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ISBN : 2757863851
Éditeur : Points (11/05/2017)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Cuba, 1963. Le terrible ouragan Flora s'apprête à frapper l'île. Les habitants sont évacués en urgence. Dans l'ancienne demeure du gouverneur, sept femmes sont cloîtrées sous la surveillance d'une jeune soldate de Castro, Ofelia. Pour passer le temps, la vieille Maria Sirena, Shéhérazade des temps modernes, leur raconte des histoires.
Car Maria Sirena est une conteuse hors pair. Elle en avait d'ailleurs fait son gagne-pain à la grande époque des fabriques de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  13 juin 2016
Cuba, 1963. Alors que l'île s'apprête à affronter l'ouragan Flora, la vieille Maria-Sirena est bien décidée à rester dans sa maison du bord de l'océan. Rongée par la maladie et les remords, elle attend la vague qui la submergera et ses souvenirs avec elle. Mais c'est sans compter sur Ofelia, une jeune soldate de l'armée de Castro qui a pour mission de rassembler les récalcitrants pour les mettre à l'abri. Malgré elle, Maria-Sirena se retrouve dans une des nombreuses pièces de la casa Velazquez, l'ancienne résidence du gouverneur. Là, avec sept autres femmes, la vieille dame guette la tempête et l'eau qui monte. Pour passer le temps et se débarrasser d'un fardeau trop lourd à porter, Maria-Sirena va dévider le fil de ses souvenirs. Comme du temps où elle était lectrice dans une manufactures de cigares, la cubaine raconte sa vie, depuis sa naissance sur un bateau espagnol en provenance de New-York, jusqu'à ses derniers jours solitaires dans sa petite maison. A travers ses mots, renaissent Agustin, son père rebelle impliqué dans les guerres d'indépendance contre la domination espagnole, Lulu, sa mère, belle et farouche, Mario, son premier amour et Mayito, le fils dont elle conserve précieusement une photo dans sa poche.
De Cuba, l'on connaît surtout la révolution castriste et le passé récent d'une île toujours sous le joug du communisme. Chantel Acevedo nous emmène plus loin dans le temps, à la fin du XIXè siècle lors de la troisième guerre d'indépendance. Cuba est alors sous domination espagnole mais les rebelles se soulèvent contre des occupants tout puissants. Dans le sillage de ses parents, indépendantistes convaincus, Maria-Sirena est au plus près des combats. Très attachée à sa mère qui l'a élevée seule pendant que son père croupissait en prison, la fillette grandit avec la liberté et la haine de l'Espagne chevillées au corps. Pour ses compagnes d'un jour, elle fait revivre ses années dans un atelier clandestin, à affûter les armes et à soigner les rebelles, l'émancipation des esclaves noirs qui eux aussi prirent les armes pour chasser les espagnols, la cruauté des dominateurs et le reconcentrado, ancêtre des camps de concentration où les cubains, enfermés dans des villages sertis de barricades, vivaient dans des conditions d'insalubrité effroyables, mourant de faim, de soif et de maladies. Conteuse-née, Maria-Sirena raconte une vie de larmes, de sang mais aussi de bravoure, de conviction, d'amour, auprès de parents flamboyants, dans une île qui a eu son lot de combats, de morts et de héros.
Ce roman, histoire d'amour de Cuba, se lit d'une traite, comme si l'on était enfermé dans la villa du gouverneur avec ces femmes. Dehors, la tempête gronde, dedans l'histoire se déroule comme un conte, à la fois cruel et sensuel. Une lecture lointaine et merveilleuse.
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isabelleisapure
  17 février 2017
Alors que l'île s'apprête à affronter l'ouragan Flora, Maria-Sirena attend la vague qui l'emportera avec ses souvenirs. C'est sans compter sur Ofelia, jeune soldate, chargée de mettre la population à l'abri. Maria-Sirena est alors amenée à la Casa Velázquez où elle partage la chambre de sept autres femmes.
Pour passer le temps, Maria-Sirena, ancienne conteuse d'une fabrique à cigares, leur raconte une histoire : son histoire et celle des nombreux fantômes qui peuplent ses pensées.
Elle a vécu la troisième guerre d'Indépendance en 1895, au côté de sa mère, la belle Iluminada, et de son père Agustin, Cubain en lutte contre l'Espagne.
Dans un camp, à Dos Rios, où les rebelles se regroupaient autour du poète et âme du soulèvement José Marti, Maria Sirena, quatorze ans, fit la connaissance de Mario Betancourt.
Il était noir, ancien esclave. Leur amour fut comme un diamant découvert au milieu de la boue, qui engendra un petit Mayito.
La construction narrative, quand Maria Sirena raconte, alterne avec des retours sur le présent qui sont autant de respirations. La conteuse reprend son souffle, et le lecteur également tant la vie de ces héroïnes est épique.
Une lecture délicieuse et bouleversante. Un grand coup de coeur.
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nadiouchka
  07 août 2017
Nous sommes à Cuba en 1963 et l'ouragan Flora est prévu arriver avec toute sa violence. Il reste à évacuer quelques femmes. Elles vont se retrouver dans l'ancienne demeure du gouverneur (la Casa Velázquez). C'est une jeune soldate, Ofelia, qui en est chargée et elle rencontre une grande réticence avec Maria Sirena qui, finalement, accepte de la suivre alors qu'elle aurait bien voulu être emportée par la vague meurtrière.
C'est avec ce premier roman traduit en français « Lointaines merveilles », que Chantel Acevedo nous fait assister à ces quelques jours d'isolement.
Pour occuper cette longue attente avant de pouvoir retourner dans leurs habitations – ou ce qu'il en reste – ces quelques femmes décident de raconter des histoires ou de « se » raconter.
Comme Maria Sirena était lectrice dans une usine de cigares, à la fin du XIXème siècle, c'est surtout elle, conteuse hors-pair, qui raconte sa vie – qui parle de sa mère si belle : Iluminada, surnommée Lulu – de son père Agustin qui se battait contre l'Espagne – du poète José Marti qui a provoqué le soulèvement du peuple – et de sa passion pour Mario Betancourt, un noir si beau et qui lui a donné un fils, Mayito.
C'est une longue et belle confession que l'histoire de Maria Sirena : elle commence par raconter son enfance pendant la troisième guerre d'indépendance cubaine et c'est toute l'histoire de Cuba qui nous est livrée en plus de cette saga familiale.
Les autres femmes ont également beaucoup souffert mais elles sont surtout pendues aux lèvres de la conteuse qui fait penser à Shéhérazade car elle a tellement de choses à dire qu'on a l'impression qu'elle cherche, ainsi, à faire oublier le drame qui se joue à l'extérieur.
Dans ce huis-clos, on apprend tout sur les reconcentrados (qui ont donné le nom aux camps de concentration).
L'auteure fait des allers-retours et on y voit ce qu'a enduré l'héroïne que l'on peut qualifier d'exceptionnelle, comme ses compagnes qui n'ont qu'un désir, survivre malgré tout à toutes les souffrances endurées.
C'est un roman qui se lit très facilement, avec une intense émotion et une admiration pour ces femmes.
Mais il ne faut pas oublier Ofelia, qui, bien que soldate dans l'armée de Castro, se dévoue entièrement pour faire subsister tout le monde et le réconforter du mieux possible. On ne parle d'elle que de temps en temps mais il faut souligner son héroïsme et son maintien calme alors que dehors, c'est la dévastation.
C'est vraiment un excellent roman à lire, à découvrir pour ceux que Cuba intéresse.
Avec ce voyage, on y découvre ces « Lointaines merveilles » et tout ce qui reste à lire sur Maria Sirena qui a connu un destin bouleversant et c'est sa fille Beatriz qui perdurera sa vie.
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spleen
  25 novembre 2017
Maria Sirena n'a pas l'intention de quitter sa maison alors que l'ouragan Flora menace Cuba , une bonne façon d'en finir avec la vie mais si elle a pu résister aux sollicitations  de sa voisine, elle ne peut empêcher la jeune femme policier, Ofélia de l'emmener avec d'autres vieilles dames dans une maison coloniale décrépite et servant de musée en cette année 1963 .
Cette demeure est peuplée de fantômes pour Maria Sirena  : son père Agustin  y a vécu tout gamin avec sa mère travaillant pour le gouverneur de l'époque et c'est en évoquant ses souvenirs et ceux de sa famille qu'elle va occuper ses compagnes d'infortune  dans ce huis clos forcé pendant que les vents se déchainent et que les vagues submergent l'île .
Une vie bien mouvementée aussi pour notre conteuse et sa famille et par petites touches on remonte le temps et l'histoire de Cuba , à la fin du XIX siècle  où sévissait la troisième guerre d'indépendance  quand les parents de Maria-Sirena luttaient contre l'envahisseur espagnol, le père emprisonné et la mère , accompagnée de sa  fille , suivant dans le maquis le poète José Marti , l'âme du soulèvement .
La vieille dame sait maintenir l'attention de son auditoire, elle qui était liseuse dans une manufacture de tabac et racontait déjà sa vie sous forme de contes  mais au cours de cette nuit de tempête , comme si c'était sa dernière nuit, le voile des secrets se déchire enfin , une confession ultime sur son fils Mayito dont elle garde contre son coeur la photo.
Une histoire de famille qui se mêle à celle faite de combat, de sang ,et d'amour de  Cuba à une époque mal connue en tout cas pour moi  .
Une très belle découverte .
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Mladoria
  28 juin 2017
Un immense merci aux Editions Points et à Babelio pour cet envoi.
Le temps d'une tempête, il n'en fallut pas plus à Maria Sirena pour, telle la sirène du mythe devant le marin, me guider, de son chant conté, dans les écueils d'une vie tortueuse et dramatique. A l'aube du renoncement, la vieille femme nous raconte ce qui fut sa famille et surtout les femmes, figures emblématiques qui jalonnèrent sa vie. Inconsolada, Illuminada "Lulu", elle-même jusqu'à sa fille Beatriz avec laquelle perdurera l'histoire. Ses compagnes de naufrage aussi à qui elle confesse les affres terribles de la guerre, du racisme, la brutalité et aussi parfois la tendresses des hommes qui croisèrent la route de sa mère et d'elle principalement. Vous découvrirez cette histoire qui parcourt plusieurs décennies, cette famille et cette femme dont les talents enchanteurs de conteuse des Mille et une Nuits vous feront glisser et frissonner avec les protagonistes.
Emouvant roman historique insulaire, profondément maternel où les drames du quotidien se teintent des événements extraordinaires et tragiques d'une guerre sans fin véritable. Si poignantes et lointaines merveilles.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   16 septembre 2017
La ville était ceinte d’une haute barrière de poteaux pointus. Des gardes surveillaient l’unique entrée. J’avais entendu parler de ces camps où l’on rassemblait des villageois cubains pour les empêcher d’aider l’Armée de Libération. Les occupants de ces camps étaient appelés les reconcentrados*. C’est Agustin qui le premier nous avait décrit ces lieux sans eau ni nourriture où on laissait mourir les Cubains de faim et de maladies.
* Reconcentrés. Terme à l’origine de l’expression anglaise concentration camp, camp de concentration.
P.218
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nadiouchkanadiouchka   07 août 2017

Cette femme cubaine, si belle, si héroïque, si généreuse, facile à aimer, étoile à contempler, bouclier pour résister.
José Marti
Préface
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nadiouchkanadiouchka   08 août 2017
Nous nous taisons. Nous savons que notre nouveau fidel n’a rien envoyé, qu’il n’est pour rien dans la préparation de ces plats. Ces jeunes révolutionnaires prennent Fidel pour Santa Clo (Santa Claus, Père Noël) ou Dieu en personne. Je retiens un rire alors que j’imagine el commandante, en toque de chef, les bras plongés dans les entrailles d’un poulet. P.239
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MladoriaMladoria   28 juin 2017
C'est toujours comme ça avec les jeunes. Des marmites qui bouillonnent vite, puis, un beau jour, le feu s'éteint et ce qui reste, c'est la personne qu'ils vont devenir.
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marnchoupsmarnchoups   09 octobre 2016
Je me souviens d'une histoire que ma mère m'a racontée il y a bien longtemps, à propos d'une autre tempête.
Elle s'appelait Illuminada Alonso, mais ses amis à Santiago de Cuba la surnommaient avec affection Lulu. Lulu perdit les eaux un matin de juillet 1881 sur le Thalia qui avait quitté le port de Boston deux jours plus tôt, en partance pour Cuba. Elle n'avait parlé à personne de ses douleurs qui avaient duré toutes la nuit, en pensant que si elle les ignorait , elles finiraient par disparaître. Lulu ne voulait pas accoucher sur un navire, si loin de Cuba.
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