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ISBN : 2200611730
Éditeur : Armand Colin (01/07/2015)

Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes)
Résumé :
L’agriculture est une composante essentielle de l’agenda stratégique international. Activité ancestrale, elle continue de déterminer l’avenir du développement humain. La sécurité alimentaire conditionne, en effet, la stabilité des États et la paix dans le monde. Nourrir une population en croissance, dans un contexte de raréfaction des ressources et de transformation des rapports de forces économiques entre les puissances, constitue l’un des enjeux les plus complexes... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
YvesParis
  13 octobre 2015
Moins médiatisé que le pétrole, le blé est lui aussi un produit stratégique. Cultivé depuis l’Antiquité, il est aujourd’hui consommé partout dans le monde à partir de blé tendre (la « baguette » française, le pain de mie britannique, la galette moyen-orientale ou le pain vapeur chinois) ou de blé dur (le couscous du Maghreb). Cette consommation a cru exponentiellement depuis un siècle. Même les civilisations du riz consomment désormais du blé. La Chine en est même le premier producteur mondial ; mais les 115 Mt qu’elle produit chaque année ne suffisent plus à nourrir une population de plus en plus riche et de plus en plus urbanisée.
L’offre a réussi à s’adapter à la demande : la production du blé a été multipliée par sept en un siècle grâce à la « révolution verte » passant de 100 à 700 Mt/an. Mais les marges de progression semblent désormais réduites : les tensions foncières compromettent l’augmentation des superficies emblavées, les limites au progrès technique interdisent d’espérer en une hausse continue des rendements. A l’horizon 2100, une population mondiale de onze milliards d’habitants ne trouvera peut-être pas chaque année le milliard de tonnes de blé nécessaire à son alimentation.
La répartition géographique des producteurs et des consommateurs de blé soulève des questions tout aussi stratégiques. Sa culture est en effet très localisée dans des pays qui bénéficient d’avantages podologiques, hydrauliques, climatiques. La France compte parmi ces pays-là. Elle est le 5ème producteur au monde et le 3ème exportateur (derrière les États-Unis et le Canada, ex aequo avec l’Australie). Les pays riverains de la mer Noire (Russie, Ukraine, Kazakhstan) ont fait un retour marqué sur la scène internationale depuis la chute du mur. Le temps n’est plus où l’URSS importait du blé des États-Unis, au point de compromettre son indépendance géo-stratégique en pleine Guerre froide. La situation n’est pas surprenante quand on sait que la Russie des tsars assurait la moitié des exportations mondiales de blé avant la Grande Guerre. Ce heartland céréalier pourrait peser lourd dans les échanges internationaux ; mais la guerre entre la Russie et l’Ukraine depuis 2014 obère la constitution d’un pool céréalier autour de la Mer noire.
D’autres pays en revanche sont des importateurs structurels. C’est le cas des pays du Maghreb qui concentrent le tiers des achats mondiaux de blé : la production y est faible (alors même que l’Algérie fut jadis le grenier à blé de la France métropolitaine) et la demande élevée (la consommation per capita y est trois fois supérieure à la moyenne mondiale et deux fois à la moyenne européenne). La question du pain y est hautement sensible. Toute tension sur le marché susceptible d’entraîner une rupture d’approvisionnement ou une flambée des prix y a des conséquences politiques explosives. Les émeutes de la faim du printemps 2008 le rappellent.
Le commerce international est donc nécessaire pour rapprocher l’offre et la demande. Il y est d’autant plus fait recours que le blé se transporte aisément. Entre 20 et 25 % de la production mondiale de blé s’exporte – alors que le chiffre n’est que de 10 % pour le riz, 5 % pour les fruits et légumes. Ce commerce est, pour l’essentiel, organisé par quelques sociétés de négoce. Archer Daniel Midland, Bunge, Cargill et Louis-Dreyfus, réunis sous l’acronyme « ABCD », sont des compagnies familiales qui fuient la publicité. Ces sociétés privées doivent composer avec des offices publics qui, dans certains pays à l’économie centralisée, conservent le monopole du commerce du blé (tel le GASC, premier acheteur public mondial, en Égypte, premier importateur de blé au monde).
Le commerce des matières premières façonne la planète. Les ouvrages consacrés à celui du pétrole abondent. On parle moins souvent de celui des céréales et du blé. Sébastien Abis répare cet oubli.
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Analyste politique spécialiste de l'espace méditerranéen, Sébastien Abis intervient pour TerrEthique autour du thème : Pour le futur de la Méditerranée, l'agriculture.
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