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ISBN : 2226429484
Éditeur : Albin Michel (28/02/2018)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Un thriller théologique qui nous plonge dans l'atmosphère de la cours du roi Saint Louis et dans l'obscurantisme dogmatique de l'Inquisition contre les juifs, avec en toile de fond l'univers du livre le plus fascinant, mystérieux et subversif de la tradition juive : le Talmud.

Paris, 1240. L'ombre du Moyen Age plane sur la cour de saint Louis. Complots, rumeurs, trafics, le meurtre mystérieux d'une enfant ... jamais les enjeux de pouvoir n'ont été si ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
si-bemol
  01 novembre 2018
Un nouveau-né est retrouvé égorgé dans une ruelle du quartier juif de Paris. Dans ses langes trempés de sang, une inscription : “Yoma, 37b”, référence à la page 37 du traité talmudique “Yoma” ( “le jour”, en hébreu) et au rituel du Bouc émissaire que le Grand-Prêtre, lors de la fête de Kippour, envoyait vers Azazel, dans le désert, après l'avoir chargé des péchés de l'ensemble du peuple juif.
Nous sommes en 1240, sous le règne de Louis IX (dit “Saint Louis”). La communauté juive, à peine tolérée et sur laquelle courent les rumeurs les plus folles, est régulièrement la cible de massacres, de bannissements, d'interdictions et d'exactions de toutes sortes. le meurtre de cet enfant et l'inscription qui l'accompagne donnent corps, une nouvelle fois, à l'accusation de “meurtres rituels” soi-disant perpétrés par la communauté juive à l'encontre des enfants chrétiens, et suscite immédiatement une nouvelle flambée de haine, aveugle et meurtrière.
Qui a intérêt à désigner la communauté juive de Paris à la vindicte populaire, et pourquoi ? Pire encore : y a-t-il un traître au sein de la communauté ? Pour Rabbi Yéhiel de Paris, grand érudit et maître du Talmud, c'est le début d'une enquête, menée avec Eliézer, son disciple préféré, pour rétablir la vérité… et c'est également le point de départ de l'un des événements majeurs, et traumatique, de l'histoire du judaïsme, qui consommera sa rupture avec la communauté chrétienne : la “disputatio” ou “Procès du Talmud”, vaste débat d'idées entre théologiens chrétiens et juifs qui se terminera en 1242 par la condamnation du Talmud - qualifié de “livre infâme” - et son autodafé public en place de Grève.
Eliette Abécassis est la fille d'Armand Abécassis, grand spécialiste de la pensée juive et du Talmud, à qui ce roman est dédié. Avec “Le Maître du Talmud”, elle nous entraîne avec brio et beaucoup d'érudition dans un thriller historique où s'entremêlent fanatisme religieux, débats théologiques, intérêts politiques, manipulations, superstitions et rumeurs ; un thriller qui est aussi une réflexion sur la question du mal, du coupable désigné et du bouc émissaire, ainsi que sur certains des fondements de l'antisémitisme.
Un “page turner” intelligent et captivant que j'ai beaucoup aimé, et qui peut également permettre de découvrir ou de mieux connaître le Talmud (Loi orale) qui est - avec la Torah (Loi écrite) - l'un des socles de la spiritualité juive.
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Gaoulette
  17 janvier 2019
Lu dans le cadre Challenge multi-défi 2019.
J'adore les romans d'Éliette Abecassis mais surtout ceux centrés sur la condition féminine et la religion juive.
Ici l'auteure nous offre un polar historique sous fond d'histoire vraie. Je ne connaissais pas ce procès de 1240 qui concernait l'utilisation du Talmud en France. Faut que je l'avoue. Je ne connaissais rien du Talmud et ce passage de l'histoire. Donc oui j'ai appris beaucoup de choses mais je n'ai pas réussi à cerner et comprendre toutes les subtilités qu'Éliette Abecassis a mis en avant dans la religion juive pour établir ce polar.
La trame principale est vraiment passionnante où le Roi utilise le pseudo meurtre d'un nouveau né pour mener à bien son début de croisade.
Éliette Abecassis pointe du doigt cette guerre de religion, du pouvoir, de l'incompréhension de l'homme face à la différence, et surtout de l'utilisation de l'homme des textes religieux. J'ai apprécié cette partie là mais j'ai trouvé le polar très long à venir et ce parallèle avec les textes religieux m'ont parfois perdue.
Voilà c'est dit, je me suis perdue mais je pense que c'est du à mon manque de culture et de discernement parfois. Je n'avais pas toutes les bases nécessaires pour comprendre toute la subtilité du polar.
L'auteure écrit toujours aussi bien et elle transmet tout ce qu'elle a à dire jusqu'à la résolution de son énigme.
Un roman historique intéressant où je pense que le lecteur doit rester bien concentré pour tout cerner.
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Bigmammy
  27 mars 2018
Il est des livres qui vous rendent plus "intelligents" lorsque vous en tournez la dernière page. Au sens littéral de "mieux comprendre". Et de la connaissance vient la tolérance, et la paix. Hélas, l'inverse est tout aussi vrai.
La notion de palimpseste traverse toute l'oeuvre d'Eliette Abécassis. Cette tradition des copistes du moyen-âge qui recyclaient des ouvrages considérés comme dépassés en copiant de nouveaux textes sur les parchemins (tellement chers à se procurer !) après en avoir raclé les lignes avec de la pierre ponce. Elle en a même fait le coeur d'un de ses précédents romans.
Avec le Maître du Talmud, vous avez en mains un roman-palimpseste : entre les lignes d'un thriller angoissant, vous participez à une intense discussion sur les correspondances et oppositions entre les doctrines juive et chrétienne, entre l'immuabilité de la Loi écrite (la Torah) et la formidable richesse de son interprétation (Le Talmud), vous percevez les fondements de l'antisémitisme européen qui s'est propagé jusqu'à nos jours.
L'intrigue se déroule en 1240, entre la yeshiva dirigée par le célèbre Sire Vives (la maison d'études compte 300 étudiants), le rabbin Yehiel originaire de Meaux et la Cour royale toute proche (le chantier de la Sainte Chapelle est en cours) du pieux Louis IX et de sa mère Blanche de Castille. Elle met en scène un événement historique : la « disputatio » entre théologiens juifs et chrétiens connue sous le nom de « Procès du Talmud » qui se termina en 1242 par l'autodafé en place de Grève de 24 charrettes de livres sacrés confisqués à la communauté à l'initiative d'un juif converti, Nicolas Donin.
Le roi, toujours en préparation d'une nouvelle croisade, n'est pas dénué d'arrière-pensées (aussi bien canoniques que financières) vis-à-vis des juifs, dont les savants sont eux-mêmes traversés de « courants irréconciliables ». Chacun se méfie de tout le monde et la découverte du cadavre d'un nouveau-né égorgé dans une rue du quartier juif jette le trouble parmi les autorités qui pourraient s'en servir de prétexte à un pogrom comme l'Europe en connaît périodiquement.
Pour ma part, j'ai trouvé dans ce dernier opus d'une écrivaine aussi belle que brillante une masse de notions bien expliquées sur l'essence de la pensée juive, la remise en cause perpétuelle de l'écriture sainte qui permet d'examiner les faits sous différents angles pour tenter d'approcher la vérité. J'ai été étonnée d'apprendre le rôle et les obligations de pureté des Cohen, ces descendants des prêtres du temple de Salomon dont les lignées se perpétuent à travers les siècles, le fait que la Torah ne considère pas l'aveu comme une preuve valable et qu'il est donc interdit de torturer pour l'obtenir puisque de toutes façon il ne vaut rien, le principe absolu du commandement « Tu ne tueras point » que chrétiens et juifs ont en partage, de même que le principe de Hillel : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c'est-à-dire : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse ». Et aussi : Quand tu fais du bien à ton prochain, veille à ne pas lui faire du mal qui pourrait se tapir dans ce bien ! (p. 206)
J'ai aimé les beaux personnages féminins à la fois séduisants, courageux et intelligents et la complexité psychologique du narrateur. Un ouvrage avec différents niveaux de lecture, à décoder comme un palimpseste, sans modération.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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cornelia-online
  14 mars 2018
« le maître du Talmud » est le nouveau roman d'Eliette Abécassis qui vient de paraître chez Albin Michel. Il s'agit d'un thriller théologique qui se déroule principalement à Paris, au début du XIIIème Siècle. le narrateur, Eliézer, un jeune homme juif qui étudie la Torah et le Talmud sous l'autorité du maître Sire Vives, se retrouve au coeur d'un complot meurtrier, qui met en danger la survie de sa communauté.
Suite à la mort suspecte d'un nourrisson, le pouvoir en place, sous l'autorité du roi Louis (et de sa mère Blanche de Castille) soupçonne la communauté juive, et mobilise à ses côtés les étudiants de la Sorbonne. Dans leur ‘maison d'études', Eliézer, et ses compagnons Joseph et Samuel, ainsi que Sire Vives, sont conscients du danger qui les guette. Il est clair que toute cette affaire n'a pour but que de les éliminer, et de brûler le Talmud, qui représente une menace pour le catholicisme. Eliézer est donc chargé par son maître d'une contre-enquête, afin de connaître l'identité de l'enfant, et de comprendre les circonstances de son décès.
Il est assez fascinant de se plonger dans le Paris du XIIIème siècle, et d'imaginer ces jeunes gens, concentrés sur l'étude des textes sacrés, et le respect des 613 lois censées régir leur existence. J'ai aimé l'idée que ce livre protéiforme, le Talmud, soit au coeur d'une intrigue bien menée, complexe, qui nous tient en haleine jusqu'aux toutes dernières pages…complot, amour, trahison, secrets, tout y est ! Moi qui ne suis pas familière avec la pensée et les traditions hébraïques, j'ai beaucoup appris, même si les débats et circonvolutions sur des points de théologie peuvent s'avérer ardus. En outre, le style parfois emphatique des dialogues et l'angle assez manichéen des débats m'ont un peu gênée, et viennent ternir l'ambition et l'érudition qui émanent malgré tout de ce roman. Pour la suite, cliquez sur le lien !
Lien : http://bit.ly/2tPpSXA
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luocine
  04 août 2018
Quel roman ! et pourtant je ne suis pas une fan des romans historiques. mais je trouve que cette auteure a su donner une forme très réussie à un moment de notre histoire si peu connue. Je savais déjà que notre « bon » Saint Louis avait imposé le port de « la rouelle » aux juifs de France, je savais aussi que Philippe le Bel les avait chassés du royaume en les spoliant de tous leurs biens. Mais cette haine envers le Talmud, je n'en savais rien. Pourtant j'ai déjà beaucoup lu sur le sujet, en particulier le livre de Bernard Lazare « L'antisémitisme son histoire et ses causes ». C'est grâce à cet essai que j'ai compris une des raisons de l'antisémitisme viscérale des chrétiens misérables des temps anciens. Ceux à qui l'on disait que : « malheureux sur terre les portes du paradis s'ouvriraient pour eux ». Les juifs eux répondent : votre paradis est sur terre et c'est là que vous devez tout faire pour être heureux. Ils apparaissent alors comme des jouisseurs et ne méritent que le mépris.
Elliet Abecassis, situe son roman à l'époque de Saint Louis, celui qui va partir en croisade, massacrer les Cathares et très difficilement supporter les juifs dans son royaume, en particulier ceux qui étudient le Talmud. Il va être aidé par un » karaïte ». Et voilà encore un fait historique que je ne connaissais pas : les karaïtes, sont des juifs qui refusent le Talmud et qui veulent en rester à la Thora. Ils ont à peu près disparu mais leur rôle dans la Shoa est pour le moins ambiguë. Saint Louis fera finalement brûler tous les Talmuds et les juifs qui défendront leur précieux livres. Pourquoi cette haine du Talmud, pour une raison ô combien contemporaine, grâce à l'étude du Talmud les Rabbins essaient d'adapter la Thora au monde qui les entoure. Cette interrogation sans fin des textes bibliques peut apparaître comme un grave danger à une église qui domine le monde et qui veut établir une pensée unique. Et le roman dans tout ça , et bien bravo à Eliette Abelcassis, ce n'est pas du tout une histoire plaquée sur une réalité historique, c'est une histoire qui permet de comprendre au plus près les difficultés posées par la vie à un jeune juif qui veut respecter tous les dogmes de sa religion. Et quand on s'appelle Cohen ce n'est pas une mince affaire car on doit plus qu'un autre respecter à la lettre les préceptes de la Thora. Comment alors vivre un amour défendu ? Je n'en raconte pas plus car j'espère bien retrouver ce roman sur vos blogs et je sais que vous êtes nombreuses à ne pas aimer qu'on vous divulgâche un suspens romanesque.
Lien : http://luocine.fr/?p=9650
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critiques presse (1)
LeFigaro   10 avril 2018
Cette normalienne continue à explorer la veine des thrillers historico-religieux. Son dernier livre, Le Maître du Talmud, se déroule au XIIIe siècle, dans une France déchirée par le fanatisme religieux. Un roman en résonance avec ce qui se passe aujourd'hui.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   09 mars 2018
Les femmes sont un sujet important et problématique dans le Talmud : certains passages les jugent frivoles et inaptes à l’étude, d’autres assurent le contraire, et nous avons dans le Talmud des exemples de femmes plus brillantes que les hommes, qui résolvent les problèmes les plus complexes. Le traité Sotah concerne la femme adultère. Celle-ci, selon le texte, si sa faute est avérée, se trouve interdite à son mari, ainsi qu’à son amant. Cela signifie que, même après son divorce, une femme ayant commis un adultère n’a pas le droit d’épouser celui avec qui elle a fauté. En particulier, une femme à qui le mari refuse le divorce, la femme agounah, ne peut pas rencontrer un autre homme, ni d’avoir un enfant avec lui.
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rkhettaouirkhettaoui   09 mars 2018
Quelque part sur la terre, des gens étudiaient. Jour et nuit, ils discutaient, disputaient des textes de la Torah. Ils contestaient, posaient des questions, tentaient de pousser plus loin la réflexion pour comprendre intimement les mystères du monde. Mais jamais, jamais ils ne trouvaient de réponse et leur insatiable soif de connaissances était comme une recherche permanente qui se creusait à mesure qu’elle s’approfondissait. Ainsi il existait sur la terre des personnes qui vouaient leur vie à l’étude et ne faisaient que cela, sans chercher à convaincre, sans chercher à vaincre ni à combattre. Quels que soient les lieux, les époques, ils ne cesseraient jamais d’apprendre et de comprendre
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LordoLordo   20 août 2018
La religion devient violente lorsque ses adeptes pensent détenir son sens ultime, c’est-à-dire l’interprétation du texte divin révélé par Dieu à Moïse, et lorsqu’ils annoncent que leur compréhension du texte est la seule possible. Au contraire, l’interprétation du texte permet de le rendre humain en lui faisant perdre son aspect absolu.
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rkhettaouirkhettaoui   09 mars 2018
Les lois promulguées par les rabbins stipulaient qu’une académie des hautes études juives devait être créée dans la capitale de chaque pays. Chaque famille, qu’elle soit riche ou pauvre, Lévi, Cohen ou fils d’Israël, était dans l’obligation de consacrer l’un de ses enfants à l’apprentissage du Talmud. Notre maison s’appelait « Beth Hamidrash », c’est-à-dire la « Maison de recherche ». La séparation impliquait la pureté, l’étude et le célibat durant les années d’étude.
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rkhettaouirkhettaoui   09 mars 2018
Le Talmud nous ouvrait sur un monde déroutant, complexe, dialogique et dialectique. Il n’avait rien d’apaisant, il provoquait plutôt une sorte d’embrasement de l’esprit. Certains, parfois, s’y perdaient. Nous avions besoin d’en sortir. Samuel était celui qui nous entraînait dehors, vers les autres quartiers, la nuit. Ou simplement sur les quais, dans la nature toute proche, pour sentir le vent de la liberté. Ses cheveux roux et bouclés lui donnaient l’air enfantin. Il était le plus rond et le plus exubérant de tous, il aimait bien faire ripaille et boire les soirs du chabbat. Il savait où pêcher les meilleurs poissons en bord de Seine, où cueillir les fruits dans la campagne proche et où acheter du vin casher, comme celui de notre maître Rachi, expert en Talmud et en vins.
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Videos de Eliette Abecassis (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eliette Abecassis
Soirée de lancement de l'ombre du Golem avec Benjamin Lacombe et Eliette Abécassis au Comptoir Général (Paris 10).
Lecture dessinée en musique.
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