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Critiques sur Lointaines merveilles (14)
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sandrine57
  13 juin 2016
Cuba, 1963. Alors que l'île s'apprête à affronter l'ouragan Flora, la vieille Maria-Sirena est bien décidée à rester dans sa maison du bord de l'océan. Rongée par la maladie et les remords, elle attend la vague qui la submergera et ses souvenirs avec elle. Mais c'est sans compter sur Ofelia, une jeune soldate de l'armée de Castro qui a pour mission de rassembler les récalcitrants pour les mettre à l'abri. Malgré elle, Maria-Sirena se retrouve dans une des nombreuses pièces de la casa Velazquez, l'ancienne résidence du gouverneur. Là, avec sept autres femmes, la vieille dame guette la tempête et l'eau qui monte. Pour passer le temps et se débarrasser d'un fardeau trop lourd à porter, Maria-Sirena va dévider le fil de ses souvenirs. Comme du temps où elle était lectrice dans une manufactures de cigares, la cubaine raconte sa vie, depuis sa naissance sur un bateau espagnol en provenance de New-York, jusqu'à ses derniers jours solitaires dans sa petite maison. A travers ses mots, renaissent Agustin, son père rebelle impliqué dans les guerres d'indépendance contre la domination espagnole, Lulu, sa mère, belle et farouche, Mario, son premier amour et Mayito, le fils dont elle conserve précieusement une photo dans sa poche.

De Cuba, l'on connaît surtout la révolution castriste et le passé récent d'une île toujours sous le joug du communisme. Chantel Acevedo nous emmène plus loin dans le temps, à la fin du XIXè siècle lors de la troisième guerre d'indépendance. Cuba est alors sous domination espagnole mais les rebelles se soulèvent contre des occupants tout puissants. Dans le sillage de ses parents, indépendantistes convaincus, Maria-Sirena est au plus près des combats. Très attachée à sa mère qui l'a élevée seule pendant que son père croupissait en prison, la fillette grandit avec la liberté et la haine de l'Espagne chevillées au corps. Pour ses compagnes d'un jour, elle fait revivre ses années dans un atelier clandestin, à affûter les armes et à soigner les rebelles, l'émancipation des esclaves noirs qui eux aussi prirent les armes pour chasser les espagnols, la cruauté des dominateurs et le reconcentrado, ancêtre des camps de concentration où les cubains, enfermés dans des villages sertis de barricades, vivaient dans des conditions d'insalubrité effroyables, mourant de faim, de soif et de maladies. Conteuse-née, Maria-Sirena raconte une vie de larmes, de sang mais aussi de bravoure, de conviction, d'amour, auprès de parents flamboyants, dans une île qui a eu son lot de combats, de morts et de héros.
Ce roman, histoire d'amour de Cuba, se lit d'une traite, comme si l'on était enfermé dans la villa du gouverneur avec ces femmes. Dehors, la tempête gronde, dedans l'histoire se déroule comme un conte, à la fois cruel et sensuel. Une lecture lointaine et merveilleuse.
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isabelleisapure
  17 février 2017
Alors que l'île s'apprête à affronter l'ouragan Flora, Maria-Sirena attend la vague qui l'emportera avec ses souvenirs. C'est sans compter sur Ofelia, jeune soldate, chargée de mettre la population à l'abri. Maria-Sirena est alors amenée à la Casa Velázquez où elle partage la chambre de sept autres femmes.

Pour passer le temps, Maria-Sirena, ancienne conteuse d'une fabrique à cigares, leur raconte une histoire : son histoire et celle des nombreux fantômes qui peuplent ses pensées.

Elle a vécu la troisième guerre d'Indépendance en 1895, au côté de sa mère, la belle Iluminada, et de son père Agustin, Cubain en lutte contre l'Espagne.
Dans un camp, à Dos Rios, où les rebelles se regroupaient autour du poète et âme du soulèvement José Marti, Maria Sirena, quatorze ans, fit la connaissance de Mario Betancourt.
Il était noir, ancien esclave. Leur amour fut comme un diamant découvert au milieu de la boue, qui engendra un petit Mayito.

La construction narrative, quand Maria Sirena raconte, alterne avec des retours sur le présent qui sont autant de respirations. La conteuse reprend son souffle, et le lecteur également tant la vie de ces héroïnes est épique.

Une lecture délicieuse et bouleversante. Un grand coup de coeur.

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spleen
  25 novembre 2017
Maria Sirena n'a pas l'intention de quitter sa maison alors que l'ouragan Flora menace Cuba , une bonne façon d'en finir avec la vie mais si elle a pu résister aux sollicitations  de sa voisine, elle ne peut empêcher la jeune femme policier, Ofélia de l'emmener avec d'autres vieilles dames dans une maison coloniale décrépite et servant de musée en cette année 1963 .

Cette demeure est peuplée de fantômes pour Maria Sirena  : son père Agustin  y a vécu tout gamin avec sa mère travaillant pour le gouverneur de l'époque et c'est en évoquant ses souvenirs et ceux de sa famille qu'elle va occuper ses compagnes d'infortune  dans ce huis clos forcé pendant que les vents se déchainent et que les vagues submergent l'île .

Une vie bien mouvementée aussi pour notre conteuse et sa famille et par petites touches on remonte le temps et l'histoire de Cuba , à la fin du XIX siècle  où sévissait la troisième guerre d'indépendance  quand les parents de Maria-Sirena luttaient contre l'envahisseur espagnol, le père emprisonné et la mère , accompagnée de sa  fille , suivant dans le maquis le poète José Marti , l'âme du soulèvement .

La vieille dame sait maintenir l'attention de son auditoire, elle qui était liseuse dans une manufacture de tabac et racontait déjà sa vie sous forme de contes  mais au cours de cette nuit de tempête , comme si c'était sa dernière nuit, le voile des secrets se déchire enfin , une confession ultime sur son fils Mayito dont elle garde contre son coeur la photo.

Une histoire de famille qui se mêle à celle faite de combat, de sang ,et d'amour de  Cuba à une époque mal connue en tout cas pour moi  .

Une très belle découverte .
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nadiouchka
  07 août 2017
Nous sommes à Cuba en 1963 et l'ouragan Flora est prévu arriver avec toute sa violence. Il reste à évacuer quelques femmes. Elles vont se retrouver dans l'ancienne demeure du gouverneur (la Casa Velázquez). C'est une jeune soldate, Ofelia, qui en est chargée et elle rencontre une grande réticence avec Maria Sirena qui, finalement, accepte de la suivre alors qu'elle aurait bien voulu être emportée par la vague meurtrière.

C'est avec ce premier roman traduit en français « Lointaines merveilles », que Chantel Acevedo nous fait assister à ces quelques jours d'isolement.

Pour occuper cette longue attente avant de pouvoir retourner dans leurs habitations – ou ce qu'il en reste – ces quelques femmes décident de raconter des histoires ou de « se » raconter.
Comme Maria Sirena était lectrice dans une usine de cigares, à la fin du XIXème siècle, c'est surtout elle, conteuse hors-pair, qui raconte sa vie – qui parle de sa mère si belle : Iluminada, surnommée Lulu – de son père Agustin qui se battait contre l'Espagne – du poète José Marti qui a provoqué le soulèvement du peuple – et de sa passion pour Mario Betancourt, un noir si beau et qui lui a donné un fils, Mayito.

C'est une longue et belle confession que l'histoire de Maria Sirena : elle commence par raconter son enfance pendant la troisième guerre d'indépendance cubaine et c'est toute l'histoire de Cuba qui nous est livrée en plus de cette saga familiale.

Les autres femmes ont également beaucoup souffert mais elles sont surtout pendues aux lèvres de la conteuse qui fait penser à Shéhérazade car elle a tellement de choses à dire qu'on a l'impression qu'elle cherche, ainsi, à faire oublier le drame qui se joue à l'extérieur.
Dans ce huis-clos, on apprend tout sur les reconcentrados (qui ont donné le nom aux camps de concentration).
L'auteure fait des allers-retours et on y voit ce qu'a enduré l'héroïne que l'on peut qualifier d'exceptionnelle, comme ses compagnes qui n'ont qu'un désir, survivre malgré tout à toutes les souffrances endurées.

C'est un roman qui se lit très facilement, avec une intense émotion et une admiration pour ces femmes.
Mais il ne faut pas oublier Ofelia, qui, bien que soldate dans l'armée de Castro, se dévoue entièrement pour faire subsister tout le monde et le réconforter du mieux possible. On ne parle d'elle que de temps en temps mais il faut souligner son héroïsme et son maintien calme alors que dehors, c'est la dévastation.

C'est vraiment un excellent roman à lire, à découvrir pour ceux que Cuba intéresse.
Avec ce voyage, on y découvre ces « Lointaines merveilles » et tout ce qui reste à lire sur Maria Sirena qui a connu un destin bouleversant et c'est sa fille Beatriz qui perdurera sa vie.
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Mladoria
  28 juin 2017
Un immense merci aux Editions Points et à Babelio pour cet envoi.
Le temps d'une tempête, il n'en fallut pas plus à Maria Sirena pour, telle la sirène du mythe devant le marin, me guider, de son chant conté, dans les écueils d'une vie tortueuse et dramatique. A l'aube du renoncement, la vieille femme nous raconte ce qui fut sa famille et surtout les femmes, figures emblématiques qui jalonnèrent sa vie. Inconsolada, Illuminada "Lulu", elle-même jusqu'à sa fille Beatriz avec laquelle perdurera l'histoire. Ses compagnes de naufrage aussi à qui elle confesse les affres terribles de la guerre, du racisme, la brutalité et aussi parfois la tendresses des hommes qui croisèrent la route de sa mère et d'elle principalement. Vous découvrirez cette histoire qui parcourt plusieurs décennies, cette famille et cette femme dont les talents enchanteurs de conteuse des Mille et une Nuits vous feront glisser et frissonner avec les protagonistes.
Emouvant roman historique insulaire, profondément maternel où les drames du quotidien se teintent des événements extraordinaires et tragiques d'une guerre sans fin véritable. Si poignantes et lointaines merveilles.
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LadyDoubleH
  06 août 2017
Destination Cuba, avec ce premier roman traduit en français de l'américaine d'origine cubaine Chantel Acevedo. Je suis tombée très vite sous le charme de ce récit coloré et plein d'humanité, mené tambour battant entre passé et présent. Emballée par l'histoire, le contexte politique, l'exotisme.

Le roman commence une nuit de 1963 lorsqu'un ouragan dévastateur frappe Cuba. Maria Sirena, presque quatre-vingts ans et évacuée de force de chez elle, se retrouve confinée avec d'autres femmes dans l'ancienne demeure du gouverneur, sous la surveillance d'une jeune militaire.

Pour passer le temps, Maria Sirena va raconter des histoires. C'est elle bien sûr qui prend la parole, l'ancienne lectrice dans une fabrique de cigares. « Je pense souvent à cette époque avec plaisir. Je me revois assise sur un haut tabouret, face aux cigariers. Je lisais pendant des heures pour les distraire pendant qu'ils roulaient les feuilles de tabac ». (J'ai découvert cette incroyable tradition centenaire en lisant l'île du point Némo de Jean-Marie Blas de Robles. « [Liseur] de fabrique de cigares », un métier vieux d'un siècle et demi, dont l'inscription au patrimoine oral de l'humanité a été proposée à l'Unesco ». Incroyable et génial ! Mais revenons à notre roman.)

Maria Sirena va raconter, en fait se raconter. le besoin de se libérer, de transmettre. « Les histoires pèsent toujours trop lourd. Qui les portera quand je ne serai plus là ? ». Son enfance pendant la troisième guerre d'indépendance à la fin du 19ème siècle, quand Cuba était encore sous une stricte domination espagnole. Elle raconte son père, le rebelle Agustin, sa mère, la flamboyante Illuminada, Lulu pour les intimes, leur rencontre et sa naissance, leur vie, les combats, les fuites, les camps dans la montagne, le rôle du poète Jose Marti, âme de cette révolution, la condition des femmes, l'émancipation des noirs…

Je connaissais un peu l'histoire récente de Cuba, mais absolument pas toute cette période, et je suis moi aussi restée scotchée, tout autant que ses compagnes d'infortune, aux paroles de Maria Sirena. Une bonne partie du roman, en tous cas. Car hélas, mon enthousiasme de lectrice, presque arrivé au mur du son, s'est finalement mis à tousser, avant d'opérer un retour sur terre un peu décevant. Des facilités scénaristiques, certains points vite survolés, trop de poisse peut-être, et de naïveté pour Maria Sirena. Soupir. On n'est pas passés loin. Mais il n'empêche, même avec ces bémols, Lointaines merveilles reste un très bon roman, dépaysant et bourré d'intérêt, écrit d'une jolie plume pleine de fraîcheur.

« Plus tard, tu repenseras à ces instants et à tout ce que tu as souffert pendant cette guerre, comme une série de lointaines merveilles et cela te blessera de te les remémorer, mais tu te diras : « J'ai eu de la chance, j'ai été bénie de quitter cet endroit en vie », et la douleur disparaîtra ».
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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Elyza
  26 juillet 2016
Il faut déjà que je vous explique la raison qui m'a poussé à me pencher sur ce livre. Elle tient en un mot. Cuba. Pour ceux qui le savent j'adore voyager. Je pourrai passer ma vie à ça si j'en avais les moyens financiers, pas de crédit à payer et un mari moins casanier. Cuba fait parti de ces endroits que je rêverai de visiter d'autant qu'il faut profiter de ces dernières années avant que l'île soit totalement ouverte au monde et perde son charme initial en se transformant en piège à touristes.

En 1963, un ouragan s'abat sur Cuba. Maria Sirena et d'autres personnes âgées sont évacuées de leur domicile par une militaire qui les regroupe et les emmène dans la villa Alcazar, plus sécurisée. Afin de passer le temps et pour se libérer d'un poids qui lui pèse, Maria Sirena qui sent que ses jours lui sont comptés, va se transformer en conteuse et raconter l'histoire de sa vie à ses compagnes d'infortune.

J'ai aimé le système narratif du récit, Maria Sirena raconte les origines de la rencontre entre ses parents, sa conception, son enfance puis son amour pour Mario mais on revient régulièrement au présent, dans la petite chambre où ses compagnes l'écoutent religieusement. On est ainsi tenu régulièrement informé de l'avancée de la situation et de la progression de l'ouragan Flora ce qui permet de rythmer le récit d'autant que les chapitres sont courts et se boulotent rapidement.

Bien entendu, j'ai préféré lire les chapitres qui s'attachent au passé de Maria Sirena plutôt que les retours au présent. J'ai ainsi découvert une époque de Cuba à la fin du XIXème siècle durant la troisième guerre d'indépendance à laquelle je n'avais jamais été familiarisée. L'auteure nous décrit l'attente des femmes lorsque leurs époux partent combattre les espagnols, elle nous esquisse l'horreur, la faim et la promiscuité dans les camps de concentration cubains même si j'aurai préféré que cette partie là soit plus approfondie. de manière générale c'est vraiment le contexte qui a su le plus éveiller mon intérêt pour cette histoire.

Maria Sirena est un personnage auquel il m'a été en effet compliqué de m'attacher. Elle est rongée par le remord et on va comprendre pourquoi au fur et à mesure qu'elle livre son passé. Sa souffrance me l'a rendu incontestablement sympathique mais les raisons de son remord et certains traits de son caractère comme la crédulité, la naïveté et son côté plaintif m'ont un peu déçu. J'ai trouvé qu'elle manquait de charisme au contraire de sa mère Lulu, véritable figure indépendantiste haute en couleur. Concernant les autres personnages, il y en avait certains qui se détachaient du lot mais j'ai regretté que l'auteure ne les creuse pas davantage. de manière générale, elle a choisir de rester trop en surface.

La romance entre Mario et Maria Sirena est une partie qui m'a bien plu, j'ai trouvé que leur histoire sonnait juste. Elle ne prend pas une place centrale dans le livre ce qui permet de balayer plein d'autres choses mais en même temps j'ai ressenti toute sa légitimité. Elle m'a marqué par la simplicité de sa réalisation et surtout sa conclusion brutale.

En résumé, Lointaines merveilles est un récit dépaysant qui ne ressemble à aucun autre qu'il m'ait été donné de lire. Je suis complètement sortie de ma zone de confort avec ce livre mais la découverte m'aura marqué. Alors certes, il n'est pas exempt de défauts, j'ai notamment eu du mal à m'attacher à l'heroine mais la découverte a été globalement agréable et a relancé mes envies de voyages.
Lien : http://elyzalecturesenchante..
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FofyGurgi
  19 juillet 2017
Une saga familiale impressionnante et douloureuse. Beaucoup d'émotions dans ce livre, aux multiples rebondissements. le sort s'acharne sur notre héroïne. Cependant, c'est très bien raconté. Et la tempête qui fait rage est un cadre parfait pour l'ambiance. On plonge dans l'histoire et on attend de connaitre la fin avec impatience. C'est aussi une découverte de l'île et de son histoire, ce qui est appréciable.
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Laurence-64
  03 septembre 2016
Si vous voulez voyager, loin et vous laisser emporter par une conteuse merveilleuse, ce livre est fait pour vous !
Nous sommes en 1963, à Cuba. Un terrible ouragan menace l'île et huit femmes vivant seules sont mises à l'abri dans une vieille demeure, ancienne résidence du gouverneur de l'île. Alors que la tempête fait rage, que le niveau de l'eau monte, chacune se livre un peu sur sa vie. Maria-Sirena, conteuse hors pair se laisser emporter par ses confidences et déroule la vie de ses parents, sa naissance et sa jeunesse, livrant un récit passionnant - et passionné - qui dessine l'histoire de Cuba et des tourments politiques qui ont secoué l'île.

Alors que Cuba est une destination qui fascine, visiter l'histoire de Cuba, des guerres d'indépendance (je ne connaissais que la révolution Castriste), découvrir la misère dans laquelle ont vécu les rebelles sous le joug espagnol, tout ça m'a passionné. Lulu, la mère de Maria-Sirena est d'ailleurs sans aucun doute le personnage le plus fascinant et rebelle de ce roman.

La construction narrative quand Maria Sirena raconte alterne avec des retours sur le présent qui sont autant de respirations. La conteuse reprend son souffle, et le lecteur également tant la vie des ces héroïnes est épique.

C'est flamboyant, cela se lit d'une traite et vous emporte loin, pour un voyage merveilleux.
Lien : http://www.instantanesfutile..
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ondelune
  06 juillet 2017
Voici donc un livre reçu dans le cadre d'une opération masse critique Babelio. Merci au site et aux éditions Points. Une petite surprise que j'ai bel et bien attendue durant quelques semaines ;)

"Lointaines Merveilles" de Chantel Acevedo est un dépaysement certain et immersif lorsque la petite histoire d'une vie rejoint celle avec un grand H, tout en ayant su réveiller une flopée de souvenirs.

Si la Guerre des dix ans s'est achevée, l'héroïne voit le jour à une époque où les réformes ne prennent pas et alors que le conflit se poursuit, les américains viendront à s'en mêler… Aujourd'hui octogénaire, elle a bien des choses à nous raconter tandis que l'ouragan Flora frappe de plein fouet les côtes cubaines.

Dès lors, c'est tout un témoignage pudique, tantôt nostalgique tantôt douloureux qui nous est confié, mêlant également l'intergénérationnel et l'histoire de ces autres ayant peuplé cette existence. L'occasion de verbaliser certaines vérités jusque-là cachées avec tout autant de remords que de regrets. L'occasion d'une confession tout comme de certains pardons...

Avec hélas, de grosses facilités scénaristiques assez aisées à déplorer, mais facile à pardonner.

Si l'écriture est fluide, douce et addictive... le personnage est moins attachant que son parcours. D'abord pour son égoïsme au sein de ses comparses dont les histoires l'intéressent peu ou pas, même si cela évolue quelque peu au fil des pages. Notons une seconde facilité scénaristique où tout le monde attend toujours la suite... Pour sa passivité, malgré quelques élans de survie en subissant plus sa vie qu'en la vivant. Pour le fait aussi que les vingt premières années de sa vie sont doublement plus importantes que ce qu'elle aura pu construire ensuite. Certes, le contexte et les cicatrices laissées ne peuvent être niés ainsi que le besoin de se libérer de ces fardeaux. Et pour finir, parler à des quasis inconnues, mais pas aux proches restants. tout en espérant que son histoire se propage jusque dans un livre... Ces petits côtés m'ont particulièrement agacé, je dois dire.

Et pourtant, c'est une ode à ceux qu'elle a côtoyé, aimé, l'ayant aimé et aidé à grandir, à mûrir au-delà du contexte historique et qui sont les véritables héros en finalité. Ceux-là derrière lesquels, elle s'efface comme pour faire écho à ce qui se passait il y a encore peu, à ce qui se trame encore aujourd'hui en Amérique latine et tout autant ailleurs...

Pour conclure, sans être un coup de coeur, il a su me surprendre pour ce qu'il aura réveillé dans mes propres souvenirs, me rendre curieuse sur ces pans d'histoires que je connais mal et m'émouvoir bel et bien un peu aussi.
Lien : https://carrefour-ludique.bl..
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