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Critique de nadiouchka


nadiouchka
  07 août 2017
Nous sommes à Cuba en 1963 et l'ouragan Flora est prévu arriver avec toute sa violence. Il reste à évacuer quelques femmes. Elles vont se retrouver dans l'ancienne demeure du gouverneur (la Casa Velázquez). C'est une jeune soldate, Ofelia, qui en est chargée et elle rencontre une grande réticence avec Maria Sirena qui, finalement, accepte de la suivre alors qu'elle aurait bien voulu être emportée par la vague meurtrière.

C'est avec ce premier roman traduit en français « Lointaines merveilles », que Chantel Acevedo nous fait assister à ces quelques jours d'isolement.

Pour occuper cette longue attente avant de pouvoir retourner dans leurs habitations – ou ce qu'il en reste – ces quelques femmes décident de raconter des histoires ou de « se » raconter.
Comme Maria Sirena était lectrice dans une usine de cigares, à la fin du XIXème siècle, c'est surtout elle, conteuse hors-pair, qui raconte sa vie – qui parle de sa mère si belle : Iluminada, surnommée Lulu – de son père Agustin qui se battait contre l'Espagne – du poète José Marti qui a provoqué le soulèvement du peuple – et de sa passion pour Mario Betancourt, un noir si beau et qui lui a donné un fils, Mayito.

C'est une longue et belle confession que l'histoire de Maria Sirena : elle commence par raconter son enfance pendant la troisième guerre d'indépendance cubaine et c'est toute l'histoire de Cuba qui nous est livrée en plus de cette saga familiale.

Les autres femmes ont également beaucoup souffert mais elles sont surtout pendues aux lèvres de la conteuse qui fait penser à Shéhérazade car elle a tellement de choses à dire qu'on a l'impression qu'elle cherche, ainsi, à faire oublier le drame qui se joue à l'extérieur.
Dans ce huis-clos, on apprend tout sur les reconcentrados (qui ont donné le nom aux camps de concentration).
L'auteure fait des allers-retours et on y voit ce qu'a enduré l'héroïne que l'on peut qualifier d'exceptionnelle, comme ses compagnes qui n'ont qu'un désir, survivre malgré tout à toutes les souffrances endurées.

C'est un roman qui se lit très facilement, avec une intense émotion et une admiration pour ces femmes.
Mais il ne faut pas oublier Ofelia, qui, bien que soldate dans l'armée de Castro, se dévoue entièrement pour faire subsister tout le monde et le réconforter du mieux possible. On ne parle d'elle que de temps en temps mais il faut souligner son héroïsme et son maintien calme alors que dehors, c'est la dévastation.

C'est vraiment un excellent roman à lire, à découvrir pour ceux que Cuba intéresse.
Avec ce voyage, on y découvre ces « Lointaines merveilles » et tout ce qui reste à lire sur Maria Sirena qui a connu un destin bouleversant et c'est sa fille Beatriz qui perdurera sa vie.
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