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EAN : 9782226192233
464 pages
Éditeur : Albin Michel (19/08/2009)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 123 notes)
Résumé :

Peut-on échapper au destin qu'on choisit pour vous ? se demande Esther Vital. Juive marocaine née à Strasbourg, écrasée par le poids de la tradition, mais aussi déchirée par la nostalgie des paradis perdus – l'Espagne de Cordoue à Tolède, le Maroc, de Mogador à Fès –, Esther choisit elle-même son futur époux, Charles, malgré l’opposition de sa famille. Mais, la veille de son mariage, vêtue de la robe pourpre des promises sépharades, elle découvre de terr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Peteplume
  19 février 2020
C'est un drôle d'objet littéraire qu'Éliette Abécassis nous propose là. Il y a d'abord la narration d'un mariage (avec ce qui le précède), qui devrait en être un d'amour entre Esther et Charles, selon la tradition juive séfarade. Mais cette narration me semble être le prétexte à des leçons sur l'origine de cette tradition; sur l'histoire du peuple juif, de la dichotomie entre Ashkénazes et Séfarades et des persécutions auxquels tous ont été confrontés depuis la nuit des temps; le prétexte aussi à des explications d'ordre théologique (on se croirait par moments dans la lecture d'une thèse) mais aussi le prétexte à montrer la difficulté de vivre le maintien des traditions dans le contexte de la vie actuelle et les conflits que cet attachement amène entre les générations… Les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas: on fait des sauts dans le passé des protagonistes, dans l'Histoire (avec un « H ») jusqu'à l'inquisition, voire la destruction du temple de Jérusalem pour expliquer la diaspora; on fait aussi des sauts de points de vue d'un personnage à l'autre … J'ai eu bien du mal à trouver l'unité derrière cette construction qui m'a paru bancale. Je n'ai su m'attacher au personnage d'Esther autour duquel tout gravite; trop tourmentée et en même temps trop superficielle pour que j'y croie. Les passages doctes m'ont intéressée mais quand on passe au côté romanesque, ce qui devrait être l'essence du livre, la prose m'a paru très banale et les caractères trop figés pour que j'apprécie l'ensemble. Ce n'est pas le premier roman de cette autrice auquel je m'attelle — j'emploie l'expression à dessein car je me suis souvent ennuyée — et, comme pour les précédents, je n'ai pas été très emballée. Si je veux comprendre ce qui fait son succès, je dois néanmoins entreprendre la lecture de Qumran, le roman qui l'a révélée…
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Gaoulette
  16 mars 2017
Le mariage et ses complications.
J'adore Eliette Abecassis, troisième tentative, troisième engouement.
Par l'histoire d'Esther Vital, l'auteure nous dévoile les traditions ancestrales des Sépharade. Esther, jeune femme trentenaire, dynamique, citadine et qui va se marier avec son amour de jeunesse. Mais Esther est aussi perdue avec ses origines et ne sait pas où aller. Alors la veille de son mariage où tout devrait être merveilleux, tout va partir en vrille.
Sépharade, ce sont 450 pages où l'auteure nous balade complétement entre le passé et le présent. Un roman addictif car on veut connaitre le point final. Un roman passionnant car on apprend les subtilités de la religion Juive et surtout le cheminement parfois complexe. Un roman enrichissant qui nous plonge dans le passé et l'origine du Judaïsme et des grande Famille. Un roman bouleversant car on assiste au défilé de rancoeur alors qu'un mariage est censé être une fête. Un roman palpitant car envie de rentrer et secouer tout le monde et surtout Esther.
En tout cas moi, je ne voulais que ça. Débarquer et lui mettre une bonne claque pour qu'elle se réveille. On assiste impuissant à ses mésaventures et on se demande jusqu'où va aller sa quête de soi.
Franchement je n'ai pas vu les pages se tourner. J'en voulais plus, toujours plus sans lâcher mon roman. Qu'allaient devenir Esther et Charles au milieu de ce vacarme ? Deux personnages attendrissants qu'on respecte ou non leur choix. Je n'en dirais pas plus mais je vous avouerai qu'Eliette Abecassis n'est pas tendre avec ses héros. Féministe certes mais pas tendre car encore une fois je ne l'ai pas vu venir celle-là. Deux choix de l'auteure dont une franchement j'en étais sure mais l'autre j'étais malheureuse. Et c'est là que je voulais rentrer dans le roman et claquer tout le monde.
Donc pour moi, Eliette Abecassis a réussi son roman : plume, enrichissant, captivant, addictif et émouvant et parfois super drôle.
Merci à l'auteure. Un coup de coeur mais pas note maximale car parfois trop de longueur sur certains passages du passé. Mais on oublie vite ces passages.
Note : 4.5/5
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Bigmammy
  30 novembre 2011
Il y a quarante ans, mon mari et moi fumes conviés au mariage de mon amie d'enfance, Irène, avec Marcel. Nous étions particulièrement fiers d'assister à cette célébration, parmi les rares goys de l'assistance. Une cérémonie au cours de laquelle le rabbin Josy Eisenberg soulignait le caractère exceptionnel de cette union entre une Ashkenaze et un Sépharade.....Je n'avais pas compris l'allusion, ils étaient si beaux tous les deux, et la fête était si joyeuse, bruyante, les femmes parées de lourds bijoux, les enfants triomphants....
En lisant le livre d'Eliette Abecassis, je comprends mieux.
A travers l'histoire mouvementée du mariage d'Esther Vital et Charles Toledano, Eliette Abecassis nous fait entrer dans les secrets du temps et d'une religion mal connue (on pourrait dire "cabalistique" ?), depuis l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492 et leur dispersion à travers le monde et surtout leur imbrication intime au sein de la société marocaine, jusqu'à leur arrivée (et parfois leur retour) en terre d'Israël. En particulier, la puissance parfois étouffante - aussi bien pour les filles que pour les garçons - des liens familiaux et des traditions, y compris ce qui m'a le plus surprise alors que je croyais les Juifs imperméables aux superstitions : le rôle du mauvais oeil !
Donc, une plongée - toujours érudite - dans l'âme sépharade, une explication des différentes manières d'envisager le monde (Weltanschauung ?) entre sépharades et ashkenazes (là, le pauvre personnage, il en prend pour son grade !), un fil pour saisir le risque vital de la laïcisation et de l'intégration, et aussi un hymne poëtique et poignant au paradis perdu, à la beauté du Maroc d'avant l'Alyah : Mogador, Meknès (où mes parents ont vécu sans jamais l'oublier eux non plus) Fès, Marrakech et la Ménara.
Et pour moi, au plus profond de ma culture méditerranéenne (chrétienne) et matriarcale, cette constatation : "Nous sommes toutes des juives sépharades !"
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KRISS45
  26 janvier 2015
Sépharade est un roman qui permet de mieux comprendre l'identité juive, la signification de ses innombrables rituels et surtout les différences majeures entre sépharades er ashkénazes portées souvent jusqu'à la caricature.
Si tous les mariages représentent une aventure à haut risque, un mariage sépharade tel que nous le présente Eliette Abécassis est d'autant plus hasardeux que s'y ajoutent les maléfices du mauvais oeil et les non moins pernicieuses intrigues familiales. Ainsi, jusqu'au dernier chapitre, l'union d'Esther la girouette et de Charles reste incertaine. J'ai été peu sensible à cet aspect romanesque du récit dont les rebondissements m'ont laissée perplexe.
En tant que témoignage, ce récit me rappelle avec acuité Kadosh, le film bouleversant d'Amos Gitaï, sorti en 2000 qui insistait sur les aspects les plus rigides de la tradition imposée par la religion.
Par contre, l'univers géographique évoqué par l'auteure m'a permis de retrouver avec plaisir et émotion les impressions fortes ressenties au cours d'un voyage en Israël et lors d'une visite à Tolède. de même, les charmes du Maroc (qu'avec regret je ne connais pas), ce paradis perdu du peuple sépharade sont peints avec une immense tendresse et nostalgie.
A l'issue de ce récit, la problématique qui me vient à l'esprit c'est que l'identité sépharade ne peut perdurer que basée sur les rituels, la pratique religieuse, la transmission familiale, les alliances à l'intérieur du cercle ; ce qui me semble aller à l'encontre de l'ouverture, gage d' intégration et d'assimilation.
La même question se pose finalement pour toute communauté de par le monde et reste un choix difficile.
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Pchabannes
  29 novembre 2009
Roman d'une femme sépharade, orientale décrivant un monde vieux de 35 siècles disparaissant l'espace d'une génération. Cet ouvrage est le cri silencieux de cette rupture d'avec la terre, l'esprit et la famille. Eliette Abécassis nous ouvre les clefs de lecture du monde des sépharades.
“Je suis venu pour te révéler le secret des sépharades.” Ces Juifs, chassés vers l'Espagne (la Sépharade) sous Titus, puis en 1492 vers le Maroc et enfin après guerre l'exode de nouveau vers Israël ou la France, ont une histoire commune et particulière, une identité multiple. “Nous venons tous d'un pays, d'une ville, ou d'une rue qui nous définit et nous marque à jamais. ” C'est là le grand thème de l'ouvrage : Les identités multiples qui marquent consciemment ou inconsciemment la vie de chacun.
C'est avec grand intérêt que se lisent les 250 premières pages. Avec talent, Eliette Abécassis trouve, sous le couvert d'une histoire d'amour, les mots pour nous intéresser à l'histoire des Sépharades et à ce qui en constitue profondément la société. Elle souligne l'importance de la famille au-delà de l'individu, l'origine orientale imprégnant moeurs et coutumes et s'attache à décrypter la société juive marocaine. “Les sépharades…sucré-salés, doux-amers, drôles et nostalgiques, généreux et orgueilleux, sincères et hypocrites, les sépharades entre rires et pleurs… ”. “Sépharades : faire semblant, ne pas dire ce qu'on pense, et ne pas penser ce qu'on dit, dire une chose et en faire une autre, faire mille promesses et ne jamais les tenir, donner des rendez-vous et ne pas venir – ce rapport à la parole qui fait qu'elle est vraie sur le moment, mais plus le lendemain. Pour le sépharade, la parole est intimement liée au temps, alors que, pour l'Occidental, la parole lutte contre le temps, elle est ce qui perdure dans le fleuve d'Héraclite. ”
“La Délivrance arrivera quand toutes les étincelles de sainteté seront réunies dans la lumière divine. C'est à l'homme d'agir pour cela. Dieu, lors de la création, s'est retiré du monde pour que l'homme soit libre. Notre Dieu est un Dieu absent, dont on ne sait pas prononcé le nom, un Dieu qu'on essaye d'invoquer par l'appellation mystérieuse, sans jamais savoir qui il est.”
C'est avec cette grille de lecture, toujours dans la cadre d'un roman, qu'Eliette Abécassis élargit, avec clarté, le champ d'analyse en décrivant la relation des Sépharades avec Israël et sa structure politique, les ashkénazes, l'Occident, la France, l'Islam, à la Modernité, au Monde.
Le Livre III avec ses deux cents pages de pathos, de sentimentalisme est à lui seul un roman d'amour à conseiller pour les clients.
J'aurai quelques retenus lorsque Eliette Abécassis tient absolument à démontrer jusqu'à l'absurde que nos émotions, nos comportements s'expliquent par l'histoire séculaire ou lorsque Eliette Abécassis s'appropriant Montaigne - controverse connue, sans intégrer le caractère humaniste des Essais. Par exemple l'idée que seule la mère juive est étouffante est une faute de l'esprit.
Lisez cet excellent ouvrage paru chez Albin Michel, 450 pages, 22€ et profitez-en pour lire Chaïm Potok.
http://pikkendorff.kazeo.com/Chaim-Potok-L-Elu,a950851.html
Lectori salutem, Pikkendorff
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
genieblancgenieblanc   30 octobre 2009
Nous avons tous des identités multiples.
Nous venons tous d'un pays, d'une ville ou d'une rue qui nous définit et nous marque à jamais. Nous sommes issus d'une culture ancestrale qui nous emprisonne autant qu'elle nous féconde. Dans la vie, nous jouons des rôles qui changent en fonction de la situation et de l'interlocuteur, du lieu et du moment : nous existons, multiples à nous-mêmes, ignorant l'origine de ces identités qui surgissent malgré nous, et qui nous déterminent dans nos actions, nos pensées et nos sentiments. Nous sommes empruntés et confisqués par notre passé, que nous empruntons et confisquons à notre tour, essayant de savoir qui nous sommes, en cette quête infinie qui commence au premier cri, qui ne s'achève jamais - et qui s'appelle la vie.
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leonceleonce   04 octobre 2018
Ô femmes sépharades ! À l'hypocrisie si forte qu'elles sont capables d'enlacer tendrement leur pire ennemie, juste après souhaité sa mort ! Ô étrange douceur sépharade, si proche de la douleur.
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balaganbalagan   02 février 2014
"Toutes les femmes étaient vêtues comme des princesses andalouses, maquillées de khôl à l'intérieur de l'oeil, à la manière des Arabes et non des Occidentales qui le posent par petites touches à l'extérieur pour le souligner. C'est toute une conception de la beauté de la femme, cette façon de mettre le khôl. A l'intérieur, il rend l'oeil plus petit, étiré, à moitié fermé, lascif et cajoleur ; à l'extérieur de la paupière, le fard fait l'oeil innocent et grand ouvert. C'est l'Orient contre l'Occident, Salomé contre la Vierge Marie, Bethsabée contre Sainte Thérèse. Ici toutes les femmes avaient le khôl à l'intérieur, qu'elles fussent du 16e arrondissement ou de Neuilly (...)".
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bookaurebookaure   30 juillet 2013
Ton trésor, c'est ton identité. Tes identités, toutes tes identités. Ce sont tous les actes de ta vie, les moindres comme les plus importants, qui sont la matière de ton être, les symboles et les mythes qui te constituent. Et ton identité n'est pas autre chose que ces symboles et ces mythes. Sans eux nous ne sommes rien; rien que des morts vivants.
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teslatesla   08 décembre 2011
passionnée par la culture hébraïque, je me suis lancée avec délectation dans ce bouquin d'E. Abécassis... au travers de ces quelques 470 pages, j'ai voyagé, Alsace, Maroc, Israël, enveloppé dans une odeur sucré de thé à la menthe, de gâteaux au miel, et autres douceurs...
Mais je dois avouer, que quelques lourdeurs (trop de calories, peut être ?!) ont rendu ma lecture plus fastidieuse que ce que j'aurais pu imaginer...
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