleure amie s'appelle Beth. Je n'abuse pas ou presque pas mais dans tous les cas c'est bien trop peu pour un personnage qui est censé jouer un rôle central et qu'on va suivre toute l'histoire durant. Mais cet aspect dérangeant rejoint une autre remarque que je tiens à souligner. En effet, je trouve que même d'un point de vue global, l'histoire notamment le cadre spatio-temporel ne se concentre que sur le cheer. La majorité de l'histoire se déroule durant les heures de répétition, on ne parle que de ça et c'est à peine si on a accès à d'autres moments de leur vie. C'est pourtant bien dommage car pour comprendre des personnages dans leur globalité, on ne peut pas voir qu'un aspect seulement de leur vie.
De plus, que ce soit à propos de Beth ou de Addy, on a parfois des sous-entendus qui nous sont faits concernant leur relation avec des membres de leur famille ou ce genre de choses. Mais encore une fois, on reste très en surface et ce n'est pas du tout exploré. En bref, on ne sait rien de la vie privée des filles, même de Addy le personnage principal.

Ensuite j'ai eu l'impression durant toute ma lecture que l'auteur voulait nous faire ressentir quelque chose de spécial. Je m'explique: à travers un événement banal ou une action des personnages, il fallait en retirer une leçon de morale ou bien cela servait à nous faire réfléchir. Je comprends totalement que cela puisse être flou…peut-être les personnes qui l'ont déjà lu comprendront un peu ce que je tente d'expliquer. En tout cas, ce que je voulais dire, c'est qu'on arrivait justement pas à savoir où l'auteure voulait nous emmener ou nous dire, par telle phrase par exemple.

Une autre chose qui rejoint ce que j'ai dit précédemment, c'est qu'on ne comprend pas pourquoi les filles sont tant attachées que ça au cheer. Certes, j'ai dit dans le résumé que ce n'est qu'une activité sportive pour passer le temps. Néanmoins, dans le livre on note que les filles assistent pour la plupart d'entre elles à tous les cours, qu'une sorte de concurrence malsaine semble régner pour être la “top girl” et elles ont quand même l'air de prendre du plaisir lors des matchs et compétitions. Donc, même si c'est un prétexte de dire ça, on aurait pu davantage creuser l'attirance des filles pour ce sport, pourquoi malgré tout elles en ont besoin, pourquoi aussi au final elles ont toutes besoin des unes et des autres, brefs. Cela rejoint ce que j'ai dit précédemment car vu qu'on a pas du tout accès à sa vie privée et même qu'on ne connaît pas les personnages, à aucun moment cela nous est expliqué. C'est pourtant un élément central pour comprendre la suite de l'histoire, le comportement des filles,etc.
Un autre point que j'aimerais souligner concerne le rapport qu'entretiennent les deux filles (Abby et Beth) apparemment meilleures amies. Je précise apparemment car les deux personnages ne semblent pas si attachés que ça l'une à l'autre. Et même si on nous explique qu'autrefois c'était différent, ce n'est encore une fois pas assez développé. En tout cas de mon point de vue, elles n'ont pas une amitié si forte où l'autre a absolument besoin de l'autre,... Pour ne pas changer c'est bien dommage car on aurait pu largement mieux comprendre le comportement de Addy notamment.

Les caractères des personnages sont parfois contradictoires. Addy nous est présenté comme la subordonnée de Beth, réservée, qui n'ose pas se rebeller. Au final, elle est considérée comme la personnage la plus courageuse ( sans qu'on comprenne très bien pourquoi par ailleurs). Ce qui me dérange c'est ce manque de crédibilité, cette incompréhension que ressent le lecteur tout au long du livre.

Même le personnage de la Coach est mal présenté. C'est un personnage phare dans l'histoire mais à force de mystifier sa vie et elle, on finit par pas ou peu la connaître. Tous ces choix, actes restent incompris et encore une fois je me répète mais on a l'impression de ne pas savoir réellement qui elle est.

En outre, cela va avec ce que j'ai dit juste avant mais tout ce truc autour de la coach qui est comme un gourou pour les jeunes filles….Why? Ce n'est pas que c'est pas intéressant, c'est justement tout le coeur de l'histoire. Mais sans spoiler, la coach ne fait en réalité rien de bien conséquent qui puisse expliquer le fait que les filles deviennent du jour au lendemain fan d'elle.

Enfin, et je finirais là dessus pour les points négatifs, l'écriture m'a quelquefois dérangée. Trop de métaphores, d'images, de descriptions, de détours pris. A la fin, on a même du mal à comprendre en définitive ce qu'on veut nous dire. Mais cela concerne également les dialogues. Je ne m'avance pas à dire que des adolescentes ne peuvent pas bien parler, mais là et surtout Beth, c'est quasiment à chaque fois et parfois cela ne veut même rien dire.

Néanmoins, je ne mettrais pas non plus 1 étoile car il y a quelques points positifs. J'ai énormément aimé découvrir le milieu du cheer, et même si j'ai pu critiquer l'écriture, je trouve quand même que les figures, les chorégraphies sont bien retransmises à travers les mots. Ainsi, on rentre facilement dans l'histoire, dans le sens où on a pas de mal à s'imaginer ce à quoi ça peut ressembler.

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critiques presse (1)
LesEchos
27 novembre 2013
Megan Abbott explore avec une sensualité suggestive les désirs adolescents : narcissiques, contradictoires et bisexuels… un appétit féroce qui traduit une soif infinie d’amour et de reconnaissance.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
" Allez les filles, on va leur montrer ce qu'on sait faire."
Je m'adresse même, pour la toute première fois, à la nouvelle recrue, celle qui devra voler ce soir si Beth ne se montre pas, celle qui tremble comme un petit poussin.
Je sais que je peux la tenir à bout de bras.
Ce n'est pas une fille, mais un papillon posé sur mes doigts.
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Dans ma tête, j'entends le craquement qui fait "boum" dans les oreilles, la tête qui heurte le sol du gymnase. La rate pulvérisée. Il y a tellement de façons de se tromper, de se détruire. Vos jambes semblables à des barettes tordues, votre corps brisé comme une allumette.
Un joli monde de joliesse décimé en une seconde fracassante.
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[...] ... - "J'ai choisi d'exceller, pas de rivaliser ... Et vous ?

J'ai choisi d'apporter des changements, pas des excuses ... Et vous ?

D'être motivée, pas manipulée.

D'être utile, pas utilisée."

Beth pourrait revenir à l'automne, non ? ne cesse de demander Emily. Elle est rentrée chez elle, elle a passé ses exams, je l'ai même vue dans sa voiture.

Mais je sais qu'elle ne reviendra jamais. Et je lui ai pris quelque chose que je ne veux même pas regarder. Je ne regarderai pas.

- "J'ai choisi de vivre en vivant mes choix," dis-je, "pas le hasard. Et vous ?"

Elles se tiennent par la main, leurs doigts s'entremêlent, elles lèvent les yeux vers moi, vers RiRi et son corps magnifique, vers Emily et son sourire béat. Vers nous toutes.

- "Etre cheerleader m'a appris à faire confiance à mes camarades quand je tombe," dis-je, et c'est le visage de Beth que je vois quand mon regard glisse sur elle, sur les gradins vides, pas celui de la Coach. C'est le visage de Beth, avec toute cette obscurité, cette espièglerie, ce désordre, et, en dessous, ce coeur qui bat.

Tournant le dos aux tribunes pour faire face à mes filles, je rassemble tout dans ma poitrine. Et je le garde là. Je dois le tenir solidement. Toutes ces choses que j'ai apprises ...

- "Cela m'a appris," dis-je en retenant mon souffle, "à être une meneuse." [...]
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Qui peut nier que c'est un coup de génie ? Prendre la couronne de la princesse pour la donner à sa dame de compagnie. Sa servante. Sa domestique .
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" Addy, dit-elle, essoufflée. Je n'avais jamais vu.
- Quoi donc ?
- Les figures. De là-haut . Je ne nous avais jamais vu.
- Comment ça ? dis-je, un léger remous dans la poitrine.
- Tu y as déjà réfléchi sérieusement ? A ce qu'on fait ? " demande-t-elle agrippée à la balustrade. (...)
" Vu de l'extérieur, dit-elle, la bouche déformée par l'effroi, c'est comme si vous cherchiez à vous entretuer et à vous suicider."
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Videos de Megan E. Abbott (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Megan E. Abbott
Megan Abbott explique la génèse de « Première ». Elle nous livre quelques indices sur l'histoire ce nouveau roman, dans lequel l'univers de la danse est omniprésent. Un incendie embrase la prestigieuse école de danse des soeurs Durant. L'arrivée d'un homme, Derek, en charge du chantier, va faire voler en éclat l'équilibre précaire de ce monde de violence et de compétition.
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