AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207044449X
Éditeur : Gallimard (07/05/2012)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 170 notes)
Résumé :
"Je crus avoir écrit l'œuvre d'un fou."
Jacques Abeille

Que dire d'une œuvre si ample qu'elle échappe aux catégories littéraires ? Les jardins statuaires, c'est à la fois une fable, un roman d'aventures, un récit de voyage, un conte philosophique. À une époque indéterminée, un voyageur découvre un monde mystérieux où, dans des domaines protégés par de vastes enceintes, les hommes cultivent des statues...
Nourri à la lecture des surréalis... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  15 mai 2011
« Je vis de grands champs d'hiver couverts d'oiseaux morts. Leurs ailes raidies traçaient à l'infini d'indéchiffrables sillons. Ce fut la nuit. J'étais entré dans la province des jardins statuaires »
Ainsi débute le périple inédit du conteur de cette histoire, voyageur en quête d'ailleurs, pénétrant dans la contrée mystérieuse des jardins statuaires. Dans ce pays divisé en domaines ceints de hauts murs et bordés de larges rues austères, les hommes d'adonnent à une bien étrange activité, la culture des statues. Aussi délicates que des plantes, les statues sortent de terre en jeunes pousses tendres et fragiles, croissent et se développent sous les soins constants des hommes jardiniers, se transformant ainsi en sculptures guerrières, nymphes ou cariatides, idoles de marbre ou figures d'airain selon la qualité de la terre d'où elles ont pris racine.
Fasciné par la vision d'un monde où règnent tant de paix et d'harmonie, le voyageur-narrateur parcourt le pays, fait halte dans les nombreux domaines, se familiarise avec une population dont il désire entreprendre le récit circonstancié mais dont les us et coutumes ne tardent pas à le laisser perplexe tant ils regorgent de rites, de gestes et d'actions dans lesquels la spontanéité et le libre arbitre n'ont finalement que bien peu de part.
Tout ici semble régi par des codes et des règles, des cérémonies et des chants qui scandent la vie de la communauté.
Ainsi, la femme, être invisible en cette contrée, cloîtrée à l'abri des regards masculins - hormis ceux de son époux - dans un jardin labyrinthique. Ainsi l'étrange rôle du gardien du gouffre ou le sort réservé aux orphelins, ou encore la douloureuse condition des femmes non-mariées, reléguées au rang de filles perdues.
A mesure qu'il pénètre à l'intérieur des terres, le narrateur sent se fissurer le sentiment utopique d'une société idéale dont il s'était préalablement laissé bercer. Progressivement lui parviennent des rumeurs de rébellion, des échos encore informels sur un jeune chef avide de conquêtes, à la tête des peuples nomades des steppes.
Le voyageur s'aventure alors dans les territoires arides délimitant les frontières du Nord du pays, à la recherche de ce légendaire jeune homme qui menace l'ordre fixe, l'immobilité autarcique des jardins statuaires.
Heureux le lecteur qui pénètrera dans le monde paisible et bienveillant des jardins statuaires ! le bonheur qui sera le sien de découvrir ou redécouvrir un chef-d'oeuvre trop longtemps méconnu ! C'est que l'histoire de ce manuscrit comme frappé du sceau d'une malédiction, serait elle-même digne d'un roman. En effet, écrit par le romancier et peintre Jacques Abeille en 1982, Les Jardins Statuaires n'ont cessé de se dérober à l'édition. Manuscrit perdu, incendie, faillite…une série d'infortunes a longtemps soustrait aux regards l'ampleur de ce chef-d'oeuvre de la littérature de l'imaginaire.
Seuls, quelques rares et fervents amateurs de l'étrange, avaient jusqu'ici hissé Jacques Abeille au rang des auteurs culte.
Trente ans plus tard, les éditions Attila mettent un terme au sortilège en rééditant ce somptueux récit qui peut enfin ouvrir grands les portes de son ailleurs aux lecteurs-voyageurs que nous sommes. le sort s'est désormais inversé ; c'est nous-mêmes dès à présent qui sommes ensorcelés, pris par la magie d'un phrasé aux forts pouvoirs magnétiques et l'expression d'une pure poésie aux accents magnifiquement évocateurs et enchanteurs.
Récit de voyage, conte fantastique, quête initiatique, roman onirique, allégorie, Les Jardins Statuaires, échappent à toute velléités de classification. C'est qu'ils sont tout cela à la fois, aussi méticuleux dans la description quasi-ethnologique d'une civilisation aux frontières du mythe, que dans le travail d'orfèvre et la qualité exceptionnelle de leur forme écrite.
A la narration minutieuse des principes de vie d'une société, comparable aux écrits d'un Lévi-Strauss, aux explorations d'Utopie d'un Thomas More ou aux pérégrinations d'un Candide, se joignent le surréalisme d'un Buzzati et la poésie extatique des romantiques du XIXème siècle.
La langue de Jacques Abeille, à ce point ciselée, sertie de rêves, enchâssée d'émotions, vaste pays lui-même à découvrir, est un bijou précieux que tous les amoureux des mots, les épris de littérature et d'imaginaire se feront une intense joie d'appréhender.
« Les réseaux se nouent, se superposent, s'effacent. Les signes pullulent. Il faut que le regard s'abîme.
Pourtant d'autres contrées sont à venir. Il y aura des pays… »

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
Ichirin-No-Hana
  24 juillet 2018
Dans un monde et une époque inconnue, nous partons en voyage dans cet univers où les statuts sont cultivés dans d'immenses domaines. Oui, oui, cultivées… Les statuts poussent de façon particulière et de nombreux hommes leur dédient leur vie. Jacques Abeille est un auteur et un peintre surréaliste et nous propose ici un univers original, particulier et rempli de code.
Difficile d'écrire cette critique tant le niveau de cette oeuvre est impressionnant. Des mois après ma lecture, j'en suis toujours autant chamboulée et émerveillée. Jacques Abeille est un auteur avec énormément de talent. Son écriture est travaillée au possible, je crois que c'est la première fois que je suis autant émerveillée par un style. Une écriture qui touche et qui nous transperce directement. Les Jardins statuaires est bien plus qu'un roman de fantasy. C'est un roman où l'on se découvre, on apprend à se connaitre, c'est un véritable récit philosophique. A travers son monde et ses codes, Jacques Abeille nous interroge directement et nous fait passer des messages forts. C'est assez indescriptible. le Jardin statuaire demande de prendre son temps car c'est un récit qui demande beaucoup d'énergie mais qui vaut le coup que l'on lui offre. Sous la forme d'un récit de voyage, nous découvrons en même temps que le protagoniste (dont on sait finalement peu de choses, seulement qu'il est étranger, comme nous, des jardins statuaires) cet univers, et tout autant que lui, on est charmé et curieux d'en apprendre plus. En plus de nous proposer une écriture superbe et des messages forts, l'auteur nous propose une intrigue complète et intelligente et nous offre une fin impactante.
J'ai l'impression de faire un déshonneur total en écrivant une critique aussi basique et avec mon style aussi peu travaillé tant Les Jardins Statuaires fait partie des chefs d'oeuvre pour moi mais je pense que ce roman mérite beaucoup plus de succès qu'il en a. Merci Folio d'avoir réédité ce titre, je serais surement passée à côté sinon.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          285
LaGeekosophe
  11 novembre 2018
Les livres originaux existent-ils encore ? Les gros lecteurs peuvent se poser la question, car au fil des romans, les ficelles maintes fois exploitées finissent par se voir et par lasser. Alors lorsque j'ai découvert le synopsis totalement hors normes de "Les jardins statuaires" ainsi que sa publication bourrée de péripéties (manuscrit perdu, incendie...), je me suis dit qu'on tenait très probablement une pépite !
Voilà une lecture qui sort tellement des cadres qu'il est difficile de savoir par où commencer. Déjà, le livre fait partie de ces lectures difficilement catégorisables tant elle croise et mélange les genres. On retrouve quelques points communs avec des romans comme "Le Rivage des Syrtes" de Julien Gracq, car l'action ne se passe ni dans lieu, ni à une époque spécifique. C'est un peu comme un conte brumeux, une parenthèse dans la réalité.
Et comme dans beaucoup de contes, le lecteur fait face à une univers à la fois poétique et inquiétant. le narrateur est un voyageur sans attache qui fait halte dans une contrée lointaine et méconnue. Ce pays est divisée en vaste domaines n'ayant que peu de liens les uns avec les autres. L'activité principale des habitants est de faire grandir et s'occuper de statues démesurées qui poussent hors du sol. Jacques Abeille construit autour de ce bien étrange phénomène une société aux rites et traditions abscons pour l'oeil extérieur, mais qui apporte de la cohérence à l'univers créé.
Tout comme le narrateur, nous sommes dans un premier temps séduits par cette société à première vue utopique qui repose sur la cohésion du groupe et des valeurs communautaires fortes. Mais très vite, cet aspect utopique se délite face à une réalité plus sombre. En effet, les domaines observent des règles strictes promptes à isoler et exclure certaines catégories de la population, quitte à prohiber violemment toute forme de rébellion et de protestation.
L'absence des femmes apparaît rapidement comme problématique. Elles sont inexistantes, cachées aux yeux des hommes dans de vastes jardins labyrinthique où elles sont prisonnières. Les activités des hommes leur sont interdites, leur destin est tout tracé dès la naissance : mariée ou prostituée. Quant aux homosexuels, ils sont considérés comme des aberrations dont on ose à peine parler.
Le tout est porté par une écriture limpide, l'auteur entrecoupe son récit de moments très poétiques ou de réflexions philosophiques menées par le narrateur. Jacques Abeille n'hésite pas à utiliser des tournures presque synesthésiques pour brosser le portrait de sa contrée, mélangeant les sens dans l'association des formules.
Le point faible peut se trouver dans une certaines froideur dans l'écriture, ce qui empêche une totale empathie envers les personnages, car ces derniers m'ont paru à certaines reprises distants. Autrement, il n'y a pas vraiment d'éléments rédhibitoires. Mais bien sûr, la singularité de l'oeuvre fait que le livre ne plaira pas à tout le monde ;)
En somme, le livre est parfait si vous cherchez une lecture hors des sentiers battus. On entre même en territoire sauvage ! Avec son univers poétique, Jacques Abeille nous offre une expérience envoûtante unique. Mais loin d'être une simple curiosité littéraire, Les jardins statuaires nous met face à des problématiques sociales poussées : place des femmes, légitimité des normes, fin d'une société étouffée par ses rites et ses traditions, discrimination... A lire donc ? Totalement !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          193
danaella
  23 septembre 2018
C'est livre est assez curieux, un voyageur parcourt ce monde inconnu, avec ses règles bien définies, où les hommes sont principalement appelés" jardiniers", qui en réalité cultivent des statues et non nos légumes de chez nous! Certes, cultiver des statues n'en est pas moins original, et lorsque pas à pas on découvre ce qu'elles peuvent vous faire subir, je préfère encore nos légumes. Notre voyageur parcourt et étudie ainsi les moeurs de cette étrange et ambigue contrée, où rien n'est ce qu'il parait. Il découvre que les femmes existent mais restent confinées à des tâches bien communes à l'histoire des femmes, dans les domaines au yeux des hommes. Pourtant ce roman n'a rien de misogyne je vous rassure, car le rôle des femmes est de loin plus enviable que celui des hommes. Enfin par pour toutes bien sûr!
Je ne veux pas réduire cette histoire à un récit linéaire, car ce serait manquer l'essence même de ce livre. le style, l'apport poétique d'un rêve éveillé nous transporte avec douceur ou violence par moment, mais jamais ne nous laisse indifférent.
L'auteur, Jacques Abeille m'était totalement inconnu, et je remercie de me l'avoir fait connaître et apprécié une amie de lecture sur Babelio, Ichirin-No-Hana qui a d'ailleurs excellé dans sa critique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          194
Lutopie
  25 février 2019
Tout commence à la campagne, alors que l'auteur observe un jardin. Les courges se transforment en êtres vivants. L'anthropomorphisme, cette fantasmagorie, s'installe. L’œuvre germe. Le regard de l'artiste s'abîme, il va jusqu'à s'imaginer un monde où l'on cultiverait non plus des légumes, mais des statues, à l'apparence humaine, ou presque. La nature et la culture, se mêlant étroitement dans son esprit, se présentent à l'évidence comme la matrice de son oeuvre. Il projette alors d'écrire une fiction brève, ou un conte philosophique, sur une création métaphorique. Il laisse aller sa plume, écrit 150 pages en explorant la contrée des Jardins Statuaires et s'interroge sur les limites de son oeuvre. Il arpente l'espace textuel jusqu'aux frontières du récit. Il écrira, en plus, six autres oeuvres, dressant une géographie plus complexe, plus complète de ses contrées imaginaires. Il créera de nouveaux espaces où les cultures se rencontrent, se confrontent. L'anthropologie est une science qui se transforme en art dans les récits de ce voyageur imaginaire. Il dresse l'histoire des civilisations, dans une oeuvre mémorielle ; il médite devant les ruines des monuments, sur la nature qui surgit, qui prend vie. C'est l'histoire d'une gestation.
L'histoire de la conception des statues peut se lire en filigrane dans les Jardins Statuaires, à plusieurs niveaux. Jacques Abeille, qui fut professeur d'arts plastiques, nous présente en effet un bilan de l'art sculptural : les amateurs peuvent reconnaître, il me semble, certaines statues, célèbres, dans les descriptions. En même temps, ces statues familières sont plus que tout, étranges. Elles sont cultivées par des jardiniers : la sculpture devenant l'expression de la nature (monstrueuse, d'un gigantisme à peine croyable) par le moyen d'un glissement. C'est une nature inquiétante mais fascinante, d'autant plus qu'elle recèle des potentialités infinies, qui franchit les limites du réel, du roman, qui surgit hors de l'oeuvre romanesque. Les statues, silencieuses, sont criantes de vérité : c'est l'allégorie par excellence, parce que c'est "une autre manière de dire". Nous ne savons pas ce qu'elles représentent véritablement, parce qu'elles sont les vestiges d'une civilisation en déclin ou d'une culture morte. Elles sont pourtant paradoxalement fertiles. Elles font corps avec la réalité parce qu'elles s'inscrivent dans la terre, qu'elles ont des racines et qu'elles s'élancent. Il émane quelque chose d'elles parce qu'elles s'expriment, parce qu'elles sont la manifestation d'une volonté, qu'elles semblent faire sortir d'elles ce qu'elles recèlent, qu'elles expriment leur suc, qu'elles nous nourrissent, mais c'est imaginaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
editionsdelabatjoureditionsdelabatjour   14 décembre 2010
Quand la tête tout entière eut émergé, ils posèrent leurs brosses sur le radeau et, à l'aide de chiffons, entreprirent de la sécher, ajoutant à l'effet des brosses un dernier subtil polissage. L'arête du nez apparut ferme et nette et cependant ourlée, dans la lumière frisante du soleil bas, d'un reflet de cire tendre. Le creux des oreilles gagnait une transparence de nacre. Je voyais même maintenant comment, pour travailler, ces deux hommes nus, collaient leur corps contre la statue et je me demandais si le contact de leur peau contre la pierre où glissaient de vagues flocons de terre n'apportait pas aussi une contribution notable à la dernière touche superficielle. Je les vis ainsi, au rythme de l'eau, descendre le long du corps de la Vénus surprise et pourtant impavide. Elle se dressait nue, émerveillée d'être née et à jamais muette dans la lumière tombée du soir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
psycheinhellpsycheinhell   13 juillet 2011
Je crus avoir perçu le charme sous lequel j'allais. Je songeais par-devers moi que sans doute, ici, dans cet espace clos et soustrait aux variations de la lumière et des astres, le temps était suspendu. Mais cette évocation à peine figurée, je la repoussai. Le temps, plus que jamais, je le sentais à chaque pas, battant inébranlablement, non plus dispersé et scandé selon les tâches et les humeurs du jour, mais concentré et réduit aux plus profondes pulsations organiques. Le temps d'avant la germination et les montées de sève, le temps sans exubérance, le temps des pierres. Il me coupait la parole. Il en résultait en moi, peut-être en chacun, une manière d'angoisse faite de jouissance étouffée. Quelque bonheur écrasé et fort.
En sorte que, lorsque nous avons revu le soleil, non seulement nos yeux en étaient offusqués mais la parole et aussi les gestes nous manquaient. Nous étions engourdis comme au sortir de trop lointains tréfonds.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
EmniaEmnia   14 juillet 2017
- Mais comment aurait-il pu survivre, coupé de tout ce qui donne un sens à une vie de jardinier ?
- De l'une des plus hautes chambres il continuait à fixer le regard sur le monde d'où il était à jamais exclu : ici. Et puis il s'est fait sculpteur.
- Sculpteur ? Quelle inconvenance !
- Mais ce n'est que l'envers de la tâche des jardiniers, à quoi il était voué. Dans les veines du bois, il ne fait que suivre l'appel du cauchemar qu'il porte en lui, son héritage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
claudeparisclaudeparis   06 août 2015
Ne t'est-il jamais arrivé de découvrir quelque chose de très beau, et, soudain, de souffrir très fort, et si vite que tu t'en aperçois à peine, parce que ce fragment de beauté que tu contemples, tu devrais le partager avec quelqu'un et qu'il n'y a que l'absence ?
Commenter  J’apprécie          180
EmniaEmnia   19 juin 2017
- Il est arrivé qu'en se polissant par-dessous, la pierre parvienne d'elle-même à si bien réduire tout ce qui pourrait la rattacher au sol qu'elle s'envole.
- Comment ? m'exclamai-je.
- C'est la vérité pure. La forme nuageuse atteint si bien la perfection qu'elle se confond en elle et que l'on voit soudain s'élever dans les courants ascendants de l'air chaud un nuage de pierre qui va rejoindre les vapeurs célestes.
- Et, ajouta mon guide, lorsque ces nuages parviennent à une certaine hauteur dans le ciel, le gel les fait éclater. Ils choient donc en fragments lumineux que le frottement de leur chute consume et réduit en poudre. Cette pluie très douce tombe, portée par le vent, sur d'autres domaines. Elle se mêle au terreau des plates-bandes comme un levain merveilleux. Les statues, cette saison-là, sont vaporeuses.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          53
Videos de Jacques Abeille (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Abeille
Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017).
Le Dictionnaire des mots en trop :
Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.
http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop
+ Lire la suite
autres livres classés : surréalismeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La fantasy pour les nuls

Tolkien, le seigneur des ....

anneaux
agneaux
mouches

9 questions
1379 lecteurs ont répondu
Thèmes : fantasy , sfff , heroic fantasyCréer un quiz sur ce livre
.. ..