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EAN : 9782081248434
290 pages
Flammarion (01/10/2011)
3/5   1 notes
Résumé :
Lui-même issu d’une famille juive égyptienne et francophone, expulsée en 1965 par Nasser, étudiant en Italie, en France et aux Etats-Unis où il a fini par s’installer, André Aciman évoque le sentiment d’exil, celui de l’amoureux perpétuel de l’idée qu’un jour il pourra rentrer chez lui.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
5Arabella
  04 février 2018
16 textes, de quelques pages ou d'une vingtaine. André Aciman y parle à la première personne, il évoque des lieux, qu'il a connu, qu'il a habité, où il est passé. Alexandrie, où il est né et dans laquelle il a vécu jusqu'à ses 14 ans, avant d'être obligé de la quitter. Rome qu'il a habité ensuite, Paris qu'il a fantasmé, New York, et d'autres lieux plus modestes.
Mais ce qu'il dit dans tous ces textes, c'est sa difficulté d'être à un moment donné dans un lieu, dans le présent, dans l'instant. A chaque fois, il rêve d'ailleurs, d'un autre moment, passé surtout. D'un autre lieu et d'un autre temps, où il rêve à être. le rêve étant plus tangible et plus réel que le réel d'un instant vécu, plus à même de combler, enfin tout au moins à le combler lui. D'où toujours les mêmes trajets qu'il refait dans les endroits qu'il a déjà fréquentés, il recherche dans les lieux déjà connus, dans un rituel, à retrouver les mêmes sensations, les souvenirs des souvenirs qu'il a expérimenté à un moment. Mais au final, nul part, il ne s'est senti véritablement chez lui, en perpétuel exilé, en nomade. Juif, dont la famille a été plusieurs fois chassée des lieux qu'elle a cru pouvoir investir, il a évité d'être réellement de quelque part. Même l'Alexandrie, à laquelle il a adressé un chant d'amour et de nostalgie dans son magnifique livre « Adieu Alexandrie », et bien il nous révèle qu'il ne l'a jamais vraiment aimée, et que lorsqu'il y vivait, il ne rêvait que d'Europe. Rêver à un lieu, s'imaginer y être et tirer tout le plaisir possible de ce séjour est le plus gratifiant. le voyage en lui-même l'est bien moins, au final, tout ce qu'il permet, c'est d'imaginer d'être ailleurs, de rêver à cet ailleurs, qui se pare par l'absence de couleurs bien plus vives et lumineuses que celles que l'on pourra voir une fois qu'on y sera arrivé.
Les textes, comme souvent dans les recueils sont plus ou moins intéressants et réussis. Ou chacun va en trouver certains plus ou moins intéressants et réussis. Cela m'a semblé un tout petit trop cérébral souvent, le sujet étant l'auteur lui-même avant tout, un auteur qui tente de comprendre, de décortiquer, de mettre à distance, peut-être un tout petit peu trop, ce qui limite l'émotion, mais c'est sans doute voulu. Et au final, la plupart de ces textes, quels que soient les différents lieux qu'ils évoquent, disent la même chose.
J'ai quand même pris du plaisir à lire ces texte très bien écrits, très intelligents, qui nous font voyager dans de beaux lieux. Il y en a que j'ai préféré, par exemple « Mon instant Monet », dans lequel il se rend à Bordighera, petite ville italienne où Monet a peint plusieurs tableaux. André Aciman, va partir un peu au hasard pour retrouver les lieux, jardins et bâtiments, des tableaux. Et après un début difficile, va trouver plus que ce qu'il espérait. C'est peut être le seul texte du livre où un peu d'humour est présent, et dans lequel l'introspection laisse la place à une sorte de plaisir de l'aventure. Mais d'autres pages m'ont aussi fait plaisir ou passer un bon moment, même si son grand livre reste pour « Adieu Alexandrie ».
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   04 février 2018
Pour voyager, outre de l'argent et un moyen de transport, il faut de la curiosité. Il faut avoir envie de voir, d'entendre et de vivre des choses, que ce soit pour la première ou pour la énième fois. Ces paysages, cette rivière, telle ou telle petite ville, ces étranges façons de faire les choses qu'ont les gens des pays lointains, ce restaurant, cette langue, même le bonheur de partir dans les îles reculées pour fermer les yeux et buller sur de calmes plages étrangères : sans curiosité, on ne rechercherait jamais rien de tout cela.
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5Arabella5Arabella   03 février 2018
On parcourt le monde pour acquérir toutes sortes d'habitudes et apprendre toutes sortes de langues, mais la langue que l'on néglige le plus est celle que l'on parlait chez soi, tout comme les coutumes avec lesquelles on se sent le plus à l'aise sont celles dont on ignorait qu'il s'agissait de coutumes avant d'avoir vu d'autres personnes en observer de complètement différentes et s'être rendu compte que les nôtres ne nous dérangeaient pas tant que ça, même si on s'en est à présent tellement éloigné que l'on ne sait probablement plus les pratiquer.
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5Arabella5Arabella   02 février 2018
Comme les tremblements de terre, mon idylle avec Paris a son épicentre : un petit parc désert, entouré de hautes constructions du début du siècle, et d'avenues silencieuses. C'est ainsi que je me représentais Paris lorsque j'étais adolescent, avant même de l'avoir vu. Un marchand de tabac qui me vendrait des cigarettes sans me poser des questions ; une papeterie où je pourrais acheter le stylo Pelikan dont j'avais depuis longtemps envie ; le sourire des filles devant un lycée que j'imaginais vaguement ; un rendez-vous secret au cinéma.
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5Arabella5Arabella   02 février 2018
Le lendemain matin, quand nous nous sommes réveillés et avons ouvert les portes-fenêtres, j'ai découvert ce que je craignais de ne plus jamais retrouver de mon vivant. Plus exactement, j'ai découvert ce que je craignais de ne plus jamais pouvoir espérer trouver, parce que je saurais pas quoi en faire, parce que la perte de la mer permet d'accepter plus facilement de vivre à New York, parce que je voulais dicter mes conditions à la mer et non pas me laisser dicter les siennes, parce que je voulais tout ou rien, en sachant fort bien qu'il inacceptable de lancer un ultimatum à quelqu'un, et plus encore à la mer.
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5Arabella5Arabella   01 février 2018
Comme les personnages d'Homère, je veux être enveloppé par un nuage et rester invisible, sans comprendre que, comme tous les revenants, je suis peut-être déjà un fantôme, un spectre.
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Videos de André Aciman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Aciman
André Aciman vous présente ses ouvrages "Les variations sentimentales" aux éditions Grasset.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2285683/andre-aciman-les-variations-sentimentales
Notes de musique : Youtube Music Library
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