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Sébastien Pignon (Illustrateur)
ISBN : 2913896669
Éditeur : Al Manar (04/11/2008)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Recueil de contes licencieux collectés auprès de femmes nomades et paysannes des hauts-plateaux maghrébins avec en toile de fond une critique sociale de l'ordre politique et religieux.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
malaurie
  07 octobre 2010
Voici une très belle sélections de courts contes issus des Hauts Plateaux algériens.
Dans une société où la place de la femme est si contrainte et régit par des règles imposées par le double carcan des hommes : pouvoir politique et pouvoir religieux, l'oralité devient une forme d'expression pour clamer la liberté. Défier les interdits, vivre ses plaisirs dans la clandestinité, chaque conte explore les milles et une façon qu'ont les femmes - jeunes ou vieilles - de s'accommoder et de contourner ces carcans.
Nora Aceval a recueilli ces contes auprès des siens : femmes nomades, paysannes, âgées de 30 à 80 ans... mais aussi auprès d'hommes, qui ont reçu - ou volé - ces histoires. Ces dernières sont forcément légères, car aucun homme n'oserait raconter ce qui ne peut se dire et encore moins s'écrire devant une femme.
Ces histoires, où les hommes n'ont que très rarement le beau rôle, tout au moins les maris, ces éternels cocus, sont savoureuses et licencieuses à souhait. Coquines, drôles, émouvantes, elles racontent l'intelligence féminine, le plaisir et le désir que l'on ne peut jamais corseter, empêcher et qui resurgit toujours. C'est un profond plaisir de lecture.
La langue de Nora Aceval, tout en douceur et simplicité pointe l'essentiel et ménage les chutes cocasses et insolentes.
Avec une préface de Leïla Sebbar.
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MicheleP
  20 août 2012
Très proches des fabliaux du Moyen Age et des contes licencieux (Decameron, Heptameron Canterbury) De La Renaissance, ces contes s'en différencient par deux caractères.
Tout d'abord, ce sont des contes oraux que l'auteure a recueilli près des siens les nomades du djebel Amour, en Algérie de l'ouest, alors que tous les contes précités appartiennent déjà à la littérature écrite.
Ensuite ce sont des contes de femmes (on me dira que l'Heptaméron aussi, mais..), inventés et racontés par elles le soir à la veillée.
Histoires lestes et malicieuses où les maris, les tuteurs et les frères n'ont pas le beau rôle, histoires où l'on entend presque perler le rire des conteuses. Pour ces deux raisons, ces contes méritent l'intérêt des spécialistes.
Mais il faut les lire simplement pour le plaisir de ces histoires drôles et moqueuses et pour toutes les couleurs, toutes les senteurs, toutes les émotions qu'elles apportent de leur terre d'origine.
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nounours36
  20 mars 2014
Livre pris au hasard de mes déambulations dans la bibliothèque du quartier, "Contes libertins du Maghreb". J'ai démarré avec un peu de préjugés et beaucoup de curiosités, car il me semblait que l'adultère, fornication étaient puni de lapidation et d'autres maux désagréables. Mais l'on rencontre dans ces pages de sages imams qui viennent à sauver l'honneur des filles devant leurs parents "L'iman et la fille qui n'était pas vierge".
Ces petits récits de quelques pages apparemment anodines sont pleins de finesses, et de délicatesse. Nous apprenons entre autres que les maris jaloux, avares et mesquins en ont toujours pour leur argent, et nous également que jeunes ou vieilles, les femmes arrivent toujours à leur fin.
On trouve également une fable qui pourrait appartenir au recueil de la Fontaine, ou il est question d'animaux. La morale de toutes ces histoires pourrait être "Le répertoire des ruses féminines est infini", un ouvrage simple et bien sympathique. D'une lecture facile, ces petits contres s'enchaînent rapidement, et on en redemanderait bien un peu plus.
Lien : https://nounours36.wordpress..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
malauriemalaurie   07 octobre 2010
La nomade et le paysan

"Un jour, un violent orage gonfla les eaux d'un oued et rendit sa traversée impossible. La crue de l'oued isola la nomade qui habitait sur la rive. Personne pour la secourir. Cette solitude providentielle enchanta la femme. Elle comptait bien en profiter. Un matin, alors qu'elle surveillait l'oued dont les eaux commençaient à baisser, elle aperçut un paysan de l'autre côté de la berge. Il était si chargé qu'il hésitait à traverser. De la main droite il tenait sa chèvre en portant une cruche de lait, de la main gauche, il tirait son âne en tenant un bâton. Cette soudaine apparition ravit la nomade qui espérait que l'homme traverserait et viendrait jusqu'à elle. Mais le paysan hésitait toujours. Elle sortit brusquement de sa tente en agitant les bras, et se mit à crier :

- O étranger ! Honte à toi ! Tu veux m'attaquer ! Je suis seule, personne pour me défendre. O homme misérable ! Le paysan leva la tête, vit la femme et comprit qu'elle s'adressait à lui. Il la rassura :- O femme, ne crains rien, je ne te veux pas de mal ! D'ailleurs je suis si encombré que je ne pourrais rien faire, même si je le voulais. Avec ma chèvre, ma cruche, mon âne, mon bâton et cette crue qui m'empêche de traverser... Comment veux-tu ?....
- Ce que tu dis me soulage. J'avais peur que tu entraves ton âne, que tu attaches ta chèvre au jujubier sous lequel tu aurais enfoui ta cruche de lait, et que tu réussisses à traverser, en mesurant le niveau de l'eau avec ton bâton. Tu sais que je suis seule et tu aurais abusé de moi.
Le paysan, l'œil brillant, comprit et dit à la nomade d'un ton décidé :- Je te remercie, femme, de m'avoir si bien conseillé.
Il suivit à la lettre ce que la belle avait préconisé. Aucun oued en crue n'est plus puissant que le désir d'une femme !
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nounours36nounours36   21 mars 2014
Mon cher époux ! Tu crois que c’est en m’enfermant que tu m’empêcheras de te tromper ? […]
Sache, mon mari, que ta surveillance n’assure en rien ma fidélité. Si je le veux, je peux te tromper, à ta barbe
- Je demande à voir, dit le mari en ricanant
(p.100, Le lâcher de pigeon)
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Videos de Nora Aceval (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nora Aceval
L'ÉMISSION "QAADA" DE LYNDA TAMDRARI, ÉMISSION FRANCOPHONE TRÈS REGARDÉE PAR LES ALGÉRIENS, TANT EN ALGÉRIE QUE DANS LA DIASPORA, ENREGISTRÉE SOUS LA TENTE À TINERKOUK près de TIMIMOUN , a été DIFFUSÉE EN DIRECT SUR LE SITE DE CANAL ALGÉRIE , LE 1er JANVIER 2010 À 21 H. Invités : Nora Aceval, Sylvie Brunel, Rachid Arhab,
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