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ISBN : 2203092084
Éditeur : Casterman (26/08/2015)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 171 notes)
Résumé :
Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d'un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d'Orient de d'Occident, ce piano au destin méconnu n'aura vu le jour qu'en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s'abatte sur le Liban.

Une métaphore amusante - et touchante - de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  01 avril 2016
Beyrouth, 1959. Abdallah se réveilla de bonne humeur ce matin-là au chant du canari et dans la douceur familiale. Qui plus est, il allait retrouver son ami Victor devant le cinéma pour lui annoncer une bonne nouvelle. Tout fier d'étrenner ses nouvelles bottines italiennes achetées la veille et qui faisaient "scrouitchi scrouitchi" à chacun de ses pas. Comme d'habitude, Victor attend son ami qui arrive en retard. Aussitôt, ce dernier lui apprend la grande nouvelle: il est invité par un certain Hofman qui, intéressé par son piano, souhaite le rencontrer à Vienne. Victor, aussitôt, s'invite au voyage. Les deux amis vont ainsi faire un beau voyage et visiter Paris...
Beyrouth, 2004. À 23 ans, Zeina a quitté la ville, sur la pointe des pieds, pour rejoindre Paris. Sans avoir jamais quitté le Liban qu'elle retrouve régulièrement. Élevée à travers les deux langues, l'arabe et le français, elle est encore aujourd'hui tiraillée entre ces deux pays et ces deux cultures...
Zeina Abichared nous emmène au Liban en nous racontant sa propre histoire et celle de son arrière grand-père, musicien. Ainsi, l'on voyage des années 60 à nos jours, sans toutefois mentionner la guerre. Elle évoque avec tendresse son aïeul, l'inventeur du piano oriental, personnage haut en couleur, drôle et attachant. Elle évoque également son amour pour son pays natal et la France, pour ces deux cultures si différentes et qui, à ses yeux, se complètent parfaitement. à qui elle rend, finalement, un bel hommage. La musique, quant à elle, est omniprésente et habite complètement cet album, l'auteur usant et abusant d'onomatopées. Cette lecture musicale est accompagnée d'un dessin et d'une mise en page parfaitement maîtrisés et originaux. de la petite vignette aux pleines pages, de la page muette à la page musicale, une multitude de détails et une bichromie profonde. Un récit oriental d'une grande finesse...
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Under_The_Moon
  23 décembre 2015
Avant de donner mon avis, je tiens à adresser un immense merci aux éditions Casterman et à Babelio pour leur confiance pour cette opération Masse critique BD.
Pour ma part, c'est le troisième ouvrage de Zeina Abirached que je lis. Et c'est avec un plaisir délectable que j'ai retrouvé ses graphismes en noirs et blancs, qui rappellent ceux de Marjane Satrapi, mais avec des fonds et des détails plus travaillés - tout particulièrement dans cette histoire.
Dans le piano oriental, Zeina Abirached s'est inspiré de l'histoire de deux personnes, dont une de sa famille. Mais l'auteur y ajoute des épisodes de sa vie à elle, entre jeunesse et âge adulte, France et Liban, français et arabe.
D'une "simple" histoire d'un passionné de musique, l'auteur a finalement réussi à nous livrer une magnifique réflexion sur les langues et cultures françaises et arabes : la façon dont elle se complètent, s'emboitent ou ne se comprennent pas.
Zeina Abirached rend ici un hommage vibrant aux langues et aux bruits : en plus de la multitude de conversation qui se croisent (élément tout à fait lambda de toute famille de culture arabe - ce qui inclut donc les musulmans, juifs et chrétiens), de nombreuses onomatopées s'invitent tout au long du récit créant ainsi une formidable polyphonie.
Et puisqu'il s'agit d'un hommage aux langues françaises et arabes, on voit que la linguistique des deux langues vient magnifier ce bruit, lui donner une saveur. Tout comme l'influence de l'arabe et sa poétique magnifie le français.
Un vrai bijou pour les yeux, les oreilles et la bouche : comme un poème arabe illustré... et en français !
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viou1108
  23 décembre 2015
Beyrouth, Liban. Ces deux noms propres m'évoquent inévitablement la guerre civile qui a ravagé le pays entre 1975 et 1990, et qui croule aujourd'hui sous l'afflux des réfugiés syriens. Ce petit état, placé sous mandat français entre les deux guerres mondiales, a connu son lot de carnages. Mais aujourd'hui, 23 décembre, avant-veille de Noël, il ne sera pas question de guerre dans cette chronique, au contraire.
Inspiré de la vie d'Abdallah Chahine, « Le piano oriental » (qu'on l'appelle BD ou roman graphique) raconte l'histoire – achevée – d'une tentative de conciliation à l'intérieur d'un seul instrument et, entrelacée à la première, l'histoire – toujours en cours – d'une réconciliation avec soi-même.
Je m'explique. La première histoire commence dans les années 1950, à Beyrouth donc, lorsque le pianiste Abdallah Kamanja cherche désespérément le moyen de jouer la musique orientale (dont les notes se subdivisent en quarts de ton) sur un piano occidental traditionnel (qui ne connaît que les demi-tons), le tout sans modifier l'aspect extérieur de l'instrument ni son clavier. Après s'être creusé la tête pendant des années, Kamanja toucha au but, parvenant à faire jouer des quarts de ton à son piano. Son invention intéressa aussitôt le facteur d'orgue viennois Frederick Hoffmann, prêt à se lancer dans la fabrication à grande échelle du piano oriental. Le rêve de Kamanja de jouer ces deux musiques en même temps sur le même instrument allait se réaliser...
La deuxième histoire est celle de l'auteure, Zeina, jeune femme née à Beyrouth au début des années 1980, dans un milieu très francophile. Elle grandit dans les deux langues, le français et l'arabe, puis part à Paris en 2004, tout en continuant à revenir régulièrement au Liban. Tiraillée entre ses deux pays, ses deux langues, ses deux cultures, elle se cherche une identité, une nationalité. Pas évident quand on s'est sentie étrangère dans son propre pays, quand la langue arabe a été, à un moment, « la langue de la violence du monde dans lequel nous vivions, la langue des miliciens, des barrages armés (...), la langue des mauvaises nouvelles, celle qu'on a envie d'oublier ».
Tranche d'histoire d'un pays du Proche-Orient fortement imprégné de culture française, « le piano oriental » est un double récit plein de charme, d'humour et de tendresse, rendu sonore et virevoltant par les nombreuses onomatopées et le graphisme foisonnant, dessiné en noir et blanc, à gros traits nets, une sorte de ligne claire. Si le récit du parcours de Zeina m'a moins touchée ou intéressée (parce pas assez approfondi à mon goût), celui du piano oriental comme un pont jeté entre deux musiques est presque un conte de Noël...
Joyeux Noël à tous !
Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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jamiK
  17 mars 2018
Le dessin est en noir et blanc, avec des traits épais et beaucoup d'ornementation qui donnent un aspect oriental, et ces ornementations intègrent souvent des signes musicaux, portées, notes… C'est l'histoire d'un homme de Beyrouth, musicien, qui a modifié un piano en y ajoutant un système permettant de jouer les quarts de tons pour permettre l'interprétation de la musique orientale. C'est sa petite fille qui raconte cette histoire, avec beaucoup de tendresse, avec l'ambiance du Beyrouth d'avant la guerre, une ville au bord de la Méditerranée qui vit au rythme de l'insouciance. le rythme est reposant, le ton utilise des sujets légers, la façon de ranger les chemises dans une valise ou de resquiller au bureau avec un chapeau... pour parvenir à invoquer des sujet plus lourds, le déracinement, la langue, la famille, l'amitié… C'est traité de façon poétique, sans gravité, un peu nostalgique, une lecture calme et reposante, parlant de choses légères qui laissent planer en arrière plan des thèmes plus tragiques, le déracinement, la guerre, la fin de l'innocence, le paradis perdu...
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Ziliz
  06 avril 2016
Libanaise née à Beyrouth, Zeina Abirached vit actuellement à Paris. Elle dit porter en elle une « étrange juxtaposition de deux visions du monde que rien ne semble pouvoir lier ».
Dans cet album, elle évoque la langue en général, rend hommage aux siennes (l'arabe et le français), à ses deux cultures, à ses ancêtres, au musicien inventeur de ce 'piano oriental' (métaphore de l'alliance de deux univers).
Le dessin en noir et blanc est naïf, géométrique, épuré dans le trait mais chargé de détails (onomatopées, fleurs, notes de musique, mailles de tricot...). Est-ce que c'est beau ? Oui, indiscutablement. Symbolique riche, joli jeu d'entrelacs pour exprimer la difficulté de concilier les cultures orientale et occidentale...
Mais est-ce que j'aime ce genre de beauté ? J'hésite, mais je crois bien que non. Trop froid, calculé, posé. Trop sage et propre, et en même temps super bordélique avec toutes ces fioritures.
Pas pour moi, mais je comprends aisément que beaucoup de lecteurs (tous ?) soient très enthousiastes.
Déjà 'Mourir, partir, revenir' de cette auteur m'avait déçue. Lu peu de temps après 'Persepolis' (Marjane Satrapi), je l'avais trouvé trop léger, trop anecdotique.
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critiques presse (6)
ActuaBD   22 septembre 2015
Un autoportrait d’une subtile élégance qui fait joliment le chemin entre Beyrouth et Paris.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   18 septembre 2015
Plus proche dans sa forme de la musique contemporaine que d'une sonate de Chopin, Le piano oriental sonne néanmoins juste et devrait séduire les bédéphiles mélomanes.
Lire la critique sur le site : BDGest
Bedeo   14 septembre 2015
Le Piano oriental va au-delà de la musique, de Beyrouth, Vienne ou Paris. Il illustre ce que l’humanité a de plus beau (...) en la magnifiant, cette fraternité insoupçonnée entre les cultures.
Lire la critique sur le site : Bedeo
BoDoi   03 septembre 2015
Certains penseront encore, en la lisant, à Marjane Satrapi. D’autres oublieront cette référence, emportés par son usage fluide du noir et blanc, ses motifs vertigineux, son inventivité graphique.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Auracan   25 août 2015
Assurément une belle réussite qui devrait ravir bon nombre de lecteurs.
Lire la critique sur le site : Auracan
LeMonde   15 juillet 2015
Ouvrage au dessin foisonnant de signes et de symboles, lui aussi à la croisée des cultures.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Under_The_MoonUnder_The_Moon   21 décembre 2015
S'il existait un métronome pour le cœur des hommes, il aurait indiqué qu'Abdallah était tout allegro, avec de soudaines pointes presto...
Et cela ne facilitait pas la vie à Victor qui affichait, lui, l'imperturbable adagio
des personnes habituées aux voyages.
Victor Challita était le premier grand copain d'Abdallah.
Autant dire que ça faisait un bail qu'ils s'accordaient.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   21 décembre 2015
Je me suis rendu compte que le français
et l'arabe sont intimement liés en moi
inextricables, le français
et l'arabe sont ma langue.
Je tricote depuis l'enfance une langue faite de deux fils fragiles et précieux.
Il y a deux jeux de mikados renversés en vrac dans ma tête.
C'est l'ADN de ma langue maternelle.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   22 décembre 2015
Ernest, qui était bien trop timide pour regarder les clientes,
soulignait des passages entiers de texte... Et son crayon bien taillé faisait un joli bruit sur le papier un peu grêlé de ses livres en français dont il découpait une à une les pages avec le coupe-papier [...].
Il aurait voulu plonger dans ses livres
être traversé par leurs lettres.
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marina53marina53   01 avril 2016
Avoir l'accent, enfin, c'est, chaque fois qu'on cause, parler de son pays en parlant d'autre chose...
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NievaNieva   11 avril 2016
Pendant ces dix années, s'il n'était ni à la compagnie des chemins de fer, ni à son atelier, Abdallah Kamanja était à l'autre bout de la ville, dans une salle de concert ou une église, dans un couvent ou un théâtre, en train d'accorder un piano. Il n'y avait pas un piano dans cette ville qui eût de secret pour lui. Avec le temps s'était dessinée en lui une cartographie intime de la ville ponctuée par l'emplacement de "ses" pianos. Il les connaissait tous par cœur et du bout des doigts. Le piano du théâtre Monnot. Celui de Claudine Roukoz avec ses touches en ivoire jauni orné de deux bougies dont la cire coulait sur le bois noir. Celui du théâtre Al-Madina. Celui du conservatoire national. Le crapaud de Maryvonne Samboussik sur lequel son fils, Tarek, massacrait de temps en temps "La Lettre à Élise". Le piano à queue de la salle de concert de l'université américaine. Le piano de Varouj dont les touches étaient marquées à jamais de la cicatrice des cigarillos qu'il posait sur son clavier. Il avait une tendresse particulière pour le vieux Steinway des sœurs capucines.
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Videos de Zeina Abirached (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Zeina Abirached
Autour du récent roman graphique politique et poétique écrit à quatre mains Prendre refuge, Mathias Énard et Zeina Abirached dialoguent entre Orient et Occident. Aujourd?hui, à Berlin, Karsten rencontre Nayla qui a fui la Syrie pour s?installer en Europe. En septembre 1939, deux voyageuses parviennent à Bamyan en Afghanistan. Ces deux histoires tissent le récit du désir, de l?altérité et de la guerre.
Avec : Sonia Déchamps, Zeina Abirached
Retrouvez nos articles sur notre webmagazine Balises : https://balises.bpi.fr/bande-dessinee/dans-la-bulle-de-zeina-abirached https://balises.bpi.fr/bande-dessinee/zeina-abirached-en-5-bd https://balises.bpi.fr/bande-dessinee/le-tarbouche-de-zeina-abirached
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