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EAN : 9781434630100
196 pages
BiblioBazaar (11/10/2007)
4.2/5   5 notes
Résumé :
Le 1er janvier 1853, les domestiques de l'hôtel de Sanglié à Paris voient la duchesse Mlle Germaine, malade et dont le père est ruiné, aller vendre sa bague au mont-de-piété. Mme de Chermidy lui fait épouser Don Diego pour l'argent. Ils vont en Italie où Germaine se refait une santé. Ils adoptent Gomez, fils de Mme de Chermidy. Germaine est empoisonnée et Mme de Chermidy veut épouser Don Diego mais Germaine réchappe et Mme de Chermidy est tuée par un domestique de G... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
etienneDuLoiret
  15 avril 2022
L'hypocrisie des moeurs parisiennes et la répercussion des scandales fertilisent toute sorte de plans sournois et lâches pour maintenir à tout prix son honneur.
Un enfant né hors mariage, fruit d'un adultère est un boulet à vie et qu'il ne s'agisse que d'une banalité parisienne ne modifie en rien les jugements. La réputation du comte de Villanera peut tomber à tout moment, lui qui a eu cet enfant avec Madame de Chermidy.
La réaction la plus spontanée serait d'abandonner l'enfant mais cette lâcheté écoeure la tendresse paternelle et la sensibilité du comte.
Par un trait de génie perfide, sa maitresse a tout prévu : le comte se mariera et fera reconnaître l'enfant ; elle dépêche un médecin à la recherche d'une femme dont la mort est proche. le docteur le Bris a dans sa clientèle, une noble famille, de la Tour d'Embleuse, réduite à la plus profonde misère. Germaine de la Tour d'Embleuse sera l'heureuse élue de ce morbide marché.
C'est une bien touchante poitrinaire, malade, que cette Germaine qui se laisse vendre ainsi sans hésiter ce qui lui reste de sa vie et toutes ses illusions de jeune fille pour donner du pain à ses vieux parents, sans ne serait-ce qu'une seule rancoeur envers son père qui a ruiné et déshonoré sa famille, jadis immensément riche, par des jeux d'argent.
C'est d'autant plus remarquable que son état de santé a pour origine directe les conditions pouilleuses de vie dans lesquelles elle a été contrainte de vivre suite à l'appauvrissement de son père.
Une famille noble pauvre est la plus misérable des familles de Paris, car une fois sans un sou, la fierté des membres de la famille les empêche de travailler, seuls quelques emprunts de plus en plus rares à des amis de plus en plus absents comblent le manque à vivre.
Le duc préfère donc vendre sa fille plutôt que se résoudre à travailler, le comte de Villanera inscrira des rentes et une dot à la hauteur de l'humiliation.
Le plan va doublement échouer : non seulement Germaine se remettra, car sa santé n'était qu'indexée à sa pauvreté, mais en outre le comte, ému par ce miracle, cette guérison inespérée, y voit le signe du destin et évincera de son coeur la vilaine Chermidy.
Dans un excès d'impatience, Madame Chermidy, récemment et joyeusement veuve réclame son dû ; il devait y avoir deux veufs, un enfant légitimé, un mariage réussi, une fortune, un nom et un honneur assuré… Elle ne trouve qu'un coeur perdu, un enfant dérobé et une pré-mourante en pleine forme. Elle qui était fine, espiègle et raisonnée éclate et devient une fureur incontrôlée, usant à outrance de chantage émotionnel et autres menaces ridicules pour se venger.
Ce roman frappe fort au début puis perd un peu en intensité : d'abord car on explique peu le revirement sentimental du comte et que Madame Chermidy enchaîne les maladresses avec une fin moralisante et heureuse mais qui semble avoir été un peu trop expédiée.
Heureusement pour l'époque, la vertu de Germaine est récompensée et les vices de l'autre serpent châtiés, cela a sauvé l'oeuvre de la censure. Même avec cette fin bienveillante et moralisante, certains journaux ont pu dire « que l'art du conteur ne saurait déguiser ce qu'il a de choquant et d'odieux dans ce marché avec la fille poitrinaire ».
Le livre est drôle de tout un tas d'autres détails morbides non détaillés ici : le médecin proxénète noue une égale amitié entre le bourreau et la victime et il agit toujours avec grâce et une bonhommie parfaite, sans aucun scrupule. Madame Chermidy hypnotise le père de Germaine, lui détourne ses correspondances et ses fonds, elle s'entoure d'un arsenal d'autres hommes soumis prêt à lui rendre service, on lui livre un ancien prisonnier afin d'empoisonner Germaine
Bref, ne vous fiez pas au titre, c'est un roman original et plein de bonnes sournoiseries.
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BVIALLET
  25 février 2015
A Paris, vers le milieu du XIXème siècle, Monsieur le duc de la Tour d'Embleuse vit dans une soupente du boulevard Saint Germain un vieil aristocrate désargenté suite à une série de mauvais choix et à pas mal de malchance au jeu. Trop fier de ses origines nobles, il a toujours refusé de travailler et s'est reposé sur sa femme Marguerite qui peine à faire vivre sa petite famille à l'aide de quelques expédients et de beaucoup de recours au Mont de piété. Dans la débine, la pauvre femme essaie quand même de toujours rester ferme et digne. Malheureusement, cette misère noire et son cortège de mauvaises conditions de vie ont miné la santé de leur fille Germaine qui est atteinte de phtisie galopante (tuberculose). le médecin de famille ne lui a pas donné plus de quatre mois à vivre quand une demande en mariage pour le moins étrange est présentée au duc.
« Germaine » se présente comme un roman naturaliste et social qui se termine en tragédie morale digne d'une pièce de Corneille ou de Racine. A un siècle et demi de distance, ce texte peut se lire avec grand plaisir ne serait-ce que pour la qualité de la langue et pour la beauté du style qui rappelle celui d'Alexandre Dumas. Bien entendu, l'intrigue et la problématique qu'elle recouvre, une histoire de mésalliance, n'a plus aucune actualité. de nos jours, même les familles royales épousent des roturières. Il n'en était pas de même au temps d'Edmond About qui en profite pour tirer à boulets rouges sur l'aristocratie qu'il juge décadente. En plus d'un véritable intérêt historique et social, le lecteur y trouvera une fine analyse des comportements humains et, cerise sur le gâteau, un charmant portrait de personnage féminin en la personne de Germaine, cette innocente vouée à la mort et qui réchappe presque miraculeusement à tout ce que le destin s'acharne à lui faire subir... Edmond About, auteur un peu oublié aujourd'hui, mériterait largement d'être découvert ne serait-ce que pour ses qualités de conteur qui surpassent très largement celles de beaucoup de petits maîtres qui ne méritent pas les louanges que tant d'incultes leur adressent.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
BVIALLETBVIALLET   25 février 2015
La France a toujours manqué d'égoïsme. Elle a plus fait pour la civilisation qu'aucun autre pays d'Europe, et elle n'a jamais demandé son salaire. L'Univers est notre débiteur ; nous le fournissons d'idées depuis trois ou quatre cent ans, et l'on ne nous a rien donné en échange.
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Selections from The King of the Mountains by Edmond About
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